‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient classiqueChapitre 281 sur 374 · L'ART DE LA CHALDEE SEPTENTRIONALE · texte numérisé non relu

L'ART DE LA CHALDEE SEPTENTRIONALE

et de leur habileté à manier la pointe ou le ciseau. Un vase en albâtre au nom de Naramsin1, une tète de massue en marbre veiné délicatement et dédiée par Shargani-shar-ali au dieu Soleil de Sîppara1, n'ont de valeur que par la beauté de la matière et par la rareté de l'inscription : mais un cylindre en porphyre qui appartenait à lbnîshar, scribe du même Shargani, doit prendre rang parmi les chefs-d'œuvre de la gravure orientale'. 11 représente le héros Gilgamès, agenouillé et tendant à deux mains un vase arrondi d'où une source s'échappe à gros bouillons pour courir à travers champs ; un bœuf, coiffé d'une

paire gigantesque de cornes en croissant, renverse violemment la tète en arrière et semble aspirer un des filets d'eau à la volée. Tout est également admirable dans ce petit monument, la pureté du trait, le modelé savant et délicat des creux, la justesse du mouvement, la vérité des formes. Un fragment de bas-relief du règne de Naramsin montre que les sculpteurs ne le cédaient en rien aux (ailleurs de pierre fine. On n'y voit plus qu'un seul personnage, un dieu, qui se tient debout à la droite du registre, vêtu d'une étoffe à longs poils qui lui dégage le bras droit, la tête couverte du bonnet conique garni de cornes. Les jambes manquent, le bras gauche et la chevelure sont à demi brisés, les traits du visage ont souffert : ce qu'on distingue est d'une finesse à laquelle les artistes d'âge plus récent ne nous ont pas accoutumés. La silhouette s'enlève sur le fond avec une rare élégance, le détail des muscles ne présente rien d'exagéré : n'étaient le costume et la

I. C"csl le ïnse en albâtre perdu dans le Tigre (Ot-rem, Expédition ta Mttapotamie, t. 1, p. Ï73). i. PintOKS, On llal.ytonian Art. dan» le? Trattiactiont, I. VI, p. il-1i; cf. |.. 6*0 de celle tlittoire. ;t. Découvert el publié par Menant (Ha-herc/iet tur la lUypIiqur oriental/-, t. 1, p. "3 sqq.). alijour d'hui conservé elieï M. de Uerr<| (Me** st. Catalogue dt la Collection de Cltrrq, t. I. pi. V, n' 461). I, Celui» de Fauclirr-Ciulhi, d'aprU Mksint. Catalouue de la Collection de Clein/, I. I, pi. V, n-461.

tut* LA CltAI.DEE PRIMITIVE.

barbe en pointe, on croirait se trouver en présence d'une œuvre égyptienne de la bonne époque memphite. On est presque tenté de croire que la tradition t vrai, quand elle attribuait à Naramsin e conquête de l'Egypte ou des pays voins : le vaincu aurait fourni des modèles à on vainqueur1.

Sargon et Naramsin vivaient-ils réellement aussi tôt que Nabonaid se plaisait à le croire? Les scribes qui aidaient les monarques du second empire babylonien dans leurs études archéologiques avaient peut-être des raisons fort médiocres de les reculer si avant dans la distance; des documents sérieux nous contraindraient à les rajeunir, qu'il ne faudrait pas nous en étonner. Le mieux en attendant est de nous en remettre nu ugement des Chaldéens et de laisser Sargon ramsin au siècle qui leur fut assigné par ,,„„„„„.„, bien qu'ils y dominent de très haut tout le reste de l'antiquité chaldéenne. Les fouilles ont ressuscité autour d'eux, peut-être avant, peut-être après, plusieurs personnages : Itingani-shar-ali3, Man-ish-tourba et surtout Alousharshid, qui résidait à Kishou et à Nîponr*, et qui remporta des succès sur l'Elam1. Les ténèbres se referment immédiatement sur ces ombres à peine entrevues, et nous cachent la plupart des souverains qui régnèrent ensuite à Babylone. Les noms et les faits qu'on rapporte avec certitude aux siècles postérieurs appartiennent à l'histoire des Etats méridionaux, à Lagash, à Ourouk, à (luron, à Nisliin, à Larsam1. Les écrivains nationaux avaient négligé ces principautés;

I, Publié par Selieil (Vue Sornette liitcription de Saramti», dans le lleeueil, I. XV, p. (ii-fii ; (■(. Mastkiio. .Sur le but-relief de Naramtin, d.ins le llecueil, t. XV, p. 05-W1). Opperl (Die Fran- ;iisi.irhru Aiitt/i-riliiiHt/rii in f'.liatrlii'a, dans le- l'rrkiindllingeii du IV" limi^rés (k's U ri enta listes, l. Il, p. 337) avait roiiiaft]U(> li-s rossi-mbliiTii-rs lies statues de Telloh avec les œuvres de l'art égyptien.

■i. lletiiti de limtdirr, d'âpre» In plnitiH/iiiphie publier par le Père Sliiml, I ii Pourrait It'ix-ielief de JWiimm'.i (dans le lleeueil de Travaux, I. XV, p. Gi-tll).

8. Mkmsi. Ileeherehet «nr la Glyptique orientale, t. I, pi. I, n* 1 , et p. 75-77.

I. Wisiiii.hH, Snmer uud Akkad, dan- les Hitteiliimjeii det Ai. Uricitlalitehcn-Vereini, l. I, p, in.

[i. Hii.mkiiht, The Itabyloiiinn Kj-pediliwt nftbr Vuirrrxily of Penmylrania, t. I, pi. S- 111 et p. 11*-* ■ .

Ii. Les fùil-i relatifs à roi jielits roja unies nul iitii signalés par Winrkler (Vlitertuehungrn, p. G3-WI). dont les conclusions, l'onloslérs on partie par l.ehmann (Sïhamaichichiiniuktu, Kôttig roii tlabulttnieii, p. «8-100), ont éle admises par Dclit/scli-Jliirdtor (Ceiehichte, ï> éd.. p. 7i> squ).

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