‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient classiqueChapitre 285 sur 374 · CL.b.C.d.C.f FjwtjJvUhUdT · texte numérisé non relu

CL.b.C.d.C.f FjwtjJvUhUdT

par Tcuflor .

OUROl) ET SA PREMIERE DYNASTIE. 613

L'art chaldéen, tel que nous l'entrevoyons à travers les monuments de Lagash, n'avait ni la souplesse, ni l'animation, ni l'élégance de l'art égyptien, mais il n'était dépourvu ni de puissance, ni d'ampleur, ni d'originalité.

Ouminghirsou remplaça

son père Goudéa; puis plusieurs vicaires se succédèrent rapidement l'u à l'autre, dont le demie

parait avoir été Galalama'

Ces personnages étaient le:

humbles vassaux du roi

d'Ourou , Dounghi , (ils

d'Ourbaou1, ce qui peritTK n'nm nus smuts ue telloh1 met ('e croire qu'Our-

baou était le suzerain, de qui Goudéa lui-même relevait1. C'est en effet avec Ourbaou et Dounghi que la cité d'Ourou entre dans l'histoire, non qu'elle n'ait eu avant eux une ou plusieurs dynasties de souverains, mais ils sont les pre- ST,,rt de cmmu*. miers que nous connaissions. Ourou, la seule parmi

les villes de Basse-Chaldée qui s'élevât sur la rive droite de l'Euphrate, était petite mais forte, et bien placée pour devenir un des entrepôts principaux du commerce et de l'industrie en ces temps reculés1. L'Ouady Roumméîn amenait

The Imrri/rfioHJi of Teltoh, dan* U-t Hrc.ord, of Ihe l'ail, 4"< Scr., !. Il, |i. Mli-IDK, ri |uir Jkssen. Die liisrltriftcn der Kônige und Slntthatler von Lagtuch, dans la Keilichriftlkhe Uibtiolhek, t. III, I™ partie, p. 86-71, "4-ï".

t. Va personnage nomme Ouniinjinirsoii dédie i'i la déesse Minlil, pour la vie il u roi l)oun|!hi. une [ictilc perruque, mollit' en pierre, eouservée aujourd'hui au Musée de llcrlin; M. Minrkler reconnaît en lui l'Ourniugliirsou qui fut lits de Coudéa et lui succéda {Viilenuehungcu, p. 14, 1,'i7, a° 7, cl Ceiirhir/ilr, p. l:i ; cf. DtLirjsiiH-JliHUTkit, tieichichte, S* éd., p, 79), Ile mémo Caialama consac re une stalue aujourd'hui brisée (IIeeikv-Saiiie.:, Déconcertes en ClmldSe, pi. il, n" 4| à llaou, la mi-re de Lagash, pour la vie de Dounghi (Aïiiin, The Imcriplion» of Teltoh, dans les Ueeurds, t'' Scr., I. Il, p. 1(18*. Jessen, Bit tn*r.hrifti:u /In- Kimi/jr. diins la Kcilichrifllichc Uibtiolhek, 1. 111, I" partie, p. 711-71).

'A. Dénia de Foiieher-Gudiii (Hmin-SiKiEr, Dèiourtrlei en Chaldee, pi, \î, n° I). Cf. la pulitr trie qui sert de rul-de-lampe au sommaire de ce chapitre, p. 536 de celte Histoire (llr,i:j.F.r-S.tniEC, Dérourerle' en Chaldee, pi. 6, n' 3).

t, WisciLEn, Unlerturliungen, p. 44, et tietchiehle, p. 411, 44-13; Rclil/srli-llurdler (Octefiii-htr. »■ éd., p. 7M) iiduie.l liifitniiii'cit le Tait en faisant d'Ourninghirson le vassal de Dounghi.

5. Dessin de r'auehcr-Gudin, d'âpre* Hkivrï-Sikiih:. Iii'trmvi'rti:- n\ l.haldi'e, pi. 13.

6. Les ruines d'Ourou, à Houghélr, ont «le eiplorées et décrites par Taylor (.Vo/e* ou Ihe Haiii* of Mugeyer, dans le Journal of Ihe Atiatic Society, 1835, I. XV. p. 460 sqq.) «t par l.oflus (Traveti and Researches in Chatdiea and Suiiana, p. 147-13:1). Iloinmel a réuni avec soin la plupart îles dominent-chaldéens relatifs à la ville antique, à ses édifices, au lemps et à la nature de leur construction [Die

LA CHALDÈE PRIMITIVE.

non loin d'elle les richesses de l'Arabie centrale et méridionale, l'or, les pierres fines, les gommes et les résines odorantes nécessaires au culte. Une autre route jalonnée de puits pénétrait à travers le désert au pays demi-fabuleux de Màshou, et, de là peut-être, jusqu'à la Syrie méridionale et à la péninsule Sinaitique, le Màgan et le Miloukhkha des bords de la mer

Itouge ' : ce n'était pas la voie la plus facile, mais c'était la plus directe pour qui voulait se rendre en Afrique, et les produits de l'Egypte la suivirent sans doute afin de gagner plus vite les marchés d'Ourou. L'Euphrate coule maintenant à près de huit kilomètres au nord de la ville, mais il en était moins éloigné jadis et passait presque aux portes. Les cèdres, les cyprès, les sapins de l'Amanus et du Liban, les calcaires, les marbres, les pierres dures de la Haute-Syrie le descendaient en bateau, et probablement aussi les métaux des régions voisines du l'ont Eux in, le fer, le cuivre, le plomb1. D'autre part le Shatt-el-Hai aboutissait dans l'Euphrate presque en faee de la ville, ^et détournait vers elle le tralic qui s'opérait sur le Tigre supérieur et sur le Tigre moyen7'. Et ce n'est pas tout : pendant qu'une partie de ses matelots courait les canaux et tes Ile mes, l'autre battait les eaux du Golfe

ScmitLehe» lotkrr, p. itll-ill; CrieAichte, p. SIMI8). Les misoiffneuieiit» donnés ici sur le commerce d'Ourou sont emprunté* oui inscriptions de Coudéa : In sphère d'activité de l'État vassal devait représenter à peu près exactement celle île l'État suzerain. On trouvera les passades réunis clans Aminm! (Sirpourta, |i. I3-I.'i). Homme! (tinchichtt, p. ;tï3-3ÏU), Terrien de Lacouperie (An unknotrn hiug of Laqaih, dans le Babglouian rmd Oriental tleeord, I. IV, p. llta-ÎOS).

I. Sur ces deux routes, cf. Dii.itthk, l'Atic Occidentale dan* lu Inscription! Aiiyriennei, p. 133-111.

t. Il résulte des invriplimis de llrntiica que les cèdres et les autres bois de construction nécessaires aui temples provenaient de l'Amanus (Statue il. eol. V. I. ÎS sqq.; Anuup, Tlic Imcriptiom of Tclloh, dans les Itérants of tke Paît, V* Sur., t. II. p. "y), et la longueur même des poutres prouve qu'elles devaient venir par eau, comme liois llolté. Lei monts de l'hcnicie, le Liban ou l'Antiliiiiin, fou mi '.surent [es divr-v.es espère* de jiierre eiiipluyées pour le revêtement des parois, ou pour l'encadrement des portes (lit., col. VI, I. S-ill; cf. Ilnizn-Svs*.e, Urrouvrrtet en Chaldér, ].. IX-XI).

It. Si les monts rie Tilla (Anne*, The. liiK--iiptio.it of Triton, dans les Ilrcnrdt of the Paît, *•' Scr., 1. II. |>. SI), note i] peuvent être places près de la ville de Tel a. dans les montagnes qui séparent le haut Tirire du moien Éiiphrale. c'est par la voie du Shatl-el-llal que devaient arriver les bois de relte région mentionnés sur la Statue II de Coudé», col. V, I. 33 sqq.

LE COMMERCE MARITIME [l'OUROU. 615

Persique et en exploitait les côtes. Értdou qui, seule, aurait pu lui barrer l'accès de la mer, était une ville religieuse et ne vivait que pour ses temples et pour ses dieux ' ; elle tomba promptement sous l'influence de sa puissante voisine et devint la première escale des navires qui remontaient l'Euphrate. Les Chaldéens manoeuvraient sur le Tigre, au temps des Grecs et des Romains.

des esquifs ronds à fond plat, tirant fort peu d'eau, de véritables touffes, ou des radeaux juchés sur des outres gonflées, identiques d'aspect et de construction aux kelrks de nos jours5. Les keleks tiennent la mer aussi aisément que la rivière et on en rencontre encore qui cabotent sur le Golfe Persique. On en trouvait bien certainement un grand nombre parmi ces navires d'Ourou que les textes nous signalent* : mais on y voyait aussi de ces longues

1. Voir le plan d'Ê ridou à la p. RU de cette Bùtoirc. Sayee (The Iteligion of the. Ancient iiabylo- Nictnt, ['. I3i-I3;i) suppose qu'Kridou dut être un porl fréqucrilé dans II haute antiquité chaliliVrme ; en ce cas, elle avait cessé de l'être a l'époque qui nous occupe, ainsi que cela semble résulter du peu de place qu'elle lient dans les inscription» de Goudéa (Tebrieh de Lacoiipmiie, An vnknoien Km g of Lagath, dans le Babylonian and Oriental lleeard, I. III. p. SUS).

i. iïtêsin de r'aucher-Cudin, d'tiprrx le croquit de Uhkssfv, Euphratet Expédition, I. I, p. 640.

3. La description des bateaux en usage 8ur 'e Tigre a été donnée très fidèlement par Hérodote (I. «ciï). Le terme employé pour les désigner est koujfa [Chssmi. Euphiate* Expédition, 1. Il, p. C4(l) ou panier, cf. p. 5*î de cette Ilittoire. Les kelcki étaient employés pour la piralerie (Pline, II. Sut.. VI, 34) ou pour le commerce (Feriplut mari* Erytbrri, g 47, dans MClleh-IIipot, Geographi (irseri Minore; t. 1, p. 238-270) par les Arabes de la cote : ils servent encore au> mêmes usages chez les riverains du Golfe Persique (Sprejwer, Die Allé Géographie Arabient, p. 1Î3).

4. Ainsi la liste publiée dans les Cun. Int. Weit. Ana, t. II. pi. 46, n» l, col. I, I, 3. et qui a été traduite par r'R. Lemnumnt, Eluda Accadiennei, t. III, p. 190-134.

barques aux extrémités très relevées et d'allures égyptiennes, marchant à la rame, qui sont dessinées grossièrement sur un certain nombre de cylindres antiques1. Ces flottes primitives n'affrontaient pas volontiers le large. Elles se traînaient péniblement en vue du rivage, et ne s'en détachaient que par occasion, quand il fallait rallier quelque groupe d'îles prochaines; des jours et des jours de navigation leur suffisaient bien juste à fournir des traversées que le moindre de nos voiliers achève directement en quelques heures, et leurs voyages les plus longs pour la durée les conduisaient à fort peu de distance de leur point de départ. C'est se tromper étrangement sur leur compte que de les supposer capables de contourner l'Arabie entière et d'aller charger des blocs de pierre au Sinai : pareille expédition, périlleuse même aux galères grecques ou romaines, aurait été impossible pour elles*. Si elles franchirent jamais le détroit d'Ormuzd, ce fut de peu et par exception : leur activité s'enferma à l'ordinaire dans les limites du Golfe. Les marchands d'Ourou visitaient régulièrement l'île de Dilmoun, le pays de Mâgan, celui de Miloukhkha, celui de Goubîn;ils en rapportaient des cargaisons de diorite pour leurs sculpteurs, des bois de charpentes pour leurs architectes, des parfums, des métaux qui arrivaient de l'Yémen par les voies de terre, peut-être les perles des îles Bahréîn. Les marins de Dilmoun et de Mâgan leur faisaient une concurrence sérieuse, les tribus du littoral devaient écumer les mers alors comme aujourd'hui3 : le risque était grand pour ceux qui partaient, de ne jamais revenir. Du moins le profit était-il considérable. Ourou, enrichie par son commerce, soumit tous les petits États du voisinage, Ourouk, Larsam, Lagash, Nipour. Son territoire forma un royaume assez étendu, dont les maîtres s'intitulèrent souverains de Shoumir et d'Akkad et dominèrent pendant plusieurs siècles toute la Chaldée méridionale4.

1. Mknant, Hccherches sur la Glyptique orientale, t. I, p. 99-100, pi. Il, 4.

2. C'est pourtant l'opinion de beaucoup d'assyriologues, Oppert (Die Franùhischen Ausgrabungen in Chaldœa, dans les Abhandlungen des Y,en Oricntalisten-Congresses, Semitische. Section, p. 238). Winckler (Geschichle, p. 43-44, 347-328), appuyée par Brindley et Boseawen {Journal of Transactions of Ihe Victoria Institut?, t. XXVI, p. 283 sqq.). D'autres se sont élevés contre cette hypothèse à la suite de Perrot (Comptes rendus de V Académie des Inscriptions, 1882, et Histoire de VArt, t. Il, p. 588, note 2); ainsi Hommel (Die Setnitischen Vôlker, p. 217-218, 459-460, et Geschichle, p. 234-235).

3. Les vaisseaux de Dilmoun, de Mâgan et de Miloukhkha sont mentionnés à côté de ceux d'Ourou (Rawlinson, Cun. Ins. W. Asia, t. II, pi. 46, col. 1, 1. 5-7 ; Fr. Lï.xokx kxi, Études Accadiennes, t. III, p. 190).

4. La définition de l'expression Shoumir et Accad n'est pas encore complètement établie. Ces deux mots, qui entrent dans le titre de tant de princes Chaldéens et Assyriens, ont été l'objet de nombreuses hypothèses dont il serait trop long de faire l'histoire : Pognon le premier montra qu'ils marquaient deux parties du territoire soumis aux rois de Babylone, Accad un canton confinant à l'Assyrie, Shoumir un canton de site incertain (VInscription de Bavian, p. 125-134), et depuis lors la plupart des assyriologues ont admis qu'Akkad désignait de préférence la Haute, et Shoumir la Basse- Chaldée. M. Winckler a voulu prouver récemment qu'avant de s'étendre à la Chaldée entière, Shoumir et Akkad ou, en langue non sémitique, Kiengi-Ourdou, avait eu un sens plus restreint et

OURBAOU LT DOUNGHI. 617

Ourbaou, le plus ancien d'entre eux, régnait vers 2900'. Il construisit sans relâche, et le pays garde encore partout les traces matérielles de son activité. Temple du Soleil à Larsam, temple de Nina dans Ourouk, temple d'Inlilla et de Mnlilla dans Nipour, il embellit ou restaura tout ce qu'il ne bâtit point : à

Ourou même, îl commença le sanctuaire du dieu Lune et releva les fortifications de la ville1. Dnunglii. son fils', fut comme lui un remueur de briques

s était appliqua a un royaume cl.- la ifcaidi •■ iilionulo. celui dont Ourou était la capitalu (Sumer

und AkÂad. dan» le« Hitttilungen des Akadtmiseh-Orientnlisehen Vcreins, I. I, p. 6-14, tluteranehungtn. p. fis «qq . GeschUMe, p. 19-*". *S-1S, etr.). Lehinaim a combatlu celle opinion {SchamaithsrHOUm-'uttu, IWny i»" llabytonten, p lis sqq.), et la question demeure encore douteuse.

Il lla«lin*on Ip lut l rukh (Ou the Ea-ly Hi*t"'y of Ihiliytonia, dans G. Hawlinsuh, llerodolus, I, I, p J'.W.t) et Mincis lluriyak [Jonmnt of Soered Litrralurt and Uibtical Retord, 18I1S) en souvenir du roi Ariok mentionne incidemment dan» la Cenèse (XIV, i) ; Opperl [Expédition en Mésopotamie, t. I. p ïilti. noie i. cl Histoire dtt Empérrs dt l.haldéc et d'Assyrie, p. III sqq.] prédira se rappeler te pattr Orchtunm d'O.ide [Metam-irphosts. I- IV, ttt) et proposa sans illusion la lecture L'rkhani, ilrlheiu. qui piVialut quelque temps, tin a ni depuis Ourbugns, Ourbagous, l.ikbagas, llabagas, Ourbalii, l.ikbabi. Tasbabi IUioBn.it, Trt monument' flaldei td Assiri drllr eoUeiioiti romane, p. 11-13), Aroilapsi (Sib«imr-II«ci, ti-e heitiuschnfUn und dm Allé Testament, V édil., p. 'Jt, note lî'JI, Unrêa ou Aradéa (Ko. ïtrt», t.ttchi.hte dtt AHerthums, t. I, p. ICI, note I, d'après Dmiiscs), Durbau.iiurhan (IIouhfl, Dit Semitiichen ltdl.tr. I. I, p. 3811, V.esehUhtc Rabyloniens and .Umjriens, p. 331 sqq.). Ourgour (DfLinuit-Mfitorui. l'.rtchnlile llnbtjluniens und Assyriens, ï" éd.. p. 77-78). I.a lecture Ourbauu nc»l pas certaine : c'est, avec Ourgour, celle que la plupart des sssjrioJojiiies emploient de préférence pour le moment

î llfi'in dt VautlierJ'.udiH. dnprc* un bai-rtl'tf de Koi/oandjUi (l.iv ibip, The Monument* of SinewA. t" Ser , pi. 13. cf. !•■,.«, Simvt tt CAi'yir. pi. 43. n* 1).

3 Larsam, inscription sur une brique provenant d'une tombe (lUwLMSini, Cuh. Ins. H". Al., t. I, pi. 5, 0" I, 7); Ourouk, inscription dune brique de Warka ((,'. 1. IF. As., t. I, pl. I, n> I, li|; pour Nipour. inscriptions sur pierre noire cl -ur brique, découvertes a Niffcr (C. I. H', As., t. I. pl. I, n* I, 8-9); Ourou, inscriptions sur briques et cernes provenant de Moughétr (C. 1. II". As., t. I, pl. ), «• t. 1-5) el pa*sauc d'un cylindre de >aboua1d [C. I. II'. Al., t. I, pl. «6, n- I, eol. t. I. o-*7). Ces iliK-umi-iilt ont élê réunis cl traduit» par lipperl [Histoire des Empira de VJtaldée el d'Assyrie, p tG-iO). par Smith ir.nrtu lliitory nf liabytonta. dans les Transactions de la Société d'Archéologie Biblique. I. I. p 34-3.-.), par Menant ( Uabyftmt tt la V.hatdée, p. 73-75), par Winckler [Insrhriften ion hoii'gen ma Humer und Ahhad. ddns I., heitsthrtftlirht lliblialhek, t. III. 1" partie, p. 7(1-81).

t Le nom, lu d'abord llgi. Hlgi. se prononce aujourd'hui Dounghi eu général : la lecture Soulgi (ScBBti.ta, heititàtiflm nnd t',tsrhrehtr.forichunq, p. 84) ne s'est pas maintenue. Le son et le sens en Aine kler i Inscloiften von KOaiyn voit Sumer und Akkad, dans la Keil'ehrifttiehc

618 LA CHALUËE PRIMITIVE.

infatigable : il termina le sanctuaire du dieu Lune et travailla dans Ourouk. dans Lagash, dans Routa1. Nous n'apercevons nulle part dans les inscriptions qu'il nous a léguées la mention d'une guerre civile ou d'une lutte soutenue contre l'étranger : on se tromperait grandement si l'on concluait de ce silence que la paix ne fut jamais troublée. Le lien qui rattachait les petits États dont le royaume d'Ourou se composait était des plus lâches. Le suzerain ne possédait guère en propre que sa capitale et le territoire qui l'entourait : les autres cités reconnaissaient son autorité, lui payaient un tribut, lui devaient l'hommage religieux et sans doute aussi le service militaire, mais elles conservaient chacune sa constitution spéciale et ses seigneurs héréditaires. Ceux-ci perdaient, il est vrai, le titre de roi dont leur suzerain seul avait le droit de se parer, et se déclaraient simplement vicaires de leur ville; mais, leurs obligations féodales une fois remplies, ils exerçaient tout pouvoir sur leurs anciens domaines, et ils transmettaient librement à leur postérité l'héritage qu'ils avaient reçu de leurs pères. C'est ainsi que Goudéa probablement, ses petitslils à coup sûr, gouvernaient Lagash comme fief mouvant à la couronne d'Ourou1. A l'exemple des barons égyptiens, les vassaux des rois de Chaldée se laissaient mener sans trop regimber contre le joug, tant qu'ils se sentaient tenus de court par une main énergique : ils se reprenaient à la moindre défaillance du maître et s'efforçaient de recouvrer leur indépendance. Tout règne qui durait était presque nécessairement agité par des révoltes qu'on ne réussissait pas toujours à comprimer : si nous n'en connaissons aucune, c'est que les inscriptions découvertes jusqu'à ce jour sont tracées sur des

Bibliothek, t. III, in partie, p. 80, note 3) pense qu'il répondrait dans la langue sémitique à quelque chose comme Baou-oukln.

1. Achèvement du temple d'Ourou indiqué par le passage déjà cité du cylindre de Nabonatd (Rawlinson, Cun. /. \Y. As., t. I, pi. 68, n" 1, col. 1, 1. 5-27), confirmé par la découverte à Moughéir de ruines au nom de Dounghi (C. I. \Y. As., t. I, pi. 2, n° II, 1-2); constructions dans le temple d'Ourou k {C. I. \Y. As., t. I, pi. 2, nn3); construction d'un temple de Ninmar à Ghirsou, sur une pierre noire trouvée à Tell-ld ((',. /. \Y. A*., t. I, pi. 2, n° 2, A); constructions au temple de >ergal à Routa, d'après une copie faite sous le second empire babylonien du document original (Pinches, Guide (o the yimroud Central Salon, p. 61»; Winckler, Sumer und Akkad, dans les Milt. des Ak. Orientalischcn Ycreins, t. I, p. 11, 10, n° 1; Amiacd, l'Inscription assyrienne de Doungi, dans la Zeilschrift fur Assyriologie, t. 111, p. 04-1)5). Ces documents ont été réunis et traduits par Smith (Early Bis tory of Iiabylonia, dans les Transactions de la Société d'Archéologie Biblique, t. I, p. 36-37) et par Winckler (Inschriften von Kônigen von Sumer und Akkad, dans la Keilschriftlivhe Bibliothek, t. III, \— partie, p. 80-83). Ilommel {Geschichte, p. 337) croit pouvoir étendre l'autorité de Dounghi jusque sur ISinive : Amiaud a montré {l'Inscription assyrienne de Doungi, dans la Zeitschrift fur Assyriologie, t. III, p. 1)1-05) que le document sur lequel Ilommel s'appuie s'applique au quartier de Lagash nommé Nina et non pas à la ville de Ninivc en Assyrie.

2. Cf. p. 613 de cette Histoire. On peut citer à côté des princes de Lagash: Khashkhamir. prince de la ville d'Ishkounsin sous Ourbaou (IUwlinson, Cun. I. \Y. Ah., t. I, pi. 1, n° 10), Killoula-Gouzalal, lils d'Ourbabi, prince de Kouta (C. I. \Y. As., t. IV, pi. 35, nJ2; cf. Amiaud, l'Inscription H de Goudéa, dans la Zeitschrift fur Assyriologie, t. II, p. 21U-203), et Ourananbad, lils de Lougalsharkhi, princes de Nipour (Mknant, Catalogue de la Collection de Clercq, t. I, pi. X, n" 86; cf. Aiuin, l'Inscription // de Goudéa, p. 2!>5-2l)0) sous Dounghi ; cf. le cylindre de ces derniers, p. 623 de cette Histoire.

LES ROIS DE LARSAM. DE NISHIN ET D'OUROl'K. 619

objets où un récit de bataille n'aurait pas été à sa place, sur des briques provenant d'un temple, sur des cônes ou sur des barils en terre cuite voués aux dieux, sur des amulettes ou sur des cachets privés. Nous ne savons encore qui succéda à Dounghi, ni combien d'années traîna cette première dynastie d'Ourou : nous devinons seulement que son empire finit par s'émietter au bout d'assez peu de temps. La plupart des villes s'émancipèrent, et leurs chefs se proclamèrent rois de nouveau1. On vit ainsi un royaume d'Àmnanou se dresser sur la rive gauche de l'Euphrate avec Ourouk pour capitale, et trois rois au moins y persister, dont le plus actif semble avoir été Singashid*. Ourou gardait néanmoins assez de prestige et assez de richesse pour demeurer la métropole réelle du pays entier. Il fallait s'y faire introniser solennellement dans le temple avant d'être seigneur légitime de Shoumir et d'Àccad3. Tout ce qu'il y eut pendant plusieurs siècles de roitelets ambitieux se la disputa et y résida tour à tour. Ce furent d'abord, vers 2500, les sires de Nishin, Libitannounit, Gamiladar, Ishmidâgan*; puis Goungounoum de Nipour s'empara d'elle vers 2400*. Les descendants de Goungounoum furent dépossédés à leur tour par une famille originaire de Larsam, dont les deux principaux représentants sont pour nous Nourramman et son fils Sinidinnam (vers 2300). Sinidinnam construisit des temples ou en répara, cela va de soi ; mais de plus il nettoya le Shatt-el-Haî, il creusa un canal nouveau qui établissait une communication plus directe entre le Shatt et le Tigre, et, régularisant le régime des eaux, il mérita d'être considéré comme un des bienfaiteurs de la Chaldée 6.

Poussière d'histoire, plus qu'histoire véritable : ici un personnage isolé qui se nomme et s'évanouit quand on veut le saisir, là un tronçon de dynastie qui se rompt brusquement, des protocoles emphatiques, des formules dévotes,

1. L'ordre et la durée de ces dynasties locales ne sont pas assurés : l'arrangement que j'ai adopté diffère sur quelques points de ceux qu'ont préférés Tiele {Assyrisch-Babylonische Geschichle, p. 116 sqq.), Delitzsch-Miirdter (Geschichle, 1*é Ed., p. 79 sqq.), Winckler (Geschichte Babyloniens und Assyriens, p. AA sqq.), Hommel (Geschichle Babyloniens und Assyriens, p. 338 sqq.). La prédominance d'Ourou est le seul fait certain qui résulte de toutes les recherches entreprises jusqu'à présent.

2. Les inscriptions de Singashid, de Singâmil et de Bilbaouakhi, les trois seuls de ces rois qui nous soient connus, ont été réunies et traduites en dernier lieu par Winckler (ïnschriften von Kônigen von Sumer und Akkad, dans la Keilschriftliche Bibliothek, t. III, lre partie, p. 82-85).

3. Ce fait, qui domine toute l'histoire de la Chaldée méridionale à cette époque, a été fort heureusement mis en lumière par Winckler (Untcrsuchungen sur allorientalischen Geschichle, p. 15 sqq.).

A. Voir les principales inscriptions de ces rois de Nishin ou d'Ishin chez Winckler (ïnschriften von Kônigen von Sutner und Akkad, dans la Keilschriftliche Bibliothek, t. III, 1rc partie, p. 8-1-87).

5. Goungounoum et ses successeurs forment ce qu'on appelle la seconde dynastie d'Ourou. Leurs inscriptions ont été réunies et traduites en dernier lieu par Winckler (ïnschriften Kônigen von Sumer und Akkad, dans la Keilschriftliche Bibliothek, t. IV, lr# partie, p. 86-93).

6. Fr. Delitzsch, Ein Thonkegel Sinidinnam' s, dans les Beitrâge zur Assyriologie, t. I, p. 301-311. et dans la note Larsa-Ellasar insérée chez Franz Delitzsch, Commenlar ûber die Genesis, 1887, p. 542.

640 LA CHALDÊE PRIMITIVE.

des dédicaces d'objets ou d'édifices, çà et là quelques actions de guerre ou l'indication d'un pays étranger avec lequel on entretenait des relations de commerce ou d'amitié. L'Egypte n'a rien de plus à nous offrir pour beaucoup de ses rois, mais chez elle du moins les dynasties forment un cadre assuré, où chaque fait et chaque nom nouveau finit par trouver sa place exacte, après quelques incertitudes. Les grandes lignes du tableau se dessinent assez nettement pour qu'on n'ait plus à y toucher, la plupart des groupes sont au plan convenable, les espaces blancs ou mal couverts se restreignent et se remplissent de jour en jour : on pressent le moment où, l'ensemble étant fixé du tout, il ne restera plus qu'à s'occuper du détail. Ici le cadre fait défaut, et l'on en est réduit aux expédients pour classer les éléments de la composition. Naramsin est à son poste, ou peu s'en faut; mats Goudéa, quel intervalle le sépare de Naramsin, et les rois d'Ourou à quelle distance doit-on les arrêter de Goudéa? Les commencements de la Chaldée n'ont qu'une histoire provisoire; le,s faits y sont certains, la succession des faits y est trop souvent incertaine. L'arrangement qu'on en donne aujourd'hui n'a rien que de vraisemblable, et l'on en proposera difficilement un meilleur, tant que les fouilles n'auront pas rendu de documents nouveaux : il faut l'accepter comme à l'essai, sans parti pris de confiance ou de scepticisme.

ez&e/tJ Ôemo/etiJ et /est. ' <U/ieuœ de^? la Cna/aee i

<J.<i conâtructûm. et, ùtt ' revenait.' ile/tJ tettwlea.' ;

leaJ dieux froputaireaJ et fe*J frùu/e*rJ tÂéofopiaaett >.

*£eaJ mor&tJ et. IL/Uatlèit.l

i<*t' citéaJ cAafaeeanea.' ; fttàaaeJ irretaueJ excùi.'jr de> fa brique' donne? iï leum.' ruinée.) lavoarenceJ deJ monticule/c' natureli.'. - cZeurn.' ettceùtteaJ : feaJ temfifeaJ dejtJ aïeux focaux; reco/utitiitio/i deJ leur-' AiàtoireJ au. moyen de.t ' ùriqiteitJ e. f/iimtéett ' dont. ilnJ ton*. eonàtruititJ. • e*6t' deux fau/ea.' de.' xîgufowàL ; le' templeJ de> JCannar- 'à Clurou et. àeaJ attuntoùibfutj.

cCenJ dieux cfiaufée/i/tJ et. feurrr.' triàust.'. • .--Cea.' aâitea.' Aoûtifett.' à InonuneJ, feuntJ -/ormea.' mo/tj/rueu JescJ; fe> Je/U- du G)ua- L/ueii- ; feaJ géiiiett.) litnveilfanbtJ. - <J.ettJ (Sept, et. leurre' attaauea.' contreJ le> dieu ^luneJ; (■/ilil l*-> dieu uSea, trionwneJ d eux et. deJ feum.' emoûcAea.'. - =4ea.' dieux .uunérieua.', ^/(*nanu-joit .- (f0icuùé de.' leaJ de/i/tir-' et- d'en comprendre' la naturel; ùCt' oo/il a&jorùé/c' par-' ' fea.> dieux M'initia tien. >.

Caractères et, jtafiiont.' oeaj dieux cnaldéenaJ : leaJ deefSeaJ ont. auprèaJ deux UJ ràleJ effacé deaJ jimmeaJ deJ narem; CtlCulitta et. âoti cutfeJ inwiir-'. - c-L arùitaeratieJ divine.' et- seaJ ftrineûfaux repréaentitnùt.' ; feuntJ rapportaJ avec ut, terre.', feaJ oraclerz.>, feaJ atatueaJ fmrfanteitJ, feaJ dieux -familiaux. - &LcaJ dieux deJ cfutaue.' cité n excfuetit. frtH/it. fat' dieux

iteii> ciiâtJ it/iaùteaJ .- leur*.' a/uance*.' et. le*J enyiriwAt.' yn iltJae' fini. le*J un* i aux outre* .'. - tJ.e*.> dïeux-ciei et. ù*' dieux-terre'. le*J dieux Ji'deraux ; lu lunes et- les aoleu.

c-Ce/t ' d'eux ■féodaux ; iduoieurnS detttreS eux ounÙse/it. itour-' aouverner-' US montte', le* ' deux WiflW d Ùridou. - *J.a triades Jiyrrnic' .■ ^sZnou les ciel, uO(//i terres et. an jfiiMoa avec ,,'fùtntouA des i/jaéulone.': Ùa, le> dieu de*> eaux. - ^Cit Accoude ' triudcS .- C'in la, luneS et. Ô/tamaàA leS itoteil, iJjA/ar-' est. remplacées dm*? cette* triade' jmr-' ^Stamman; /en.' vent*' et. laleyendesd'J%d<ya, ù*> atirtlut*' desSîamman. - $èe>V deefie*.' a'attacAenl. aux deux IrïadeuS : leSnKeS efface au elle*,' u Jouent.

rJ^afiemMee ' de*S aïeux gouverne' ùt monde' : l oiseau *fou w/cJ le*S

taUette*' du destin. - de*.' destinée*,' sont, inscrite*,' au ciel et. déterminée* '

intr-' le*' mouvement*' de*' astre*' : le*.' comète*J et. le*.' dieux oui u

frre'jiite/it-, Jléoo et. iJsAtitr-'. - *4a valeur-'' numétiaue' de*,' dieux, - da

constitution de*J tem/dè*', le* > sacerdoce* > locaux. IttcjjÇte*'. le*' revenue

de*' dieux et. le*' donation*' au ou UurJ'-fitit.. - tJ.e*S sacrifice*', l'expiation

de*J jfiiute*S. • **.a mort. et. le*S destùiée*S de' lame'. • . te* ' tomleau x

et. la crémation de*s cadavre*,' .■ le*' sejndcre*J rouaux et. le*..'

culte*,' ■fune'rat're*S. - **. *./Oadè*> et. Je* ' souverain*,' .•

Jtergat, i^uat. . la descente ' d, /tntar- ' aux

Ùn/emJ, et. la indsibuité dun

(ion. - oL évocation de*J ntort*J.

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