‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient classiqueChapitre 287 sur 374 · Pute, iViitiw et L'Assyrie, t. I, p. S6-Î · texte numérisé non relu

Pute, iViitiw et L'Assyrie, t. I, p. S6-Î

t. Destin de Fauchrr-Gudin , d'après aie brique conserr/e au nntste du Lourre. Les briques char- «lie» d'inscriptions historiques qu'on rencontre parfois paraissent avoir été le plus souvent des ex-voto qu'on exposait à part, et non des matériaux de construction perdus dans la maçonnerie.

3. Voir le plan des ruines d'Ourou à Moughélr. p. fifï de celte Histoire.

i. Cela paraît résulter de la description que I.oftus donne des ruines (Trarels and lieiearches in Chaldtra and Sutiana, p. tu »qq.); il n'existe à ma connaissance aucun plan de celte ville,

S. Voir le plan des ruines d'Rridou à Abou-Shalircln, p. 614 de cette Histoire.

aujourd'hui encore à douze ou quinze mètres et conserve au sommet six mètres et plus d'épaisseur. Des tourelles oblongues faisaient saillie sur le front, de quinze en quinze mètres : les fouilles n'ont pas été poussées assez loin pour qu'on puisse se rendre compte du système appliqué à la défense des portes1. L'aire inscrite était souvent assez vaste, mais la population s'y trouvait répartie en proportions inégales : elle se divisait par quartiers, groupés chacun autour d'un ou de plusieurs temples, dense en certains endroits, clairsemée en certains autres. Le dieu souverain habitait d'ordinaire le plus grand et le plus riche de ces édifices, celui que les princes travaillaient sans cesse à décorer et dont les ruines attirent par leur masse l'attention des voyageurs. Les murs, bâtis et rapiécés en briques estampées au nom des seigneurs locaux, contiennent presque à eux seuls une histoire complète. Ourbaou fonda-t-il vraiment la ziggourat de Nannar dans Ourou? On rencontre ses briques à la base des portions les plus anciennes*, et des cylindres déterrés non loin de là nous apprennent qu'en effet « à Nannar, le taureau puissant d'Ànou, le fils de Bel, son roi Ourbaou, le héros vaillant, roi d'Ourou, avait bâti Ë-Timila, son temple favori3». Les briques de son fils Dounghi se mêlent aux siennes4, et ça et là d'autres briques appartenant à des monarques postérieurs, des cylindres, des cônes, de menus objets semés dans les assises rappellent les restaurations survenues à diverses époques5. Ce qui est vrai de l'une des cités chaldéennes l'est également de toutes, et les dynasties d'Ourouk et de Lagash ressortent comme celles d'Ourou de l'épaisseur des maçonneries6. Les maîtres du ciel promettaient aux maîtres de la terre, pour récompenser leur piété, la gloire et la richesse en cette vie, un renom éternel après la mort : ils ont tenu leur parole. La plupart des héros de la haute antiquité chaldéenne nous seraient inconnus sans le témoignage des chapelles en ruines,

1. Lofti's, Travels and Iiesearches in Chald&a and Susiana, p. 166.

2. Brique provenant de Moughétr, au British Muséum; publiée dans Rawlinson, Cuneiforni Inscriptions of Western Asia, t. I, pi. 1, n* 1 ; cf. Oppert, Expédition en Mésopotamie, t. I, p. 260-261.

3. Cylindre en terre cuite provenant d'un monticule situé au sud des ruines du grand temple ; publié dans Rawlinson, Cun. Ins. \V. As., t. I, pi. 1, n° I, 4. É-timila paraît signifier la maison aux hautes assises; sous Dounghi, le temple prend le nom de É-Kharsag, la maison de la montagne des dieux (Rawlinson, Cun. Ins. W. As., t. I, pi. 2, n° H, 2) et plus tard celui de É-shir-gal, maison de la grande radiance (Rawlinson, Cun. Ins. W. As., t. IV, pi. 33, n° 6, I. 9).

4. Brique provenant de Moughéir, au British Muséum ; publiée dans Rawlinson, Cun. Ins. \Y. As., t. I, pi. 2, n° 11, 1; cf. Oppert, Expédition en Mésopotamie, t. 1, p. 260-261.

5. Briques de Boursin (Rawlinson, Cun. Ins. H*. As., t. I, pi. 5, n'XIX) et de Sinidinnam (/</., pi. 5. n° XX), cylindre de Nourramman (ld., pi. 2, n° IV), le tout provenant de Moughéîr.

6. Voir les documents réunis on originaux dans Rawlinson, Cun. Ins. W. As., t. I, pi. 2, n* VIII, et dans Fr. Lknornant, Éludes Accadiennes, t. II, p. 324-325, publiés en traduction allemande, dans la première partie du troisième volume de la Keilschriftliche Bibliothek, pour les rois de Lagash par Jensen, Insehriften der Kônige und Stat thaï ter von Lagasch, p. 10 sqq., pour les rois d'Ourouk par Winckler, Inschriften von Kfinigen von Sumer und Akkad, p. 82-85.

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