LE TEMPLE DE NANNAK À OUKOII ET SES DISPOSITIONS
niveau du toit des maisons environnantes. 11 mesure encore six mèlres de hauteur au temple de Nannar dansUurou, et les quatre angles en sont orientés exactement sur les quatre points cardinaux. On l'abordait de front par un plan incliné ou par des marches en pente douce, et le sommet en était dallé d'énormes briques cuites au four : une balustrade basse limitait ce parvis, où les processions évoluaient à l'aise les jours de fêtes solennelles. Le pre-
mier étage représente un parallélogramme long de soixante mètres, large de quarante, haut de dix environ*. Le gros œuvre en briques sèches a gardé presque jusqu'au faite son parement de carreaux rouges, cimentés avec d.u bitume; des contreforts saillants de trente centimètres à peine le maintiennent et en diversifient maigrement la surface un peu nue, neuf sur li»s cotés longs, six sur les côtés courts'. Le second étage ne va plus qu'à six mètres
I. Dettin de Fma-lirr-tïudht. I.;i restau rutimi dilTère de nlli-. .|nimt |.n>|.ei.<-i * |'i*iioi-i:oii>i>i. Ut*toire de l'Art ilaiu l'Antiquité, t. Il, p. 3K[i ci pi. Il, et Ki IImki, Vrbcr aitckeldâùtrhe hu»n, clan» la Zeiltrhrift fur Aftgriologie, I. I, |>. 115, I*. le l'ai faite eo m'inspira rit des FaiK ri m ululé* sur le terrain par Tayi.or, Nolet on tkt mm* of Nii'/rurr. dan- le Journal ••( Ihe II. I". Sortrlg, t. XV, p. ï(ill-ÎTl), el par [.unis, Travets ami Itesearches m l.hatdra a"d Suêinna. \> \f.\t\
ï. Les cl i iiio usions sonl empruntées à Lnfliis (Trttvett and Hrtrarehtt in t'.hnldrn and Svttana.
p. it'i), qui donne i!*8 pieds cin(;l;ii«. et 173 pour la longueur n-pi-rine de* cilles . l'cUg ■ mesure
plus d'après lui que 4" pieds de haut, sait un pou plus de K inèlres.
3. T»ïlo», Xulci on Ihe ruina of Mw/cytr, dans le Journal of ilir Anatn Sacirl». I, XV, p. (CI.
au-dessus du premier, et il ne dépassait guère huit ou neuf mètres du temps qu'il était intact'. Les briques de Uounghi y abondent, parmi les matériaux utilisés lors de la dernière restauration, au vt1' siècle avant notre ère; les surfaces sont lisses, mais percées çà et là de trous d'êvent, et leur simplicité même nous garantit presque sûrement que Nabonaîd s'est borné à remettre les choses dans l'état où les premiers rois d'Ourou les avaient laissées'. On distinguait, il y a une centaine d'années, les traces d'un troisième étage, non plus massif comme les précédents, mais creux et renfermant une
chambre au moins :
c'était le Saint des Saints, la chapelle de Nannar'.L'ne parure du plaques émaillées,d'uD bleu clair et luisant, la décorait à l'extérieur.
L'intérieur en était lam-
LE TIIPLK B'UUROU riAHS SUN *T1T KWIL, BÂFRÉS TAÏLOR*. uHssé de CCS l)OÏS pré-
cieux, cèdre ou cyprès, que le commerce demandait aux peuples du Nord et de l'Ouest : des feuilles d'or mince lamaient en partie les boiseries, et des panneaux en mosaïque composés de petits morceaux de marbre blanc, d'albâtre, d'onyx, d'agate découpés et polis, alternaient avec elles1. La statue de Nannar s'y dressait, un de ces icônes raides et gauches, dont la pose transmise de génération en génération se perpétua jusque dans les statues de la Chaldée grécisée. L'esprit du dieu y résidait ainsi que le double des idoles égyptiennes : il veillait de là sur le peuple qui s'agitait à ses pieds, et dont la rumeur montait à peine jusqu'à lui. Les dieux de l'Euphrate formaient, comme ceux du Nil, un peuple innombrable d'êtres visibles et invisibles, distribués en tribus et en empires par toutes les régions de l'univers*. Ils se cantonnaient chacun dans une fonction,
I. Actuellement 11 pieds de haut, plus ;i pieds île décombres, MU pieds de long, 7a de large (LoFTirs, TravcU and tltttarchrt in Chatdra and Sutiana, p. HBj.
t. Les cylindre» de Jiabonatd racontant la restauration du temple ont été découverts aux quatre angles du second étage par Tavuw, fiotn ou the ruine of Muqeyrr, dans le J. Ai. Soi:, t. XV. p. ÎK3. îti.I; ce «ont les cylindres publiés dans Hawi.ii.sok, Cuil. lut. W. .-la., t. I, pi. «M, n« I, 69.
3. T.ivlok, AVrfeu on Ihe rtiÎHt of Mw/eyrr, dans le J. Ai. Soc.. I. XV, p. it'.i-Siifi.
i, Far-siniilé par Faurher-Cudin du ifcxiiii publif ilnnt Tiïiiir,, .Yu(c.« oh the min* of Mnqryrr, dans le Journal of the lioijitl Atinlir Society, t. XV, u. tut.
:',. Tajlor a trouvé de-, frapnienls de ce jji-nre de décoration ii firidnii (Soirs on AbuShahrrm and Tcl-el-lahm. dans le J. Ai. Soc, t. XV, p. iHT) : elle devait exister à Ourou.