‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient classiqueChapitre 290 sur 374 · LES CÉNIES HOSTILES ET LEURS FORMES MONSTRUEUSES · texte numérisé non relu

LES CÉNIES HOSTILES ET LEURS FORMES MONSTRUEUSES

dans un métier, qu'ils exerçaient d'un zèle infatigable, aux ordres de leurs princes ou de leurs rois1 ; mais, tandis qu'en Egypte ils se montraient pour la plupart bienveillants à l'homme ou tout au plus indifférents, ils le poursuivaient en Chaldée d'une haine inexpiable et semblaient ne respirer que pour sa perte. Ces monstres aux formes inquiétantes, armés de couteaux et de lances, que les théologiens d'Héliopolis ou de Thèbes enfermaient dans les cavernes

de l'Hadès, au plus profond des ténèbres éternelles, les Chaldéens se les figuraient lâchés en plein jour à travers le monde, les gallon et les maskim, les âlon comme les outoukkott, et vingt autres peuplades démoniaques, aux noms bizarres et mystérieux5. Certains flottaient dans l'air et présidaient aux vents malsains. Le vent du Sud-Ouest, le plus cruel de tous, se tenait à l'affût dans les solitudes de l'Arabie, mais il en sortait soudain aux mois les plus lourds de l'année : il ralliait en passant les vapeurs malsaines que les marais exhalent aux ardeurs du soleil, et, les répandant sur les campagnes, il frappait à coups redoublés non seulement les hommes et les animaux, mais les moissons, les herbages, les arbres*. Les génies des fièvres et de la folie s'insinuaient partout sans bruit, insidieux et traîtres*. La Peste tantôt SOmmière fais pr Fa. Lf.nufhhm. la Magie chez le* Chaldêem et ht Originel Aecadiennei, dont les Irailurtiuris on! été modi lices, surtout par Jïmsïn, De Inriintainenlûriiin tumerico-aimyriomm teriei f un ilicitur schurbu Tabula VI, dans la Zeittehrift fur Keilforsrhung, t. I. y. SÏH-3ÏÏ, t. Il, p. 13-61, mais dont le» rond usions mythologiques sont demeurées presque intactes sur bien des points.

I. Il csl question d'un roi {lougalj des l.amsissi et d'autres espèces de génies, voire d'Anou, roi des Sept lils de la Terre (K, 187(1, reclo. I. Ï8, dans IUwlisson, f.un. lus. If. A*., t. IV, pi. 5}.

t. burin de Bou&ier, d'aprèi Loftus, Trave.li and tiaearehet in l'.hald.ra and Sviiana. |>. 148.

3, 1,'énuméralionen csl dans Fn. Lknounant, la Magie c kc- tel Chaldéens , p. 43-36, où l'auteur essaye rie définir le caractère et la fonction de chacune îles classes de démons : cf. sur ces êtres les passais recueillis par K». Dsutisck, Anyritchei Wôrierbuck, p. 417-419, v. «liât, ol p. 394-399, s. v. ekimmou.

4, Fa. Lknommiit, la Magie chei lei Ckaldéem et tei Originel Accadiennei, p. 36.

5, Le plus redoutable d'entre eux eat le démon Mal-de-téle, contre lequel noua possédons un

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meillait. et tantôt se lançait furieuse au plus épais des foules humaines1. Des lutins hantaient les maisons, des follets erraient au bord des eaux, les ghoules -"---laient les voyageurs dans les lieux inhabités1, et les morts nt leurs tombeaux se glissaient la nuit auprès des vivants pour ibreuver de leur sang9. La figure matérielle de ces êtres meuriers exprimait fidèlement aux yeux leur caractère pervers et éroce. On leur prêtait des corps composites, où le torse de 'homme s'alliait de façon grotesque aux membres des bêtes les jltis imprévues. Ils s'accommodaient comme ils pouvaient de attes d'oiseau et d'une peau de poisson, d'une queue de taureau de plusieurs paires d'ailes, d'un chef de lion, de vautour, yène ou de loup; quand on leur laissait la tète humaine, on la p faisait hideuse et grimaçante à plaisir. Le vent du Sud-Ouest se tinguait entre tous par la multiplicité des éléments dont sa pernne se bigarrait. Il équilibrait son corps de chien sur deux James terminées en serres d'aigle ; ses deux bras armés de griffes acéées s'adaptent à quatre ailes éployées, dont deux retombent derrière lui, deux se relèvent haut et encadrent sa tète; sa queue est d'un scorpion, son masque d'un homme aux gros yeux ronds, aux sourcils épais, aux joues décharnées, aux lèvres otslB rétractées formidablement sur des dents menaçantes, au

" '"* Ll0" ' crâne plat, aux cornes de chèvre : le tout si laid que le dieu s'effrayait lui-même et s'enfuyait, quand il rencontrait à ['improviste un de

certain nombre d'incantations et île charmes dans Rakli.isoi, f.ini. I. H". Al., t. IV, pi. 3-1. dont un fragment fut traduit pour la première foi» par Foi Tai.boi, On Ihe tteligiout Hclïef of Ihe Assurions, dans lus Transaction» de la Société d'Archéologie Biblique, t. Il, p. H4. Des traductions complète» en ont été données par Fa, I.K-iomiiM, Etude» Arradiennc», t. II, p. ÎS3-3K3, t. III, p, 98-ttlI, puis par IIalëtV, Document* religieux de FAstyrie et de la l'.haldie, \i. 13-*), ,>4-'J3 ; listai. De Incantameiitorma, dans la Zeitschrifl f&r Keilforichung, t. I,p. 3(11; Sait... The Religion of Ihe Ancien! Babjfloniant, p. 4SB-4G3. Cf. Kn. Lfstmnnrir, la Magie chez le» Chaldéen», p. 19-it), 38-39.

1. Incantation contre le démon de la peste dans Vu. I.imibuaxi, Elude» Accadiennet, t. Il, p, Ï39- Ï3i, t. III, p. 94-97; cf. la Magie fhet le» Chaldeens, p. 17-48.

t. C'est le Mal, le démon de la nuit qui suce le sang de ses victimes, cl dont il est souvent question dans les incantations magiques (IUwlivsos, Cuneif. In». W. A»., t. Il, pi. 17, eol. n, I. 63. t. IV, pi. Î9, n* t. verso. I. 49-311, etc.). Sur le rapprochement qu'on peut en Taire avec la Lililh des traditions hébraïques, cf. Kit. I.exomm», la Magie cka le» Chaldeent, p. 36, et Sayce The Religion of the Ancient Babyloniant, \i. 147-148; Sayce paraît confondre les ghoules, qui n'ont jamais été hommes ou femmes, avec les vampires, qui sont des morts ou des mortes sortis du tombeau.

3. l,es vampires sont fréquemment cités dans les formules magiques, Haklissoh, Cun. lus. H'. A»., t. II, pi. 17, eol. n, I. G-15, fiî, t. IV, pi. 1, col. î, I. 49-50, t. IV, pi. Î9, n" I verso. I. 17-iS, ele.; cf. F». Lmomaht, la Magie chti Ut Chaldeent, p. 33, la Divination et la Science de.» présages chez te» Chaldeent, p. 158-157. Dans sa Descente aux Enfer» (cf. p. fifl4 de celte Histoire), Ishtar raenare de • ressusciter les morts pour qu'ils mangent les vivants > (L. lit),

4. Dessin de Faucher-Gudin, d'aprè» la figurine en terre cuite d'époque attyrienne qui etl au Musée du Louvre (Losgpébieb, Hotiee de» antiquités assyriennes , 3" éd.. p. 57. nn tax). c'est Inné des figures un terrée'* j Klinrs.nl.iad, sons le sou il d'une des portes de Li ville, |ioui' eu écarter les influences ma m aises.

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