Jensen, Die Kosmologie der Babylonier, p. 16 sqq
4. Sur le sens de cette expression, voir J en ses, Die Kosmologie der Babylonier, p. 11-12, où il est montré qu'elle ne désigne pas un seul de plusieurs ciels entre lesquels les dieux auraient été répartis (A. Jeremias, Die Babylonisch-A*syrischen Vorstellungen vom Leben nach dem Tode, p. 59-60).
5. Cf la peinture des dieux dans la légende du Déluge, à la page 569 de cette Histoire.
6. Dans le récit de la guerre soulevée par Tiàmat contre les dieux de lumière, il envoie successivement Éa puis Bel-Mardouk contre les puissances du Chaos (cf. p. 539 de cette Histoire). Dans la légende du dieu Zou, c'est à Ramman qu'Anou confie le soin de reprendre les tablettes du destin (J. Harper, Die Babylonischen Legenden von Etana, Zû, Adapa und Dibbara, dans les Beitràge zur Assyriologie, t. II, p. 409-412); cf. aux pages 666-667 de cette Histoire.
7. IUwxinson, Cun. Ins. W. As., t. IV, pi. 5, col. i, 1. 27-39; cf. Fr. Lenormant, le Dieu Lune délivre de l'attaque des mauvais esprits, dans la Gazette Archéologique, 1878, p. 24, Éludes Accadienne*,
lance tous les dieux à son gré, puis il les rappelle, puis, à force de se servir d'eux comme d'instruments, il affaiblit leur personnalité, la réduit à néant, l'absorbe dans la sienne. Ils se mêlent en lui et leurs noms ne semblent plus que des doublets du sien : c'est Anou le Lakhmou qui paraît aux premiers jours de la création, c'est Anou Ouràsh ou Ninib, le soleil guerrier de N'ipour, c'est Anou l'aigle Alala qu'lshtar énerva par ses tendresses1. Anou ainsi conçu cesse d'être le dieu par excellence : il devient le seul dieu maître, et l'idée d'autorité s'attache si bien à lui que son nom sert dans le langage courant à rendre la notion de dieu*. Bel se serait effacé presque entièrement devant lui, eomme c'est assez le sort des dieux-Terre en présence des dieux-Ciel, s'il ne s'était confondu avec son homonyme le Bel-Mardouk de Babylone : il dut à cette alliance de conserver sa vie propre jusqu'à la fin, vis-à-vis d'Anou3. Éa était le plus actif et le plus énergique des membres de la triade4. Comme il figurait l'abîme sans fond, les eaux ténébreuses qui avaient empli l'univers jusqu'au jour de la création, on lui avait attribué la connaissance de toutes les choses passées, présentes et futures, dont les germes avaient reposé dans son sein. On vénérait en lui la sagesse suprême, le maître des conjurations et des charmes qui commandent aux hommes et aux dieux : nulle force ne
t. 111, p. 122-123; Hommrl, Die Semitischen Vôlker, p. 307; Sayce, The Religion of the Ancient Babylonians, p. 463. Delitesch, Die Chaldâische Gène sis, p. 308, pense que le* sept mauvais génies sont en rapport avec les sept jours funestes de l'année chaldéo-assyrienne.
1. Une tablette de la Bibliothèque d'Assourbanabal (Rawlinson, Cun. Ins. W. As., t. III, pi. 69, n° 1, verso) donne la liste de vingt et un dieux et déesses qui sont identiques à Anou et à sa forme féminine Anat, dans le rôle de père et de mère des choses (Jensen, Die Kosmologie der Babylonier, p. 272-275); d'autres textes montrent que ces identifications étaient admises par les théologiens, au moins pour quelques-unes de ces divinités, pour Ourash-INinib (Je.nsen, Die Kosmologie der Babylonier \ p. 136-139) et pour Lakhmou (Sayce, The Religion of the Ancient Babylonians, p. 191-192).
2. Le fait, remarqué par les premiers assyriologues, leur avait inspiré l'idée que An, Anou, Ana, était le nom de la divinité en général, appliqué à un dieu spécial par abus de langage (Rawli.nson, On the Religion of the babylonians and Assyrians, p. 486; cf. G. Rawlinson, T/ie Five Great Monarchies, 2" éd., t. I, p. 115); les assyriologues d'aujourd'hui ont renversé la proposition, à l'exemple de Fr. Lenormant, la Magie chez les Chaldéens, p. 144-145.
3. Sayce, The Religion of the Ancient Babylonians, p. 1 03-10 i.
4. Le nom de ce dieu a été lu ISisrok par Oppert {Expédition en Mésopotamie, t. Il, p. 339-340), Nouah par Hincks, et par Lenormant(/c* Premières Civilisations, t. Il, p. 130-132). La lecture actuelle la, Éa, se traduit ordinairement Maison (Lenormant, la Magie chez les Chaldéens, p. 145-146), Maison de l'eau (Hommel, Geschichte Babyloniens und Assyriens, p. 251); c'est une interprétation populaire qui paraît avoir été inspirée aux Chaldéens par les valeurs diverses des signes qui servent à écrire le nom du dieu (Jensen, Die Kosmologie der Babylonier, p. 246, note). Dès le début, H. Rawlinson (On the Religion of the Babylonians and Assyrians, p. 492-495) reconnut dans Éa. dont il lisait le nom Héa, Hoa, la divinité qui préside à l'abîme des eaux; il le comparait au serpent de l'Écriture, mis en rapport avec l'arbre de la science et de la vie, et il déduisait de ce rapprochement le rôle de maître de la sagesse. Son caractère de seigneur des eaux primordiales d'où sont sorties toutes choses, nettement défini par Lenormant (la Magie chez les Chaldéens, p. 145-147), est bien connu aujourd'hui (Hommel, Die Semitischen Yôtker, p. 373-375; Demtzsch-Mï'riiter, Geschichte Babyloniens und Assyriens, 2* éd., p. 2"; Sayce, The Religion of the Ancient Babylonians, p. 131-145; Tiele, Iiaby Ionise h- Assyrische Geschichte, p. 518-520). Son nom est transcrit 'Ab; par Daniascius (De Principiis,% 125. éd. Ruelle, p. 322), sans qu'il soit aisé d'expliquer cette transcription (Je.nskn, Die Kosmologie der Babylonier, p. 271); l'hypothèse la plus vraisemblable est encore celle d'Hommel (Geschichte Babyloniens und Assyriens, p. 254) qui considère 'Abç comme une forme apocopée de 'Iabç = la, Ea.