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LES SACRIFICES EN L HONNEUR DES DIEUX

la brebis, le bœuf, parfois ie porc, faisaient les frais de l'holocauste réglementaire1. Les dieux empoignaient à la volée la fumée grasse des autels, et ils s'en repaissaient amoureusement. Lorsqu'ils avaient terminé, on leur insinuait une requête et ils l'exauçaient1. Les offices étaient fréquents dans les temples :

on en célébrait matin et soir en temps ordinaire,

sans tenir compte de ceux que la dévotion des particuliers réclamait à toutes les heures de la journée. Les fêtes propres au dieu local et à ses parê-

dres, puis les panégyries communes à ta nation entière, comme celle du Nouvel-An, exigeaient une quantité de sacrifices pompeux, où le sang des vie-

1 . If fail iii-* sacrifices humains a clé indique pour la première fois a ma connaissance par F». LtuntHKT. ht Premièra Cicilitalioni, t. Il, p. I9<i-I9B (cf. Etudes Accadienne», t. Ut, p. lli-113). pu il par S««(. lut humait Sarrificei among the liabylonians, efnns les Trantartiott» de la Société d'Arcneotc-Nic Biblique, t. IV, p. i5-3t ; il y en a peut-être des représentations dans Hjuukt, Recherche» tur la Glyptique orientale, t. I, p. 154, fig. 95 (cf. Catalogue de ta Collection de Ctercq, t. I, I. :... I .. i ..-. p. 11!, pl. VII, n™ 21), 30 bit. pi. XVIII, n* 107, pi. XIX, n« I7fi-I8î), La réalité de ces sacrillces a été défondue par Suce, On the Ifetigion of Ihe Ancien! Babyloitiant, p. "S, 83-M, par Tiile, Rabyloniich-Astyriicht Gctchichtc, p. 548, et par C. J. B*i,i. Glimptet of Babylonian Religion, dans les Procecdingt de la Société d'Archéologie Biblique, I8UI-189Î, t. XIV, p. 149-153.

t. Ainsi dans l'évocation publiée par Kawlisso*, Cuti. Int. W. Ai., t. IV, pl. 17. et traduite par Ltwm,M, la Magie chez le» Chaldéent. n. 4<i, et Etude» Accadienne», t. III, p. 143-144 : • Soleil, à l'élévation de mes mains, viens a l'appel, — mange son offrande, absorbe sa victime, raffermis su maili, — et que par ton ordre it loti délivré de mit affliction, que ton mal lui toit cnlcié • {I. 53-59).

3. Ùe'tin de Faucher-Gudin, d'aprït une intnille amyrirnae publiée par A. Hich, narrative of a Jouruey to the lite nf Itabylon in mil, pl. X, n° tu (cf. M kih.it, llechrri.het »ur ta Glyptique orientale, t. I, p. 183-164). Le sacrifice du chevreau, ou plutût sa présentation au dieu, est ligure assez souvent sur les bas-reliefs assyriens, ainsi dans Boni, le Hotiittnent de Xinîve, t. I, pl. 43,

4. Destin de Fauihcr-Gudin. d'aprèt l'intatllc chahU'eiinc eignaUe par lli.i iti-Sismc, Recouverte»

times coulait à flots. Des jours de tristesse et de deuil alternaient avec ces jours de joie, pendant lesquels le peuple et les, grands jeûnaient à l'envi et faisaient pénitence1. Les Chaldéens avaient un sentiment très vif de la fragilité humaine et des responsabilités auxquelles une faute commise contre les dieux expose celui qui s'en rend coupable. La terreur du péché les poursuivait à travers leur vie, ils scrutaient sans cesse les motifs de leurs actions, et dès que cet examen de conscience leur avait révélé l'ombre d'une intention mauvaise, ils en imploraient humblement le pardon. « Seigneur, mes péchés sont nombreux, grands mes méfaits! — 0 mon dieu, mes péchés sont nombreux, grands mes méfaits ! — 0 ma déesse, mes péchés sont nombreux, grands mes méfaits! — J'ai fait des fautes et je ne les connais pas; j'ai commis le péché et je ne le connais pas ; — je me suis nourri de méfaits et je ne les connais pas , — j'ai marché dans le manquement et je ne le connais pas ! — Le seigneur, dans la colère de son cœur, il m'a frappé, — le dieu, dans le ressentiment de son cœur, il m'a abandonné, — l'ishtar s'est enragée contre moi et m'a traité rudement! — Je m'efforce, et personne ne me tend la main, — je pleure, et personne ne vient à moi, — je crie haut, et personne ne m'écoute : — je succombe au chagrin, je suis accablé, je ne puis plus lever la tête, — vers mon dieu miséricordieux je me tourne pour l'appeler, et je gémis! — .... Seigneur, ne rejette pas ton serviteur, — et s'il est précipité dans les eaux impétueuses, tends-lui la main; — les péchés que j'ai faits, aies-en miséricorde, — les méfaits que j'ai commis, emporte-les aux vents, — et mes fautes nombreuses, déchire-les comme un vêtement* ! » Le péché n'est pas comme chez nous une infirmité de l'âme, il attaque le corps à la façon d'une contagion réelle, et la crainte qu'il engendre de la souffrance physique ou de la mort inspire à ces plaintes une sincérité d'accent qu'on ne saurait méconnaître8. Chaque homme est placé, dès la naissance, sous la protection d'un dieu et

en Chaldée, pi. 30 bis, 17 b; cf. Hkizey, les Origines orientales de l'art, t. 1, p. 192-193; l'original est au Musée du Louvre. La scène figurée derrière le dieu Shamash appartient à une légende encore inconnue. Une déesse, poursuivie par un génie à double face, s'est réfugiée sous un arbre qui s'est recourbé pour la protéger; tan'dis que le monstre essaie de briser l'obstacle branche à branche, un dieu sort du tronc et tend à la déesse la masse à tête en pierre qui la défendra contre son ennemi.

1. Sur le péché, et sur le sentiment qu'il inspirait aux Chaldéens, cf. Zimmern, Babylonische Busspsalmen, puis Délitzsch-MCrdter, Geschichte Babyloniens und Assyriens, 2* éd., p. 38-39, Fr. Lenormant, Études Accadiennes, t. III, p. 146-163, et Hommel, Die Semitischen Volker, p. 315-322.

2. Rawlinsos, Cun. Ins. W. As., t. IV, pi. 10, col. i, 1. 36-61, col. u, I. 1-6, 3H-44. Un verset en avait été interprété par Fox Talbot, On the Beligious Belief of the Assyrians (dans les Transactions de la Société d'Archéologie Biblique, t. II, p. 71-72); le tout a été traduit en anglais par Sayce, dans les Hecords of the Past, 1rt Ser., t. VII, p. 151 sqq., en français par Fr. Lenor séant, Études Accadiennes, t. III, p. 148-152, en allemand par Delitzsch-MCrdter, Geschichte Babyloniens und Assyriens, 2* éd., p. 38-39, par Hommel, Die Semitischen Vôlker, p. 31 7, et enfin parZi*MERN, Die Babylonischen Busspsalmen, p. 61 sqq.

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