CHAPITRE IX
la rot* y té. l'hhc.aiiisation nr. la famille et de sa f<
Les rois de Chaldée ne se proclamaient point dieux comme les Pharaons, leurs contemporains. Ils se contentaient d'occuper une place intermédiaire entre leurs sujets et la divinité, et de s'attribuer pour traiter avec celle-ci des pouvoirs que les hommes ordinaires ne possédaient point. S'ils s'intitulaient parfois les fils d'Ëa*, de Ningoul1, ou de quelques autres, itait pure hyperbole dévole et non croyance en une parenté réelle; ie sentaient point palpiter en eux la chair même du dieu ou le ses doubles, mais ils voulaient qu'on les reconnut pour ses :s ici-bas, ses prophètes, ses favoris, les pasteurs élus par lui gouverner les troupeaux humains, les prêtres attachés fidèlement srvice. Seulement, tandis que le prêtre du commun se choisissait
1 llrtttu de Houdier, da/nr* lr rroqunde I nuis. Trarrta and Rrxrurrke* in Chaldra and Sntinna, [> ':,. I.a lettrine, qui e-t de l'anchcr-Cndin. représente une fiRiire royale agenouillée et porlanl i'i deux mains on Kn.s clo» (cf. p TSJ de relie Iliiloire), qui sert à la tenir firhée droite en terre : rW la ri- (.n h! i if ti on dp Is hpurinc en brome rfu Loutre, publiée: déjà par Hfi lEi-Sismr., [Meaurrrte* m CMldêt. pi ÎN. «• t.
! C'eut le- titre que prend 1c roi Oiirbaon do l-a^asli dan» IIedikt-SaHiix, Décttttterteë en Chaldée, pi. 7. col, I. I. 3-8. rf Or put. Ut Inscription' de Goudéa, don» le» Complet rendu* de l'Académie de» Intrrtptinut et »ette*i.rttre>, IKS*. u. 39; lai ai:», The luieriuliont of Telloh, dans les Record» af the Pa*l, i-' Ser , i I. p î.. )i<u\ Intchrtftcn der Kiinige und Slatlkaller von Lagasch, dans la KeiUchrifltieht Hibliotheh.l. III*. p *>-ïl
3. Singaihid. roi H'Ourook, -■ proclame RU de cette déesse (Hawlissos, Cuit, lui. Il . Al., 1. 1, pi. 1,
7(U LA CIVILISATION CHALDÊENNE.
un seul maître auquel il se consacrait, le prêtre-roi exerçait le sacerdoce universel et se posait en pontife de toutes les religions nationales. Ses préférences allaient de droit aux patrons de la cité, à ceux qui avaient tiré ses ancêtres de la poussière et qui l'avaient haussé lui-même au rang suprême, mais les autres exigeaient leur part de ses hommages et ils attendaient de lui un culte proportionné à leur importance1. S'il avait voulu le leur rendre en personne jusque dans les détails, son existence entière se serait écoulée au pied des autels ; quand il s'en était déchargé le plus possible sur le clergé régulier, ce qu'il en conservait encore remplissait une grande partie de son temps. Chaque mois, chaque jour lui apportait son contingent de sacrifices, d'oraisons, de processions inévitables*. Le 1er du second Ëloul, le souverain de Babylone présentait à Sin une gazelle sans tache, puis il faisait à Shamash une offrande à son gré et lui égorgeait des victimes. Les cérémonies se répétaient le 2 sans changement, mais, du 3 au 12, elles s'accomplissaient pendant la nuit, devant les statues tantôt de Mardouk et d'Ishtar, tantôt de Nébo et de Tashmit, de Moullil et d'Inlil, de Ramman, de Zirbanit, parfois au lever d'une constellation déterminée, celle du Chariot, par exemple, ou celle du Fils d'Ishtar, parfois au moment où la lune « exaltait vers la terre sa couronne lumineuse ». A telle date, il fallait réciter un psaume pénitentiel ou une litanie3; à telle autre, défense de manger de la viande cuite ou fumée, de changer de linge, d'endosser des habits blancs, de boire médecine, de sacrifier, d'édicter un arrêt, de sortir en char*. Et partout l'asservissement aux rites pesait aussi lourdement qu'à Babylone sur les épaules du prince, à Ourou, à Lagash, à Nipour, dans les cités souveraines de la Haute et de la
n° VIII, 1, l. 1-2); cf. G. Smith, Early History of Babylonia, dans les Transactions de la Société d'Archéologie Biblique, t. I, p. 41 (où le nom de la déesse, lu Belatsounat, est pris pour celui d'une reine), Winckler, Inschriften von Kônigen von Sumer und Akkad, dans la Keilschriftliche Bibliothek, t. III, 1" partie, p. 82-85.
1. Ainsi, pour ne citer qu'un exemple, Hammourabi s'intitulait dans la seconde inscription du Louvre : « prophète d'Anou, intendant de Bel, favori de Shamash, berger chéri de Mardouk • (Mknijvt, Une Nouvelle Inscription de Hammourabi, roi de Babylone, dans le Recueil de Travaux, t. II, p. 79; cf. Fr. Delitzsch, Die Sprache der Kossiïer, p. 74). Le protocole adopté par Goudéa dans l'Inscription de la Statue D du Louvre est plus développé, mais trop obscur encore pour qu'on le traduise en entier (Heuzey-Sarzec, Découvertes en Chaldée, pi. 9, col. i-ii; cf. Oppert, les Inscriptions de Goudéa, dans les Comptes rendus de C Académie des Inscriptions, 1882, p. 28-40. 123-127; Aniaud, The Inscriptions of Telloh, dans les Records of the Past, 2b4 Ser., t. II, p. 89-90, et dans Heuzey-Sarzec, Découvertes en Chaldée, p. xvii-xvm ; Jensen, Inschriften der Kônige und Statihnlter von Lagasch, dans la Keilschriftliche Bibliothek, t. III, r* partie, p. 50-51).
2. Tous les détails qui suivent sont empruntés à la tablette du British Muséum (IUwllnson, Cun. Ins. W. As., t. IV, pi. 32-33), découverte et traduite par Sayce, A Babylonian Saints1 Calcndar, dans les Records of the Past, lrt Ser., t. VII, p. 157-168, et The Religion of the Ancien t Babylonian s p. 69-76. Cf. le fragment cité par Sayck, The Religion of the Ancient Babylonians, p. 69, note 3.
3. Ainsi, le 6, le 16, le 26 du second mois d'Êlou), dans le document indiqué à la note précédente, et qui a été traduit entièrement par Sayce, à deux reprises.
4. Ainsi le 7 de ce même mois d'ftloul, puis le 14, le 21, le 28.