‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient classiqueChapitre 34 sur 374 · ORGANISATION TARDIVE DU DELTA · texte numérisé non relu

ORGANISATION TARDIVE DU DELTA

bique à l'est dans l'Ouady Toumilàt, la Libyque à l'ouest au sud du lac Maréotis, défendaient l'accès du pays contre les attaques des Bédouins asiatiques et des nomades africains. Les marais de l'intérieur et les dunes du littoral ne prêtaient guère à un grand développement d'industrie ou de civilisation. On n'y rencontrait que des territoires mal peuplés, ceux du Harpon, celui de la Vache, et d'autres dont les limites flottaient encore et

variaient de siècle en siècle au gré du Nil. L'œuvre d'assainissement et de canalisation, qui avait si bien réussi dans la vallée, fut ici moins efficace et marcha plus lentement. Les digues n'avaient plus la montagne où s'appuyer : elles se prolongeaient au hasard à travers le marais, coupées à chaque instant pour livrer passage à un canal ou à une ramification du fleuve. Les eaux sortaient de leurs anciens lits au moindre prétexte et s'en frayaient de nouveaux à travers champs. Le sol meuble et mai asséché retournait au bourbier dès que la crue s'y attardait : quelques semaines d'inondation

en plus qu'à l'ordinaire défaisaient pour longtemps l'œuvre de plusieurs générations. Le Delta d'une époque présenta rarement le même aspect que celui des époques précédentes, et l'Egypte du nord ne se rendit jamais aussi pleinement maîtresse de son sol que l'Egypte méridionale avait fait du sien1. Ces premières principautés, si petites qu'elles nous paraissent, étaient trop grandes encore pour rester toujours indivises. En ce temps de communications lentes, la puissance d'attraction qu'une capitale exerce sur les cantons soumis à son autorité ne s'étendait jamais bien loin. La partie de la population du Térébinthe qui vivait assez près de Siout pour y venir le matin en quelques heures, et pour rentrer dans ses villages le soir après affaires faites, n'éprouvait nullement le besoin de se soustraire à la domination du prince qui trônait dans cette ville. Au contraire, celle qui séjournait en dehors de ce cercle restreint était obligée de chercher ailleurs quelques points où se réunir pour vaquer à l'administration de la justice, pour sacrifier en commun aux dieux nationaux, pour échanger les produits des champs et des manufactures locales. Les villes qui eurent la bonne fortune de la rallier se posèrent naturellement en rivales de la résidence, et leurs chefs tendirent à se rendre indépendants du prince, avec le district dont les habitants gravitaient pour ainsi dire autour d'eux. Lorsqu'ils y réussirent, ils conservèrent assez souvent pour l'État qu'ils avaient créé le vieux nom modifié à peine par l'adjonction d'une épithète. Le territoire primitif de Siout se divisa de la sorte en trois communautés distinctes, deux qui restèrent fidèles au vieil emblème de l'arbre, le Térébinthe-Supérieur avec Siout même, au centre, le Térébinthe- Inférieur avec Qousit au nord; la troisième, au sud et à l'est, prit pour totem le serpent éternel qui vivait dans ses montagnes, et s'appela le Mont-Serpent avec la ville de l'Ëpervier. Le territoire du Laurier-Rose produisit en se démembrant la principauté du Laurier-Rose Supérieur, celle du Laurier- Rose Inférieur et celle du Couteau. Le territoire du Harpon dans le Delta se décomposa en Harpon Occidental et Harpon Oriental1. La scission ne dut pas s'accomplir sans luttes dans la plupart des cas, mais elle s'accomplit, et toutes les principautés dont le domaine présentait quelque étendue la subirent, quoi qu'elles fissent pour s'y soustraire. Le morcellement se poursuivit au hasard des circonstances, jusqu'au moment où l'Egypte entière, à l'ex-

1. Pour la géographie du Delta, consulter l'ouvrage de J. de Roigè, Géographie ancienne de la Basse- Egypte, 1891, où sont réunies, discutées et coordonnées avec soin toutes les données éparses au hasard de Tordre alphabétique dans l'admirable Dictionnaire Géographique de Brugsch.

•2. J. dr Rorr.rt, Géographie ancienne de la Batse-Ëgypte, p. 30-5fi.

ception des districts à demi déserts qui avoisinent la cataracte, ne fut plus qu'une agglomération de petites cités à peu près égales en force et en population1.

Les Grecs les appelaient nomes, et nous leur avons emprunté ce terme* : les indigènes les désignaient de plusieurs manières, dont la plus ancienne était nouît, qu'on peut traduire domaine3, et dont la plus commune aux époques récentes était hospou, qui signifie district1. Le nombre en varia sensiblement au cours des siècles : les monuments hiéroglyphiques et les auteurs classiques le fixent tantôt à trente-six, tantôt à quarante, tantôt à quarantequatre ou même à cinquante. Le peu que nous savons jusqu'à présent de leur histoire nous donne la raison de cette instabilité : sans cesse disputés entre les familles princières qui les possédaient, les guerres civiles, les mariages, la conquête abaissaient les nomes ou les élevaient tour à tour, et les faisaient passer continuellement en des mains nouvelles, entiers o» par parcelles. Ces Égyptiens, qu'on est accoutumé à considérer comme si respectueux de l'ordre établi et si conservateurs des traditions antiques, se montraient aussi remuants et aussi portés à modifier ou à détruire l'œuvre du passé que le sont les plus inconstants de nos peuples modernes. L'éloignement où nous vivons d'eux et l'absence presque complète de documents leur prêtent une apparence d'immobilité à laquelle on se laisse tromper sans le vouloir; le jour où les monuments qui subsistent encore seront sortis de terre, leur histoire présentera la même complexité d'incidents, les mêmes agitations, la même instabilité qu'on devine ou que l'on constate chez la plupart des autres peuples orientaux. Une seule chose subsistait chez eux parmi tant de révolutions, qui les empêchait de perdre la conscience d'eux-mêmes et de se fondre dans une commune unité : un dogme et un culte qui les attachaient à un dieu particulier. Si les petites capitales des petits États dont l'origine se perd dans la nuit des temps, Edfou et Dendérah, Nekhabît et Bouto, Siout, Thinis, Khmounou, Sais, Bubaste, Athribis, n'avaient eu d'importance que celle qu'elles dérivaient de

1. Les exemples de subdivision des nomes anciens et de création des nomes nouveaux se rencontrent fort longtemps encore après l'époque primitive. On trouve par exemple le nome du Harpon Occidental scindé sous les Grecs et les Romains en deux districts, celui du Harpon proprement dit, dont le chef-lieu est Sonti-nofir, et celui de Ranoufir avec l'Onouphis des géographes classiques pour capitale (Britgscr, Dictionnaire Géographique, p. 1012-1020).

2. On trouvera la définition du mot nome et les passages des auteurs anciens qui nous l'ont conservée dans Jablonski, Opuscula, éd. T. Water, t. I, p. 189-176.

3. Pour les sens divers de ce mot, voir Maspf.ro, Sur le sens des mots Nouit et Hait, dans les Proreedings de la Société d'Archéologie biblique, 1889-1890, t. XII, p. 236 sqq.

4. Brugsch, Geogr. Ins., t. I, p. 18-21 ; cf. Maspero, Études Égyptiennes, t. II, p. 183-186. Le mot tôsh, qui dans les textes coptes a remplacé hospou et nouit, signifiait à l'origine limite, frontière; c'est à proprement parler le terrain délimité et borné par des stèles qui dépend d'une ville ou d'un village.

la présence d'un principicule ambitieux ou de la richesse de leurs habitants, elles n'auraient point traversé saines et sauves les longs siècles de vie qu'elfes fournirent, du début à la (in de l'histoire d'Egypte. La fortune haussa leurs seigneurs, quelques-uns jusqu'au rang de maîtres du monde, et les trahit tour à tour : à côté du maître terrestre, dont la gloire s'éclipsait trop souvent, un maître céleste, un dieu, trônait dans chacune d'elles, le dieu de la cité, noutir nouîti, dont la grandeur ne périssait jamais. Les familles princières pouvaient s'éteindre ou s'exiler, le territoire diminuer ou s'agrandir, la ville doubler son étendue et sa population ou tomber en ruines : le dieu subsistait parmi tant de vicissitudes, et sa seule présence supportait intacts les droits de la cité sur laquelle il régnait souverain. Si quelque désastre frappait ses adorateurs, son temple ralliait autour de lui tous ceux qui avaient échappé à la catastrophe, la foi les empêchait de se mêler aux habitants des cités voisines et de se perdre parmi eux : les survivants se multipliaient avec cette fécondité incroyable qui est la caractéristique du fellah égyptien, et quelques années de paix suffisaient à réparer les pertes les plus irréparables en apparence. La religion locale était le lien qui tenait ensemble les éléments divers dont chaque principauté se composait, et tant qu'elle dura, les nomes durèrent : ils disparurent le jour où elle disparut.

ï^pïpsgii

*JJe<tJ> vl/ietwe a^ l'Gauvt

,/eJ

d.eur~^ 'nombre.' ei. leur-' nature.', /et.' dieux -féodaux vitraïUic' a. mort/cl;

le*.' trùule*.'. *J.e*J temple*' ei. le*'aacerdoce*->;

*.' ' cosmogonie*^ du Jûelia, le*J OnneailenJ d ' ^/ùe'uofoliitJ ei. dJ&emytol*

de*' dieux en. Oaujde.': la plè&e.' divine.' eu *e*J variété*' humaine*', animale*.', intermédiaire*.' entres la léie' ei. lAommc'; le*J dieux d origine' étrangère.?, le*? dieux ùidiaene*' ei. leur*' jformc*? contradictoire*? àelonli conception gu. on ae'jfaitaù- de? leur*' nature.'.

.-le*? aâtre*?-dieux. - ..-te' CJvlet/ C'eil i/tt Ciel, le? aoleil oioeau, le'àoletl veau, le' aolcil nomme', te*.' laraue*', te* ' navigation*.' lUitour-' du monde.' a. je*.' lutte*' avec le? terpeni. ^jL?éi?i. - .-le' dieu.-~J.une> ei. te*' ennemi*.'. - die*.* dieux-étoile*.' .■ Hz. Ctufie? de.' tMiruA / \/vypxp>tdamc->, le? .-Lion, le*J cùta ^/Ùoru*J de*' frlanètea ; Ôotnù-Ôiriu*' ei. &aliou-Clrion.

*J.a féodalité divine* ei. te*.? cla/Së*? .- le*.? dieux- idl.ù/c>, le*.' dieuxterre', le*? dieux-ciel ei. le*) dieux-ôoleil. le*? iJVoru*'. - &Le*J dieux ei. le*' deefie*? aom. égaux deva/n le' droit. ^JeoaiU : leur*' ^ forme*?, leur*) alliance*' ei. leunc? mariaget.' : leur*' enfant*'. - de*.? triade*' ei. leurre? développemerd*'

da nature' deic? dieux .- le? douole ', lame ', le ' corp* '. la mort, de*.' AommenJei. de*.' dieux, leur*? destinée*.' t vre*J la mort. ; necefitlé deJconaenrcr^

leJ emKi /i tnimiyutilÙHi. - &les<J aïeux /jW/c' dieux dexJ ntorùtJ. - *4e*J aieux iriva/UitJ, teum.' tenwlest ', leuntJ ùnaaenJ. .Ue.t ' aïeux iHym/aisr/i ', arùrta.*, âerpen&C->, -fëticnea.' familiaux. - &La. £nâ)rie.> OeJ ta itrierrJ et. au oaeryîc*.'; le' fieraotuiet aeaJ tenudeaJ, ùaJ ùietiaJ aeaJ aïeux et. Un.' coltèaea.' aaceraotaax.

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