L'OUTILLAGE EN PIERRE ET EN MÉTAL
haches, les marteaux'. La taille en est libre et la retouche intelligente, mais on y remarque rarement la même pureté de galbe et la même intensité de poli que sur les outils et sur les armes des peuples occidentaux. Quelques-uns seulement sont d'une tournure assez fine et portent des textes gravés : l'un d'eux, un marteau en silex de forte taille, appartenait eui»*») es mmrk9
à un dieu, peut-être à
Ramman, et semble provenir d'un temple où l'un de ses propriétaires l'avait consacré*. C'est une exception notable, mais c'est une exception. L'instrument en pierre était d'ordinaire l'instrument du pauvre, l'instrument grossier et
peu coûteux : à trop en soigner l'exécution, on aurait du, ou le coter si cher qu'il n'eût plus trouvé d'acheteur, ou le céder à si bon marché que le vendeur n'en eût retiré aucun bénéfice. Au delà d'un certain prix, on se procurait aisément des outils en métal, en cuivre d'abord, puis en bronze et plus tard
1. Le British Muséum en possède une collection fort intéressa nie recueillie par TirLOI, Sole» on Abu- Shahrein and Tcl-et-Lahm, dans le Journal /(. An. Soc., t. XV, pi. Il, b, h, i, k, m, », et par Loft us, Travcl» and llesearches in Chaldaa and Susiana. Quelques-uns de ces objets ont été reproduili dans G. IUwlusw, The Fh'r Greal Monarchies, V cd., t. I, p. 9">-98.
i, Dettin de Fauchtr-Gudin, d'aprè» le» croqui» publiée par Ta*lor, el par G. IUwlissos, T/ic Fii'c Créai Monarchie», f* éd., t. I, p. 9ii-ue. A gauche un grattoir et deux couteaux superposés, au milieu une hache, à droite un marteau et une hache en pierre. Tous ces objel6 proviennent des fouilles de Taylor (.Vote* on Ihe ruina of Muqeyer, dans le Journal of the Royal Asiatic Society, l. XV, pi. M, b, h, i, k, m. n) et sont déposés aujourd'hui nu British Muséum.
3. Elle se trouvait dans l'ancienne collection du cardinal llor^ia el appartenait, il y a quelques années, ou comte Ettore Borgia. Klle a été publiée par Srsvpws, Flinl Chips, p. 1 l.'i, et en far-HÎmilé par Fa. Ltsoan.iNT, Tre Monumeali Caldei ed Assiri délie Colleiioni Romane, 1B"',', p. 4-9, et pi. VI, 1 : CmAtli.ic, l'Age de ta pierre en Asie, dans le Troisième Congrès provincial des Orientaliste», tenu à Lyon, t. 1, p. 3ÏI-3ÏÏ, a reproduit ce que Lenormant en avait dit.
». Destin de Faucher^iudin, d'après te monument publié par Kh. Looiuix., Trc Monumenli Caldei ed Assiri délie Colle-.ioni Romane, pi. VI, n* t.
LA CIVILISATION CHALDÊENNE.
en fer1. On en rencontrait de toute sorte chez les fondeurs et chez les forgerons, des haches d'un modèle élégant et léger, des marteaux, des couteaux, aussi de la vaisselle de ménage, des coupes, des chaudrons, des plats, des garnitures de porte et de coffret, des figurines d'hommes ou de taureaux,
de monstres ou de dieux, qu'une formule de prière écrite ou prononcée sur elles pouvait transformer en amulettes, des bijoux, des bagues, des boucles d'oreille, des anneaux de jambe ou de bras, enfin des armes offensives et défensives, têtes de flèche et pointes de lance, épées, poignards, casques arrondis sans couvre-nuque et sans visière8 : quelques-unes des pièces que les Chaldéens fabriquaient atteignaient des dimensions considérables, ainsi les mers d'airain qu'on dressait devant chaque sanctuaire, et dans lesquelles on recueillait les libations ou les liquides destinés aux purifications des fidèles4. Comme il arrive souvent chez les peuples à demi civilisés, les orfèvres maniaient les métaux précieux avec beaucoup d'adresse et de facilité. Nous ne possédons jusqu'à ce jour aucune des images en or que les rois dédiaient dans les temples