LA PÊCHE, LA CHASSE
luisant, vive et rapide d'allure. Dès qu'on l'inquiète, il jette un cri, lance une ruade, file hors portée, puis s'arrête, se retourne et voit venir : sitôt que te chasseur approche, il repart, s'arrête, puis repart de nouveau et recommence le même manège sans se lasser, aussi longtemps qu'on le poursuit. On le force difficilement avec des chiens, mais on l'abat à coups de flèches, ou bien on le prend vivant au piège. On lui ajuste au cou un noeud coulant, dont deux hommes tiennent les extrémités. L'anîmal se débat, rue, essaie de mordre, mais ses efforts n'aboutissent d'ordinaire qu'à serrer le lacet, et il s'affaisse à demi étranglé : après quelques" alternatives de révolte et de suffocation, il finit par se calmer tant bie
que mal et par se laisser
I. Deuin de Fauclier-tiudin, d'aprèt vue de* labletlri m terre cuite dAmieertei par Lorti ticli and lletearchet in CAaldma and Si'tiana. p. ïtftf.
t. Destin de r'auchtr-Gudin, d'aprèt te bat-relief attyrien de Kimroud [et. Pu»:, Itùtivr tyrie. pi. 51. n" 3). Voir. p. 539 dp celle Hittnire. des onagret poursuivit et percés de flèchei
emmener1. On l'apprivoisait et il se pliait sinon aux travaux de l'agriculture, du moins à ceux de la guerre : il traîna les chariots avant qu'on ne connût le cheval1. Celui-ci tirait son origine des plateaux de l'Asie centrale : en descendit-il brusquement à la suite d'une invasion barbare, ou gagna-t-il de tribu en tribu les peuples du Tigre et de l'Euphrate5? 11 s'acclimata promptement chez eux, et, s'alliant à l'âne, produisit des générations de mulets superbes. Les rois de Lagash le connaissaient déjà et l'attelaient4. Les souverains des cités voisines en faisaient autant, mais l'usage restait encore confiné dans les hautes classes de la société, et l'on ne voit pas que les armées possédassent des escadrons de chariots à côté de leurs fantassins, encore moins une cavalerie analogue à la nôtre.
Les Chaldéens poussèrent fort loin l'art d'aménager la terre et de lui arracher tout ce qu'elle pouvait rendre : leurs enseignements, transmis aux Grecs, puis aux Arabes, se perpétuèrent longtemps après que leur civilisation eut disparu, et furent pratiqués encore par les populations de l'Irak sous les Khalifes abbassides*. Les traités sur argile qui les avaient contenus étaient déposés dans l'une ou dans l'autre de ces bibliothèques sacrées, où les prêtres de chaque ville rassemblaient de tout temps les écrits de provenance diverse qu'ils réussissaient à se procurer. On trouvait dans chacune d'elles un certain nombre d'oeuvres qu'elles étaient seules à posséder, soit que les auteurs fussent originaires de la cité même, soit que les autres exemplaires en eussent été détruits au cours des siècles, l'épopée de Gilgamès à Ourouk, une histoire de la création et des luttes soutenues par les dieux contre les monstres à Kouta : toutes avaient leurs recueils particuliers d'hymnes ou de psaumes, de formules religieuses et magiques, leurs listes de mots et de tournures grammaticales, leurs glossaires, leurs syllabaires qui leur permettaient de tra-
1. Xénophon, Anabase, I, v, 2, à qui j'emprunte cette description des allures de l'animal. L'onagre est rare aujourd'hui dans ces régions, mais il n'en a pas disparu entièrement, comme on l'avait cru, et plusieurs voyageurs modernes l'y ont rencontré (Layard, Nineveh and it s Remains, t. I, p. 323-324).
2. Cf., p. G5G de cette Histoire, la mention d'onagres attelés au char du Soleil.
3. On trouvera les principales opinions sur cette matière dans Piètrement, les Chevaux dans les temps préhistoriques et historiques, p. 355-358 ; cf. W. Houghton, On the Mammalia of the Assyrian sculptures, dans les Transactions de la Société d'Archéologie Biblique, t. V, p. 50-52.
4. C'est du moir.s l'opinion de M. lleuzey (Reconstruction partielle de la Stèle du roi Éannadou, dite Stèle des Vautours, dans les Comptes rendus de V Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1893, t. XX, p. 265) : la partie de la stèle qui portait les animaux est détruite.
5. V Agriculture nabatéenne d'ibn Wahshlyah renferme l'écho de ces anciennes traditions. « Il se peut que la technique qui y est enseignée remonte bien réellement, pour les procédés, aux plus anciennes époques de l'Assyrie, de même que les Agrimensores la Uni, si récents sous le rapport de la rédaction, nous ont conservé des usages et des rites qui ne s'expliquent que par les Brahmanas de l'Inde, et qui se rattachent, par conséquent, aux âges les plus anciens de la race aryenne • (E. Renan, Mémoire sur l'âge du livre intitulé Agriculture Nabatéenne, p. 38). Gutschmid admet à peine l'existence d'éléments babyloniens dans cet ouvrage (Kleine-Schriften, t. II, p. 568-753).