‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient classiqueChapitre 43 sur 374 · LES TRIADES · texte numérisé non relu

LES TRIADES

à Siout'? Comment Sit s'incarnait-il dans une gerboise ou dans un quadrupède fantastique'? Plus d'une fois pourtant on saisit encore le mouvement

des idées qui déterminèrent le '

laines espèces de singes de s'a sorte de cour plénière et de jase ensemble un peu avant le lever cher du soleil, justifie presque Égyptiens encore barbares d'avoir confié aux cynocéphales la charge de saluer l'astre, chaque matin et chaque soir, lors- f ( liMBU](h „„„,„„ slPP(B11 E ■ qu'il parait à l'Orient ou qu'il

s'efface à l'Occident*. Si, aux vieilles époques, Râ passe pour être un criquet, c'est qu'il vole haut dans les cieux comme ces nuées de sauterelles chassées

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La plupart des dieux-Nil, Khnoumou, Osirîs, Harshafitou, s'incarnent dans un bélier ou dans un bouc : la vigueur de ces mâles et leur furie génératrice ne les désignent-ils pas naturellement pour figurer le Nil, donneur de vie, et le débordement de ses eaux? On conçoit aisément que le voisinage d'un marais ou d'un rapide encombré de rochers ait suggéré aux habitants du Fayoum ou d'Ombos

1. Oua|H>uallou, le guide de» mia eitletlet, iju'il no faut pas roi i fondre avee l'An u lus du nome Cynopolite dp la lUute-fifrypte, était à l'origine le dieu féodal de Siout. Il «uidiiil indifféremment le* irues humaines an paradis des Oasis et le soleil sur les routes du midi et du nord, du jour et de la nuil,

t. Ilhampollion, Itosellini, Lepsius ont considéré ranimai Ijphonien connue iiVvistant pas. et Wil- KiiiMin » dit que les Égyptiens oui avoué sa nature imaginaire en le représentant parmi les liétcirantasliques (Maiiiirr» ami Cuitomt. t' édit., I. III, p. 13IÎ-13Ï) : ce sérail plutûl la jireuve qu'il* croyaient à la réalité de son existence Irf. p. Kl de relie IIkIihit). Pkyle (la llrligion des Pré- Itraélilet, p, IST) pense i[u'il [n.'iit être une dégénérescence de l'àne ou de l'oi'ï*.

3. MtMtmo, Eluda de Mythologie ri d'Archéologie Eggptieuuet, I. Il, p. 3i-3.".; cf. Umsi:-H»:soi t. The Ilonk «f thr ùrad dans les l'rneralingi île la Sorielé d'Archéologie liililinuc, I. XIV. p. tlt-HX

I. Cf. la utulcrrtle île Ha chez l'api II, I. fif.ll. dans le Recueil de Travans, t. XII, ji. IT«.

S. Tableau giaeé et priai dant le cintre dune ttcle, au année de lihi'h. tie'tin de Faurhrrl',udiu. tTaprt» uae photographie d'Emile ttrugteh-Uey.

la pensée que le crocodile était le dieu suprême. Les crocodiles se multipliaient si fort en ces parages qu'ils y constituaient un danger sérieux : ils s'y montraient les maîtres, qu'on apaisait seulement à force de sacrifices et de prières. Quand la réflexion succéda à la terreur instinctive et qu'on prétendit indiquer l'origine des cultes, la nature même de l'animal sembla expliquer la vénération dont on l'entourait. I<e crocodile est amphibie. Si Sobkou est un crocodile, c'est qu'avant la création le dieu souverain plongeait inconscient dans l'eau ténébreuse; il en sortit pour ordonner le monde, comme le crocodile sort du fleuve afin de déposer ses œufs sur la rive1.

La plupart des divinités féodales avaient débuté par vivre isolées dans leur grandeur, étrangères à leurs voisines, souvent hostiles : on leur assigna une famille après coup'. Chacune d'elles s'annexa deux compagnes et se mît en trinité, ou, comme on dit plus souvent, en triade, mais il y eut plusieurs espèces de triades. Dans les nomes où le maître était un dieu, il se contenta souvent d'une seule femme et d'un seul fils; souvent aussi deux déesses se joignirent à lui, qui lui servirent à la fois de sœurs et d'épouses, selon l'usage national. Ainsi Thot d'Hermopolis s'attribua un harem composé de Seshait-Safkhîtâboui et de Nahmàouit'. Toumou partagea l'hommage des habitants d'Iléliopolis avec Nebthôtpit et avec lousàsit'. Khnou-

! d'Umbos, dieu Sibou pure c do Mcshfl {Plolémai»), crocodile qui se lève lumineux de l'eau du Sou tient, et. une rois qu'il fut, tout re uni a été depuis le temps de Hà fut. ■

i. I. 'existence des triades de l'Egypte a été découverte et définie par Chain poil ion {Lettrct écrite! d'Egypte, V édit.. 1833, |). l:i:i-1Sît). Klles ont longtemps servi de fondement à tous les sjstèmeï de religion égyptienne que les écrivains modernes oui essayé d'élablir. Brugsrh le premier a voulu avec raison substituer l'Eunéade aux triades, dans son livre Ucliyion n"d Mythologie det alten ,€gypter. le procédé de formation îles triades locales, lel qu'il esl evposé ici. El été indiqué par Masporo {Ehidei de Mythologie et d'Archéologie Égyptienne», t. Il, p. ïli'J sou.).

3. On trouve Thot suivi de ses deux femmes à Denuerali par exemple (nfuicmu, Bauurkunde det Trnipelaiilagcii rmt Dendera, p. 1(1-37). Nahmaoull, Ntu.ttvoC;, est une variété d'Hàthor el porte le sistre sur la léle. Son nom est eu eiïel une é|iilhèle dllàllior, celle qui arrache le mal-, il fuit allu.ion à la propriété qu'avait le son du sistre d'écarter le» mauvais esprits (llm tsi;n, Ileligion uud Mythologie, p. -I71-4:i). Le nom de Safthit-âhoiii ou Scshait (Lepack-IIemiif, tlie Baok ofthe Dead, dans les p'rvcrrdiiigi de la Société d'Archéologie Biblique, I89Ï-I893, t. XV, p. 378) n'a pas été encore interprété de façon satisfaisante : la déesse elle-même esl un doublet de Thot dans non rôle d'inventeur des lettres et de fondateur des lemples (Hrhisi n, Heligivn vnd Mythologie, p. j"3-i7j).

i. Ici cneore les noms ne sont que des épillièlos qui montrent le earurterc impersonnel des déesses. I.e premier peut signifier la dame de la carrière ou de la mine et marquer ITlâlhor de Helljcis ou du SinaV. unie à Toumou : on te rencontre sur les monuments des diverses époque» (fiaiiLSiia, [)>.lù/niiaire géographique, p. 332-333, Iï7i-li73). Le second, transcrit ïiwo-t; par les Crées [De Itide et Otiride, $' »»'. édit. I'ahthcï, p. *«). semble s'interpréter : . Elle vient, elle grandit .,' et n'est aussi qu'une qualification ilumiéc à llàthor, par allusion à quelque fait que non; Ile connaissons pas

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