‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient classiqueChapitre 56 sur 374 · S1RIS ET. ISIS · texte numérisé non relu

S1RIS ET. ISIS

repliés sur la poitrine, qui tenaient un fouet et un crochet, symbole de l'autorité souveraine. C'était là peutêtre le plus vieil Osïris, mais on l'imaginait aussi comme un homme, et on lui prêtait la ligure d'un bélier1 et d'un taureau, même celle d'un des oiseaux aquatiques, vanneaux, hérons et grues, qui s'ébattaient sur les lacs du voisinage*.

La déesse que nous sommes habitués à ne point séparer de lui, Isis, la vache ou la femme aux cornes de vache, ne lui avait pas appartenu de tout temps. C'était d'origine une divinité indépendante qui résidait à Bouto, au milieu des étangs d'Adhou. Sans mari, sans amant, elle avait conçu de sa propre activité, puis elle avait mis au monde et allaité dans les roseaux un petit Ho rus, qu'on appelait Harsiisit, Bonis, fils d'Isis, pour le distinguer d'Haroêris". Elle s'unit ,-.« Hms i>: rotrw et ik cmkm a juins* de bonne heure à son voisin Gsiris, et nulle alliance ne convenait mieux à ses affinités. Elle personnifiait,

et nous ont conservé le récit de ses exploits (IttRODori:, II, ilvi ; cf. Wimmuuvi. UerodaU Zweitet Itueh. p. îtt! aqq.j. Le culte du bélier sacré ne remonterai!, d'après Vanéthon, qu'au roi Kaiékbos de la 11* djn»ntic (éd. tt.ir.t«, |) 81) ; uue nécropole de béliers sacrés d'époque ptolémaïquo a été découverte par Mariette à Tmai cl-Aradld, dans les ruines de Thmouis, et les urrophages sont conservés aujourd'hui au musée de Gitéh (Mariettk, Munumealt dil-ere, pi. XI.H, XI.VI, texte, p. 12. 13-11).

i. Le principal de ces oiseaux est le iloiuiu, qui n'i-sl pas. comme on l'a dit souvent, le l'héuix (BFutsc», Nmatlle* Iterherehet tur la diritiou de Cannée, p. M-VM, Wi»eiju, Aie PhônU Saae ira atten AKgypten. 1878, p. 8U-II16, cl Hérodote Ziceitei Buch. p. 3U-3IB), mais un vanneau ou une espèce de héron, soit VArdea cinerea, lïéqtieul en Kpjjjtc, soit une variété voisine.

a. L'orij[i"c d'Isis et le caractère particulier éc sa inatcrnilé spontanée ont été signalés par «...spr.so, Elude» de Mythologie et a" Archéologie Kijypticimet, t. II. p. isl-ï;iï. ;ij<J-36i.

t. Dettiu de Boudicr, il'upret la itatue en Oatalte vert profilant lie Siti/aaiah et ewirerive au Mutée de liiléh (Montai), fluide du. Visiteur, p. :iij, u- Sîi.'i). Klle a été publiée par Mimmi, Monomenti diver: pi. 'Jfi, », et Album photographique du musée de Boulait, |il. 10.

m LES DIEUX UE L'ËdYl'TE.

en effet, la terre, non pas. comme Sibou, la terre en général, avec ses alternances inégales de mers et de montagnes, de déserts et de champs cultivés, mais la plaine noire et grasse du Delta, où les races d'hommes, de plantes et d'animaux croissent et se multiplient en générations toujours renaissantes1. Or, cette énergie de reproduction inépuisable, à qui la devait-elle, sinon à son voisin Osiris, sinon au Nil?LeNil monte, déborde, séjourne lentement sur le sol; chaque année, il épouse la terre, et la terre sort verte et féconde de ses embrassements. Le mariage des deux éléments suggéra celui des deux divinités :

Osiris épousa Isis et adopta le jeune Horus.

■m. cowb i* «à»*™ * conm ». ««*«. M»'» ce couple proli-

fique et doux n'exprimait pas à lui seul tout ce qu'il y a dans la nature. La région orientale du Delta confine aux solitudes de l'Arabie; on y rencontre quelques cantons riches et faciles à cultiver, mais la plupart ne doivent leur existence qu'au labeur acharné de leurs habitants. L'homme n'en obtient l'usufruit qu'à la condition de les conquérir journellement par ses soins et par sa régularité dans la distribution des eaux : dès qu'il suspend la lutte ou relâche la surveillance, le désert

I. Cf.. |i. US, noie i île culte Hinlnirr. le témoignage <lu traita de Itidc sur ta Dalurc de la dr'fsse.

i. Destin de Uimdier, d'aprri la itatue en batalie vert du Mutée de Oiiék (Mispero, Guide du Visiteur, |J. ttili. il' rrtifi). Kll(< a été |iiililioc par Mmii.TTK, Miiaumrut* direri, pi. !)<ï, c, ot Album photographique, |il. 10. Kilo c*t roprouiiilr ici il' si près une photographie d'Emile: BruR-ch-lk').

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