SIT ET NEPHTHYS
les reprend et les frappe de stérilité. Sit était l'esprit de la montagne, la pierre et le sable, la terre rouge et sèche, par opposition à I humide et noire de la vallée*. 11 levait sur un corps de I de chien une tète fantastique au museau grêle et recour oreilles droites et coupées carrémei leue, fendue à l'extrémité, se hérissai ■rrière lui, comme une fourche plantée es reins1. Il revêtait aussi la figure hi ou ne gardait qu'une tête bestiale si une poitrine d'homme. On le sentait traître et cruel, toujours prêt tigt à brûler les moissons de son souffle enflammé et à étouffer l'Ëgj sous un linceul de sable mouvant. Le traste était frappant entre ce mauvais le couple bienfaisant d'Osiris et d'Isis pourtant Nil et désert, terre rouge terre noire, les théologiens du Del attribuèrent bientôt une origine coin mune à ces divinités rivales. Si bat; les avait engendrées, Nouît s'était délivrée d'elles coup sur coup, lorsque le démiurge M la sépara de son mari, et les jours de la création avaient été ceux de leur naissance5. Chacune d'elles s était confinée d'abord dans sa moitié de l'univers. Même Sit, qui avait commence
I. Sur Sit on peut consulter la monographie d'En. Xeitmi, Set-Typhon, oii pourtant l'interprétation mystique est poussée trop loin. L'explication do Sit par le désert et la sécheresse est coursinlc dès l'antiquité (cf. de hide et Otiride, S 33, éd. Psbthm, p. 3" :...Tuf<Sv« ôijtïv to aiixnnpoi *«' «->P<"6eç K*i f>,pcmtxi» élan lal noXiu.iov vf, ùff-iTtitO- C'eut par un artifice de langage qu'on a transformé en un dieu représentant le soleil meurtrier cl dévorant (Bbicsch, Religion uud Mythologie, p. ~Ht sqq.J.
t. Voir p. 83. dan» la \ «nette, l'animal typhonien représenté marchant, bous lo nom de Slia.
8. Deuil» de Fattchcr-Gudin, d'après une figurine en haie priai, provenant d'un lit funéraire <r,\khmtm, et qui te trouée en ma pottession. La déesse porte sur la tête l'hiéroglyphe de non nom ; elle est agenouillée au pied du lit funèbre d'Osiris et pleure le dieu mort.
i. Statuette en bronie incrustée d'or de ta collection iiofmamt [XX' dynattie] : dettin de Faurhrr-Gudin, d'apret une photographie de Legrain prise en 18$I. L'un des propriétaires égyptiens de ce petit monument a essayé de le dénaturer, vers le temps où le eullc de Sit fut proscrit, et de le transformer en une statuette du dieu Khnoumou : il arracha les oreilles droites et les remplaça par des cornes de hélier. sans du rosit' loucher au reste. J'ai fail disparaître les cornes courbes d'insertion récente cl rétablir, dans le dessin de fauchcr-Cnilin, les oreilles droites donl la marque est encore i isihle le long des deux faces latérales de la coiiïure.
:i. D'apret une légende d'origine assez antique, les quatre enfants du Noull et son petit-fils llorus
par vivre seul, s'était marié pour De le céder en rien à Osîris. Sa compagne, Nephthjs, ne manifestait pas, à dire vrai, une vie des plus actives. Elle n'était guère qu'un dédoublement factice de la femme d'Osiris, une seconde Isis, que son mari ne réussissait pas à rendre mère1 : le désert, stérile par lui-inéme, la stérilisait comme tout ce qu'il touche. Cependant elle n'avait perdu ni le désir, ni le pouvoir de la fécondité, et la postérité que Sit ne
lui procurait point, elle ta demanda à un autre. La tradition racontait qu'elle enivra Osiris, l'attira dans ses bras sans qu'il en eût conscience, conçut de lui : un enfant naquit de cette union furtive, le chacal Anubis*.
Ainsi le Nil, quand une crue plus haute le jette sur des terres qu'il n'est pas accoutumé à recouvrir et qui restent improductives faute d'eau, elles s'imprègnent avidement et font éclore les germes endormis qu'elles recelaient dans leur sein. L'envahissement progressif du domaine de Sit par Osiris marque le commencement des hostilités*. Sit se révolte contre le crime, même involontaire, dont il est victime; il surprend son frère, le tue en trahison, relègue un moment Isis dans ses marais, puis règne sur l'empire d'Osiris comme sur le sien. Toutefois son triomphe est de courte durée : llortis, devenu grand, prend les armes contre lui, le défait en vingt rencontres, le bannit à son tour. La création du monde avait mis en
seraient nev l'un après l'autre, chacun dans l'un des jours épagomènes de l'année (CliMs, le Calendrier detj'iun faite» et néfatlrt de Cannée égyptienne, p. IIIS-Klfi); elle était encore courante à lepou,ue grecque {de Ilide et Otiride, § nu. éd. l>.miHKi, p. 18-it).
I. Le caractère iiiipi-rsuunr-l de Xcphthjs, son origine artificielle et i-a dérivation dïsis ont été signalés par Mjsptao, Etude» de Mythologie et d'Archéologie Égyptienne*, t. Il, p. 3fi*-3iit. Le nom même de la déesse, qui signilic la dame (nibit) du château (liait), confirma celte opinion.
t. De Itide et Otîride, $ 1.1, 3H, édit. pAHiKtï, p. ïi-iï, fil. tue autre légende prétendait uu'Nis, et non pas Scphlhys, était la mère du chacal Anilbis (de IiUlc et Otiride, g 14, éd. I'ibtiiki, p. 77 ; cf. WiLKiftNM, Mannert and Cvttom», t- éd., t. III, p. 157).
ï. Plan de Thuiltier, d'nprè* la Ikirription de l 'Egypte (Alias, Ant., I. V, pi. ïfi. I).
I. Ile hide et Otiride, g 3H. éd. I'ibtbrt, p. lit! : " CHav Eé ùitip fia >.«>-. xai nïfovàaa; à XiO.o; iirixEivi n>.r,(TiàTr, toi; irr/.aïev(.'„at. toùto [tiïiv 'Odpiêo; npô; NiçU-jv xaï.o-jaiu. ànô t<ûv àvapiaomvdvTUi puTûv Éic|yopivT|'j. J>* «ai ;i. juli'iuiâ* io-riv, oô yr,ii [iSSa( inapp'jivTo; xat aml^'ifWvTOC atiUiïTiv yï,Mai lufùvi Tr,( «ipi tàv lap-ûv àîimd;.