RA, SON IDENTIFICATION AVEC HORUS
soir à l'Occident*. Les théologiens professaient à son égard des doctrines assez différentes. Les uns prétendaient que le disque était le corps du dieu qu'il revêt pour s'offrir à la vénération des fidèles. D'autres affirmaient qu'il en représentait plutôt l'âme active et radieuse. Beaucoup enfin le définissaient un des êtres — khopriou — une des manifestations du dieu, sans oser décider si
c'était son corps ou son âme qu'il daignait révéler à nos yeux. Ame ou corps, on convenait qu'il avait existé dans le Nou avant la création3; comment expliquer alors qu'il eût séjourné au fond de l'Océan primordial sans le dessécher ou sans être étouffé par lui? Ici l'identification de Rà avec Horus et avec son œil droit intervenait fort à propos : le dieu n'avait eu qu'à fermer la paupière pour soustraire ses flammes au contact de l'eau*. On disait aussi qu'il tenait son disque emprisonné dans un bouton de lotus dont les pétales repliés l'avaient garanti"; la fleur s'était ouverte le matin du premier jour et le
1. E. in. Hoir.*, Élude* tur le Rituel funéraire lien ancien* Égyptien*, p. "t>.
t. Dénia de Faucker-Oudiu, d'après faquarettt publiée par l.F.rsn s. Dation., 1, Mi. la vue est prise du centre il*'?, ruines, au pii.il de l'obélisque d'Uusirtnseii. Un ruisseau court au premier plan et traverse une mari? bourbeuse: à droite el ;■ usuelle, des monceaux de décombres, «lors assez hauts, mais qui ont été rasés en partie; au fond, la silhouette lointaine, du Caire se dessine vers le sud-ouest.
H. Livre det Morlt, ehap. im. éd. H a ville, t. I, pi. XX11I, 1. a sc|q.
1. C'est ee qu'indique suffisamment l'expression employée si souvent par les écrivains sacrés de l'Egypte ancienne pour marquer l'apparition du Soleil et son action première au moment de la création : . Tu ouerei le.i deux yeux et la terre est inondée de rayons de lumière. .
j. SUmitte, Dendérah, t, I, nl.LVo; Bni ï:sch, Tliciaurui liucriptionum .Eayptiacarvm. p. 7li4, n'fflî.
dieu en avait jailli brusquement comme un enfant coiffé du disque solaire. De toute façon, la réflexion amenait les théologiens à distinguer deux
époques et comme deux êtres dans la divinité suprême : un soleil pré-mondain, inerte au sein des eaux ténébreuses, puis notre soleil journalier, qui vit et qui répand la vie autour de lui '.
Une partie de l'école conserva les termes et les images traditionnelles pour désigner ces Soleils. Elle laissa au premier la forme humaine et le titre de Rà, h Ha» m s • auquel on prêta le sens ab-
strait de créateur en le dérivant du verbe râ, qui signifie donner*. Elle réserva au second le corps d'un épervier et le nom d'Harmakhouîtî, Horus dans les deux horizons, qui marquait nettement son rôle*. Elle résuma l'idée totale du soleil en un seul nom de Rà-Harmakhouïti, et en une seule image où la tête d'épervier d'Horus se greffait sur le torse humain de Râ. Le reste de l'école inventa des noms nouveaux pour les conceptions nouvelles. Elle appela créateur — Toumov, Alovmou — le soleil antérieur au monde1, et Khopri — celui qui est — notre soleil terrestre. Toumou était un homme couronné et revêtu des insignes du
I. M.speho, Études de Mythologie et iT Arrhtologte Égyptienne*, t. 11. p. ÏS1 sqq., 356 «qq.
■t. Mur extérieur yard de la talle hyportyle de Hantait; detein de Boudier. iTaprèt une photographie d'Intinger. Harmakhis donne les années et les fêles au Pharaon Sétî 1" agenouille devant lui et que lui présente la déesse à télé de lionne, Sokhlt, qualifiée ici de magicienne, Otrlt hikaou.
A. Cette étymologie après coup a élu acceptée par une partie au moins des théologiens égyptiens, comme le prouvent les jeux de mots perpétuels entre le nom RA du Soleil et le verbe râ, donner, faire; cf., pour la valeur qu'il convient de lui allribuer, p. SU, noie 1, de eelto Hitlaire.
k. Ilarmakhoulti est llorus, le eiel dans les dem horiions, c'est-à-dire le ciel diurne et le ciel nocturne; quand l'Horus céleste se fut confondu avec Ha et devint le Soleil (cT p, KHI), il passa tout naturellement à l'état de Soleil dans les deux bornons, Soleil diurne et Soleil nocturne.
S. E. oc Koi'Gt, Etudti tur le Rituel funéraire, p. 16 ; • Son nom peut se rapprocher de deui radicaux : tem est une négation ; on peul y voir Cinaceeiiible, l'inconnu (comme à Thèhes. Amoun signifiant mystère). Aloum est en effet désigné comme < existant seul dans l'abîme ■. avant l'apparition de la lumière. C'est dans celle période obscure qu Aloum fait le premier acte de la création, ce qui permet de rapprocher également son nom du copte tahio, creare. Atoum est aussi le prototype de l'homme (en copte me, hnmo), qui devient . un loum . parfait après sa résurrection. > Brugsch (Religion und Mythologie, p. Î31-i3i) préfère interpréter Towmou par te Parfait, le Complet. Les rapprochements philologiques de M. de Hougé ne sont plus admissibles; mais 'l'explication qu'il donne du nom repond ni bien au râle du personnage que je ne vois pas le moyen de la récuser.