‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient classiqueChapitre 76 sur 374 · I.E ROYAUME U'OSIRIS S'OUVRE AUX SUIVANTS D'HORUS · texte numérisé non relu

I.E ROYAUME U'OSIRIS S'OUVRE AUX SUIVANTS D'HORUS

premier royaume d'Osiris, mais qui se déplaça bientôt, quand l'on connut mieux ta nature du pays où il se trouvait et la géographie des contrées environnantes. Il franchit les mers, s'arrêta peut-être sur la côte phénicienne, puis s'éleva au ciel, dans la voie Lactée, entre le Nord et l'Est, mais plus prés du Nord que de l'Est'. Il n'était pas sombre et morne comme celui des autres

dieux morts, Sokaris ou Khontamentit. Le soleil et la lune l'éc! a iraient', le vent du Nord y tempérait de son souffle régulier les ardeurs du jour, les moissons y poussaient vigoureuses et abondantes*. Des murs épais le fortifiaient contre les entreprises de Sit et des esprits malfaisants'; un palais construit à

I. XniM, Éludée de Mythologie et d' 'Archéologie Égyptienne!, t. I, p. 336 sqq., et t. II, p. 15-16. C'est alors qu'on on attribua la possession à Ha. ainsi que nous l'avons vu à la p. 188 de relie Hittoire.

t. Denin de Boudirr, d~aprei une photographie de Daniel Héron, priée en iR8t, dont le temple de Séti I" à Abydot.

a. Les vignettes reproduites aux pages l!li, Iflt de cette llîttoirc, et qui sont empruntées au papyrus funéraire de Ncbhopll à Turin, nous montrent les prés il'lalou éclairés par le disque rayonnai]! du Soleil et par celui de la lune (LikWMt. Dilionario di Mitologia Egiiia, pi. V).

4. La description cil est donnée au chapitre ci du Litre det Marti (édit. Niyillk, t. I, pi. CXXI- CXXlll: cf. Lkmii-s Todtenbuck, pi. XLI), ainsi qu'une sorte de carte pittoresque où les dispositions principales de l'archipel céleste sont ligurées avec les noms des Iles et îles bras d'eau qui les séparent.

îi. Litre det Mort; ch. en (édit. FUtlLLI, t. I, pi. l'.XX, I. 7; cf. Litu™, Todteubuch, pi. XXXIX, th. tllO, I. -I). Laulh (Aui Mgypteiu Vorieit, p. ,'iti, III) rapproche le nom des forteresses égyptiennes Aiiliuu, Tsi/n;, qui est appliqué au mur d'Ijdon, de celui de l'Ile d'Klbo, dans les marais de Oouto, où la légende courante à l'époque salte plaçait la retraite de l'aveugle Anysis, pendant toute la durée de la domination éthiopienne, et dont nul après lui no connut la position jusqu'au jour où le Pharaon Amyrtéo s'y réfugia pour échapper aux généraux perses (HImmmtiî, 11, cil).

limage des palais de Pharaon s'y élevait au milieu de jardins délicieux1. Osiris, entouré des siens, y menait une existence tranquille où tous les plaisirs de la vie terrestre s'offraient à lui tour à tour sans aucune de ses douleurs.

La même bonté qui lui avait valu son titre d'Onnophris* pendant qu'il séjournait ici-bas lui inspira le désir et le moyen d'ouvrir les portes de son paradis aux âmes de ses anciens sujets. Elles n'y entraient pas sans examen ni sans épreuves. Chacune d'elles devait justifier d'abord qu'elle avait appar-

^^___ tenu en son vivant à un ami ou. comme

disent les textes égyptiens, à un féal d'Osiris — amakhou khir Osiri — l'un de ceux qui avaient servi Horus dans son exil ou qui s'étaient ralliés sous sa bannière dès le premier jour des guerres typhoniennes. C'étaient lessuivantsd'Horus — Shosouou Horou — dont il est si souvent question dans la littérature de l'époque historique' : le maitre, après les avoir comblés de ses faveurs pendant leurs années de vie, avait décidé de leur étendre après la mort les privilèges qu'il avait conférés à son père. II convoqua autour de leur cadavre les dieux qui avaient travaillé avec lui à l'embaumement d'Osiris, Anubis et Thot, lsis et Nephthys, ses quatre enfants Hàpi, Qabhsonouf, Amsit et Tioumaoutf, auxquels il avait confié la garde du cœur et des viscères, lis reprirent tous leur rôle de point en point, répétèrent les mêmes cérémonies, récitèrent les mêmes formules au même moment de l'opération, si bien que le mort devint sous leurs doigts un véritable Osiris à la voix juste et joignit désormais le nom du dieu à son propre nom : il avait été Sakhomka ou Menkaourî, il fut l'OsirisSakhomka ou l'Osiris Menkaourî, juste de voix'. Horus et ses compagnons célébrèrent ensuite les rites consacrés à l'Ouverture de la Bouche el des Yeux, animèrent la statue

I. La description des pylônes d'ialou fait l'objet d'un chapitre spécial du Litre de* Uorlt, le chapitre c-.ilv (edit. Navii.le, t. I, [il. CLVI-CI.1X; <■(. Ufsiis, Tadtenbuch, pi. LX1-LXV).

t. Cf. p. 171 do coite Histoiie l'explication du surnom d'Onnophris qu'on donnait à Osiris.

3. Cf. p. 176 de cette Hittoirt. Les Suivant! d'Ilorui, c'est-à-dire ceux qui avaient suivi Horu* pendant les Riierres typhoniennes, étaient mentionnés dans le fra(jmcnl du Canon Royal de Turin oii l'auteur résumait la chronologie des temps divins (I.kpsus, Aimoahl der vichligilrn Urkuiidrn, pi. III. fragin. t, I. 0-1(1). Comme le renne de Ma, le temps où ils étaient rensé* avoir vécu formait pour les Égyptiens de l'époque classique le terme extrême au delà- duquel l'histoire n'atteignait pas.

I. Deminde Faucher-Cudia d'après Nmillk, dat jEgypIiirhc Todtenburh, t. I. pi. CXXVII1, it".

S. Sur la poi> jiate et sur l'importance qu'on lui attribuait en Egypte, cf. p. 145-UCdc cetlo Bitloirr.

Page 1