‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient classiqueChapitre 8 sur 374 · LE SAUT D'ASSOUAN. H · texte numérisé non relu

LE SAUT D'ASSOUAN. H

Elle reparait au delà, mais amoindrie et presque méconnaissable. Les collines, taillées en plein grès, courent à 3 ou 4 000 mètres l'une de l'autre', basses, écrasées, ternes, informes ; bientôt une forêt de palmiers, la dernière de ce côté, annonce Assouân et la Nubie. Cinq bancs de granit, alignés entre le 24" et le 18' degré de latitude, la traversent de l'est à l'ouest et du nord-est au sud-ouest, comme autant de remparts jetés entre la Méditerranée et le cœur de l'Afrique. Le Nil les a pris à revers et les franchît

l'un après l'autre, en rapides qu'on a glorifiés du nom de cataractes. Les écrivains classiques se plaisaient à le dépeindre précipité dans les gouffres de Sjène, avec un fracas tel que les peuples d'alentour en demeuraient assourdis' : même une colonie de Perses, envoyée par Cambyse, n'avait pu supporter le bruit de la chute et était allée chercher ailleurs un site plus tranquille4. La première cataracte est une sorte de couloir incliné, sinueux, long de 10 kilomètres, qui descend de l'île de Philae au port d'Assouàn. Eléphantine en égaie doucement les abords de ses bosquets toujours verts;

barrage primitif du Nil par le Gebcl Sîlsiléh, voir limitât, De la constitution physique de l'Egypte, dans la Description, t. XXI, p. ÎG «qq., el le récent ouvrage de ChM.ii, le Nil, le Soudan, l'Egypte, p. 77-78, où la rupture est placée avant l'arrivée de l'homme en Egypte; Wilkinson, au contraire (dans VHerodotut de C. R*»msos, t. II, p. Î5i), suivi par A. W'icdcmann (Mgyptiiche Geschichte P ÎS5), fait durer l'obstacle jusque vers l'époque des Pasteurs.

1. P.-S. Gin**». Obiervationt sur la ealte'e de l'Egypte, dans la Description de l'Egypte, t. XX, p. 34-35. Sur tfi nature et l'aspect du terrain entre le Ccbel Silsiiéh et Assouân, voir Hoiirhe, De la constitution physique de l'Egypte, dan» la Description de l'Egypte, t. XXI, p. 4-118.

t. Vue prite det hauteur* qui sont situées en face d'Éléphanlinc, par M. Iiuinger, eu 1884.

3. Le» passages des auteurs anciens relatifs aux cataractes ont été recueilli» par Jomard [Deicriplion, t. I, p. 154-174). On pourra se rendre compte de la confiance que leurs récits obtenaient encore à la fin du ivii* siècle en parcourant le curieux opuscule De hominibus ad caladupat Nili obiurdetcentibut, Coiitenlîente Amplisstmo Philoiophorum Online, Publiée disputabunt Prrset H. Jo. Leoihasddf Ltuirs, et rcspondeiu Jt>. BtsTinLOsccs Lemius, Harcobreitha-Franci, d. 24 Deecmbr. ■DCicii. In auditorio Minori. — Wittebergr, Typii Chriitiani Schnrdterî, Acad. Typii.

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