‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient classiqueChapitre 9 sur 374 · SfciËgux, Raturai QuKtt., liv. 11. § t · texte numérisé non relu

SfciËgux, Raturai QuKtt., liv. 11. § t

derrière elle, ce ne sont plus que falaises rongées et plages sablonneuses, traînées de roches moutonnées et noircies qui jalonnent le lit des courants, récifs découpés bizarrement, les uns nus, les autres voilés de longues herbes et de plantes grimpantes où nichent des milliers d'oiseaux. Des îlots s'y mêlent, dont plusieurs sont assez vastes pour avoir nourri jadis quelque population, Amerade, Saloug, Sehel. En amont de Sehel, le seuil granitique s'est rompu, et ses débris, entassés en désordre contre la rive droite, sem-

blent encore y disputer le passage aux eaux : elles se choquent, se froissent, s'écoulent en grondant par des canaux tortueux où chaque filet se brise et se décompose en petites cascades. Le chenal qui range la rive gauche est navigable en tout temps. Pendant la crue, les écueils de la rive droite se recouvrent entièrement et ne trahissent leur présence que par des remous ; à l'éliage, une chute s'établit, dont la hauteur ne dépasse pas deux mètres, et que les grosses barques remontent à la cordelle en serrant la côte, ou descendent sans trop de peine en s'abandonnant au courant*. Toutes les variétés du granit se rencontrent et se mêlent dans ce coin de l'Afrique : syénite rose et rouge, granit porphyrique, granit jaune, granit gris, granit blanc ou noir, granit veiné de noir et de blanc3; dès qu'on l'a quitté, les grès ressortent de terre, alliés au calcaire le plus grossier. Les montagnes hérissées de petits blocs crevassés, de pics éboulés à demi, de mamelons âpres et pelés, prolongent lieue après lieue leurs lignes basses et sans

1 Vue priie de la pointe méridionale de Phîlte, d'aprit tint photographie d'Emile Brugtch-Bey.

ï. Tour 1b description exacte de la première ratararte, cf. Johahu, Description de Sytne et de* cataracte», dans la Description de l'Egypte, t. I, p. UJ-1!>1.

3. Le dénombrement et l'analyse des granit* de Syéne ont été faits par Koiimt, De ta constitution physique de l'Egypte, dan» la Description île l'Éuuple, I. XXI. p. :i!t-!l:i.

noblesse. Ça et là, une brusque vallée s'ouvre sur le désert, et révèle des perspectives infinies d'escarpements et de cimes, échelonnées en retraite jusqu'aux derniers plans de l'horizon, comme une caravane immobile. Le fleuve, moins large, s'échappe avec un bourdonnement profond, que le coassement des grenouilles et le grincement rythmique des sakiéhs1 accom-

pagnent nuit et jour. Des épis de pierre brute, construits on ne sait quand par un peuple inconnu, s'avancent et font digue jusqu'au milieu de son lit9. Les champs de dourah et d'orge, tout en longueur, plongent et se noient à chaque instant sous un flot de sable ; des lambeaux de pâturage aromatique et dru, des acacias, des dattiers, des doums, quelques sycomores brûlés, s'éparpillent sur les deux rives. Un reste de pylône croulant marque la place d'une cité antique, une paroi de rochers criblée de tombes monte à pic, surplombant les eaux, et parmi ces reliques d'un autre âge, de misérables huttes, des hameaux clairsemés, une ou deux villes entourées de jardinets, témoignent seuls que toute vie ne s'est point retirée de la

J. Li lalitêh est composée d'une roue à tympan, fnée verticalement sur "" arbre horïïontal, cl mue |iar d'autre* roues dentées, auxquelles un attelage de bccitlï ou d'ânes imprime un mouvement continu : un long chapelet de pots en terre va chercher l'eau au fleuve même, ou dans un petit canal

la distribuer sur les terres voisines. Plusieurs espèces de ruucliines élf'vjitoires appartenant à ce type sont décrites et dessinées dans la Deteriplion de l'Egypte, t. XII, p. 1118- i 15, et Allai, État moderne, t. Il, Art» et Mftirri, pi. lll-V.

1. 0min île Boudier, d'aprèi une photographie de M. Imittger, priie cw 1881.

X. • Notre marche était fréquemment arrêtée par des jetées en pierres brutes qui s'avançaient jusqu'au milieu du fleuve. Etaient-elles destinées à élever le niveau du Nil aui époques d'inondl- Lion ?... Kl les forment des courants très rapides; il arrive que la barque, tirée i «rand'peinc jusqu'à la pointe saillante, ne peut la franchir; on exécute alors un demi-tour en entraînant les cordes et l'on redescend h quelques centaines de mètres. • (11. Gainas el A. Lefêvk, la Vallte du Aï/, p. 104.) Le gisement de ces épis csl indiqué avec assci de soin sur la carte de Prokesch (Land lœitchen den kteineix utid grouen Katarakten dei Nil. Antronomisch bestimmt und aufgenammem im Jaltre <S?7 durfh... A. ton Prokeich, Vienne, C. Gerold).

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