CONFUSION DES IDÉES OS1R1ENNES ET DES IDEES SOLAIRES
péchaient à la ligne au milieu des lotus, ils montaient en barque et se faisaient tirer à la cordelle par leurs serviteurs, ou parfois ils daignaient prendre euxmêmes la pagaie et se promener lentement sur les canaux; ils chassaient l'oiseau dans les fourrés, ou se retiraient sous leurs kiosques peints pour y
tence. Leur forme morte, momifiée puis ranimée selon le mythe Osirien, se fit Osiris comme celle des gens du commun. Quelques-uns poussèrent l'assimilation si loin qu'ils absorbèrent le dieu de Mendès ou s'absorbèrent en lui : Phtah-Sokaris devint à MemphisPhtah-Sokar-Osiris, et Khontamentit à Thinis Osiris Khontamentit3. Le Soleil s'y prêta d'autant mieux que sa vie ressemble plus à celle de l'homme, et par suite à la vie d'Osiris qui se modèle sur
1. Le» eierctcesdu corps, la chasse, la pèche, les promenade» en barque, sonl représenta» don* les lombeaui thébains ; 1b jeu dp dames e-.t nienlionne dans le titre du chapitre XVII du Livre dei Mortt (édil. PUville, t. I, pi. XXIII, I. t), et lo kiosque de» femmes est ligure au tombeau do Itakhmirl (Virei, le Tombeau de Hekhmara, dans lus Mrmoirei de la million du Caire, t. V, pi. XXV). La lecture des ron tes est prouvée pur la présence dans les tombeau* A'oslrai-a brisés, |iortant de long» fragment* d'ii'iivre» littéraires : on le» mellail en pièces pour les tuer et pour envoyer leur double diin» l'antre monde au double du mort (MAsrr.Ro, le* Première» Ligne» de» Vémoircê de Sitiouhit, p. i-S).
t. Dettin de Boudier, d'aprèi une photographie d'Emile Hmgirh-lleg. L'original provient des fouilles de M. de Morgan a Melr et se trouve à Giiéh : le mortes! assis dans la cabine, enveloppé du manteau. Ce bateau est le seul à ma connaissance qui ail conservé sa voilure antique (XI" ou Xl!° dynastie),
.1. H.MFMO, Kludtt dr Mythologie et d'Archéologie Egyptienne», t. II, p. îl-îl.
celle de l'homme. Il naît le matin, il vieillit à mesure que le jour décline, il s'éteint doucement le soir. Du moment qu'il entre au ciel jusqu'à celui qu'il en sort, il règne là-haut comme il régna ici-bas au début des temps; dès qu'il a quitté le ciel pour s'enfoncer dans l'Hadès, il n'est plus qu'un mort semblable aux autres, et qui subit comme eu* l'embaumement d'Osiris. Les mêmes dangers qui menacent leur âme humaine menacent son àme; quand elle lésa vaincus, non point par sa vertu propre, mais par la puissance des amulettes et des formules magiques, elle pénètre aux champs d'ialou et devrait y séjourner éternellement sous l'autorité d'Onnophris. Elle n'en faisait rien pourtant, et l'on voyait le soleil reparaître à l'Orient, douze
LA B.IBOCC SOLAIRE SU Uftl'UU LE nom VA SOUTE* '.
heures après qu'il s'était plongé dans les ténèbres de l'Occident. Est-ce chaque fois un astre nouveau, ou bien le même soleil éclaire-t-il tous les jours? Dans les deux cas le résultat ne différait point : le dieu sortait de la mort et rentrait dans la vie. Après avoir identifié la carrière du Soleil à celle de l'homme et Ità à Osiris pour une première journée et pour une première nuit, il était difficile de ne pas pousser les choses plus loin et de ne pas l'identifier pour tous les jours et pour toutes les nuits qui suivraient, c'est-à-dire de ne pas déclarer que l'homme et Osiris pouvaient, s'ils le voulaient, renaître le matin comme Rà et avec lui*. Si les Égyptiens avaient éprouvé une douceur réelle à quitter l'ombre du tombeau pour aller s'enfermer aux prés lumineux d'ialou, de quelle joie ne devait-elle pas les remplir cette conception qui leur permettait de substituer le domaine entier du soleil à un petit archipel perdu dans un coin de l'univers? Ije premier point pour eux était d'obtenir l'accès de la barque divine, et c'est à quoi pourvurent des pratiques et des prières de toute sorte, dont le texte, joint à celui qui renfermait déjà les formules osiriennes, assurait à qui les possédait la protection infatigable de Râ'. L'âme qui désirait s'en servir se rendait, au sortir de l'hypogée, à l'endroit préeis où le dieu
I. Dritin de Fatieher~C,udiu, tVaprï* nue vignette du Pnpynit de Xebijadov. il Paria, t. M.sriso, Etudes de Mythologie et d'Archéologie Égyptienne», t. II, p. ïl-37.
■1. Le» formule» destinées a faire monter l'ame sur la barque solaire sont principalement le* chapitre» C-CIl (edit. Niïillb, 1. 1, pi. CXIII-CXIV), CXXXIV-CXXXVI (édit. Nuvilui, 1. 1, pi. CXI.V-CXI.IX) du