I.ES MORTS DANS LA BARQUE DU SOLEIL
quittant notre terre s'enfonçait dans l'Hadès. C'était quelque part au voisinage immédiat d'Abydos, et l'on y parvenait par une gorge étroite percée dans la chaîne Libyque, par une Fente dont la Bouche s'ouvrait en vue du temple il'Osiris K h on ta mentit, un peu au Nord-Ouest de la ville'. Une petite flottille de bateaux, chargée de provisions, de mobilier et de statues, montée par des bandes d'amis ou de prêtres, et qu'on déposait dans le caveau le jour des funérailles, était censée transporterl'âme jusque-là*. Les
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incantations qu'on récitait
sur elle pendant l'une des premières nuits de l'année, aux fêtes anniversaires des morts, la mettaient en branle*. L'insecte ou l'oiseau qui jadis servait de guide à l'âme voyageuse, se plaçait au gouvernail pour lui montrer la voie droite"; elle partait pour Abydos sous ses ordres, pénétrait mystérieusement par la Fente dans la mer Occidentale inaccessible aux vivants*, et attendait
Litre de* Horlt. Toutefois le! mélange des conceptions solaires avec les osîrienncfi est déjà complet dans cet ouvrage, et beaucoup des chapitres destinés à d'autres usages contiennent des allu'um-; nombreuses il t'embarquera»! des âmes à bord du bateau de Hà.
1. Pour la Bouehe de la Feule et la façon dont les morts y arrivaient, on peut consulter JHaspero, Éluda de Mythologie et d'Archéologie, t. I. p. t 1, etc.. et Etude* Egyptiennes, t. I. p. lîl sq<|.
t. Beaucoup de ces bateaux sont conservés dans les musées, et nous en possédons plusieurs au Louvre (Salle Civile, armoire K). I.e* seules flottilles dont on connaisse l'origine sont celle du musée de Berlin, qui vient de Thèbes (Passalacoia, Catalogne, p. lïfi-iifl, reproduite dans Prisse n'Aiu«i. Histoire de l'Art Égyptien) et celles du musée de Giïéh, qui ont été trouvées, l'une à Saqqarah {Haspero. Quatre Annie* de fouille*, dans les Mémoire* de la Mi'tion du Caire, t. I, p. ÎOT et planche), l'autre a Mélr, au nord de Siout : elles appartiennent à ta XI' et à la XII* dynastie.
3. Drain de Faiicher-Cudin, d'apte* une photographie tre* petite, publiée dan* le Catalogue de In Vente Minulali {V.atalng der Saminluiigen voit Miieterirerken lier Industrie nnd Knn*t xusanimengebrachl durrh lin. Freiherrn, Dr Marauder van Hinutoli, kêln, IR7r,).
i. Ces formules sont tracées sur les murs d'un tombeau de la XVIII- dvnastie, celui de JloHrholpou. a Thèbes; elles ont été publiées par nrmr.HEs, Kalandarisrhe Inschriften. pi. XXXV. I. 81-60 (cf. Die Flotte ainer .■Fgyptiichen Kiinigin, pi. XXXI, p. 31-fiit) et par Besèmti, le Tooibeau de Néfcrhotpou, dans les Mémoire* de la Mi**ion du Caire, I. V, p. nifi sqq. et planche.
5. ■ Tu remontes comme la sauterelle d'Abydns, à qui il est fait place dans la oarqne d'Osiris et qui accompagne le dieu jusqu'au territoire de la Fente • (Sbaupe, F.gyplian Inscription*. 1- série, pi. iO.Ï, t. 43-44: K. A. W. Bihof:, Kote* on Egyplian Ste/x, prittripally oftke XVIIIth Dynatly, dans les Trauta ction* de la Société d'Archéologie Biblique, t. VIII, p. 347 ; I.eféh«e, Etude sur Abydos, dans les Proceeding* de in même Société, 1. XV, p. I3G-I37). Le pilote dea barques divines est d'ordinaire un homme a tète d'épervier, un Ilorus, probablement eu souvenir de cet oiseau pilote.