‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient (volume 2)Chapitre 10 sur 176 · Todknbuch,, oh. xtu · texte numérisé non relu

Todknbuch,, oh. xtu

accomplit toutes choses avec att et. vérité, Phtah; enfin, quand il est le Dieu bon et bienfaisant, Osiris^, » Ammon, Imhotep, Phtah, Osiris, n'étaient pas adorés indifféremment par tout le pays. Chaque nome de l'Egypte, de même qu'il avait sa dynastie, avait son Dieu national qui était une des formes et portait un des noms du Dieu unique. Formes et noms du Dieu unique s'étaient partagé la vallée en autant de domaines qu'il y avait de nomes et avaient constitué à côté de la féodalité politique une sorte de féodalité divine. Toum régnait sur Héliopolis; Théni et plus tard Abydos, étaient sous l'autorité immédiate d'Osiris; Ammon possédait Thèbes, et Phtah vint dans les temps historiques s'établira Memphis. Chacun de ces dieux, identique en substance au dieu des autres nomes, reconnaissait de bonne grâce cette identité fondamentale. Anamon de Thèbes, donnait l'hospitalité dans son temple à Min ou Khem de Coptos, à Toum d'Héliopolis, à Phtah de Memphis, qui, de leur côté, lui faisaient place auprès d'eux dans leurs propres sanctuaires. L'habitude de réunir dans une même adoration les formes différentes de la divinité amenait perpétuellement leur fusion en une seule et même personne, Sevek du Fayoum, associé à Râ, se changeait en Sevek-Râ; Phtah se confondait avec Sokari, sous le nom de Phtah-Sokari ; et celui-ci, rapproché d'Osiris, devenait Phtah-Sokar-Osiris. Tous les types divins se pénétraient réciproquement et s'absorbaient dans le Dieu suprême. Leur division, même poussée à Tinfini, ne rompait en aucune manière l'unité de la substance divine : on pouvait multiplier à volonté les noms et les formes de Dieu, on ne multipliait jamais Dieu.

Son action s'étendant sur le chaos primordial, le dé- IrouiJIa sans effort. Il dit au soleil : « Viens à moi, » et le soleil, vepant à lui, commença de briller. A son ordre, Shou, le lumin'îux, aplanit la terre et sépara les eaux en deux masses distinctes. L'une, répandue à la surface du wl, donna naissance aux fleuves et à l'Océan ; l'autre, sus-

l «aiDbtiqùe^ de Mysteriis^ sect. VIII^ c. 3, p. 159.

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pendue dans leâ airs, forma la voûte du ciel, les eavx d'en haut, sur lesquelles les astres et les dieux, entraînés par un courant étemel, se mirent à flotter. Mais en établissant les lois qui règlent Tharmonie du monde, Tordonnateur universel avait par cela même soulevé contre lui les forces malfaisantes de la nature. Leur chef, que les monuments représentent sous la figure d'un long serpent sinueux nommé Apap, essaya d'anéantir Tœuvre divine : la bataille s'engagea entre les dieux lumineux, fécondants, et les fils de la rébelliony ennemis de la lumière et de la vie. Terminée non sans peine, à l'avantage des premiers, elle n'amena pas de résultats décisifs. Tant que dure le monde, les monstres seront vaincus, affaiblis, mais non détruits. Sans cesse en révolte contre le pouvoir qui les accable j ils menacent sans cesse l'ordre de la nature. Afin de résister à leur action destructrice. Dieu doit, pour ainsi dire, créer de nouveau le monde au matin de chaque jour.

La lutte éternelle de Dieu et des mauvais principes, les Égyptiens l'avaient transportée des régions mystiques de la religion dans le domaine matériel de la nature. Bs comparaient Dieu au Nil nourricier et le mauvais principe au désert qui assiège l'Egypte de ses vagues ardentes : la guerre de Dieu contre le mauvais principe devenait alors la guerre du Nil contre le désert. Us assimilaient Dieu au soleil, dont la naissance journalière leur paraissait être l'emblème le plus évident de la perpétuelle génération divine, et le mauvais principe aux ténèbres de la nuit. Tantôt Râ, le soleil, n'était pour eux que la créature la plus brillante du Tout-puissant et comme le corps vivant de la divinité. Tantôt il était Dieu lui-même et revêtu des pouvoirs souverains. « Hommage à toi, momie qui se rajeunit et renaît [perpétuellement, être] qui s'enfante luimême chaque jour 1 Hommage à toi, qui luis dans le Nou, pour vivifier tout ce qu'il a créé, qui as fait le ciel et enveloppé de mystère son horizon ! Hommage à toi, Râ, qui [apparaissant] à ton heure, lances des rayons de vie pour les êtres intelligents! Hommage à toi, qui as fait les dieus

L'ÊGtPTE PRIMITIVE. 3t

dans leur totalité, Dieu qui se cache et dont on ne con- Baît point rimage ! Hommage à toi! quand tu circules au finnament, les dieux qui t'accompagnent poussent des cris de joie * ! » L'assimilation et parfois Tidèntité complète du Dieu suprême avec le soleil une fois admise, Tassimilation et l'identité complètes des formes secondaires de Dieu avec Râ devint toute naturelle. Àmmon, Osiris, Hor, Phtah lui-même furent regardés tantôt comme l'âme vivante de JRd, tantôt comme Râ lui-même. Les phases de son cours, étudiées et distinguées à Tenvi, furent considérées comme autant de manifestations, autant de formes (Khoper) de son être. Le soleil fut nommé Atoum avant son lever, Hor-em akhou-tî, Hor dans les deux horizons, rHarmacliisdes Grecs, au moment de son lever et de son coucher, ELhoper ou Harpocrate (Hor enfant) à son lever, Râ,Shou, Anhour, Hor en son midi, Nower-Toum à son coucher, Osiris pendant la nuit, lorsqu'il s'est enfoncé dans les ténèbres et traverse les régions du ciel inférieur. SaviejoumsJière, depuis le moment où il apparaît à Thorizon du matin jusqu'au moment où il disparaît derrière la montagne d'Occident, devint la vie du Dieu suprême, «t sa lutte contre l'obscurité, la lutte de Dieu contre les mauvais principes.

C'est lui : le voici qui se dégage lentement des étreintes de la nuit. D ne fait qu'apparaître « à l'horizon oriental du ciel», et déjà « les rayons vivants de ses yeux pénètrent, animent, fortifient tous les êtres. » Debout dans la cabine de sa harque sacrée, « la bonne barque des millions d'année», » enveloppé dans les replis du serpent Mehen qui est l'emblème de son cours, il glisse lentement sur le coulaût étemel des eaux célestes, guidé et suivi par cette armée de dieux secondaires dont les peintures nous montrent les formes bizarres. Hor, debout à l'avant, sonde Ihmon du regard et signale l'ennemi qu'il se tient prêt

1. De Roagé, Eaai gur une stèle funéraire de la collection PassalaC" 9*«, Berlin, 1849; G. Maspero, sur la Littérature religieuse, dans la ^«fM politique, 1872, p, 461.

à percer de sa lance; un autre Hor tient le gouvernail. Les Âkhimou-OurdoUy ceux qui jamais ne reposent, et les Akhimou-Sekou, ceux qui jamais ne halent, armés de longues rames, manoeuvi^nt la barque et la maintiennent au fil de Teau : ils se recrutent sans cesse parmi les âmes pures, et les rois des deux Égyptes eux-mêmes tiennent à honneur d'en fair^ partie.

<c Tu t'éveilles bienfaisant, Ammon-Ra-Harmakhis; tu t'éveilles véridique, Ammon-Râ, seigneur des deux horizons I 0 bienfaisant, resplendissant, flamboyant I Ils rament tes nautoniers, ceux-là qui sont les Akhimou-Ourdoul Ils te font avancer tes nautoniers, ceux-là qui sont les Akhimou-Sekou! Tu sors, tu montes, tu culmines en bienfaiteur, guidant ta barque sur laquelle tu croises, par l'ordre souverain de ta mère Nout *, chaque jour ! Tu parcours le ciel d'en haut, et tes ennemis sont abattus ! Tu tournes ta face vers le couchant de la terre et du ciel ; éprouvés sont tes os, souples tes membres, vivantes tes chairs, gonflées de sève tes veines, ton âme s'épanouit! On adore ta Forme Sainte, on te guide sur le chemin des ténèbres ; tu entends l'appel de ceux qui t'accompagnent derrière la cabine en poussant des exclamations. Les nautoniers de ta barque, leur cœur est conteat ; le seigneur du ciel est en joie ; les chefs du ciel inférieur sont en allégresse ; les dieux et les hommes poussent des exclamations et s'agenouillent devant le soleil sur son pavois, par Tordre souverain de ta mère Nout; leur cœur est content [parce que] Rft a renversé ses ennemis ! Le ciel est en allégresse, la terre est en joie, les dieux et les hommes sont en fête, afin de rendre gloire à Rà-Harmakhis, lorsqu'ils le voient se lever dans sa barque et qu'il a renversé les ennemis à son heure I La cabine est en sûreté, car le serpent Mehen est à sa place et i'urœus a détruit les ennemis.

a Avance sur ta mère Nout, seigneur de rétemité! Après avoir récité pour toi les charmes de l'enfantement, elles se relèvent Isis et Nephthys, lorsque tu sors du sein de ta

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