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défendre son peuple envers et contre tous, à condition que son peuple n'adore aucun autre Dieu. Si le peuple rompt sa foi et court après les Baalim, Jahveh retire sa maiu de lui et le livre aux entreprises des voisins. Pour rentrer en gracQj il faut briser les idoles et revenir à TobservanGO de la loi, « Je suis Jahveh, ton Dieu, qui t'ai retiré du pays iT^'ypte, de la maison de servitude. — Tu n'auras pas d'autres dieux devant ma face. — Tu ne prendras point le nom de Jahveh ton Dieu en vain ; car il ne tiendra point pour innocent celui qui aura pris son nom en vain. — Souviens-toi du jour du repos pour le sanctifier. — Tu travailleras six jours et tu feras toute ton œuvre, mais le Beptiêmojour est le repos de Jahveh ton Dieu. — Tu ne feras autiune œuvre ce jour-là, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ai Ion serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni Tétranger t(tji est dans tes portes. — Honore ton père et ta mère afin que tes jours soient prolongés sur la terre. — Tu ne tueras point, — Tu ne commettras pas adultère. — Tu ne déroberas point. — Tu ne porteras pas de faux témoignage contre le prochain; — tu ne convoiteras pas la maison du prochain; tu ne convoiteras pas la femme du prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui soit au prochain*. » Le signe extérieur de Tailiance entre Jahveh et le peuple était l'arche, sorte de naos en bois de cèdre lamé d'or, analogue pour la forme aux naos représentés sur les bas-reliefs égyptiens. On portail Tarcheau milieu du peuple et sa présence lui inspirait une confiance illimitée dans le pouvoir de dieu.
Aux dix préceptes fondamentaux se joignait sans doute un code de lois plus ou moins développé. Certaines prescriptions ritualistiques, certaines cérémonies empruntées évidemment aux pratiques du culte égyptien doivent se reporter jusqu'au temps où les enfants dlsraël, à peine sortis d Egypte, adaptèrent au, culte de Jahveh nombre de rites qu*iis avaient vu célébrer devant les statues d'Ammon et de Phtah. Mais en somme, ce qu'on sait et ce qu'on
i* Ejcod?, XX, 2-17.
■ possède de la législation primitive des Hébreux se réduit presque à rien. C'est tout au plus si on peut attribuer à Moïse, sinon pour la forme, au moins pour le fond, les dix commandements et peut-être un petit nombre de prescriptions éparses au miUeu des lois postérieures dans les livres écrits sous son nom. La perte de la législation mosaïque, si tant est qu'il y ait jamais eu vraiment une législation mosaïque, ne diminue en rien la grandeur du rôle joué par Moïse. Moïse fut Torganisateur du peuple hébreu. Il lui laissa sa constitution patriarcale et assura l'indépendance des tribus, mais en resserrant le lien qui les avait unies. Il fit du dieu national, jusqu'alors traité à peu près sur le même pied que les dieux étrangers, un dieu jaloux et exclusif dont le culte réunit les douze tribus dans une même adoration. Il l'institua roi invisible du peuple, législateur et juge souverain, maître et propriétaire des biens de la nation. Et ce dieu un n'eut qu'un seul sanctuaire pour tous ses enfants, l'arche d'alliance. Chaque année le peuple se rassembla autour du lieu saint et célébra de grandes fêtes, la Pâque, la Pentecôte, la fête des Tentes. n était sorti d'Egypte façonné à la servitude et à l'idolâtrie, prêt à reprendre sa chaîne et à renier son dieu : grâce à Moïse, il sortit du désert ferme dans sa foi et tout armé pour la conquête.
Quarante années, dit-on, s'étaient écoulées depuis le passage de la mer Rouge, quand il obtint la permission d'entrer dans la Terre promise. La puissance égyptienne, affermie par les victoires de RamsèsIII, s'étendait toujours sur la Syrie. Mais les Ramessides, fidèles à la politique traditionnelle de leur race, n'occupaient que les points ^stratégiques. Il leur suffisait de posséder Gaza, Mageddo et les quelques places fortes situées sur la grande voie militaire; peu leur importait après cela qui dominait le reste du pays. Pour écarter toute chance de querelle avec un voisin si fort, Moïse évita de se porter d'abord sur les contrées situées à l'occident de la mer Morte. Il préféra passer par le pays de Moab. Sihon, roi desAmorrhéens, et Og, roi de Bashan, furent battus l'un après l'autre : tout le
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' pays de Gilead resta aux mains du peuple d'Israël, des rives de TAmon au pied de THermon. Trois tribus ou fractions de tribus s'y établirent, Ruben au sud, entre TArnon et le torrent d'Arbôth, Gad le long du Jourdain jusqu'à la mer de Gralilée, la moitié de Manassé dans le royaume de Bashan, et quelques familles de Juda près de la source du fleuve. Il ne restait plus que le Jourdain à franchir : Moïse ne le franchit point. Il vit de loin la Terre promise et mourut « et personne n'a connu son tombeau jusques aujourd'hui^ » Son successeur dans le commandement, Josué, fils de Noun, passa le fleuve un peu au-dessus de son embouchure et prit Jéricho. La chute de cette place entraîna celle des villes voisines, Aî^Béthel, Sichem. Sichem au cœur même du pays devint aussitôt le point de ralliement du peuple : Josué y fixa sa résidence et fit élever sur le mont Êbal un grand autel de pierre où étaient gra^s les principaux titres de la loi. Une première coalition, formée par les Cananéens du Sud aux ordres d'Adonisédek, roi de Jébus,,fut battue sous les murs de Gibéon et ses chefs mis à mort. Une seconde, organisée par Jabin, roid'Hazor, ne réussit pas mieux : Jabin fut défait près des eaux de Merom^ sa capitale prise et brûlée. Israël se trouvait maître de tout le pays à droite et à gauche du Jourdain, depuis Eadès-Barnéajusqu'aux sources du fleuve : la plaine et la côte placées sous la domination directe des Égyptiens furent respectées pour le moment.
Les tribus se partagèrent sans retard le territoire conquis. Juda prit la partie méridionale du pays entre la mer Morte et la plaine de Gaza : il confinait vers le sud-ouest à Siméon, vers le nord à Dan et à Benjamin. Au centre, Éphraïm et ce qui restait de Manassé : Issashar, Zébulon, Napthali et Asher se fixèrent le long de la côte au nord du Garmel et dans la plaine de Jezréel. La tribu de Lévi « n'eut point d'héritage, car TÊternel, dieu d'Israël, est son héritage'. » Çà et là quelques villes cananéennes surent garder leur indépendance et vécurent isolées au milieu des Israé-