‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient (volume 2)Chapitre 48 sur 176 · I Samuel, iv, 1-Ï · texte numérisé non relu

I Samuel, iv, 1-Ï

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prophètes (nâbî)^ auxquels une subite illumination révélait les secrets du passé, du présent et de Tavenir. Le nâi)î était Tinterprôte de Dieu, la bouche de Dieu dont il se sert pour parler aux hommes, «et c'est pourquoi il emploie souvent la première personne quand Dieu parle. La pcrsonnalité humaine disparaît parfois chez lui complètement, mais c'est pour reparaître bientôt avec éclat: car cette forme de langage n'est qu'une expression de la plus kaute inspiration, ou de l'intime conviction que la volonté ou la pensée de l'homme ne font qu'un avec la volonté ou la pensée de Dieu. Celui-là seul est un prophète qui est animé par des pensées et des sentiments moraux et rclif^iciîs, et qui les met au service de la religion d'Israël. Il n'a t\uc Tapparence en commun avec le devin, l'extatique et Je convulsionnaire *. » Samuel, fils d'Elkanah, né après de longues années de stérilité, avait été voué au culte de Jahveli par sa mère Hannah. Il fut dès l'enfance envoyé à Shilo : vtiLu « d'un éphod de lin 3> et d^un petit manteau que sa mère lui apportait chaque année, quand elle venait avec son mari offrir le sacrifice solennel, il servit l'Éternel en présence d'Éli, jusqu'au jour où I inspiration divine le saisi L Dès lors « Jahveh fut avec lui et ne laissa point tomber à tt:rrc une seule de ses paroles. — Tout Israël, depuis Dan jiisques à Bershéba, connut que c'était chose assurée quo Samuel serait prophète de Jahveh^. »

Vingt années après le désastre d'Aphek, Samuel crut h moment venu de secouer le joug Plulistin. Il exhorta le peuple à renoncer au culte des Baalim et le convotfua à Mitspah pour faire pénitence de ses péchés. Les Pli lie. lins, inquiets de ce rassemblement qui ne présageait rien de bon à leur autorité, « montèrent contre Israël; ce que les enfants d'Israël ayant appris, ils eurent peur dea Philistins. — Alors Samuel prit un agneau de lait et Tofliit tout entier à Jahveh en holocauste; et Samuel cria à Jahvûb pour Israël et Jahveh l'exauça. » Les Philistins, mif^ en

1. Th. Nœldeld, Histoire littéraire de V ancien Testament^ p, 292- 2S4. - 2. 1 Samuel,, i-ra.

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déroute par les grondements du tonnerre^ eurent peine à rentrer sur leur territoire. « Alors Samuel yrit une pierre et la mit entre Mitspah et le rocher ; et il appela le nom de ce lieu la Ebenezer, et dit : « L'Éternel nous a secourus c< jusques en ce lieu-ci ». Il se hâta de profiter de la victoire^ frappa les Tyriens, les Âmorrhéens, reprit les villes perdues ^ Il ne put empêcher toutefois les ennemis d'élever une citadelle à Mikhmas, de tenir garnison à Gribéa et de désarmer les habitants des tribus méridionales. Dans tout le pays dlsraêl il ne se trouva plus aucun forgeron, car les Philistins avaient dit : « Il faut empêcher que les Hébreux ne fassent des épées ou des hallebardes. — C'est pourquoi tout Israël descendit vers les Philistins, chacun pour aiguiser son soc, son contre, sa cognée et son hoyau, lorsque leurs boyaux, leurs contres et leurs fourches à trois dents et leurs cognées avaient la pointe gâtée, même pour raccommoder un aiguillon*. » Samuel se consola de son impuissance en restaurant du mieux qu'il put le oûlte de Jahveh. Il fixa sa résidence à Rama, sa ville natale^. dû il avait bâti un autel à l'Ëternel : chaque année, il quittait sa résidence, et s'en allait en tournée à Béthel, à Gruilgal, à Mitspah, où il tenait des assemblées populaires et « jugeait Israël'».

Devenu vieux, « il établit ses fils pour juger sur Israël. — Son fils premier-né avait nom Joël, et le second avait nom Abijah; et ils jugeaient à Bershéba. » Il en fut d'eux ce qui avait été des fils d'Éli ; « ils se détournèrent après le \ gain déshonnête et ils s'éloignèrent de la justice. » Is- I raël, las de leur domination, las aussi de ses divisions et ; de l'impuissance à laquelle elles le condamnaient, résolut de faire comme les nations voisines et de se choisir un roi. Samuel essaya de les dissuader de ce projet par la peinture des maux que cette décision attirerait sur eux. « Le roi prendra vos fils et les mettra sur ses chars et parmi ses gens de cheval, et ils courront devant son char.'— Il les prendra aussi pour les établir gouverneurs sur ifiilliers

1. 1 Samuel, vu. ^Z.l Samuelf xiii, 19-21. — 3. I Samuel, yà, 16.

et gouverneurs sur cinquantaines, pour faire son labourage^ pour faire sa moisson et ses instruments de guerre et tout l'attirail de ses chariots. — U prendra aussi vos filles pour en faire des parfumeuses, des cuisinières et des boulangères. — Il prendra aussi vos champs, vos vignes et les terres où sont vos bons oliviers et il les donnera à ses serviteurs. — Il prendra vos serviteurs et vos servantes, et Télite de vos jeunes gens et vos ânes et les emploiera à ses ouvrages. — Il dîmera vos troupeaux et vous serez ses esclaves. — En ce jour-là vous crierez à cause de votre roi que vous vous serez choisi ; mais Jahveh ne vous exaucera pas en ce jour-là. » Le peuple ne voulut rien écouter : « B y aura un roi sur nous. — Nous serons alors comme toutes les nations, et notre roi nous jugera. U sortira devant nous et conduira nos guerres*.» Du moment qu'il fallait leur donner un roi, Samuel se promit de leur en donner un qui fût à sa discrétion.

Nahash l'Ammonite était venu mettre le siège devant Jabès de Giléad et la serrait de près. Ce fut en vain que les habitants essayèrent d'obtenir une paix honorable; il refusa leur s offres. « Je traiterai avec vous à condition de vous crever à tous l'œil droit et de jeter ainsi l'opprobre sur Israël.» Ils envoyèrent des messagers dans les douze tribus pour implorer secours, et partout où les messagers passaient, tout le monde se mettait à gémir. Saûl, fils de Kis, s'indigna de la lâcheté et des larmes inutiles de ses compatriotes : il prit une paire de bœufs qu'il ramenait des champs, les coupa en morceaux et envoya les quarr tiers dans Israël, avec menace de traiter ainsi les bœufs de ceux qui ne suivraient point Saûl et Samuel. Saûl était fort, bien fait, plus grand d'une tête que le reste du peuple : on s'assemble à sa voix, et Jabès fut délivrée. Samuel crut avoir trouvé l'homme qu'il lui fallait et pro^ clama Saûl roi dans Guilgal.

L'accord ne dura pas longtemps entre le prophète et sa créature. Samuel comptait bien être le maître réel sous le

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