‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient (volume 2)Chapitre 59 sur 176 · VI.— VivaxS · texte numérisé non relu

VI.— VivaxS

VU. — RA-ODTS-HIQ HOR PSIOUNKHÀ MEÏAMOUN, VoU(rtvv<ç f'.

1. 1 Rois, XV, 25-26. — 2. Un grand nombre de villes d'Isra&I sont nommées, dans la liste de Karnak à côté des villes de Juda. — 3. Les Chroniques, Ù, ziv, 9-13, qui nous parlent de cette invasion plus que sus* pecte, nomment Zerakh, le chef des envahisseurs. Champollion croyait y voir OsorkonI, de la vingt-deuxième dynastie {Précis du système hiéroglyphique, 257-262); Brugsch, Histoire, l.I, p. 228, prétend y reconnaître Je nom d'un roi éthiopien, AtserkÀmenj qui est de beaucoup postérieur.

pas assez fort pour résister aux Israélites et appela au secours le roi de Syrie. Depuis la révolte de Rézon, Damas n'avait cessé de croître en importance et en vigueur militaire sous Hézion *, sous Tabrimmon, sous Benhadar I^' ' : elle avait conquis Hamath, la Gœlé-Syrie et toutes les parties du désert qui confinent à PEuphrate. Benhadar saisit rpccasion qui s'offrait d'étendre sa domination vers le sud : il envahit la Galilée et en prit les villes. Baesha, rappelé au nord, ne put se maintenir dans Ràma, et Aiaa mit sa , frontière à l'abri en fortifiant Gibéa et Mitspah. Pas plus que Jéroboam, Baesha ne réussit à fonder une dynastie durable ; comme il avait fait à Nadab, Zimri fit à son fils Éla. Cette fois encore, l'armée était au pays des Philistins et devant Gibbéthon quand le meurtre fut commis : elle se souleva, acclama son chef Omri et marcha contre les meurtriers. Zimri, forcé dans Tirzah, mit le feu au palais royal et §'y brûla après avoir régné sept jours. Omri vainqueur trouva un rival dans Thibni fils deGinath; la guerre civile entçe les deux partis dura quatre ans et ne se termina que par la mort naturelle ou violente de Thibni et de son frère Jehoram*. La prise de Jérusalem par Sheshonq, l'hostilité constante de Juda et d'Israël, les crimes et les luttes intestines des Israélites, achevèrent d'affaiblir le peuple hébreu ef Itd enlevèrent le peu de prestige qui s'attachait à son nom depuis David. L'hégémonie passa de Jérusalem à Damas. Les descendants de Rézon essayèrent .de réunir les différentes nations de Syrie en un seul empire, et ils auraient peut-être réussi dans leur tâche, sans l'intervention décisive des armées assyriennes.

1. . Le nom d*Hézion n'est peut-être qu'une corruption de celui de Rézon : en ce cas, il faudrait rayer Hézion de la série des rois de Damas.— 2. L'orthographe ordinaire Ben-hadad est fautive, comme le prouvent et l'assyrien Bin-hidri et la traduction wlè; 'Aôsp des Septante. ~ 3. D'après Josëphe, ArU, Jud., \m, 12, â, Thibni fut assassiné

LE SECOND EIHPIRE ASSTRIEH JUSQITA L'AVÉIVEMEJXT DE SARTOUKIN.

.iSsoùr-nazir-habal et Salmanasar III ; les rois de Damas et la malson (l'Omri. — Décadence momentanée de Tempire Assyrien ; les prophètes d'Israël : Jéroboam II; Touklat-habal-azar II; chute de Damas. — La vingt-deuxième et la vingt-troisième dynastie; les Éthiopiens en Egypte: Piânkhi et Shabak; chute du royaume d'Israël.

A«»oaivnaslr-habâl et SalmanaMir III; les rois de Damas et la maison d^Omrl.

Les années qui suivirent la défaîte d'Assour-rab-amar furentpour TAssyriedes années de misère. Non-seulement elle perdit les conquêtes de Touklat-habal-asar en Syrie, mais les pays du Nord et du Sud échappèrent à sa domination. La Babylonie toujours impatiente rejeta le joug; les peuplades de l'Arménie et de la Gappadoce recouvrèrent leur indépendance; la Mésopotamie elle-même se sépara: c'est à peine si les monarques assyriens conservèrent les districts qui environnaient leur capitale. La vieille dynastie, abreuvée d'humiliations, ne survécut pas longtemps à son désastre. Quelque temps après la mort d'Assour-rab-amar un roi nouveau, Bel-kat-irassou, s'éleva et « fut l'origine de la royauté » (vers 1020) : ses descendants Salmanasar U, Irib-bin, Assour-idin-akhé, Assour-dan-il P', Bin-nirari H, travaillèrent pendant près d'un siècle et demi à relever la grandeur de la monarchie. Ils réparèrent les villes et les temples, creusèrent et nettoyèrent les canaux d^irrigation, iSrent consolider les grandes digues qui protégeaient la plaine contre les invasions du Tigre. Touklat-Adar II (880-883), fils de Bin-nirari, reprit enfin l'œuvre de conquête si longtemps interrompue et se rendit célèbre par son courage et par sa férocité : « il exposa sur des pals les corps

des taincus. » Les rois d'Assyrie passaient, à fortifier patiemment leur empire, le temps que les rois d'Israël et de Damas avaient usé dans des luttes stériles^

À mesure que leur autorité s'étendait vers le Nord, El- Assour perdait peu à peu l'importance qu'elle avait eue dans les premiers temps de la monarchie: elle cessait d'être le point central de l'empire et ne gardait son rang de capitale que par respect pour la tradition. Assour-nazir-habal, successeur de Touklat-Adar, lui porta un coup mortel en se choisissant une autre résidence. Près de cinq siècles auparavant, un des vieux rois d'Assyrie, Salmanasar I«' avait construit à Kalakh, sur la rive gauche du Tigre et au confluent de ce fleuve avec le grand Zab, une ville à laquelle le hasard des révolutions ne permit pas de se développer. La quatrième année de son règne, Assour-nazir-habal fit raser ce qui restait des constructions de son antique prédécesseur et jeta les fondements d'une cité nouvelle. Dès lors et pendant un siècle au moins, tous les rois d'Assyrie, Salmanasar m, Samsi-Bin, Bin-nîrari, ne cessèrent de TembeUir et vinrent l'habiter dans les rares instants de répit que leur laisfia la guerre, a Palais après palais s'éleva sur la riche plate-forme qui soutenait la ville, chacun richement orné de bois taillé, d'or, de peinture, de sculpture et d'émail, chacun rivalisant de splendeur avec les premiers construits : des lions de pierre, des sphinx, des obélisques, des sanctuaires, des tours sacrées, embellissaient la scène et en rompaient la monotonie par leur diversité. La haute pyra- BÛde à degré [ziggourat) attachée au temple d'Adar dominait tout et ralliait autour d'elle cet amas de palais et d'édifices. Le Tigre, qui baignait à l'ouest le pied de la plate^forme, reflétait la ville dans ses eaux et, doublant la hauteur apparente des édifices, dissimulait un peu l'écrasement des masses, qui est le point faible de l'architecture assyrienne. Quand ]e soleil couchant plaquait sur cette vue

1. Qppert, Histoire des empires de Chaldée et d' Assyrie, p. 61-69 ; <j. Rawlinson, The five gréai Monarchies, t. II, 80-83 ; Fr. Lenormant, JKttoire d^Orient, U II, p. 64-65 ; J. Menant, Annales des rois d'Ass^- TÎAi p. 59-64.

ces teintes éclatantes qu'pn ne voit qu'au eiel d^(Meiiity Kalakh devait sembler comme une vision du pays des fées au voyageur qui l'apercevait pour la première fois *. *

C'est de là que les monarques d'Assyrie partaient pres<îue cjiaque année pour leurs guerres. Adossés au plateau cb Médie, bornés par les massifs de l'Arménie, ils ne devaient guère être tentés de s'étendre vers le nord et vers l'est: ils auraient trouvé dans ces régions beaucoup de peine et peu deprofît. Tout au plus cherchèrent-ils à maintenir Boiis le joug les tribus remuantes qui habitaient l'extrême fron* tière de la vallée du Tigre et les montagnes du Kourdistan: s'ils dépassaient parfois ces limites, ce fut. pour entrer prendre quelques rçizzias vers la mer Noire et la mer Caspienne ou pour pousser des pointes "hardies à traviers la Médie jusque sur l'Indos. Leurs grands champs de bataille n'étaient pas dans cette direction : ils se trouvaient au sud àBabylone et dans l'Ëlam, à l'ouest et au sud-oueSten Syrie. Pendant deux siècles, les armées assyriennes refirent chaque année, mais en sens inverse, tout ou partie du chemin parcouru huit siècles auparavant par les armées de Thotmès III et d'Amenhotep IL Ils attaquèrent la Syrie et l'enlevèrent pièce à pièce malgré sa résistance obstinée, prenant d'abord Karkémish, puis la Phénicie et Damas, puis Israël et Graza; abattant Tune après l'autre chacune des barrières qui les séparaient de l'Egypte, jusqu'au jour où les deux grands empires du monde oriental se trouvèrent de nouveau face à face comme au temps des Pharaons de la XVIII' dynastie. Cette fois les rôles étaient changés. Alors c'était l'Egypte qui venait au-devânt de sa rivale et traversait l'Asie antérieure pour arriver sous les murs de Ninive : maintenant, au contraire, l'Assyrie attaque et TÉgypte se défend à grand'peine. Memphis reçut une garnison étrangère, et les généraux d'Assour-ban-habal pillèrent les temples de Thèbes.

Assour-nazir-habal commença cette marche en avant. Grâce à lui l'empire assyrien s'éleva tout à coup et se dé-

1, G. Rawlinson, The five great Monarchies, t. II, p» 98-09.

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Teipppa 9Br toutes ses frontières à la fois. Ce fut d'abord une. expédition dans le Rourdistan et dans les régions occidentales de FÂrménie. Les indigènes, incapables de tenir en bataille rangée, « se retirèrent sur les montagnes inaccessibles et se retran^bèrent sur les sommets, afin que je ne pusse les atteindre; car ces pics majestueux s'élèvent comme la pointe d'un glaive, et les oiseaux du ciel dans leur vol peuvent seuls y parvenir... En trois jours je gravis la montagne, je portai la terreur dans leurs retraites... leurs cadavres jonchèrent les pentes comme les feuilles des arbres^ et le surplus chercha un refuge dans les rochers. » Après avoir incendié les villages de ces malheureux, le conquérant s'abattit sur le district de Earkhi* ; «j'y passai lar les armes deux cent soixante combattants, je leur coupai la tête et j'en construisis des pyramides. » Après Karkhi, ce fut le tour du pays de Eoummoukh. Il avait déjà reçu le tribut des Mouska! et se préparait à pousser plus loin vers le. nord, quand la révolte d'une ville de Mésopotamie le contraignit à revenir sur ses pas. Les révoltés jetèrent les arm,es à son approche et implorèrent le pardon de lear faute : il fut impitoyable. « J'en tuai, dit-il, un sur deux... Je construisis un mur devant les grandes portes de la ville; je fis écorcher les chefs de la révolte et je recouvris ce mur avec leur peau. Quelques-uns furent murés vifs dans la maçonnerie, quelques autres crucifiés ou empalés au long du mur; j'en fis écorcher un grand nombre en ma présence et revêtir le mur de leur peau. Je fis assembler leurs têtes en forme de couronnes et leurs cadavres transpercés en forme de guirlandes. » Le chef principal fut emmené à Ninive, écorché et sa peau clouée à la nauraille. Après cela, on ne peut trop s'étonner, si les gens du pays de Laki se soumirent sans lutte. D'autres révoltes qui éclatèrent dans des recoins de l'Arménie furent étouffées avec non moins de promptitude et de cruauté : en rentrant à Ealakh vers la fin de cette première année, Assouin-naziivhabal pouvait se Tanter d'avoir fait sentir la

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