Aujourd'hui Kourkb
force de son bras dans toute l'étendue de son territoire et sur tous les points de sa frontière.
Les années qui suivirent ne démentirent pas les promesses de ces heureux débuts. En 881 , guerre contre les peuples situés dans la région du Zagros ; en 880, guerre contre l'Arménie; en 879, guerre contre le Koummoukh, le Naïri et la plupart des tribus du Haut-Tigre. Ce sont toujours les mêmes récits de victoires et les mêmes cruautés contre les vaincus. En 879, les habitants de Earkhi, attaqués une seconde fois, « abandonnèrent leurs places fortes et leurs châteaux ; pour sauver leur vie, ils s'enfuirent vers Matni, un pays puissant. Je me mis à leur poursuite: je semai mille cadavres de leurs guerriers dans la montagne, je jonchai la montagne de leurs cadavres, j'en remplis les ravins. Deux cents prisonniers étaient tombés vivants entre mes mains : je leur tranchai les poignets. » Il restait encore au milieu de la Mésopotamie un certain nombre de villes et de tribus indépendantes : une campagne suffît à les réduire. Assour-nazir-habal descendit le Kharmis et le Khabour jusqu'à TEuphrate, puis FEuphrate depuis le confluent du Khabour jusqu'à Anat. Ce fut une promenade militaire plutôt qu'une guerre: toutes les villes riveraines, Sadikanni^jBit-EJialoupiê, Sirki*, Anat, payèrent le tribut sans se faire prier. Le prince de Tsoukhi, qui osa résister, fut vaincu dans une bataille de deux jours et s'enfuit par delà TEuphrate au désert d'Arabie. Il avait avec lui quelques troupes chaldéennes commandées par un général du nom de Bel-bal-idin et par Zabdan, frère de Nabou-balidin, roi de Babylone. Ces deux personnages tombèrent aux mains du vainqueur, et Assour-nazir-habal en profita pour déclarer qu^il avait triomphé de la Ghaldée. « La crainte de ma puissance s'étendit sur le pays de Kar-Dounias ; la terreur de mes armes entraîna le pays de Kaldou.» C'était bien des mots pour un fait insignifiant. Nabou-bal-idin ne s'inquiéta pas autrement de ces fanfaronnades, et le roi d'Assyrie, satisfait de sa victoire, jugea qu'il serait prudent
l. Aujourd'hui Arhan. — 2. Circésium, au confluent du Khabour et de l'Euphrate. Cf. Fox Talbot, Assyrian Texts, p. 30-31.
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<re ne pas la compromettre par une invasion en Ghaldée. AUSSI bien les Tsoukhi se soulevèrent-ils en 878, et Assour-nazir-habal dut parcourir une fois encore le théâtre de sa campagne précédente. Tous les districts qui s'étendent le long duKhabour et de l'Euphrate furent ravagés sans pitié, les villes brûlées, les prisonnniers empalés ou mis eii d^ix. C'était avec justice qu'il pouvait s'écrier: « Sur les ruines ma figure s'épanouit, dans l'assouvissement de mon courroux je trouve ma satisfaction *, »
L'année d'après le vit dans des régions où nul monarque assyrien n'avait mis le pied depuis près de deux siècles. Au printemps de 877 il quitta Kalakh, s'enfonça dans la Mésopotamie, traversa le Khabour et le Balikh, et parvint aux rives de TEuphrate. La Syrie du Nord était partagée en petits États indépendants réunis, comme au temps des Égyptiens, en une sorte de confédération. La plupart des peuples qui Thabitaient quelques siècles auparavant n'existaient plus. Les Routen avaient disparu sans laisser aucune trace de leur passage. Les Rhétas ne subsistaient plus comme corps de nation, mais leur nom du moins avait survécu : le pays situé entre l'Euphrate, l'Oronte et l'Amanos, s'appelait encore pays de Khatti. Le Khatti était divisé en une vingtaine de royaumes, dont la position exacte n'est pas connue : Mounzigani, Eaharga, Akhassi, latouri, laraki, etc. ; les principaux étaient Éarkéniish (Gargamish) etBatnœ (Pateni), dont le domaine s'étendait jusqu'au pied de l'Amanos *. C'était un pays riche et bien peuplé, à la fois industrieux et commerçant : les métaux précieux et usuels, or, argent, cuivre, étain, fer, y abondaient ; le commerce avec la Phénicie y amenait la pourpre , et les étoffes de lin, les bois d'ébène et de santal. L'attaque d'Assour-nazir-habal paraît avoir surpris les chefs des Khatti en pleine paix. Sangar, roi de Karkémish, laissa les Assyriens franchir l'Euphrate sans leur disputer le passage, et leur ouvrit les portes de sa ville. Loubarna, roi de Kounouloua, « redouta la puissance de l'ennemi et l'issue de la