Oppert, BUioire, p. 92. — 2. Finzi, Ricerche, p. 357 àqq
348 CHAPITKE IX.
bataille; il paya vingt talents d'or, un d'argent, deux cents d'étain, cent de fer; donna mille bœufs, dix mille moutons, mille vêtements de laine et de fil, sans compter les meur blés, les armes et les esclaves. Le pays de LouUiQUti résista et fut traité en conséquence : les villes furent mises à sac et les prisonniers crucifiés. Après cet exploit, Assournazir-habal occupa les deux versants du Liban et desce^dit au bord de la Méditerranée. La Phénicie n'attendit pas son arrivée pour lui rendre hommage ; les rois de Tyr, de Sidon, de Gebel et d'Arvad, « qui est au mijieu de la mer », lui envoyèrent des présents. Les Assyriens employèrent leur temps à couper sur lé Liban et, sur FAmanos des cèdpes, des pins et des cyprès, qu'ils transportèrent à Ninive pour construire un temple à la déesse Istar *.
A partir de ce moment, nous ne savons plus rien d'Assour-nazir-habal. Il régna huit ans encore, et ce que nous connaissons de son caractère ne nous permet pas de croire qu'il les passa dans le repos. Son fils Salmanasar III lui succéda en 858, et ne cessa de batailler à l'exemple de son père. Dès l'année de son avènement, il franchit l'Euphrate, reçut la soumission des Hittites, et ne s'arrêta qu'aux bords de la Méditerranée. Il employa les quatre années suivantes à réprimer des révoltes et à consolider le pouvoir qu'il exerçait sur la Syrie. Karkémish et Pateni soumises, il s'engagea dans la vallée de l'Oronte, où l'attendaient le roi de Damas et ses vassaux *,
Après avoir vaincu Thibni, fils de Ginath, Omri avait cherché à consolider son pouvoir. Jusqu'alors Israël n'avait pas eu de capitale fixe : Sichem, Tirzah, Rama, avaient tour à tour servi de résidence aux successeurs de Jéroboam et de Baesha. Dans les derniers tem ps^ Tirzah avait semblé l'em-
1. Oppert, Histoire, p. 69-104 ; G. Rawiinson, The five grea$ Monarchies, 1. 11,84-89; Fr. Lenormant, Histoire, t. II, p. 66-68; J. Menant, Annales, p. 64-90. — 2. Oppert, Histoire, ^. 108-111; G. Rawiinson, tKe five great Monarchies, t. II, p. 111 ; Fr. Lenonnant, Hiftôire, t. II, p. 68-69; J. Menant, Annales, p. 96-99, 105-112.
porter sur ses rivales; mais son palais avait été brûlé par Zimrï^ et d'.aillears la facilité avec laquelle elle avait été prise lie pouvait qu'exciter les inquiétudes d'un chef de dynastie. Omri choisit pour site de sa ville royale une :ollirie' élevée située un peu au nord-ouest de Sichem et du înont Ëbal : il Tacheta du propriétaire, qui s'appelait Shemer, et lui donna le nom deShimrôn (Samarie)*. Ce choix était habile et judicieux : le développement rapide que prit la ville le prouva bientôt. Placée dans une vallée large et profonde qu'elle dominait de toutes parts, bien pourvue d'eau et puissamment fortifiée par la nature, Shimrôh devint pour le royaume d'Isri).êl ce que Jérusalem était pour celui de Juda, un centre de résistance autour duquel la nation se rallia au moinare danger. L'importance dé cette fondation n'échappa point aux contemporains : le nom d'Omri s'attacha dans leur esprit à l'idée du royaume d'Israël et n'en fut plus séparé. Désormais Samarie et Israël lui-même furent pour les étrangers Belh-^Oinri, la maison d'Omri, et ce nom persista longtemps ^près qu'Omri et sa maison eurent cessé de régner sur les Hébreux*.
Le vieux Ben-hadar P', qui avait fait la guerre à Baesha, profita des troubles où les guerres entre Omri et Thibni avaient jeté Israël, pour renouveler ses attaques : il enleva plusieurs villes et força le roi d'accorder aux Syriens la possession d'un quartier spécial de Samarie*. Jamais depuis Salomon Israël n'avait été plus près dé perdre son indépendance. Démembré peu à peu, il se trouvait exposé à partager dans un temps plus ou moins long le sort des districts de la Syrie centrale, et à devenir une simple province du royaume de Damas. Omri le sentit bien et chercha un appui au dehors. L'Egypte était trop loin, les Assyriens venaient à peine de franchir l'Euphrate, les haines religieuses mettaient un abîme entre lui et Juda :
1. I Bots, XVI, 24.-2. Oppert, Histoire, .105-106 j Schrader, Dtg l'eilimchriften und das AUe Testamentj p. 91-93. — 3. 1 Rois, xx, .34.
il se tourna du côté de la Phénicie, et obtint pour son* fils Akhab la main dlzebel, fille d'Ithobaal, roi de Tyr.
Depuis la mort d'Hirom !•', Tamide David et de Salomon^ Tyr avait été troublée par des révolutions sanglantes. Ba-. leastart, fils et successeur d'Hirom, était mort après un règne de sept ans à peine. L'aîné de ses enfants, Abdastàrt, fut tué dans une révolte populaire. On sait l'influence dont jouissent en Orient les nourrices de roi : les quatre fils de la nourrice d'Abdastart, élevés à la cour et placés, par leur mère, assassinèrent le roi et mirent le plus âgé d^entre eux sur le trône. Soutenus par cette masse d'esclaves, de soldats mercenaires et de populace sans fortune que renfermaient les villes phéniciennes, ils se maintinrent douze ans au^pouvoir. Leur domination eut des effets désastreux : une partie de l'aristocratie émigra au loin, les * colonies se séparèrent de la mère-patrie et se rendirent indépendantes. C'en était fait de l'empire tyrien, si cet état de choses avait duré. Une révolution chassa l'usurpateur et rétablit l'ancienne lignée royale sans rendre à la malheureuse ville la tranquillité dont elle avait besoin : les trois fils survivants de Baleastart, Astart, Astarim et Phéli, passèrent rapidement sur le trône. Le dernier fut assassiné après neuf mois de règne par un de ses parents, Ithobaal, grand prêtre d'Astarté, qui s'empara solidement du pouvoir et le garda trente-deux ans *.
Le commencement de ces troubles avait coïncidé avec la scission des douze tribus : les Hébrei^, occupés de leur guerre civile, n'avaient pu mettre à profit les malheurs de leur voisine. Néanmoins il était toujours à craindre qu'un roi plus entreprenant ou moins absorbé que ses prédécesseurs ne se laissât tenter aux richesses de la Phénicie et ne cherchât à s'en emparer. Ithobaal saisit avec empressement l'occasion qui s'offrait à lui d'écarter ce danger et de contracter une alliance de famille avec la nouvelle maison royale d'Israël. Izebel devint la femme d^ Akhab et prit bientôt un empire absolu sur son mari.
l. Movers, Die Phœnixier, t. II, !*•' TlxeiJ, p» 340-346,
LE SECOND EMPIRE ASSYRIEN. 35 i
Superatitieuse comme toutes les femmes, et du reste nourrie à la piété par son père, qui avait été grand prêtre d'Âstarté avant de devenir roi, elle sut décider Âkhab à pratiquer ouvertement le culte des divinités phénicien-* nés. Baal et Âstarté eurent leurô temples dans Samarie et leurs bois sacrés sur toutes les collines; leurs prêtres et leurs prophètes s'assirent à la table royale et se répandirent sur le pays, tandis que les prêtres et les prophètes de Jahveh en étaient réduits à se cacher pour échapper à la pereécution. La masse de la nation resta indifiérente entre les deux partis. Le prophète avait beau lui dire : « Si Jahveh est Dieu, suivez-le; mais si Baal est Dieu, suivezle; » il ne répondait rien et continuait à « boiter des deux cAtés '. » Le roi lui-même, plus superstitieux que vraiment religieux, ne savait se déclarer ouvertement ni pour Jahveh ni pour Baal : un jour il laissait massacrer les prophètes phéniciens *, et le lendemain livrait les prophètes hébreux à la vengeance d'Lsebel*. Les fidèles au dieu national trouvèrent un chef dans Élijuh de Thisbé, dont les aventures et les exploits nous sont arrivés mêlés de tant de prodiges, qu'il est impossible de discerner la part de vérité qu'ils renferment. Élijah, inspiré par l'esprit de Dieu, 9e rend devant Âkhab, lui annonce qu'il n'y aura dans les années suivantes ni rosée, ni pluie, sinon à sa parole, et s'enfuit au désert pour échapper à la colère du roi. D est nourri d'abord par des corbeaux qui, soir et matin, lui apportent de la viande et du pain, puis, quand la source à laquelle il buvait fut tarie, par un baril de froment et une cruche d'huile inépuisables dont il partage le contenu avec une veuve de Sarepta au pays de Sidon. Le fils de cette femme meurt subitement : Elijah le resssuscite au nom de Jahveh, et toujours guidé par l'esprit d'en haut quitte sa retraite pour se présenter de nouveau devant le roi. Akhab le reçoit sans lui marquer aucune haine, rassemble Les prophètes païens et les met face à face avec lui sur le Qarmel. Les Phéniciens invoquent à grands cris leurs