‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient (volume 2)Chapitre 73 sur 176 · VI. Tammaritou · texte numérisé non relu

VI. Tammaritou

G. Smith, Hùtory of Aisurhanipal, p. 307 \ G. Rawlinsoû, The five çreat Monarchies , t. II, p. 205.

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LES âÂR60Nim:S.

^I^fémeût 'nngl^atftude des Babyloniens, ce Les eni «* ae;T8abiiau^ je les avais placés sur des trôriis, je ^ aVàis donné des vêtements superbes, je leur avais «..ant pieds des anneaux d'or; les enfants de Babilov a >taièïit été reçus au pays d'Assour et honorés sui c^tno'n ordre exprès. Et pourtant, lui, Saoul-masadd^; a',lin, mon jeune frère, il ne tint aucun compte d( '« sùîprêmatie, il souleva le peuple d'Accad, de Kaldc fit d'Aram, et les peuples de la côte..., et il les suscita co te inon pouvoir. » Pour obtenir les secours de TÉ Saoul-masadd-youkin donna les trésors du temple de h. Babylone et du temple de Nebo à Barsip. Des cour î^voyés par toute la (âialdée et en Arabie décidèrent ' « rois du pays de Gouti, du pays dé Ma]^tou, du paj « Miloukhi, à faire cause commune avec lui. » La coal: |i|Iaît de l'Egypte aux bords du golfe Persique, et As8 Baii-babal ne savait encore rien du complot qui se tra contre lui. Un incident imprévu le tira soudain d< tranquillité et lui révêla toute l'étendue du danger. Le i fernenr assyrien d'Ouroukh apprit du gouverneur d'

E^un messager de Saoul-masadd-youkin venait d'an QS cette ville et y excitait le peuple à la rébellion : a ^voîr en vain essayé de rétablir l'ordre, il donna avis à suzerain de ce qui se passait. Saoul-masadd-youkin es de conjurer l'effet de cette révélation en faisant proti de son dévouement à l'Assyrie par une ambassade so nelle. Il gagna de la sorte le temps nécessaire pour c pléter ses préparatifs : au retour des ambassadeurs, il le masque et se proclama roi de Babylone*.

Assour-ban-habal faiblit d'abord devant Timprévi cette attaque. Un songe lui rendit courage : « Voilà, lu « le dieu Sin, ce que je prépare à ceux qui complc « contre Assour-ban-habal, roi du pays d'Assour ; « combat aura lieu, après lequel une mort honteuse « attend. Adar détruira leurs vies par l'épée, par le

1. Smith, History of Assurhanipalf p. 110-150; J. Menant, Am p. 282-285; 6. Rawlinson, The five great Monarchies, t,U,p, 205 Fr, Lenormant, Histoire^ t. II, p. 115-117.

« par la faaiîne. d J'entendis ces paroles et je me prépaxai « dès lors à templîr la volonté de Sin mon seigneur. » Les discordes de la famille royale paralysèrent les forces de TËlam. Tammaritou, fils d'Oummanigas^ voyant que son père avait envoyé la fleur de son armée à Babylone, se révolta contre lui, le prit et le fit décapiter. Â la faveur de cette diversion, Assour-^ban-habal vainquit son frère en rase campagne et força les débris de son armée à s'enfermer dans Babylone, Sippar, Barsip et Kouta. Il assiégeait ces quatre places quand Tammaritou « s'avança contre lui <e pour combattre. J'adressai, dit-il, ma prière à Assour et « à Istar : ils accueillirent mes supplications et entendi- «e rent les paroles de mes lèvres. Son serviteur Indabigas « se révolta contrjs lui et le mit en déroute sur le champ « de bataille. » Le vaincu n'eut d'autre ressource que de s'enfuir à Ninive et de se remettre à k merci du roi d'Assyrie, oc II embrassa mon pied royal et se couvrit la tète <x de poussière devant Fescabeau de mes pieds.... Moi, !cc Assour-ban-habal, au ccerur généreux, je l'ai relevé de sa « trahison, je l'ai reçu lui et les rejetons de la famille de « son père dans mon palais. » Privé, par cette catastrophe imprévue, de son allié le plus efficace, Saoul-masadd-youkin ne pouvait plus remporter la victoire. Il s'enferma dans Babylone et y résista jusqu'à la dernière extrémité : la famine fut telle que les assiégés « en furent réduits, pour se nour- « rir, à prendre la chair de leurs fils et de leurs filles. » Saoul-masadd-youkin, tombé aux mains de son frère, fut brûlé vif, « et le peuple qui l'avait suivi ne trouva pas sa « grâce. Ce qjii ne fut pas brûlé avec Saoul-masadd- « youkin, son maître, s'enfuit devant le tranchant du fer, « l'horreur de la famine et les flammes dévorantes, pour a trouver un refuge. La colère des grands dieux, mes seiot gneurs, qui n'était pas éloignée, s'appesantit sur eux; <c pas un ne s'échappa, pas un ne fut épargné, ils tomce bèrent tous dans mes mains. Leurs chariots de guerre, « leurs harnais, leurs femmes, les trésors de leurs palais, <c furent apportés devant moi. Ces hommes dont la bouche « avait tramé des complots perfides contre moi et contre

LES SÂ{lGOHID£S. 43S

«c Assour/mon seigneur, j'ai arraché leur langue et j'ai' « accompli leur perte. Le reste du peuple fut exposé vivant « de^nt IcJs grands taureaux de pierre que Sin-akhè-irib, « le père de mon père, avait élevés, et moi, je les ai jetés « dan» le fossé, j'ai coupé leurs membres, je les ai fait « manger par des chiens, des bêtes fauves, des oiseaux de «c proie, les animaux du ciel et des eaux. En accomplissant <c ces choses, j'ai réjoui le cœur des grands dieux, mes sei-' <K gneurs. » C'était la deuxième fois, en moins d'un deinidècle, queBabylone était saccagée par les Assyriens. Quqnd les soldats et le roi lui-même furent fçitigués du massacre, «c le reste des enfants de Babilou, de Kouta, de Sippar, oc qui avait résisté aux souffrances et aux privations, reçut « son pardon. J'ordonnai qu'on épargnât leur vie... Jej « leur imposai les lois d'Assour et de Beltis, les dieux du '■ « pays d'Assour, les tributs et les redevances de provinces <c soumises à ma domination ^. »

Depuis la fuite de Tammaritou, TElam n'avait pris aucune part à la guerre. Indabigas, secrètement favorable à Saoul-masadd-youkin , s'était tenu sur la réserve : il craignait, en éloignant son armée, de s'exposer à quelque révolte des princes de sa famille. Après la chute de Babylone, il donna asile à plusieurs chefs chaldéens, et entre , autres à Nabou-bel-soumê , petit-fils de Mardouk-balidinna, et, comme son grand' père, roi de Beth-Yakin. Assour-ban-habal réclama les fugitifs, Indabigas refusa de les livrer; des négociations s'engagèrent pendant lesquelles un général susien, Oummanaldas, assassina son maître et se mit sur le trône. Assour*ban-habal profita de ces dissensions pour envahir J'Elam. «Bet-Imbi, l'ancienne, « est la capitale des places fortes du pays d'Elam, elle en « divise la frontière comme une muraille. Sin-akhè-irib, « roi du pays d'Assour, le père du père qui m'a engendré, «c l'avait prise; les Ëlamites avaient construit devant Bet-

1. G. Smith, Hittory of Âssurbanipal, p. 151-204; J. Menant, Annales, p. 261-264; G. Rawlinson, The five ifreat Monarchies, t. II, p. 20&-207.

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436 CfiAPITRE X.

« Imbi Tancienne une autre ville, ils l'avaient fortifiée, ils «c avaient élev6 ses remparts et Tavaient nommée Bet-Imbi. « Je Tai prise au cours de mon expédition. J'ai détruit les ce habitants qui ne sont pas venus solliciter ralliancê de ce ma royauté, je leur ai coupé la tète, je leur ai arraché ce les lèvres, et, pour les faire voir aux habitants de mon « pays, je les ai envoyés au pays d'Assour. » Oummanaldas quitta Madaktou et s'enfuit dans les montagnes. Tammaritou, qui avait suivi Assour-ban-habal, fut rétabli sur le trône comme vassal de l'Assyrie. Mais bientôt, las du rôle odieux qu'il jouait, il complota de massacrer les garnisons assyriennes ; il fut trahi et livré au vainqueur. Cette diversion inattendue donna à Oummanaldas le temps de réparer ses forces; il rentra dans Madaktou, et s'empara même de Bit-Imbi* Ce ne fut qu'un succès passager. Au prin* temps de l'année suivante, Assour-ban-habal parut en Ëlam , emporta l'une après l'autre toutes les lignes de défense qu'Oummanaldas avait établies en avant de Suse, et finit par enlever cette ville elle-même. « Par la volonté ce d'Assour et d'Istar, je suis entré dans ses palais et je ce m'y suis reposé avec orgueil. J'ai ouvert leurs trésors, « j'ai pris l'or et l'argent, leurs richesses, tous ces biens « que le premier roi d'Élam et les rois qui l'avaient suivi ce avaient réunis et sur lesquels aucun ennemi encore « n'avait mis la main, je m'en suis emparé comme d'un ce butin... J'ai enlevé Sousinak, le dieu qui habite dans les ce forêts, et dont personne n'avait encore vu la divine ce image, et les dieux Soumoudou, Lagamar, Partikira, ce Amman-Kasibar, Oudouran, Sapak, dont les rois du ce pays d'Elam adoraient la divinité. Ragiba, Soungoumce soura, Karsa, Kirsamas, Soudounou, Aipaksina, Biloul, ce Panintimri, Silagara, Napsa, Nalirtou et Kindakourbou, ce j'ai enlevé tous ces dieux et toutes ces déesses avec leurs ce richesses, leurs trésors, leurs pompeux appareils, leurs ce prêtres et leurs adorateurs, j'ai tout transporté au pays ce d'Assour. Trente-deux statues des rois en argent, en or, « en bronze et en marbre, provenant des villes de Sousan, cr de Madaktou, de Houradi, la statue d'Oummanigas, le

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LES SARGQNIDES. ' 437

«.fils d'Oumbadara, la statue dlstar-Nakhounta, celle <cd^allousi, la statue de Tammaritou^ le dernier roi qui^ <c d'après Tordre d*Assour et d'Istar, m'avait fait sa soumisa sion, j'ai tout envoyé au |yays d'Assour. fai brisé les « lions ailés et les taureaux qui veillaient à. la garde des ce temples. J'ai renversé les taureaux ailés fixés aux portes a des palais du pays d'Ëlam et qui jusqi^'alors n'avaient <*r pas été touchés ; je les ai jetés bas. J'ai envoyé en captice- vite les dieux et les déesses. Leurs forêts sacrées^ dan^ «: lesquelles personne n'tivait encore pénétré, dont les fronct tières n'avaient pas été franchies, mes soldats les envahi- « rent, admirant leurs retraites, et les livrèrent aux «c Sammes. Les hauts lieux de leurs rois, les anciens et les <c nouveaux qui n'avaient pas craint Âssour et Istar, mes <c seigneurs, et qui étaient opposés aux rois mes pères, je « les ai renversés, je les ai détruits, je les ai brûlés au <* soleil ; j'ai emmené leurs serviteurs au pays d' Assour, «j'ai laissé leurs croyants sans refuge, j'ai desséché- les « citernes. » Pendant un mois et vingt-cinq jours, toute la partie basse du pays d'Élam fut livrée aux soldats et sacf^gêe. 'Ce qui resta de la population au bout de ce temps fut envoyé « comme des troupeaux de moutons » dans les villes où siégeaient les dieux, les préfets, les commandants militaires et les gouverneurs de l'Assyrie.

Oummanaldas tenait encore dans la montagne ; pour obtenir la paix , il offrit au monarque assyrien de lui livrer Nabou-bel-soumê. Plutôt que de tomber vivant aux mains de l'ennemi, Nabou-bel-soumé se fit tuer par son écuyer. Son corps fut remis aux messagers du roi d'Assyrie, qui le décapita et le jeta à la voirie en défendant de lui donner la sépulture. La tête salée et préparée fut suspendue à l'un des arbres du jardin royal de Ninive ; un bas-relief, aujourd'hui conservé au Musée Britannique, représente Assour-ban-habal banquetant avec ses femmes en présence de ce hideux trophée*. Cette lâcheté ne sauva pas Oummanaldas ; les vainqueurs le poursuivirent jusque dans les

i. Fr. Lenormant, les premières CivtUsatioru, t. II, p. 305.

438 ÛREÂPITRE X.

défiterts-où il s'était retiré et le contraignirent à quitter Jepays sans espoir de retour. Lui chassé^ tout son royaumer. fut réduit à l'état de province et placé directement sous la surveillance des généraux assyriens. L'Ëlam, le plus ancien des États de TÂsie antérieure, disparut de la scène du inonde; les souvenirs de son histoire réelle s'effacèrent au milieu des légendes ; le fabuleux Memnon remplaça dan& la mémoire des peuples ces lignées de souverains ambitieux et de hardis conquérants qui avaient possédé Babylone et la Syrie en des temps où Ninive n'était qu'une simple bourgade •.

Une guerre heureuse contre les Nabatéens et contre le» Arabes situés entre la vallée du Jourdain et celle de l'Eu* phrate assura la frontière de l'Assyrie sur le désert: un. traité avec Sadouri, roi d'Ourarti, mit les régions duNaïri à l'abri de toute attaque. L'Egypte s'était rendue indépendante, sans doute pendant la révolte de Saoul-masaddyoukin, et la Lydie avait rompu ses relations avec Assourban-habal. C'étaient toujours les mêmes dangers et les^ mêmes difficultés qu'au temps d'Assour-nazir-habal ou de Touklat-habal-asar II; pour maintenir leur autorité, les rois d'Assyrie étaient contraints de courir sans relâche d'une extrémité de leur empire à l'autre. Toute guerre qui du»-» rait quelques années et retenait leurs armées à l'Est re-^ lâchait en Occident les liens d'allégeance ; il fallait régulièrement recommencer la conquête ou renoncer à l'acquis des expéditions précédentes. Assour-ban-habal, fatigué do sa lutte contre l'Élam , résigna ses droits à la suzeraineté sur TÉgypte et sur la Lydie, Il n'en resta pas moins le souverain le plus puissant du monde oriental. Presque le dernier de sa race, il fut celui dont la domination s'étendit le plus, et dépassa tous ses prédécesseurs en activité, en courage, en énergie, en cruauté, comme si l'Assyrie, se sentant près de sa ruine, avait voulu réunir en un seul

1. G. Smith, History of Àssurbanipal, p. 205-255, 300-307; Menant, Annales, 264-270; G. RawUnson, The fixe great Monarchies, t. £1, p. 206-209; Fr. Lenormant, Histoire, t. FI, p. 118-122.

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LES SARÛONIBfiS. 439

hràiise tontes^ ie» qtniiitfe qui ayaient fait sa grandeur et UtoM les dé&uts qui oÀt souillô sa gloire.

VASm AU TEMPS JDCS SAEGONIOfiA.

Les Sémites occidentaux; la Phénicie; la Judée. —> La Médie et les migrations iraniennes. — La religion iranienne Zoroastre; les nages.'

' Xi^ «énaCéH o0oM4BBteû| l« vhéAtclei in #«dée.

Lee Sargoiddès avaient fondé sur les débris des royau* tés partielles un grand empire sémite. Âraméens, Juifs ,. Pliéniciens, le» gens de l'Assyrie et de la Ghaldée, même les Arabes y tout ce qui parlait un dialecte sémitique entre Fisûime de Suez et l'embouchure de l'Suphrate, re^ connaissait un même chef et faisait pour la première fois partie d'une même domination. Les peuples conquérants d'autrefois, Egyptiens, Ëlamites, Touraniens de Médie ou de Qialdée, avaient succombé tour à tour sans espoir de se rdeyer jamais. Mais le triomphe de la race sémitique sur ces vieilles races civilisées de l'ancien monde avait été chèrement acheté. Nous avons vu quel avait été le sort de Babylone et des Sémites orientaux pendant les dernières guerres; les Sémites occidentaux avaient souffert encore plus de la conquête que leurs cousins de Mésopotamie et de Ghaldée. La Syrie, jadis si riche et si peuplée, était en pMne décadence : Kadesh n'existait plus que dans le souvenir des scribes égyptiens; Karkémish, Damas, Hamath. perdaient chaque jour de leur importance politique ou comloçierciale. L'Aram, écrasé par dix siècles de lutte, était à la merci du premier ennemi venu; Moab, Ammon, les Philistins, étaient plus qu'à moitié ruinés; Israël avait

44a> . CHAPITRE XI.

disparu : seuls Les Phéniciens et les Juifs coufi^rfilfilt encore quelque apparence de prospérité et de ^e. .1

L'histoire intérieure des Phéniciens, depuis le tempa d'tthobaal !•' jusqu'à ravénement d'Assour-ban-hahal, peut se résumer en quelques mots. Tyr, avait succédé à Sidoti dans l'hégémonie de la nation ; elle était à la tête d'une confédération composée des différentes cités sidoniennes, à l'exception de celle d'Ârad, qui continuait de mener une vie indépendante; Buds les membres de cette confédérartion, toujours jaloux de la suprématie de Tyr, cherchaient à s'y soustraire et ne négligeaient aucune occasion de marquer leur hostilité. Les désordres de la nation ne faisaient que rappeler en grand les discordes de la ville elle-même, où l'aristocratie d'origine sidonienne était sans cesse en. lutte ouverte avec la dasse populaire. Pendant son long règne , Ithobaal avait réussi à maintenir la paix enire les partis; mais bientôt après sa mort les mêmes accidents qui avaient suivi la mort d'Hirom P' se produisirent avec plus de force et des suites plus désastreuses. Baletsor, son fils, ne régna que huit ans; il eut pou;r héritier un enfant de huit ans, Mutton, dont la jeunesse favorisa l'ambition des chefs de la faction populaire. Mutton lui-même ne laissa pour lui succéder qu'une fille, ËUssar, mariée à son oncle Sicharbal, grand prêtre de Melkarth, et un enfant en bas âge du nom de Pygma<^ lion*. Sicharbal, frère de roi, et en sa qualité de grand prêtre le premier dans l'État après le roi, avait été désigné par Mutton pour être régent pendant le temps de la mino^ rite. Il fut renversé par le parti populaire et, quelques an^

1. Tous ces noms ont été altérés plus ou moins par les écrivains grecs et latins qui nous les ont conservés. BaXÉl^copo; est Baahaxor (SchrOder, Phcenimche Sprache, page 198) ; Mutton s'appelait tHD, comme le grand p^e de Baal à Jérusalem au temps d'Athaliah (Voy. p. 363 de cette hx^lbire). La variante 'ËXCava est pour '£Xéaa«p, comme 'AixiXxa; est pour ^{iCXxap, et Sicharbas pour Sich^rbçii (Movers, die Phœnizier, t. II, 2*" Theil, p. 353, note 64; 355, note 67 ; 362, note 91). VÀcerhas de Justin est pour [S]aeerhaS'Sichaa'-^ bas.

L'ASIE AU TiaSiPS DES SARGONIDES. 441

né68 «ppèft, assassiné piur son neveu. OËlisaar vonlut venger sonmari et ourdit une conspiration où l'aristocratie entra W& entière. Découverte, elle s'empara par surprise d^une flotte qui se trouvait alors dans le port prête à mettre à la voile , y embarqua ses partisans et se dirigea vers TAfricpw. Elle débarqua dans la Zeiigitane, à Fendroit où les Sidoniens avaient fondé plusieurs siècles auparavant la viUe de Kambê, acheta du terrain au roi des LibyrPhéni*- ' ci«i« et fonda sur les ruines de l'ancienne ville une ville nouvelle ) Kiriath-^Hadeshât^, dont les Grecs ont fait Karkhèdôn et les Romains Garthage '.

La fondation de Gartkage fut pour Tyr ce que l'émigration de l'aristocratie sidonienne à Tyr avait été pour Sidon : le. commencement de la décadence. Déjà sous Ithobaal I" les Assyriens avaient fait leur apparition en Phénicie; Assour-nazir-habal avait franchi le Liban et poussé jusqu'à la mer*. Les Tyriens suivirent à son égard la même politique que les Sidoniens avaient pratiquée à l'égard des Égyptiens; ils calculèrent qu'il serait plus profitable de se soumettre sans lutte que de résister à chances inégales et achetèrent la paix. La Phénicie du Nord, Arad et Simyra, ne voulut pas suivre cet exemple et s'attira de rudes leçons : Arad s'allia aux rois de Damas contre Salmanasar, fut battue et pillée à plusieurs reprises. Quand, après le règne de Samsi-Bin, le pouvoir des Assyriens commença de décliner, Tyr cessa de reconnaître leur suzeraineté et fit l'économie du tribut qu'elle leur avait payé pendant un demi-siècle; mais cinquante ans plus tard, sur un ordre de Touklat-habal-asar II, elle se hâta de reprendre sa chaîne, et son roi, Hirom II, vint, en 742 , à Arpad apporter au vainqueur la rançon de ses suîets*. Dans l'intervalle, Sidon s'était emparée d'Arad, Tavait colonisée (vers 751)*; l'autorité de Tyr sur la Phénicie avait décliné et Sidon avait repris l'ascen-

1. Prononcé probablement Kart-HadshâU — 2. Movers, Die Phoenisier, t. Il, %*•' Theil, p. 350-371. — 3. iVoir p. 347-348. — 4. Voir p. S69. — 5. Movers, Die Fhœm^iier, t. II, !»•' Theil, p. 368-370.

443 ' . CHAPITRB XI.

dftnt. La défidle de Mtxtton 11^, sucoesBeurd'Hirom,^! youlut profiter da rallianee de Retsin pour recouvreu s^b indépendance y devint le signal d'une révolte dan» XiAe de Chypre. Elonli ^ réussit à Tétouffer; mais quand^ k Texemple de son prédéeessenr, il entra en lutte contée TAssyriey toutes les autres villes de Phénide l'abandodir»nèrent et mirent leurs vaisseaux à la disposition deSai^ manasar Y. Êlouli aLandonna la Tyr continentale et s'en-^ ferma dans la ville maritime, d'où il défia les efforts de ses adversaires* lia flotte phénicienne, montée par desAss^»* riens,' fut battue, le siège changé en blocus*, mais ni Sil^ manasar ni Safyoukin ne réussirent à triompher; en 715, Saryoukin leva le siège après dix ans d'une guerre sans résultat* Il se vengea de son échec, en 708, par la:can*f quête de Chypre *, et son fils Sin*aMiè*irib finit par avois raison de Torgueilleuse cité. Il la prit en 700 et remplaça le vieil Êlouli par Ithobaal II, qui se reconnut son tribÊp^ taire '. Cette défaite porta le dernier coup à la puissance continentale de Tyr. Sidon redevint la métropole de la confédération, mais pour quelques années seulement. Vers 680, son roi Abdimilkout s'insurgea contre Assourakhè-idin, sans succès, comme toujours. Le vainqueur rasa les murailles de Sidon et transporta une partie de bk population en Assyrie''; Tyr recouvra un semblant de.su-iprématie, que son roi Baal compromit de nouveau vers 666 en s'alliant à TÉthiopien Ourdamani contre Assour-banhabal. Assour-ban-habal eut bien vite raison de ces velléi»tés d'indépendance; Baal implora et obtint son pardon; la roi d'Arad, qui résista, succomba à la peine et fut déposé '. La Phénicie, épuisée d'hommes, ne bougea plus jusqu'à la chute de Ninive •.

1. Il est appelé Mitenna par les teites assyriens. — 2. *£XouXaiocde Ménandre, louliya des teites cunéiformes. — 3. Voir p. 391. — 4. Voir p. 401. — 5. Voir p. 405. Le fragment de Ménandre attribue à Eloulspos trente-six ans de règne. Les monuments assyriens ne placent entre la mention de Mitenna vers 730 et la prise de Tyr en 700 que trente ans. II est donc probable qu'il faut corriger en vingt-six le chiffre trentê-six de Ménandre. — 6. Voir p. 423 — 7,^ Voir p, 430. — ». Fr. Lenormant,

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