Jésalahy xxxjv
^8 C&APITRBXI.
toutes les nations, les fortes aussi bien que les faibW seront accompli&i, quand, dans Juda, le criminel et k ji^, cheur, le serviteur dçs idoles et le faux prophète, auron disparu, « quand le Seigneur auta lavé la souillure des filles de Sion, et qu'il aura essuyé le sang de Jérusalem d'au milieu d'elle *, » des ruines de la Jérusalem coupable sortira une Jérusalem parfaite, gouTernée par un roi idéal, dont là gloire se répandra partout. « Or il arriTerâ, aux derniers jours, que la montagne de la maison de Jahveb sera affermie aux sommets dès montagnes, çt qu'elle sera élevée par-dessus les coteaux, et toutes les nations y aborderont. Et plusieurs peuples iront et diront : Venez, et montons à la montagne de Jahveh, à la maison du Dieu de Jacob; et il nous instruira de ses voies, et nous marcherons dans ses sentiers : car la loi sortira île Sion, et la parole de Jahveh sortira de Jérusalem. II exejcera le jugement parmi les nations, et il reprendia
Elusieurs peuples; ils forgeront de leurs épées des oyaux, et de leurs hallebardes des serpes; une nation ne lèvera plus Tépée contre l'autre, et ils ne s'adonneront
S lus à la guerre. Venez, A maison de Jacob l et marchons ans la lumière de Jahveh. Certes, tu as rejeté son peuple, la maison de Jacob, parce qu'ils se sont remplis d'Orient , et de pronostiqueurs , comme les Philistins, et qu'ils 'se sont plu aux enfants des étrangers. Son pays a été rempli d'argent et d'or, et il n'y a point eu de fin à ses trésors ; son pays a été rempli de chevaux, et il n'y a point eu de fin à ses chariots. Son
f)ays a été rempli d'idoles ; ils se sont prosternés devant 'ouvrage de leurs mains, devant ce que leurs doigts ont fait. Et ceux du commun se sont inclinés, et les personnes de qualité se sont baissées : ne leur pardonne donc point. Entre dans la roche et te cache dans la poudre, à cause de la frayeur de Jahveh, et à cause de la gloire de sa majesté. Les yeux hautains des hommes seront abaissés, et les hommes qui s'élèvent seront humiliés, et Jahveh
UJé8aiah,u,k*
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sén seul haut élevé, en ce jour-là. Car il y a un jour assigné par le Dieu des armées, contre tout orgueilleux et hautain ei contre tout homme qvi s'élèYc, il sera abaissé *. 3»
Les prévisions du prophète ne tardèrent pas à s'accompHr.' XiOrsque Manashéh remplaça son père sur le trône, à Fige de douze ans, le parti païen, tenu à l'écart pendant toute la durée du règne précédent, recommença de s'agiter, et réussit bientôt à faire tomber le nouveau roi dans les errements de son grand-père, Akhaz. Il rétablit les images et releva les bois sacrés, « bâtit des autels à toute l'armée des cieux dans les deux parvis de la maison de l'Etemel *. » Le Baal et TÂstarté phénicienne furent adorés sur la montagne de Sion; la vallée de Einnom, où Âkhaz avait déjà sacrifié un de ses enfants, titde nouveau s'allumer le bûcher de Moloch. <c Manashéh fit passer son fils par les flammes; il pronostiqua léh. temps et observa les augures, dressa un oracle de démons et de diseurs de bonne aventure ; il faisait de plus -en plus ce qui déplaît à Jahveh pour l'irriter *. » La plus grande partie de la nation suivit l'exemple du roi et revint à l'idolâtrie. Beaucoup parmi les prophètes commencèrent à deviner par le moyen des rêves ou à prophétiser au nom de Baal. Beaucoup parmi les prêtres renièrent Jahveh et adorèrent les dieux de pierre et de bois. n y eut autant de dieux qu'il y avait de villes dans le pays*. Les fidèles de l'ancienne religion furent dépouillés de leurs biens et mis à mort, malgré les malédictions des prophètes. <K Manashéh répandit une grande abondance de sang innocent jusques à en remplir Jérusalem d'un bout à l'autre ''. >^ D'après les traductions rabbiniques, le vieux Jesaïah périt dans cette persécution : le roi, importuné de ses conseils et de ses anathèmes, le fit enfermer dans un troïic d'arbre évidé, et scier en deux. Un roi pareil n'était guère à craindre pour l'Assyrie : il en resta l'humble vassal sa vie
l.Jisaiah, n, M2. - 2. lY JRow, xxi, 1-6. — 3. Jér., n, 8, 20, 26-30. "— 5. II iloif, xn, 16.
durant, et obtint par là de mourir en paix sur l^ trône * (640).
Le règne d'Àmmon ne fut que le prolongement du règne de Manashéh r il se termina par une tragédie. Ammon fut assassiné (840) et remplacé par Joshiah, un enfant de huit ans. Le parti sacerdotal s'empara de l'éducation de ce prince et gouverna sous son nom. Non-seulement les cultes étrangers furent proscrits de nouveau, mais sous l'influence du grand prêtre Hilkiah une révolution religieuse se prépara dont l'influence fut décisive sur les destinéeis du peuple. Les Juifs possédaient un grand nombre de livres* historiques, dont nous n'avons plus que des fragments. Le? plus vieux de ces documents, ceux du moins qui se rap-
Sortaient aux époques les plus anciennes, dérivaient de eux sources différentes : dans les uns Dieu s'appelait Elohim, et Jahveh dans l'autre. Après avoir subi à plusieurs reprises des refontes portant sur des détails de 0tyle et d'arrangement, ils reçurent, vers le milieu du* huitième siècle avant notre ère, une forme à peu près définitive. Le recueil qui fut divisé plus tard en quatre livres : la Genèse, l'Exode, le Lévitique et les Nombres, contient des récits traditionnels sur l'origine du monde et sur rhistoire du peuple hébreu jusqu'à la descente en Egypte, sur la sortie d'Egypte et les courses des Hébreux dans le désert, sur la prétendue législation mosaïque et sur la vie de Moïse. Le tout forme une compilation dont les parties mal soudées entre elles sont assez faciles à reconnaître. Quels que soient le nombre et la nature des remaniements successifs auxquels elle a été soumise, on ne saurait douter qu'elle n'ait été faite par un rédacteur ^é/iovisfe, c'est-à-dire employant dans sa narration le nom de Jahveh. Jusqu'au temps d'Hizkiah les lois et les prescriptions qu'elle renfermait avaient suffi à diriger le peuple : l'apparition des écrits prophétiques et surtout la crainte qui s'était em-
1. Je n'ai pas cru devoir parler de sa captivité en Assyrie^ cet évé^ nement ne nous étant connu q^ue par le témoignage pilus que suspect des Chroniques (II Chron.y zzxiii^ 11 13).
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parée des esprits depuis la chute de Samarie les firent trouyer insuffisantes. On crut qu'elles ne défendaient plus as* sez la pureté de la foi, qu'elles ne proscrivaient pas assiBz sévèrement l'idolâtrie et les alliances avec l'étranger. De nouveaux prophètes apparurent qui renchérissaient encore sur les menaces de Jésaïah, et Jérémiah commença sa carrière.
Dans la dix-huitième année du roi Joshiah (622), le grand prêtre EUlkiah et le scribe Shaphan aononcèreut qu'ils avaient trouvé dans le temple le «Livre de la Loi^ ». On sait quel sens les Orientaux attachaient à cette formule : elle marquait simplement que l'auteur, pour donner plus d'autorité à son écrit, le plaçait sous la protection 4ivine ou lui attribuait une origine surnaturelle. Les prêtres égyptiens prétendaient avoir trouvé au pied de la statue des dieux les chapitres les plus vénérés de leur Livre des morts et les. traités les plus importants de leur littérature scientifique. Lorsqu'on lut au roi le nouvel écrit, il fut rempli d'épouvante et déchira ses vêtements. L'écrivain inconnu supposait que Moïse, arrivé au terme de sa carrière, avait voulu exhorter le peuple à respecter la loi. H énumérait les commandements, les complétait de nouvelles prescriptions et surtout menaçait de châtiments terribles la moindre infidélité. Joshiah revenu de sa terreur convoqua les anciens et se rendit avec eux au temple, où les prophètes, les prêtres et les gens du peuple accoururent en foule. Il fît lire devant cette assemblée le nouveau « Livre de l'alliance », la seconde loi (Deutéronome), et commença une réforme corn* plètedu culte. Les dieux étrangers qui étaient adorés dans le temple à côté de Jahveh furent détruits, les hauts-lieux de Salomon et de ses successeurs souillés à loisir. Quand tout fut purifié et que les prêtres des Baalim eurent été I égorgés sur leurs propres autels, Joshiah ordonna de célébrer la Pâque « on la manière qu'il est prescrit au Livre de cette alliance. — Et certes jamais Pâque ne fut célébrée, Ai au temps des juges qui avaient jugé en Israël, ni au