II Rois, xxii
temps des rois dlsraêl et des rois de Juda, — comme cette Pâque qui fut célébrée en Thonnear de Jahveh, dans Jèmgalem, la dix*huitième année du roi Joshiah^»
Les Juifs pouvaient réformer leur culte et se préparer par la pénitence au rôle qui leur était réservé dans le déyeloppement religieux de l'humanité; leur rôle politique touchait à sa fin. Impuissants comme les Âraméens, comme les habitants de la Phénicie, ils ne devaient être d'aucun secours aux Sémites dans la lutte contre les races aryennes de la Médie.
lA Hé41e eé Im mlffratloBS IrMaennoi.
Les contrées à Test de TÂssyrie se divisent assez naturellement en deux régions : une région de montagnes qqi sépare le bassin du Tigre de celui de la Caspienne, et une région de plaines qui s'en va au sud vers l'océan Indien, à l'est vers l'Helmend. La partie montagneuse s'appuie contre une sorte de massif à peu près triangulaire, élevé sur les côtés, déprimé au centre : les eaux accumulées au fond de la dépression y ont formé un grand lac sans issue*, allongé du N.-N.-O. au S.-S.-B., situé comme la mer Morte bien au-dessous du niveau de l'Océan et tellçment saturé de sel que nul poisson n'y peut vivre. L'Ébourz se détache de ce massif à Test, et, après avoir côtoyé ta rive méridionale de la Caspienne, va rejoindre au loin rindou-Koush : un de ses sommets, le Démavend, s'élève en pyramide à près de vingt mille pieds dans les airs et passe pour être la plus haute montagne de cette région'. Sur le côté opposé courent cinq à six rangées parallèles, connues des géographes grecs et romains sous le nom de ELhoatras et de Zagros. Elles sont dirigées en général du N.-N.-O. au S.-S.-E. et forment une contrée entrecoupée de torrents et de ravins profonds, de sommets presque inac-
1. II Boû, zxzii-xzxm ; Il Chron., zxxiv-zzxv. ^ 2. Aujourd'hui le lac d'Ouroumiyèh. — 3. L'Ararat n'atteint que 17000 pieds, et le plus haut pic du Caucase n'en dépasse pas 18 000.
LES SARGONIDES. 453
cessibles et de vallées fertiles qui débouchent sur l'Assyrie ou rÉlam et portent leurs eaux dans le Tigre. Derrière ces lignes naturelles, comme derrière les murs d'un vaste camp retranché, s'étend un immense plateau légèrement ondulé dont la lisière, bien arrosée par de nombreux cours d'eau^ peut nourrir une population nombreuse ; à mesure qu'on s'éloigne de la lisière pour s'enfoncer dans l'intérieur du plateau, les rivières se perdent et le désert apparaît. Tout C€ pays, sans approcher de l'Egypte et de la Cihaldée, abondait en ressources. Les montagnes renferment du cuivre, du fer, du plomb, de l'or et de l'argent en petite quantité, plusieurs espèces de marbre*, des pierres précieuses et surtout un lapis-lazuli fort estimé des anciens?. Nues par endroits, elles sont le plus souvent revêtues d'épaisses forêts ofile pin, lexhêne, le peuplier, s'étagent au-dessus du plane oriental, du noisetier et du saule. Les vallées du Zagros et de rOuroumiyèh sont de véritables vergers : elles produisent la poire, la pomme, le coing, la cerise, l'olive, la pèche, qui paraît être indigène. Sur le plateau, les arbres ne croissent qu'en petit nombre au voisinage des rivières et des étangs; mais les parties où l'eau ne manque pas sont fécondes en céréales et en légumes excellents. On y trouvait, à côté de bêtes féroces appartenant aux espèces les plus redoutables, le lion, le tigre, le léopard', l'ours, une foule d'animaux domestiques ou susceptibles de le devenir,* Fane sauvage, le buffle, la chèvre, le chien, le dromadaire et le chameau à deux bosses, alors presque inconnu en Assyrie et en Egypte, même plusieurs races de chevaux, dont une, îa niséenne, était renommée pour sa force, sa taille et son agilité*.
Les races qui ont peuplé l'ancien monde avaient de tout temps parcouru ces contrées. Les bandes Koushites et sémites traversèrent le plateau du nord au sud, de l'est à Touest, mais sans s'y arrêter. Une première invasion
1. Entre autres le marbre de Tebriz. — ?. On ne trouve plus aujourd'hui de lapis-lazuli dans ces contrées. — 3. Le lion, le tigre et le léoîçard ont presque disparu aujourd'hui. — 4. G. Rawlinson, The fivi greaî Monarchies, t. 11^ p. 251-305.
45^' . CHAPITRE XK
aryenne y laissa plusietirs peuplades écheloiméet» ea* tre la Bactriane et l'Asie Mineure^. La plus importai^teE, celle des Mata ou Matiani, avait comine jaloimé de ses établissements la route suivie par. les émigrants. Quelr* ques-unes des famillei^ qui la composaient étaient restées en Sogdiane*; le gros de la nation s'était fixé au sud du ItLC d'Ouroumiyèh, dans ce qui fut plus tard la Médie Âtro^ patène*;, une tribu, emportée par l'esprit d'avMUure, avait poussé de là jusque sur les bords de l'Halys \ Les TouranieM avaient trouvé le pays à leur convenance etl'avaient ocoup4 dans toute son étendue. Ils le défendirent longtemps avec succès contre les attaques des Aryens au nord et des Sémites à l'ouest. Les grands rois de la dix-huitième dynas-r tie n'arrivèrent pas jusqu'à eux; les premiers conque* rants assyriens, Touklat-Adar et Touklat-habalrasar I*'^ n'essayèrent pas de franchir la barrière que les chaînes du Khoatras et du Zagros opposaient à leur ambition. Ils en*tamèrent à peine quelques tribus descendues des sionta^ gnes dans les plaines arrosées par le Tigre. Ge fut au neuvième siècle seulement, à partir de Touklat-Adar II et d'Assour-nasdrwhabal, que les Assyriens commencèrent à gagner du terrain sur les nations de l'Est.
Sauf les Mata, Assour-nazir-habal ne trouva devant lui que des populations touraniennes. C'étaient en première ligne, et à commencer par le sud, le Kharkhar et le Namri r le Eharkhar sur le haut Gyndès et le haut Khoaspès, le Mamn, séparé de l'Assyrie par le Zab inférieur, tous deux à cheval sur le Zagros et étendus au loin vers l'est, mais la partie occidentale de leur territoire habitée en partie au moins par des populations d'origine koushite. Au nord du Namri et par delà le Zab supérieur commençait le pays tle Khoubouskia, qui courait le long du mont Khoatras, depuis la passe de Rowandiz jusqu'aux environs du lac de
1. G. Rawlinson, 7^ fivê gretU Uonarehiesy t. II, p. 371-376; Herodotus, t. I^ p. 546. — 2. Fr. Lenormant, Lettres assyrioîogiques^ l** se» Tie, t. I, p. 24. — 3. Pline, H. N., iV, 16. — 4. Hérodote, I, 72. — 5. Thotmès III et Amenhotep II ne paraissent pas avoir de beaucoup dépassé Ninive.
LES SAR60NIDES. ^1^
Vaa. Placés en contaet immédia*t avec TAssyrie, les peu-^ pies de «es régions ne furent pas épargnés ; ils n'en rér ttstèrentpas moins avec obstination et se firent détruire à nioitié plutôt que de se soumettre. Derrière eux Assoursanr-habal et Salmanasar lY rencoi^rèrent, dans le bassin d'Ouroumyièh, les Mata, qpi touchaient au Ehoubouskia^ puis le Madakhir, sur les rives septentrionales, et le Kbarrou, sur les rives orientales du lac. Au delà du Kharrou, mais tirant vers le sud, le Mesa ; enfin, séparés du Mesa par « trois pics qui se perdent dans les nues et dont nul oiseau n'atteindrait le sommet dans son vol », lé pays de Giratbounda et ses cinq cents villes ^ Au sud de ces régions commençaient le pays d'Arazias ', qui confi'itàit à la fois au Kharkbar et au Namri, et par delà TArar nas, le peuple de Barsou ou Parsou, qui dominait alors depuis le grand désert jusqu'à la Caspienne*. Salma^ nasar III écrasa toutes ceis tribus, comme son père avait fait avant lui. En 842, pendant sa quatrième campagne, Tardeur de la poursuite l'entraîna plus loin que le Parsou^ (kns des régions où nul prince assyrien n'avait pénétré avant lui. II y rencontra un peuple nouveau, les Amada! ou Madai, qu'il battit et soumit au tribut.
Les Mèdes appartenaient à la race indo-européenne et formaient avec les Perses le gros de la famille iranienne. Ils portaient le nom générique d'Aryas *, et remontaient par le souvenir jusqu'aux âges où ils vivaient dans l'Airyanem^Vâedjô ', aux abords du plateau de Pamir. Un de leurs livres sacrés raconte qu'avant de venir se fixer sur le sol de l'Iran ils avaient longtemps couru le monde et habité des terres diverses qu'Ahoura-Mazdâ, le. dieu bien* faisant, créait pour eux, mais d'où les manœuvres du mauvais principe, Angro-Mainyous, finissaient toujours par les chasser*. Forcés nar le froid de quitter rAiryanem-
1. Les Cadusii des auteurs antiques, aujourd'hui le Gbilàu et le liatanderân. — 3. La Médie propre. — 3. Fr. Lenormaut, Lettres Ofsyriologiques^ V^ série, t. I, p. 23-26. —4. Hérodote, VU, 62 : 01 de MnSoi iauûéo^w %aXal Kçbç ndcvtttv 'Aptai. — 5. « .J)emeure des Aryens. » — 6. Vendidad-Sad^, P' Fargard Ce texte géographique a été rohjel de
Yaêdj^y ils «e répandirent sur la Çoughdhft* et la f»t<mfi^ de-Môurou*. Les guerres civiles et. les incursions des M^ madés voisins les contraignirent de s'exiler encore uâe fois. Ils remontèrent vers Test, dans Bâkhdhî, « te pays des hautes ba^pières*, » puis vers le sud -est/' dans la contrée de Niçâya, ce qui est entre BâkhdM et Môurou*. » Juscp'alors ils étaient restés enfermés dans le bassin de TOxus : la crainte des tribus touraniennés les avait retenus d'escalader les pentes de l'Hindou-Koush et d'aborder le plateau qui s'étend de la Caspienne à l'océan Indien. Au sortir du Niçaya, ils y pénétrèrent par l'Harôyou' et descendirent sur le Yâekereta-Douhzaka', où île se séparèrent en plusieurs corps de nation^. Les uns traver** sèrent rHaraqaïti', rHaêtoumat', et débouchèrent danl» la vallée de Tlndus, Heptahendou *• ; ils y rejoignirent les tribus d'origine aryenne qui s'y trouvaient déjà et se fcm* diront dans leur masse. Les autres poussèrent vers le sud-^uest et ne s'arrêtèrent qu'à la Umite orientale de l'Ëlam^ dans un canton montagneux qu'ils appelèrent Parçâ— la Perse. Les Mèdes, au lieu de s'enfoncer dans le désert qui sépare le bassin de l'Helmend du mont Za«gros, s'élevèrent lentement vers le nord-ouest, à travers
nombreux travaux. Cfr. Hhode^ Die H'eilige Sage des Zendeolhs, p. 61 sqq. ; Lassen, Indische AUerthumskundef t. I, p. 526 sqq. ; Kiepert, dans les Monalsh, d, BerL Akad,, 1856; Spiegel, Avesta, U I, p. 59-67, et Commentar, t. I, p. M8; Haug, The First chapter ofthe Vendidad, dans Bunsen, Egypfs place, t. III; Fr Lenormant, Lettres assyriologiques, l'* série, t. I, p. 29-34. Les données géographiques sont acceptées en général comme étant d*une exactitude rigoureuse ; voir pourtant M. Bréal. — 1. La Sogdiane des auteurs classiques. — 2. La Margiane, le Margous des inscriptions achéménides ; aujourd'hui le canton de Merv. — 3. C'est-à-dire « le siège delà royauté.» ' Bàkbdhi est la Bakhtris des textes perses, la Bactriane. — 4. La Niffaia de Strabon et de Ptolémée (VI, 10, 4) — 5. Haraiva des Perses, Aria ou Ariana des auteurs classiques. — 6. D'après Lassen et Haug, le Seîstan actuel, où se trouve la ville ruinée de Doushak (Djellabad), sur la rive orientale du lac Hamoun, au sud des embouchures de l'Helmend. — 7. Le Vendidad-Sadé n'indique en cet endroit que deux directions : vers la Médie et vers l'Inde. — 8. iirafcou«oti des Assyriens; Arachosia iles géographes grecs. — 9. Position incertaine. — 10. Le Pendjab SiCtuel.
LES SÂRGONmES. 457
rOurrâ", le Khnenta Velirkaiiâ*, puis iaclinèrent vers le suditet s'établirent à Torient des Parsouas, dans les contrées de Hhagâ* et de Tchakhrâ*, où Salmanasar lY dut les rencontrer en 841;
Les Perses ne paraissent pas avoir j^encontré beaucoup de résistimce : les peuplades koushites et touraniennes asaeç clairsemées qui habitaient entre l'ÉIam et la Carmanie ne tinrent pas deyant eux^. Les Mèdes durent conquérir pied à pied le sol de leur nouvelle patrie. L'histoire a perdu le détail de leurs premières luttes contre les TourmieaSy mais les traditions persanes ont conservé jusqu'au moyen âge le récit des ex|Tloits fabuleux qui les signalèrent, et les noms des héros légendaires qui y furent engagés» A partir du neuvième siècle avant notre ère, les indications des monuments assyriens nous permettent d'entrevoir les progrès de la conquête aryenne vers l'occidenl.En 831, Salmanasar lY trouvait encore le pays dans l'état que nous avons décrit plus haut. Presque aussitôt apièa «a retraite, les Mèdes. se mirent en mouvement dans la direction du Zagros. Les Parsouas, acculés à l'Assyrie vers l'ouest, au désert vers le sud, n'eurent d'autre ressource que de se réfugier dans les cantons montagneux qui formèrent plus tard la province de Parthyène. En moins de vingt ans les Aryens franchirent l'espace qui les séparait de la frontière assyrienne : ils s'emparèrent du pays de Yarena* et du pays d'IUipi ^ Les campagnes de
1. Ni Lassen ni Spiegel n'ont proposé d'identification précise pour ce nom. M. Haug place l'Ourvà dans le Kaboulistan, sur la route de Tlnde; M. Meineke dans la partie orientale de la Parthyène. M. Fr. Lenormant le rapproche du pays nommé Ourivân dans les monuments assyriens, VApauarctisene d'Isidore, $ 13, VApavortene de Pline, VI, 18. — 2. Le Varkdna des inscriptions perses, THyrcanie des Grecs et des Romains, aujourd'hui le Djourdjan. — Z. Sauf, je crois, M. Kiepert, tous les commentateurs sont d'accord pour voir dans Rhagâ, Rhagœ, « la plus grande ville de Médie, » au dire d'Isidore, § 7. — 4. Karkh, à l'extrémité nordouest du Khorassan, d'après M. Haug. — 5. Fr. Lenormant, Histoire ancienne, t. II, p. 331-332. — 6. Le quatorzième séjour des Iraniens, d'après le Yendidad ; peut-être la Khorênê de Strabon (1. XI), la Khoartn^ d'Isidore, § 8, la C/wara de Pline, VI, 17. — 7. D'après M. Oppert VlUipi ou lUibi serait l'Albanie. M. Fr. Lenormant {heures assyriolo-
45a CHAPITÏtB XI.
Samei-Bin III (820-816) les forcèrent de sWrèter Wn jn<ijEaent; mais durant les règnes qui suivirent^ kd6ea4M«e fUipmentanée de l'Assyrie favorisa leurs entreprises .et Jwir laissa toute liberté de s'affermir dans leixr conquête. Qa«»ly p^us d'un demi-sièele après Bin-nirari, Touklat-liabal*asar II ramena les arméed assyriennes vers l'est, la Médte s'étendait déjà du Zagros au désert et des frontières acpjtentrionales de TÉlam aux bords de la Caspienne*.. Des nations qui avaient jadis possédé ce vaste territoire^ dles unes avaient été ou dispersées ou réduites en.serva^; d'autres avaient émigré, comme les Parsouas ; quekimsunes maintenaient à grand' peine un reste d'indépendance. Le Kharkhar et le Nanlri avaient perdu toute la partie de leurs domaines qui était située sur le plateau. Les Âryenf^ avaient partout l'avantage sur les peuples de Tourân *.
Quelques siècles après ces événements, au temps où les Grecs connurent les Iraniens, les légendes populaires et les convenances pplitiques avaient déjà altéré l'histoire de la conquête. Les Perses, successeurs des Mèdes dans l'empire d'Asie, ne pouvaient admettre qu'un peuple de leur race eût été si récemment encore l'humble vassal de l'Assyrie. Ils composèrent pour cette époque une sorte de roman glorieux, dont Gtéâias de Gnide recueillit et consigna dans ses livres les principales dispositions. Vers 788, quand Bin-nirari m venait à peine de vaincre les premières tribus aryennes de la Médie, Gtésias place la révolte d'Arbakès, la prise deNinive, et la fondation d'un grand empire mède qui se prolongea sans interruption jusqu'à Kyros. Les noms de ces prétendus rois manquaient ainsi que les années de leur règne; il créa de toutes
Sièces une dynastie ^ Les monuments assyriens nous ont onné la preuve de cette fraude. Lorsque Touklat-habal-
0%qu€8, V sé^ie, 1. 1, p. 38-41) a montré que c'était la Médie supérieure. — 1. M. Haug pense que les mots qui servent à désigner au Vendidad la seizième station des Iraniens signifient « sur lot bords de îa mer. > Ce ne peut être en ce cas que le littoral de là mer Caspienne dana le Tabaristàn. — 2. Fr. Lenormant, lettres assyriennes, l** série, ti I, p. 26-41. —-3. Volney a découvert la méthode dont Gtéaia» s'est eenri
LES SARGONIDBS. 4&9f
asar II envahit la Médie, dans hs années qui corresp<»MkQt au règne du prétendu Mandaukas, le pays était réparti entre un grand nombre de chefs indépendants qui exerçaient Tautarité chacun sur son canton ou sur sa ville, et ne relevaient d^aucun pouvoir supérieur. Il se borna à oonduire vers l'Inde quelques expéditions lointaines, et I &ire sur le plateau de l'Iran quelques razzias productives Vingt ans plus tard, Saryoukin entreprit sérieusement la conquête du pays. Il l'envahit vers 7 là, à la tète d'une nombreuse armée, s'empara de la plupart des villes et les^ smnexa à l'Assyrie, construisit sur plusieurs points impor-
peur fabriquer sa dynastie. Plaçant la liste qu*il donne des rois mède» à côté de celle que fournit Hérodote :
Interrègne.. » Arbakès •••• 2S
. Déîokès 53 Mandaukas 50
Sosarmos 30
Artykas 50
Phraortès 22 Arbianès... 22
Artœos 4
Artynès 22
Kyaxarès 40 Astybaras 40
on voit que, tout en changeant les noms d*Hérodote, Ctésias répète ses nombres deux à deux :
! Arbianès. ..22 Artœos 40) Artynès .... 22 [Kyaxarès 40
Astybaras .. 40)
A la place des quatre premiers rois, Hérodote indiquait Déîokès et an interrègne de longueur indéterminée. Ctésias prit pour les cin^ quinte^trois ans de Oélokès le nombre rond de cinquante ans, et substitua à l'interrègne un règne qu'il évalua à la durée moyenne d'une génération humaine. Il appliqua à ce nouveau couple royal le procéda de reproduction dont il s'était servi pour le couple précédent :
Arbakès.... 28)
! Mandaukas . 50 [interrègne • . • »
Sosarmos... 30) Artykas .... 50
La substitution de vingt-huit pour trente au règne d'Arbakès n'est là <]pfe pour donner à tout le catalogue un air de vraisemblance. (Cf. Yoiney, Recherches iur Vhittoire ancienne, 1. 1, p. 144 sqq. ; 6. Raw- ]i!immf Berodotus,%. î, p. 329-330).
tan ta des forteresses destinées à mainteair ses noaveau^ sujets dans Tobéissance. Fidèle aux traditions de la politique assyrienne, il transporta des Mèdes dans les .provinces occidentales de son empire, à Hamath, dans laCœl^- Syrie, et sema la Médie de colonies syriennes :.une partie des Juifs de Samarie fut établie de la sorte au milieu 4es peuples aryens ■« Gomme tribut enfin, il. exigea chaque année l'envoi d'un certain nombre d'étalons niséens. Sa domination comprenait toute la province de Médie, depuis le pays de Bikni, à Test^, jusqu'au canton de Karalla^ aux confins de l'Atropatêne*. Il régnait en souverain sur tous les chefs de cette région, sur celui d'AUabria* et sur celui d'EUibi, sur les princes d'Agazi*, d'Ouriakkou •, d'Ambanda% de Zikartou^, et sur vingt autres dont nous ne savons où placer les domaines'. Sin-akhè-irib n'eut pas de peine à conserver la suzeraineté de l'Assyrie : Assour-akhèidin, dans sa dixième année (671), pénétra de nouveau dans le Bikni . Pendant un demi-siècle, la Médie fut complètement sous la dépendance des rois de Ninive.
Ici encore les traditions nationales avaient transformé une époque de soumission en un temps de gloire. Les Perses racontèrent à Hérodote que vers 708, c'est-à-dire au moment où Saryoukin venait de coloniser une partie du pays, toutes les tribus éparses de la Médie s'étaient réunies en un corps de nation et avaient fondé le royaume mède. « Il y avait chez les Mèdes un homme sage, à qui était nom Déïokès, le fils de Phraortès. Ce Déïokès, énamouré du
1. II RoiSj xvn, 6 ; xvm, 11. — 2. Le pays de Btknt, la partie extrême de la Médie à l'est, paraît répondre aux environs de la ville que Ptojémée (VI, 2, 17) appelle *A6àxaiva (Fr. Lenormant, Lettret assyriologiques, 1" série, 1. 1, p. 45). — 3. Fr. Lenormant, l.U— h. M. Fr. Lenormant {op, cit., p. 36-37) voit dans Allahria une forme touranienne du nom Harô'Berezàîti de TElbourz, et dans le canton d'AlMria le district situé au nord de Rhagae, dans la montagne. — 5. Var. Agagi. Cf. •AyaÇa ou 'Ayaya de Ptolémée, VI, 2, 8, dans TAtropatône. — 6 Peutêtre r'AXovaxa de Ptolémée, VI, 2, 10. — 7. Probablement la Kampada des inscriptions achéménides, la Cambadtntf d'Isidore, St.Parth.j § 5. — 8. La Sagartie des auteurs classiques. — 9. Cf. Fr. Lenormant, op, cit., p. 44^9.
LES SÂRGOKIBES. 461.
pdtivolïp, fit comme îl suit : Les Mêdes vivaient par bourgÀdes; lui qui était, dès avant cela, des plus considérés dons la sienne, mit de plus en plus son étude à la pralîqrxB de la justice; et il en agissait ainsi quand le désordre était grand par toute la Médie, sachant combien l%ijustice est ennemie du juste. Les Mèdes de sa bourgade, voyant ses manières, le choisirent pour leur juge« Et lui, comme il courtisait le pouvoir, était droit et juste. Agissant de la sorte, il eut louange non petite de ses concitoyens, à ce point qu'apprenant ceux des autres bourgades qui avaient été jusqu'alors frappés d'injustes sentences, comment Déïokès était le seul homme qui jugeât selon le droit, dès qu'ouïrent la chose, tout contents accoururent vers Délokès et, jugés eux aussi, à la fin ne s'adressèrent plus à aucun autre. Gomme la foule des clients augmentait toujours à mesure qu'on se persuadait de l'équité de ses jugements, voyant Déïokès que tout reposait sur lui, plus ne voulut s'asseoir au lieu où s'asseyant jusqu'alors avait rendu justice, et assura qu'il ne voulait plus juger; car point ne trouvait son compte à négliger ses propres affaires nour juger tous les jours celles d'autrui. Les rapines et te désordre revenant dans les cantons plus qu'ils n'avaient fait auparavant, les Mèdes s'assemblèrent en un même lieu et se consultèrent entre eux, parlant sur ce qu'il convenait faire. Selon ce que je pensé, les amis de Délokès parlèrent plus que tous les autres : « Nous ne pouvons « continuer d'habiter le pays dans l'état où nous sommes, a Allons, établissons un d'entre nous comme roi, et ainsi <t le pays sera bien gouverné et nous retournerons à nos « affaires, et nous ne serons pas maintenus par l'injustice a dans un état de trouble perpétuel. » Parlant à peu près ainsi, ils se persuadèrent qu'ils voulaient un roi. Et sur le champ on examina qui on élirait roi : Déïokès fut proposé et fort loué par un chacun, si bien qu'ils convinrent de rélire roi^ » Une fois maître, Déïokès se construisit un