‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient (volume 2)Chapitre 78 sur 176 · LIBRAIRIE J · texte numérisé non relu

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Jin^tu. C/a/nanmûra.

AsAtmé par J. GauMt'r

successeur à Déîokès un certain Phraortès (655-633) qui, après avoir soumis les Perses et conquis le plateau de Tlran, aurait péri en 632 dans une expédition contre Ninive ^ Je ne m'arrêterai pas à ce personnage dont le nom, Fravartis, a la tournure mède, mais dont l'histoire est aussi peu authentique que celle de son prétendu prédécesseur'. Ouvakhshatara, que les Grecs appellent Eyaxarës. fut le véritable fondateur du grand empire médique*. D après Hérodote, il était fils de Phraortès et succéda à son père dans la possession d'un empire solidement établi ^ On croit aujourd'hui qu'il n'était pas originaire de la Médie propre, mais était né sur les bords de la Caspienne, entre l'Atrek et l'Oxus : il se mit avec son père à ta tète d'une nouvelle migration qui débaucha sur le plateau de l'Iran et doubla les forces de la race aryenne en ces parages. Les petits Etats qui se partageaient le pays furent soumis sans grande difficulté et réunis sous un même sceptre : les nouveaux venus, entraînés par la force de l'impulsion, ne s'arrêtèrent pas à la chaîne du Khoatras, et voulurent descendre dans la plaine du Tigre. Hérodote nous apprend comment se termina cette première tentative des Mèdes sur TAssyrie*^ : le vieil Âssour-ban>habal , ou son successeur Âssour-edil-ilâni, se porta à la rencontre des envahisseurs et les vainquit. Phraortès périt dans la bataille : Kyaxarès ramena en arrière les débris de son armée et remonta sur le plateau de Médie pour y préparer une nouvelle guerre •, U venait de se former une armée régulière'' et de recommencer la guerre avec l'Assyrie, lorsqu'un ennemi inatt(5ndu vint séparer les deux pouvoirs rivaux. Bien loin vers le nord, au delà des fleuves de l'Arménie et des pics du

linson {The five great Monarehies, t. II, p. 351-353) n'admet pas le bien fondé de cette accusation. — 1. Hérodote, I, 102. — 2. Cf. Rawlinson, The fine great Monarchies, t. H, p. 383. M. François Lentrmant {Lettres assyriologiqueSf V* série, 1. 1, p. 64-72) a récemment essayé de défendre l'authenticité du récit d'Hérodote. — 3. Cf. Eschyle, Perses, V, 761-764 : Mr,ôoç Tfàp 9|v ô icpôto; i^YS(JLà>v atpaxoO, 'AXXoc Ô' ixEtvov naU tôô'IpYOv fivuffe* TptTo; B* an* aOxoO KOpoç.... — 4. Hérodote, 1, 103.— 5. Hérodote, 1, 102.— 6. Cf. Rawlinson, The /ive great Monarchies, X. il, p. 220^; Herodotus, 1. 1, p. 331-333. — 7. Hérodote, I, 103.

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Caucase, dàas les vastes steppes du conlineot européen, vivaient des tribus à moitié sauvàg^s^ que les peuples anciens ont connues sous les noms assez vaguesdeRiinmériens^ Scythes^ Sarmatea. Depuis une. haute antiquité, les Eimmériens avaient Thabitùde de franchir presque chaque an* néa la barrière du Caucase pour venir piller les peuples de TÂsie. Leurs premières incursions avaient été dirigées de préférence vers le sud^ouest, dans la direction de l'Asie Mi* neure : ils avaient ravagé les contrées qui bordent le Pont- Euxin, traversé la Phrygie, la Mysie, la Lydie, atteint tes villes grecques et barbares qui s'élevaient sur la côte orientale de la mer Egée ^ Plus tard, la renommée de rA6syrie pénétra jusqu'à eux et alluma leur convoitise; ils descendirent dans la direction du sud et rencontrèrent, quelquefois à leur désavantage, les armées assyrienneu* Vers 632, le gros de la nation, dépossédé par la tribu desScolotes', s'ébranla, passa le long de la Caspienne : esi arrivant dans le bassin du Tigre, les Barbares trouvèrent deux armées en présence. Kyaxarès avait battu les Assyriens et forcé leur roi à. se renfermer dans sa capitale. A l'approche des Kimmériens, il leva le siège et coumt •au^evant des envahisseurs. Ù avait sur eux l'avantage de Tarmement et de la discipline, mais ses soldats sitetombèrent «ous le nombre. Madyès, chef des Barbares, remporta la victoire et imposa aux vaincus un tribut annuel. La Médie ne souffrit pas beaucoup : elle n'était pas encore assez riche pour tenter la cupidité des 8cy^ tkes ; mais sa suprématie sur les nations voisines parut ètte un moment compromise ^.

Le courant de l'invasion s'éloigna des montagnes de i'Lran pour se jeter sur les pays de l'Euphrate et de la Mé- •diterranée. L'Assyrie, que les Scythes avaient sauvée sans le savoir, souffrit la première de leurs ravages ; elle fat dévastée tout entière, et, si Ninive leur échappa, les autres

1. Strabon, 1. 1, 2; III, 2; XIV, 1 ; Orosô, I, 21. Cf. G. RawliBSon, Tfc« <l»c great Monarchies, t. II, p. 404; Herodotus, t. I, p. 299-301. — 2. Les Gimirri ou Kimmerii sont mentionnés déjà sous Assour-akhè-idin, vers b7S. — S.Hérodote, I, 104. — 4. Idem, 1, 103; Strabon, 4. 1, 3.

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nUes rayales, Ealakh, El-Assour, furent brûlées et sacca* gées de fond en comble. La Mésopotamie et la Ûhaldée forent plus d'à moitié dépeuplées. Gomme les Huns dix atèeles pins tard, les Kimmériens n'épargnaient ni Tftge ni le sexe. Ils détruisaient les moissons, abattaient ou en» Jetaient les troupeaux, incendiaient les villages pour le seul plaisir de détruire ou d'efirayer ; les habitants qui nV ment pas réussi à se sauver dans la montagne ou à s'enfermer dans les forteresses étaient massacrés ou traînés en esclavage. Trop ignorants en Tart de la guerre pour assiéger les places forles selon les règles, ils les laissaient d'ordinaire en repos moyennant un léger tribut ; si les richesses enfermées dans une ville leur faisaient espérer un riche butin^ ils la bloquaient jusqu'à ce que la famine la réduisit à 90 rendre. Mainte vieille cité où s'étaient accumulés les tirésors des générations passées fut mise à feu et à sang ; maint canton fertile et populeux fut ruiné et désolé. Ils lurent ainsi de province en province, de là Mésopotamie dans la Syrie du Nord et dans la Phénicie, de la Byrie du Mord au pays de Damas et en Palestine ^ Ils arrivèrent enfin aux frontières de. l'Egypte et se préparaient à les franchir, quand Psamétik I" les écarta par de riches présents. Ils revinrent sur leurs pas, et pillèrent au passage le temple de Derkètô, près d'Ascalon. A partir de ce mo»^ ment leur pouvoir commença à décliner ^. Engagés chaque tanée dans des guerres nouvelles, ils réparaient difBcile^ ment les vides que la victoire creusait dans leurs rangs; les excès de toute sorte les décimèrent; leur nombre diminua rapidement. Les vaincus relevèrent la tète et commenoèrent à remuer.

Les Mèdes furent les premiers à secouer le joug.Eyaxarès invita le chef des Scythes et ses principaux officiers à un grand banquet ; après les avoir enivrés, il les fit tous tuer, et dès le lendemain prit la campagne. Malgré la trahison qui les avait privés de leurs généraux, les hordes kimmériennes tinrent bravement tête à l'orage ; il fallut pour les

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