Hérodote, 1, 105; Justin, H, 3. — 2. Hérodote
expulser une guerre longue et sanglante dont les détail» nous sont inconnus. Selon son habitude, Gtésias de Cmde a brodé sur ce thème toutes sortes d'aventures merreilleuses ou romanesques. Les Scythes unis aux Parthès étaient, dit-il, commandés par la reine Zarinaea, qui battit: les Mèdes plusieurs fois et finit par traiter avec eux à con^ ditions égales ; la paix signée, elle se retira dans sa capitale Roxanakô et y termina ses jours^. En fait, Kyaxarès chassales Scythes de Médie, et après sa victoire ils ne se maintinrent pas longtemps dans le reste de l'Asie. Les survivants rentrèrent en Europe par le Caucase *, et leur expul* sion fut si complète qu'on pourrait assurer qu'eUe n'a laissé aucune trace, sans qu'une tradition douteuse leur attribue Torigine du nom de Scy thopolis que prit Beth-Shean , ville de Palestine*. Hérodote prétend qu'ils dominèrent vingthuit ans sur l'Asie, depuis la défaite de Kyaxarès jusqu'au^ soulèvement des Mèdes *. Il faut en rabattre beaucoup sur ce chiffre. Leur domination dura sept ou huit années au plus, de 634 à 627».
Les Scythes étaient à peine partis, que le roi des Mèdes songea de nouveau à envahir TAssyrie. Elle avait été ruinée de fond en comble par les Scythes et essayait en vain de se relever^ sous Assour-edil-ilâni. Kyaxarès, rendu prudent par ses premiers échecs, chercha des alliés parmi les vassaux de son rival. Assour-edil-ilâni avait confié le gouvernement de la Chaldée à un de ses généraux, Naboubal-oussour; lui-même se réservait de tenir tête aux Mèdes. Nabou-bal-oussour, au lieu de faire son devoir, se proclama roi de Babylone (625) et envoya proposer à Kyaxarès une: alliance offensive et défensive. Le Mède accepta et cimenta le traité par le mariage de sa fille Amytis avec Naboukoudour-oussour, fils de son nouvel ami. Le roi d'Assy-
1. Diodore, II, 34, d'après Ctésias ; Nicolas de Damas, Fragm., 12; Ânonymus de Claris MulieribuSy g 2. «» 2. Hérodote, IV, 1. — 3. Pclyhistor dans Eusèbe, Prap, Ev., IX, 39. — 4. Hérodote, I, 106. — 5. De Saulcy, Chronologie des empires de Ninive, de Babylone et d*Bc hatane, p. 69; G. Rawlinson, Tlie five great Monarchies, t. H, p. 221- 2î7 ; Fr. Lenormant, Lettres assyriologiques, V* série, t. I, p. 74-^.
ria, trahi, s'enferma dans Ninive, y résista le plus longtemps qu'il put et se brûla dans son palais plutôt que de tomber vivant aux mains de Tennemi (625) ^
Ninive détruite, Tempire d'Assyrie tomba : au bout de quelques années il était passé à Tétat de légende; moins de, deux siècles après, on ne connaissait plus d'une manière certaine le site de sa capitale. Certes les autres grandes nations de TOrient, TÉgypte et la Ghaldée, n'avaient pas aux jours de leur gloire épargné les vaincus : les Pharaons des dynasties thébaines avaient foulé l'Afrique et i'Asie sous leurs sandales et emmené en esclavage des po- . pulations entières. Mais du moins, à côté de leur œuvre de colère, ils avaient accompli une œuvre de civilisation. C'est d'Egypte et de Chaldée que sont venus les arts et les sjciences de l'antiquité ; l'Egypte et la Ghaldée nous ont donné les premières connaissances sérieuses qu'on ait eues eu aatronomie, en médecine, en géométrie, dans les sciences physiques et naturelles ; si les monuments de la Chaldée ont péri sans retour, ceux de TÉgypte sont encore debout pournous prouver à quel degré de perfection les premiernés des hommes avaient porté l'architecture. Et si mainte-' najit nous demandons à l'Assyrie autre chose que des conquêtes, nous ne trouvons rien en elle qu'elle n'ait emprunté àjses voisins. Elle prit ses sciences à la Chaldée, ses arts à la Chaldée et un peu à l'Egypte, son écriture à la Ghaldée, . sa. littérature scientifique et religieuse à la Chaldée ; la seule
1. Diodore, II, 23-28, d'après Ctésias; Abydène dans Eusèbe {Chrôn, Cnn., pars I, c. 9) ; Polyhistor, dans le même (pars I, c. 5). Qf. G.Rawlin- ■ s<m, Thefivs great Monarchies, t. II, p. 228-233; Herodotus, 1. 1, p. 334, 398401 ; Fr. Lenormant, Lettres assyriologiques, !'• série, 1. 1, p. 83 92. Voici le tableau de la dynastie des Sargonides :
Saryoukin, 721-704.
Sitl-AKHÈ-IRIB, 704-680.
ASSOUK-AKHÈ-IDIN II, 680-667.