‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient (volume 3)Chapitre 29 sur 170 · BUT. ANC · texte numérisé non relu

BUT. ANC

Targent et ses alliages, étaient connus et employés,! surtout. Les poteries étaient faites à la main sans le cours du tour; ellos ne sont ni peintes ni vernies, m seulement lustrées au moyen d'un polissoir en pierre, première Troie périt dans un incendie allumé sans do par des tribus voisines confédérées contre elle, mais so bientôt de ses ruines. « Sur les pentes adoucies de la mt tagne s'éleva la ville même; au-dessus se dressa, suri roche escarpée, la forteresse Përgame. Du haut de ses c neaux l'œil embrassait toute la plaine étendue jusqu'à mer où le Simoïs et le Scamandre mêlaient leur cours, par delà la plaine, la vaste mer, du point où les flots pu sants de THellespont se précipitent dans la mer Eg jusque vers Ténédos. Aucune ville royale de l'Anci Monde n'était plus heureusement située que cette for resse troyenne : bien couverte et sûre , elle avait ^ sur tout ce qui l'entourait et commandait au loin. D( rière elle, les versants boisés et riches en troupeaux de montagne; à ses pieds, la plaine féconde; devant elle, u large mer du sein de laquelle les cimes lointaines de San thrace, vigie de Poseïdôn, se dressaient en face de l'Ida Zeus siège en sa gloire*. »

Au sud de la Troade et de la Mysie habitait tout groupe de races indécises. Lydiens, Léléges, Lyciens Gares. Les Lydiens exploitaient les riches vallées de l'H mos, du Gaystre et du Méandre. Les plus anciennes t ditions du pays conservaient la mémoire d'un État puisa établi sur les flancs du mont Sipylos, entre la vallée l'Hermos et le golfe de Smyrne. Il avait pour capitale B gnésie, la plus vieille des villes, le siège primitif de la vilisation en ces contrées, la résidence de Tantale, Ta des dieux, le père de Niobé et des Pélopides. Les Léléj apparaissent sur tous les points de la côte à la fois, mé aux souvenirs les plus lointains de la Grèce et de l'A Mineure. Us se trouvent en Lycie comme en Troade, i les bords du Méandre comme sur les versants de l'Ida. 1

/. E, Curtius, Griechischt OtscWcHie,\.l,^.^1t,

Ugendes de Mégare plaçaient au commencement des âges

^ héros, Lelex, qu'elles faisaient venir d'Egypte; la Pe-

^os du Satnioeis était une de leurs fondations; en Carie,

<ui montrait encore au temps de Strabon des tombeaux à

moitié détruits et des villes ruinées auxquelles on donnait

Je nom de Lelegia. A côté des Léléges , les Gares , mêlés*

de sang koushite, dominaient sur les côtes et les lies de la

mer Egée; les Lyciens, resserrés au sud entre les Solymes

et les Gares, s'étendaient dans l'intérieur jusqu'aux bords

de THalys et de l'Euphrate, où les monuments assyriens

signalent leur présence*. Une partie de la Troade au sud

de rida s'appelait Lycie; il y avait une Lycie en Âttique,

des Lyciens en Grète'. Ges trois nations, les Gares, les

Lyciens , les Léléges, sont tellement mêlées à l'origine,

qu'il est impossible de fixer les limites précises de leur

domaine, et qu'on se voit souvent obligé d'appliquer à

toutes ce qui n'est affirmé que d'une seule.

Les Phéniciens n'avaient pas rencontré d'opposition en Gilicie et dans le pays des Solymes : aussi couvrirent-ils la côte de leurs colonies, Kibyra, Masoura, Rouskopous, Sylion, Mygdalê, Phaselis, Sidyma'. Il n'en fut plus de même dès qu'ils sortirent du domaine sémitique pour entrer dans les régions occupées par les races aryennes. Au lieu d'accueillir amicalement les marins qui leur apportaient les produits des civilisations orientales, les Lyciens s'opposèrent à leur établissement et ne permirent point la fondation de colonies. Du promontoire Sacré à la pointe de Gnide il n'y eut sur le continent qu'un seul comptoir phénicien d'importance, Astyra, en face de Rhodes V Les Gares offrirent moins de résistance. Ils laissèrent les Sidoniens débarquer à Rhodes, refouler dans les montagnes les habitants indigènes et s'emparer des trois ports, Jalysos, Lindos et Gamyros^ Ils se mirent au service des

1. De Rougé, Mémoire sur les AHcLqwt, p. 29-30; Finzi, Ricerehe, p. 256. — 2. E. Curtiufl, Die lonier vor der lonieeher Wanderun^^ p. 84-36. — 3. Moven, Die Fhômxier^ t. II, 3**' Theil, p. 346. — 4. Et. dt Bysanoe, t. ▼. 'Aorupa ; cf. Movers, Pie Phônijtiêf^ 1 11^ 2'" Ttieil^ p. 247-257. — 5. làun, ibid,, p. 347-357.

étrangers, s'unirent à eux par des mariages et tcçuT" une telle proportion de sang phénicien qu'on donna parf à leur pays le nom de Phœnikê, terre phénicienne, peuple qui sortit de ce mélange eut pendant longten une importance incommensurable pour le développemi de la civilisation dans les pays qui bordent la mer Ég Il se répandit au loin, à Mégare, en Attique, où plusiei des grandes familles du pays tiraient de lui leur origii puis il disparut entièrement sans avoir laissé une histo durable, comme c'est le cas pour la plupart des peup bâtards. L'arrivée et le contact des Phéniciens l'avait fait naître à la vie civilisée; uni aux Phéniciens et moi sur leurs vaisseaux, il courut le monde à leurs côt^ quand la puissance des Phéniciens commença de décroît; les Gares reculèrent. Us disparurent de l'histoire géi raie le jour où la dernière colonie égéenne des Phénicie succomba sous l'influx de la civilisation grecque.

Au delà de Rhodes, deux voies s'ouvraient au navigatei Il pouvait tourner au nord, remonter la côte d'Asie et gagn l'embouchure de l'Hellespont. Une partie des flottes ph niciennes suivit cette route. Toujours écartées du con nent par les aryens, elles se dédommagèrent de leur ii puissance en occupant celles des Sporades et des Cyclad que leur position ou leurs richesses naturelles désignaie à l'attention des conquérants*. Aidées par les Gares', ell colonisèrent et Délos, et Rhénée, et Paros. Oliaros toml aux mains des Sidoniens' et Mélos aux mains des G blites*. Mélos produisait en abondance le soufre, Talui le blanc de foulon ; elle avait des mines aussi riches qi celles de Thèra et de Siphnos. Il y eut des pêcheries c pourpre à Nisyra, à Gyaros ; des teintureries et des mani factures d'étoffes à Gos, Amorgos, Mélos. Toutes ces île devinrent autant de postes moins faciles à attaquer et plu

l.Movers, Die Phônixier, t. H, 2*"' Theil, p. 262-263.— 2. Thucy dide, I, 4-8. — 3. Héraclide de Pont dans Et. de Bysance, s. v. 'QXCapo< — 4. Et. de Bysance, s. v. MîjXo; ; cf. Movers, Die Phônixier, t II 2^ Thêil, p. 130-131.

faciles à défendre que n'étaient les comptoirs de terre ferme *. Les Sidoniens ne s'en tinrent pas là; ils remontèrent aux côtes de Thrace et commencèrent d'exploiter les mines d'or du mont Pangée. Leurs colonies couvrirent Samo thrace, Liemnos, Thasos, mais sans grand succès : il appartenait aux Tyriens de reprendre et de développer l'œuvre que les Sidoniens avaient tentée en ces régions.

Des Cyclades les Phéniciens rayonnèrent sur tous les pays environnants. Toujours à la recherche de nouveaux débouchés pour leur commerce, ils s'engagèrent dans l'étroit canal de l'Hellespont et tombèrent dans un bassin spiacieux et tranquille bordé au sud de grandes îles sur lesquelles ils abordèrent. Après s'être assuré la possession du détroit par la fondation de Lampsaque et d'Abydos, ils se logèrent à Pronectos*, à l'entrée du golfe d'Ascanie, au débouché des mines d'argent que les Bithyniens exploitaient dans leurs montagnes*. Au fond de cette première mer intérieure, ils découvrirent un nouveau canal, plus semblable à l'embouchure d'un grand fleuve qu'à un détroit; ils le franchirent avec peine, sans cesse en danger d'être jetés à la côte par la violence du courant et brisés contrôles écueils qui semblaient se rapprocher pour les écraser*, et se trouvèrent devant une mer immense, aux flots orageux, dont les rives boisées s'étendaient à perte de vue vers l'orient et l'occident. Ils filèrent le long de la côte orientale où les attirait la renommée des mines du Caucase. A l'aide de leurs alliés les Gares, ils établirent, du Bosphore à la Golchide, une série de postes fortifiés. Héraclée Pontique, Sesamos, Karambys, Sinope, qui plus tard, sous la domination grecque, devinrent des villes florissantes. Une nouvelle Tyr s'éleva à l'embouchure du Dnieper, et les Sidoniens s'aventurèrent même dans les grandes plaines de la Russie méridionale''. Ils rapportèrent

I. Movers, Die PhônxMier, t. U, 2««' Theil, p. 263-373. — 2. Et. de Bysance, s. v. npovtxToç. — 3. Movers, Die Phônixier, t. II, 2*" Theil, p. 295-297. — 4. Cf. chez les Grecs la légende des Symplégades, qui écrasaient les galères à la sortie du Bosphore. — 5. Movers, Die Phô* nizier, t. Il, 2»-' Theil, p. 297-308.

de ces mers lointaines le thon et la sardine, la l'ambre, Tor et l'argent, le plomb, Tétain nécesE fabrication du bronze, et qu'ils recevaient aupara voie de terre, à travers l'Arménie et la Syrie.

De Rhodes on aperçoit au loin, vers le sud, l des montagnes Cretoises. Tandis qu'une partie d phéniciennes courait à la découverte du Pont-Et autre partie cingla vers la Crète et l'occupa, barre, vers le sud, l'entrée de la mer Egée, et for; seule comme un petit continent qui se suffit à li Elle renferme des vallées fertiles et des monta^ vertes de forêts. Les Phéniciens chassèrent de les indigènes, qui se réfugièrent dans les replis Les pêcheries de pourpre d'Itanos furent ouverte et Eairatos^ au nord, Phœnikê ou Arad, Gortyne au sud, furent occupées ou fondées '. De Crète bientôt à Gythère. Cythère, située à l'entrée du Laconie, à trois lieues à peine du continent, servi lâche aux navires qui se rendaient d'Orient en lu Sicile*. Le mwex brcmdaris, dont on tirait la « des îles* », s'y trouvait en telle quantité, qu'à une époque l'Ue prit le nom de Porphyroessa, « la poi3 Les Phéniciens s'y établirent à demeure et y bâ sanctuaire d'Astartè, le premier peut-être qui ei été élevé en Grèce*. Ils se répandirent de là au Péloponèse, puis en Illyrie et en Italie'. La Grè nentale, entamée au sud par Gythère, à l'est ps clades, ne tarda pas à recevoir elle-même lei L'isthme de Gorinthe et les îlots qui le pi Égine , Salamine , l' Argolide , l' Attique , furent tour à tour. Kadmos, le fondateur de Thèbes e teur des lettres, établit en Béotie une colonie pi:

1. Plus tard Knôso». — 2. Movers, Die Phônigier^ t. II p. 258-261. — 3. Thucydide, IV, 53. — 4. Ézékielj xxvii, de Bysance, s, v. KuÔYipa. — 6. Hérodote, I, 105; Pausania m, 23, 1. — 7. Movers, Die Phônizier, t. II, 2»" Theil, p. c — 8. Idem, tWd., p. 85-92 ; Fr. Lenormant, La légende de les étahliuemenU phéniciens en Grèce, dans Les premières ci tIL

■J^ttRin de ces établissements ne devait survivre à l'invasion 'WJenne; mais leur présence au milieu des populations primitives de la Grèce eut sur le caractère et la religion de la race hellénique une influence dont on commence à re^ chercher les traces après l'avoir niée trop longtemps.

■«0 ■dsratl«Bs ûem peuples de l'Asie Htaevre

et l^xede.

Certaines nations de l'Asie Mineure, les Gares et les Lydiens surtout, avaient subi l'ascendant des nations sémitiques au point de perdre en partie leur physionomie aryenne ; d'autres, les Lydens au sud, les Phrygiens et les Mysiens au nord, résistèrent plus énergiquement et se maintinrent pures de tout mélange étranger. « Nous donnons aux peuples maritimes de l'Asie Mineure, à ceux du moins qui appartiennent à la race phry'gos-pélasgique, le nom de Grecs orientaux. Si différent qu'ait été le maintien de chacun d'eux vis-à-vis des Phéniciens, tous sans exception surent s'approprier la civilisation du peuple plus cultivé et lui prendre habilement ses arts. Habitués de longue date à la pêche, ils commencèrent à munir leurs barques de quilles qui les rendirent capables de trajets plus audacieux ; sur le modèle du navire de commerce, aux formes arrondies et au large ventre, ils construisirent le « cheval « de mer, » comme ils l'appelaient ; ils apprirent à se servir de la voile en même temps que de la rame; le pilote, à son banc, tint le regard fixé, non plus sur les accidents successifs du rivage, mais sur les constellations. Les Phéniciens avaient découvert au pôle l'étoile sans éclat qu'ils reconnaissaient comme le guide le plus sûr de leurs courses nocturnes ; les Grecs choisirent une constellation plus brillante, la Grande Ourse, mais, s'ils ne déployèrent pas en cela la même sûreté d'observation astronomique que leurs maîtres , ils devinrent pour tout le reste leurs disciples et leurs rivaux heureux. Par là ils réussirent n chasser entièrement les Phéniciens de leurs eaux; de là vient que, malgré tout, on trouve sur les rivages de la mer

d'Ionie si peu de traces de la domination phénicienne^ Les Sidoniens et les Gares ne s'étaient pas ùli fai d'exercer la piraterie dans les mers de TArchipel. Comi les Normands du moyen âge, ils s'en allaient au loin à recherche des aventures profitables; ils rôdaient le lo des côtes, toujours à l'affût des belles occasions et des bo coups de main. S'ils n'étaient point en force, ils déb( quaient paisiblement, étalaient leurs marchandises et contentaient comme pis-aller du gain légitime que pouv leur valoir l'échange de leurs denrées. S'ils se croyaie assurés du succès, l'instinct pillard reprenait le dessu ils brûlaient les moissons, saccageaient les bourgs les temples isolés, enlevaient tout ce qui leur tombî entre les mains, principalement les femmes et les enfant qu'ils allaient ensuite vendre comme esclaves sur les ma chés de l'Orient, où le bétail humain était taxé à plus ha prix. Les Grecs « s'habituèrent à voir dans la piraterie i métier comme un autre, celui de chasseur ou de pêcheu par exemple : quand des inconnus abordaient quelqi part, on leur demandait ingénument (c'est Homère q. l'affirme) s'ils étaient marchands ou pirates. » Les flotti et les factoreries phéniciennes furent attaquées à leur ton les Gyclades reconquises. Les Sidoniens ne songèrent biei tôt plus qu'à se maintenir sur quelques points important à Thasos au nord, à Mélos et à Théra dans les Gyclades, Rhodes et à Gythère au sud. Les Étéocrétès, renforcés san doute par des émigrants du continent, chassèrent les co Ions cananéens : la Grète délivrée forma un royaume d cent villes, dont la capitale tut Gnôsos. « Le premier em pire de la Grèce antique fut un État d'îles et de côtes; 1 premier roi, un roi de mer, » Minos. G'est à Minos qu'oi attribuait la gloire d'avoir détruit la piraterie dans les îlei de l'Archipel et d'avoir réprimé les courses des Phéniciem et des Gares. L'avènement de la domination Cretoise marque la fin de la domination sidonienne dans les mers de la Grèce : les quelques colonies qui se maintinrent çà et là

]. E. Gurtius, Griechische Geschichte, 1. 1, p. 37^8*

ne purent subsister qu'à force de concessions et de ménagements ^

Autant qu'on peut en juger, cette révolution s'accomplit •vers les dernières années de la dix-huitième dynastie. Les Phrygiens isolés dans l'intérieur des terres n'y prirent aucune part et laissèrent le soin de l'achever à cette catégorie de peuples à moitié légendaires : Méoniens, Tyrséniens, Troyens, Lyciens, que les historiens classiques et les monuments égyptiens nous ont fait connaître •. D'après les traditions du pays, Manès, fils de Zeus et de la Terre, eut Gotys de Gallirrhoé, fille de l'Océan. Gotys engendra Asios, qui donna son nom à l'Asie, et Atys, qui fonda en Lydie la dynastie des Atyades. Gallithea, fille de Tyllos et femme d'Atys, mit au monde deux fils, nommés, selon les uns, Tyrsênos ou Tyrrhênos et Lydos*, selon les autres, Torrhêbos et Lydos*. L'examen de cette généalogie, où sont compris tous les héros éponymes du pays, montre qu'il y eut d'abord sur la côte ouest de l'Asie Mineure un grand peuple appelé Maeones, formé de plusieurs tribus : les Lydiens, les Tyrsênes ou Tyrrhênes (Toursha), les Torrhèbes, les Shardanes. Quelques-unes de ces tribus, attirées vers la mer sans doute par l'attrait de la piraterie, finirent par quitter le pays et par aller chercher fortune au loin. « Aux jours d'Atys, fils de Manès', il y eut une grande famine par toute la terre de Lydie.... Le roi se résolut à partager la nation par moitié et à faire tirer les deux portions au sort : les uns devaient rester dans le pays, les autres s'exiler. D continuerait de régner luimême sur ceux qui obtiendraient de rester : aux émigrants il assigna pour chef son fils Tyrsênos. Le tirage accompli, ceux qui devaient partir descendirent à Smyrne, con-

1. E. Curlius, Griechische Geschichie, t. I, p. 58-62. — 2. Pour les sources égyptiennes, voir de Rougé, Extrait d'un Mémoire sur les attaques ^ dans la Revue archéologique ^ septembre 1867; Chabas, Études fur V Antiquité historique, p. 191 sqq. — 3. Hérodote, I, 94. — 4. Xanthos de Lydie, dans Denys d'Halicarnasse, Ant, Rom,j l, xzvin. — 5- Atys était petit-fils de Manès, d'après les autres géii4;i\Q^vci^,

struisirent des navires, y chargèrent tout ce qui p<m\ leur être utile et partirent à la recherche de rabondance d'une terre hospitalière. Après avoir passé bien des p* pies, ils parvinrent en Ombrie, où ils fondèrent des vil qu'ils habitent jusqu'à ce jour. Us posèrent leur nom Lydiens et, d'après le fils de roi qui leur avait servi guide, se firent appeler Tyrséniens*. » Quoi qu'end Hérodote, cette .migration ne se fit pas en une seule f et dans une seule direction : elle se prolongea pendi près de deux siècles, du temps de Séti P' au temps Ramsès III, et porta sur les régions les plus diverses. < trouve les Pélasges tyrrhéniens à Imbros , à Lemnos . Samothrace et dans la péninsule de Ghalcis, sur les cô et dans les îles de la Propontis, à Gythère et à la poii méridionale de la Laconie. Arrivés en Afrique, ils s'. lièrent aux Libyens et attaquèrent l'Egypte vers la fin ' règne de Séti I". Nous avons déjà vu qu'ils furent repoi ses si rudement qu'ils s-!abstinrent de toute hostilité pe dant le règne de Ramsès II. Les Shardanes, faits priso niers dans cette campagne, furent incorporés à Farm égyptienne et se distinguèrent dans la guerre contre 1 Khêtas. Us s'y trouvèrent face à face avec les Lyciens, 1 Mysiens et les Troyens , qui essayaient d'accomplir p terre, et avec l'aide des Syriens, ce que les peuples de mer n'avaient pu faire avec les Libyens^. La défaite c Kadesh dégoûta les Troyens des expéditions lointaines : partir de ce moment, ne prirent aucune part aux coalilioi; contre l'Egypte.

Au moment du traité avec le prince de ELhèta, Ramsès 1 était déjà âgô d'au moins cinquante ans et avait fourni qua rante années de guerres*. On conçoit qu'il ait éprouvé 1 besoin du repos et délégué le pouvoir royal à l'un de se fils. Les trois premiers étant morts, il choisit vers l'an XX^ le quatrième, Khâmouàs, qui était chef du sacerdoce mem phite. L'autorité de Ehâmouàs dura jusqu'à sa mort, ei

1. Hérodote, 1. 1, 94. — 2. V. plus haut, p. 217-222. — 3 Maspero Essai sur l'inscription d^Àbydos, p. 80«

Tan LY, et passa au treizième fils du roi, Ménephtah. Nommé très-jeune prince héritier, décoré de titres honorifiques fort élevés, Ménephtah paraît avoir partagé avec la princesse Bet- Anat et le prince Khâmouas, tous deux, comme lui, enfants de la reine Isi-Nowert, la faveur particulière de Sésostris. Au moins est-il qualifié plusieurs fois de prince «qui a surgi comme Phtah au milieu des multitudes pour établir des lois excellentes sur les deux terres. » Il fut régent douze ans, de Tan LV à Tan LXVII, et devint roi à la mort de son père sous les titres de Bânrâ mernouterou, fils du Soleil, Ménephtah hotep-hi-ma. C'est du second de ces noms que Manéthon ou plutôt ses compilateurs ont tiré le Pharaon Amenephthès ou Aménophis, successeur de Ramsès

Mcïamoun.

Au début de son règne, Ménephtah n'était plus un jeune

homme. Né au plus tard dans les premières années du règne de son père, il devait avoir soixante ans, sinon plus : c'était donc un vieillard succédant à un autre vieillard, dans un moment où TÉgypte aurait eu grand besoin d'un roi jeune et actif. Néanmoins les premières années furent heureuses. Au dehors, les garnisons des villes syriennes ne furent point troublées* ; les Khêtas, qu'une famine désolait, reçurent d'Egypte des secours en blé et ne rompirent point la paix par reconnaissance. Au dedans, les grandes constructions continuèrent à Thèbes, à Abydos, àMemphis, surtout dans le Delta, où Ménephtah, à l'exemple de son père, avait fixé sa résidence. Tout semblait annoncer un règne paisible, sinon un règne glorieux. Mais, depuis leurs défaites sous Séti et sous Ramsès II, les peuples de l'Asie Mineure et de la Libye avaient eu le temps de reprendre courage. La

Î)résence du vieux roi sur le trône les avait tenus à l'écart : 'avènement de Ménephtah les décida à faire une nouvelle tentative. On apprit soudain à Thèbes que les flottes de l'Archipel avaient débarqué sur la côte de Libye des bandes de Tyrsènes, deShardanes et de Lyciens, accompagnées d'auxiliaires jusqu'alors inconnus, les Achéens et les Sha-

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