B2ST, ANC
vaincu par son frère illégitime Mardouk-bel-onsatè, avait appelé le roi d'Assyrie. Salmanasar accourut et dans une première campagne (852) réduisit les districts situés au nord du Dhournat. L'année suivante il fut encore plus heureux : il battit le prétendant, le tua, s'empara de BaLylone, de Barsip, de Kouti, et descendit dans la Chaldée maritime *. Cette conquête achevée, il reprit ses projets contre Damas.
La défaite de Karkar avait ébranlé un moment la puissance de Benhadar. En se faisant rendre les villes juives prises sur ses prédécesseurs, Akhab avait négligé de mentionner Ramoth-Gilead. C'était cependant une place importante : elle commandait toute la rive gauche du Jourdain et menaçait à la fois Israël et Juda. Akhab voulut profiter pour la reprendre de l'issue malheureuse de la campagne contre les Assyriens et chercha des alliés qui pussent l'aider dans cette entreprise. Un grand changement d'esprit et de politique venait de se faire à Jérusalem. Jehoshaphat, comme son père Asa, était un adorateur fervent de Jahveh : il s'efforçait de réprimer l'idolâtrie et avait dû ressentir vivement la persécution dirigée par son voisin contre les prophètes ^. Mais sa piété ne le rendit pas aveugle aux nécessités politiques du temps présent. L'expérience des règnes passés avait montré combien était funeste la rivalité d'Israël et de Juda : pendant les guerres civiles, Moab, Ammon, Édom, les rois des Philistins s'étaient soulevés; Damas un moment ville juive était devenue la capitale d'un royaume puissant et menaçait de rétablir à l'avantage de Benhadar l'empire de Salomon. Jehoshaphat se convainquit, malgré l'opposition des prophètes, qu'il fallait avant tout faire cesser les discordes et réunir toutes les forces de la nation contre les Syriens. Il maria son fils Jehoram avec Athaliah, iSlle du roi d'Israël % et quand Akhab vint le prier de l'aider dans
1. Oppert, Histoire, p. 112 ; G. Rawlinson, The five great Monarchies, t. II, p. 102 ; Fr. Lenormant, Histoire, t. II, p. 71 ; J. Menant, Annales, p. 99-100, 114. —2. I Rois, xxii, 43-44; Il Chron., xvii, 3-4. — 3. a II Rois, VIII, 18, avec U Rois, n\ii,*1^.
«on entreprise contre Ramoth-Gilead, il consentit à raccompagner et vint le rejoindre à Samarie *. Pour la première fois depuis près d'un siècle, Tarmée de Juda entra sans intentions hostiles sur le territoire d'Ephraïm et se rangea sous le même drapeau.
Jehoshaphat s'était montré dès le début de son règne actif et belliqueux : il avait conduit contre ses voisins du eud plusieurs expéditions heureuses qui affermirent son autorité sur Édom *. Toute sa valeur ne put prévaloir contre la fortune de Benhadar. Il manqua d'être pris dans la bataille qui s'engagea sous les murs de Ramoth-Gilead, et 8on armée fut à moitié détruite. Akhab, blessé mortellement d'une flèche au commencement de la journée, suc- <:omba vers le coucher du soleil, et ses soldats, saisis de panique, se débandèrent dans toutes les directions. Akhaâah ramena le corps de son père à Samarie ; Jehoshaphat «'enfuit jusqu'à Jérusalem * : il semblait que Benhadar n'eût qu'à s'avancer pour s'emparer sans effort d'Israël et de Juda (851). L'intervention des Assyriens sauva les Hébreux d'une ruine imminente. Le. roi de Damas, rappelé vers le nord, trouva Salmanasar maître de tout le pays «itué entre l'Euphrate et l'Oronte, et fut battu complètement malgré les secours d'Hamath et de la Phénicie, battu en 850, battu l'année suivante. Dix mille des «iens périrent, une partie de ses chariots et de son matériel de guerre resta sur le champ de bataille. Mais les Assyriens, toujours victorieux, se trouvaient toujours trop affaiblis par leur victoire pour en profiter aisément. Ils employèrent les deux années suivantes à soumettre quelques tribus de l'Arménie et des marches médiques, et ne revinrent à la charge qu'en 84(5, avec leur succès habituel*. Benhadar fut vaincu encore une fois sans laisser entamer son royaume : à peine débarrassé de ces adversaires, il se retourna contre les Juifs.
1. I Rois, xxn, 1-19 ; II Chron., xvin, 1-27. — 2. Ihid., xvii. — 3. l Rois, xxn, 20-29 ; U Chron., xvin, 28-34. — 4. Oppert, Histoire, p. 112, 120; Fr. Lenormant, Histoire, t. II, p. 71-, J. tt^tkaxxV, kTs.tv<i\A\^ p. 100-114.
Il les trouva remis de leurs défaites. Akhaziah n'avait fait que passer sur le trône de Samarie, mais son frère Jehoram s'était trouvé assez fort pour entretenir des idées de conquête. Après la bataille de Ramoth-Grilead, Mesha, roi des Moabites, s'était soulevé et avait refusé le tribut que son peuple payait depuis quarante ans aux rois d'Israël, Jehoram et Jehoshaphat essayèrent de le réduire. Gomme ils n'osaient l'attaquer vers le nord, par crainte des garnisons syriennes qui étaient au pays de Gilead, ils passèrent au sud de la mer Morte et vinrent l'assiéger dans sa ville royale *. Malgré quelques victoires partielles, la campagne ne fut pas heureuse : nonseulement les Moabites restèrent indépendants, mais ils s'étendirent au détriment des gens de Ruben, et Mésha, dans le seul monument de son règne qui soit parvenu jusqu'à nous *, put se vanter « d'avoir rendu leurs anciens noms aux villes qu'il annexa au pays de Moab. » L'invasion de Benhadar dut être pour quelque chose dans le triomphe des Moabites. Les armées syriennes se répandirent sur Éphraïm et montèrent jusqu'à Samarie : la ville tint bon et Benhadar, désespérant de la prendre, leva le siège au moment où la famine l'avait réduite à la dernière extrémité. Il ne devait plus rentrer en Israël : tombé malade et déjà mourant, il fut achevé par un de ses officiers nommé Khazaël, qui se fit roi en sa place *. Il avait régné près de trente ans, non sans gloire et sans succès. Il avait noué d'étroites alliances avec Hamath et la Phénicie, dominé trente-deux rois vassaux et résisté vaillamment aux Assyriens ; il avait essayé de conquérir la Palestine entière, et, s'il n'avait pas réussi dans cette entreprise, au moins avait-il soumis presque tout le pays de Gilead, entre le Hauran et la frontière de Moab. Damas était devenue entre ses mains la capitale réelle et le boulevard de la Syrie.
Elle ne garda pas longtemps ce rang éminent. Khazaél eut, il est vrai, d'heureux débuts : il soumit les deux ver-
1. II RoiSj m, 4-27. — 2. C'est la fameuse stèle de Dhibân, découverte en lh'69 par M. Clermont-Ganneau et dont les fragments sont conservés au musée du Louvtô. — ^,\\TvO\s,\\,^*,\\w^V^,
sants de rAnti-Liban et la majeure partie de TAram. Jehoram d'Israël et Akhaziah de Juda renouvelèrent contre Ramoth de Gilead la tentative qui avait été si funeste à leurs prédécesseurs quelques années auparavant : ils échouèrent comme Akhab et Jehoshaphat *. Un grand désastre effaça bientôt l'impression qu'avaient produite ces premiers succès. Salmanasar, après avoir combattu les tribus du haut Euphrate (845), poussé une pointe surleplateau de Médie (844) et guerroyé contre les peuples de TAmanos (843) reprit les hostilités contre TAram. Khazaél l'attendit dans une position choisie avec soin et fut vaincu. Ce fut la bataille la plus sanglante qui eût été livrée jusqu'alors par les Assyriens aux gens de Damas. Il perdit seize mille hommes de pied, quatre cent dix cavaliers, onze cent vingt et un chars : Damas fut prise ainsi que plusieurs autres places fortes; les Assyriens pénétrèrent jusque dans les montagnes du Hauran, pillant et brûlant tout sur leur passage. Les rois de Sidon et de Tyr, craignant pour leurs États un sort pareil, s'empressèrent de reconnaître la souveraineté du vainqueur. Celui d'Israël envoya en tribut des barres d'or et d'argent, des plats, des coupes et des ustensiles d'or, des sceptres et des armes : ce fut le commencement des relations entre les Hébreux et TAssyrie (842) ».
Dans les quelques mois qui venaient de s'écouler, les deux royaumes avaient été bouleversés par des révolutions sanglantes. Les prophètes n'avaient jamais pardonné à la maison d'Omri l'introduction des religions phéniciennes et les persécutions dont le culte national avait été l'obi et. Déjà Elijah avait songea détrôner Akhab et à le remplacer par Jehu*; Élisha, le disciple favori et le successeur d'Ëlijah, exécuta le projet de son maître. Jehoram avait été blessé devant Ramoth et s'était retiré pour se guérir
1. II Bois, vra, 28-29. — 2. Oppert, Histoire, p. 113, 118 ; G. Raw- Hnson, The five great Monarchies, t. II, p. i04-106; Schrader, Die Keilinschriften und das AUe Testament, p. 104-108; J. Menant, Annales, p. 100, U&-116. — 3. I Rois, MX, 16.
au palais Je Jezrécl, loin de sa capitale et de son armée. Un émissaire d'Élisha se rendit au camp, sacra Jehu et lui ordonna au nom de Dieu de détruire la maison d'Akhab et de venger la mort des prophètes. Jehu se fit acclamer par toute l'armée et marcha contre Jezréel. Akhaziah de Juda était venu rendre visite à son oncle et à sa grand'mère Izebel. Quand la vigie annonça qu'on voyait avancer une armée, les deux rois, au lieu de s'enfuir, montèrent sur leurs chariots pour aller à sa rencontre. Jehu perça Jehoram d'une flèche, et fit assassiner par les gens de sa suite Akhaziah, qui essayait de s'échapper. Ce ne fut que le commencement de la tragédie. En apprenant le meurtre et l'approche du meurtrier, la vieille Izebel voulut du moins mourir en reine : « elle farda son visage , orna sa tête et regarda par la fenêtre . — Et comme Jehu entrait dans la porte, elle dit : « En a-t-il bien pris à Zimri qui tua son a seigneur? >^ — Et il leva sa tête vers la fenêtre et dit : « Qui est ici de mes gens? qui? » Alors deux ou troîs ennuques regardèrent vers lui. — Et il leur dit : « J'etez en a bas. » Et ils la jetèrent, de sorte que son sang rejaillit contre la muraille et contre les chevaux ; et il passa pardessus elle. 5> Restaient les princes de la maison d'Akhab: il se fit envoyer leurs têtes de Samarie et les exposa en deux tas à la porte du palais de Jezréel. Les princes de la maison de Juda qui venaient rejoindre Akhaziah, furent tués de môme sur le bord de la route ; les adorateurs et les prêtres de Baal, réunis par trahison dans le temple furent égorgés jusqu'au dernier, et le culte de Jahveh rétabli dans toute sa pompe, sinon dans toute sa pureté. Le contrecoup de cette révolution se fit sentir jusque dans Jérusalem d'une manière assez imprévue. Athaliah, fille d'Izebel et mère d'Akhazîah, voyant la maison royale à peu près détruite, fit exterminer ce qui restait des descendants de Jehoshaphat : un seul enfant, Jehoash, échappa par les soins du grand prêtre. Le massacre achevé, elle saisit le pouvoir, s'entoura d'une garde phénicienne, et se rangea au eulte des Baalim. Les crimes de Jehu avaient donc produit ce résultat singulier de rétablir tant bien que mal la
religion nationale en Israël pour la renverser dans Juda: Jahveh trôna dans Samarie et Baal dans Jérusalem^.
Khazaël restait toujours menaçant. Deux ans après sa première défaite, en 840, il avait de nouveau affronté les Assyriens sans succès : il avait perdu quelques forteresses et payé tribut de même que les rois de Tyr, de Sidon et de Gebel'. Ce fut son dernier essai de résistance contre Salmanasar: plutôt que de s'exposer encore à des défaites inévitables, il préféra acheter par la soumission le droit de poursuivre en paix ses entreprises contre les Israélites. Elles lui réussirent au delà de toute espérance : Jehu nft put tenir contre lui et fut vaincu « sur toutes ses frontières, — depuis le Jourdain jusques au soleil levant, dans tout le pays de Gilead, des gens de Gad, de Ruben et de Manassé, depuis Aroer qui est sur le torrent d'Arnon jusques en Gilead et en Bashan^ » Damas, humiliée au nord par les Assyriens, était encore assez puissante pour humilier les Juifs. Mais son ascendant ne pouvait être que passager : épuisée par tant de guerres successives, elle tendait à s'affaisser sur elle-même au premier choc sérieux. C'était encore le boulevard de la Syrie, mais ua boulevard branlant et à moitié ruiné.
L'œuvre véritable de Salmanasar était accomplie. Soa père avait conquis la Syrie du Nord : il fît un pas de^ plus dans la direction de TÉgypte, en abattant les royaumes de la Syrie centrale. Le reste de son règne se passa presque entier dans des expéditions contre les peuples du Nord et de TEst. Deux années de guerre lui li-. vrèrent les deux versants de FAmanos et la Gilicie plane : Tand (Tarae) elle-même tomba entre ses mains (831). Lq pays d'Ourartou et de Yan en Arménie résista trois ans et finit par céder *. Cependant Tâge était venu et avec lui les infirmités : le vieux roi, épuisé par trente années de guerres, dut quitter les camps et céder le commandement à ses généraux. Son fils aîné, Assour-danin-haLal,
1. Il Rais^ iz-zi, 2 ; II Chron,, xxu. — 2. Oppert^ Histoire^ p. 121; Menant» Ànnaks^ p. 101. — 3. II RoU, z^ 32-33. — 4. J. Menant, Annor Us, p 101-104.
3é0 CHAPITRE IX.
trouva qu'il vivait trop longtemps et souleva contre lui plus de la moitié de son empire. Assour, Amid, Arbèles et vingt-quatre autres villes, prirent part à la rébellion: Kalakh et Ninive demeurèrent fidèles. Salmanasar remit la direction des affaires à son second fils, Samsi-Bin. En moins de quatre ans, la révolte fut étouffée. Assour- daninhabal fut tué, et Salmanasar eut du moins la consolation de mourir en paix après trente-cinq ans de règne (823) K
Décadence momentanée de Templre assyrien ^ lea proplicXes d'Israël : dféroboam 11} Touklai-habal-aMir m; chute de Damas.
Après lui, la suprématie militaire de l'Assyrie se maintint quelque temps encore. Samsi-Bin III (823-810) par des expéditions répétées réduisit les tribus du Naïri et conquit la Médie jusqu'au pays de Bartsou *, à Textrémité orientale de la mer Caspienne. Mardouk-balat-irib , le plus puissant des princes qui régnaient alors sur la Chaldée septentrionale, ne put tenir tête à TAssyrie, malgré Tappui de TElam et des Araméens de Mésopotamie ; il perdit sept mille hommes, deux cents chars avec son étendard royal et ses bagages, à la bataille de Daban (819). Cette victoire ne fut pas décisive, non plus que deux autres expéditions dirigées en 812 et 811 contre Babylone. Elle prépara du moins les voies à Bin-nirari II (810-780), qui asservit les rois de la Chaldée. Bin-nirari se montra aussi remuant que l'avaient été son père et son aïeul : chacune des années de son règne est marquée par une campagne victorieuse. Il pénétra sept fois en Médie, envahit deux fois le pays de Van et trois fois la Syrie. Mariah, roi de Damas et Tun des successeurs de Benhadar III, s'était révolté : il l'assiégea et le prit dans sa ville royale*, La rapidité avec laquelle les rebelles furent châtiés empêcha les
1. Oppert, Histoire, p. 122; G. Rawlinson, The fivegreat Monarchies t. II, p. 109-110; Fr. Lenormant, Histoirey t. II, p. 73; J. Menant* Annales, 118-120. — 2. La Parlhyène, comme Tindique M. Fr. Lenoiw mant, et non la Perse.
LE SECOND EMPIRE ASSYRIEN. 3ôl
autres rois de Syrie do suivre l'exemple de Mariah : la Phénicie, Israël, Edom, les Philistins, n'osèrent point s'agiter pendant toute la durée du règne * . L'empire assyrien s'étendait alors sur la plus grande partie de l'Asie aniérieure : par ses vassaux il touchait d'une part au golfe Persique et à l'Elam, d'autre part à la mer Rouge et à l'Egypte. A l'Orient, il dominait sur la plupart des tribus touraniennes de la Médie et sur quelques-unes des tribus aryennes qui commençaient ^lors à s'avancer dans le plateau de l'Iran. En Arménie, peu de progrès avaient été faits depuis le temps de Touklat-habal-asarP': on occupait le pays des bords du lac de Van aux sources du Tigre, mais au delà les difficultés du terrain et la vaillance des habitants n'avaient pas permis de faire des conquêtes durables. La Mésopotamie, la Ghaldée, la Syrie du Nord, reconnaissaient la souveraineté d'Assour ; même Salmanasar et ses successeurs avaient dépassé le Tauros et l'Amanos; les plaines de la Cilicie, les Toubal, les habitants de la Gappadoce, leur obéissaient. La côte syrienne, de l'embouchure de l'Oronte à Gaza, et tous les royaumes de l'intérieur entre la mer et le désert, relevaient de Ninive. On pouvait déjà appliquer au roi d'Assyrie les paroles du prophète hébreu : il était « comme un cèdre au Liban, dont la hauteur s'est élevée par-dessus tous les arbres des champs. — Tous les oiseaux du ciel ont fait leur nid dans ses branches, et toutes les bêtes des champs ont fait leurs petits sous ses rameaux et les grandes nations ont habité sous son ombre*. »
Arrivé à ce degré de gloire et de puissance, l'empire parut s'affaisser tout d'un coup. Salmanasar IV (780- 770) usa son règne à lutter sans succès contre l'Arménie
1. Une des femmes de Bin-nirari. se nommait Sammourramit. Comme ce nom est le type original du nom de Sémiramis, on a proposé de reconnaître dans la femme de Bin-nirari la Sémiramis d'Hérodote, qui vivait un siècle et demi avant Nabopolassar et qui avait embelli Babylone. Cette Sémiramis elle-même serait le prototype de la Sémiramis légendaire. Ces deux hypothèses n'ont pas été généralement admises. — 2. Éfékhiel, xxxi^ 3-6.
et la Médie : après une seule expédition contre Damât (772) il fut contraint d'abandonner la Syrie. Sous Aasour-dan-Il U (770-752) ce ne sont plus seulement lea vassaux de date récente qui se soulèvent : la révolte éclate aux portes mômes de Ninive, dans le pays d'Arrapha et dans la ville de Gôzan. L'esprit militaire déclinait ; les souverains ne conduisaient plus leurs troupes en personne et renonçaient souvent à la guerre. Au lieu qu'Assour-nazir-habal, Salmanasar III, Samsi-Bin, Binnirari, avaient marqué chaque année d'une expédition heureuse, Assour-dan-Il resta en paix neuf années de son règne sur dix-huit. Sous Assour-nirari II (752r-745), ce fut pis encore : en huit ans, il n'y eut que deux campagnes, dirigées toutes deux contre le pays de Namri, à quelques journées à peine de la capitale*. Les traditions classiques plaçaient vers cette époque une première destruction de Ninive. Elles ignoraient le nom des grands princes du siècle précédent et les remplaçaient par une lignée de rois fainéants issus de Ninos et de Sémiramis. Sardanapale, le dernier d'entre eux, passait, dit-on, sa vie dans le harem, entouré de femmes, habillé en femme et livré aux travaux d'une femme. Deux des princes vassaux^ Arbakês le Mède et Bélésys de Babylone, se révoltèrent. L'imminence du danger éveilla dans Sardauapale lea qualités guerrières de sa race: il se mit à la tête de l'armée qui lui restait, battit plusieurs fois les rebelles et allait les réduire, quand des troupes qui arrivaient de Bactri ane à son secours firent défection et passèrent à l'ennemi. Il s'enferma dans Ninive et y résista deux ans à toutes les attaques ; la troisième année, le Tigre gonflé par les pluies déborda et renversa les murailles sur iine Ion* gueur de vingt stades. Il se rappela alors qu'un oracle lui avait garanti la victoire jusqu'au jour où le fleuve se tournerait contre lui et ne voulut pas tomber vivant aux mains de ses sujets rebelles. Il se brûla dans son palais avec ses trésors et ses femmes, et l'empire périt avec lui *. Il est
1. Ôppert^ Histoire, p. 122-139; G. RawlinsoQ, The five gréai Ifonarchies, t. II, p. 110-127 ; J. Menant, Annales, p. 119-134. — 3. Sur la
certain aujourd'hui que la première destruction de Ni-
siive est un roman historique : mais les monuments nous
■prouvent que pendant trente années entre Bin-nirari II
et Touklat-habal-asar III la puissance de l'Assyrie ne fit
que déchoir*.
Cette décadence momentanée avait rendu les peuples de Syrie à eux-mêmes : ils n'usèrent de leur délivrance que pour se déchirer mutuellement et s'abîmer de plus en plu» dans leurs guerres civiles. Âthaliah avait voulu détruire la maison de Jehoshaphat et établir officiellement en Juda le culte de Baal : elle ne réussit ni dans l'une ni dans l'autre de ces entreprises. Le grand prêtre Jehoïada avait dérebé au massacre un enfant d'Akhaziah et l'avait élevé i secrètement dans le temple. Le parti des prêtres avait déjà fait à cette époque des progrès considérables. Comblé d'honneurs par Asa et par Jehoshaphat, toléré ou confirmé dans ses possessions par leurs successeurs, il avait su gagrner la confiance du peuple et commençait à se mêler de ï politique. Jehoïada gagna les commandants de la garde ; royale et d'autres chefs militaires, leur révéla l'existence ; de Jehoash et le proclama roi dans le temple. Athaliah aci courue au bruit fut tuée et Mattan, le grand prêtre deBaal, t partagea son sort*. Jehoïada s'imposa comme tuteur au nouveau roi, qui avait sept ans à peine : ce fut le règne des prêtres. Us se firent remettre l'administration des biens du temple et profitèrent de leur pouvoir pour s'approprier une partie des revenus sacrés : le scandale causé par leurs prévarications devint si fort que Jehoash dut retirer à Jehoïada et aux sacrificateurs la libre disposition de l'argent du temple. Israël était dans une situation pire encore que celle
légende de Sardanapale voir Ctésias, Fragments^ édit. Didot, p. 39-41 ; cf. Diodore, II, 23-2S; Athénée, XII, 7, etc. — 1. C'est ici que M. Op. part place la lacune de trente années qu'il a cm reconnaître dans le Canon assyrien {Inscriptions cLssyriennes des Sargonides, p. 3-18; la Chronologie biblique fixée par les éclipses des inscriptions cunéiformes, M7). M. Lenormant, qui dans son Histoire d'Orient, t. II, p. 77-82, avait adopté Topinion de M. Oppert, s'est rangé depuis à l'opinion contraire soutenue par MM. G. et H. Rawlinson, Smith et Schrader. — 2. II Rois, XI ; II Chron., zxii, 10-12, xxm.
de Juda. Malgré ses qualités militaires, Jehu ne put tenir tête aux ennemis qui le pressaient de toutes parts. Khazaél parcourut le royaume de Samarie en maître sans que rien pût l'arrêter. Il pénétra jusqu'à Gath sur la frontière philistine, la prit « et tourna son visage pour monter vers Jérusalem.» Jehoash acheta la paix :*«ilprit ce que Jehoshaphat, Jehoram et Akhaziah, ses pères, avaient consacré, et tout Tor qui se trouva dans les trésors du temple el du palais, et l'envoya à Khazaêl, qui se retira de devanl Jérusalem * . »
La misère parvint au comble sous le fils de Jehu. « Jehofr khaz fit ce qui déplaît à Jahveh, et la colère de Jahveh s'embrasa contre Israël et le livra entre les mains de Khazael roi de Syrie, et entre les mains de Ben-hadar, fils Khazaël, durant tout ce temps-là *. » Jehoash, délivré par Si retraite des Syriens des attaques du dehors et par la m( de Jehoïada d'un maître dont l'autorité lui pesait depi longtemps, essaya de se soustraire à l'influence des prêtre Il ne réussit qu'à soulever leur haine contre lui, et fii par être assassiné dans son lit^ Son fils Amatsiah lefl enterrer au tombeau des rois et vengea sa mort sur 1< meurtriers : mais, avec une générosité rare chez les gen de son siècle, « il ne fit point mourir les enfants de cei qui avaient tué son père *.3> Deux années auparavant, Jeh( khaz était mort, laissant à son fils un trésor épuisé, armée impuissante et un État réduit de moitié*.
Au milieu du désordre et de la démoralisation générale les prophètes avaient redoublé d'activité et d'énergie. Lei action s'exerçait surtout dans le royaume du Nord, l'absence d'un sacerdoce régulier et la lutte des religioi phéniciennes contre le culte national entretenaient uni agitation perpétuelle parmi les esprits. D'abord peu noi breux, ils s'étaient multipliés en raison même des peri^
1. II Rots, xn, 17-18. — 2. Ibid., xiii, 1-8. — 3. Le livre des ChitH niques altère et contredit le récit du livre des Rois, pour disculper M prêtres autant que possible. J'ai suivi exclusivement pour le règne iâ Jehoash le récit de II RoiSf xn. — 4. II Rois, xiv, 5-6; II Chron.^ xxf| 3-4. — 5. 11 Rois^ xm, 9-10, xiv, 1.
Bécutions que les rois avaient dirigées contre eux et des obstacles qu'ils rencontraient dans la tiédeur du peuple. Ils s'étaient faits d'office les avocats de ropprimé contre le juge inique ou vénal : sans titre ni pouvoir reconnu, ils maniaient le peuple par la seule force de leur volonté. Ils réclamaient de tous et du roi lui-même le respect de la justice, l'amour de Dieu, l'observance des lois, et, quand ils ne persuadaient pas, ils prenaient sur eux de punir: Elijah, Elisha et leurs amis plus obscurs avaient eu assez d'influence pour soulever des révolutions et provoquer des changements de dynastie. Mais ces vieux prophètes étaient hommes de parole et d'action plutôt qu'hommes de plume : ils n'écrivaient pas et s'inquiétaient peu de voir leurs discours survivre à l'effet produit. Il ne demeura de leur personne et de leurs actes qu'un souvenir confus proportionné à la grandeur des événements et à l'impression qu'ils avaient faite sur l'esprit des contemporains. Leur vie se mêla d^imaginations puissantes et grandioses comme pour Elijah, de miracles exagérés ou de légendes puériles comme pour Elisha. Dans Juda, où le corps sacerdotal était plus fortement constitué, l'esprit prophétique fut moins répandu, mais plus productif en œuvres littéraires. Parmi les prêtres et les lévites qu'on élevait dans l'art du chant et de la composition, il s'en trouva peu que l'inspiration saisit» mais ceux qp'elle saisit réellement eurent à leur service toutes les ressources d'une langue épurée et d'un art habile jusqu'à la minutie. Il n'y avait guère place à Jérusalem pour un illuminé soulevant les masses populaires : on eut des poètes et des hommes d'État dont les écrits agirent BUT les esprits d'élite et sur la classe éclairée. Les malheurs du peuple firent sortir des rangs les premiers prophètes dont nous ayons les livres, Joël d'abord, puis Âmos et Hoshea. Dès lors l'histoire du temps nous apparaît à traders les écrits prophétiques et par les yeux des prophètes telle qu'ils l'entendent et parfois même telle qu'ils la font *.
1 . Sur la révolution qui s'opère alors dans Tesprit du prophétismei voir Ewald, Geschiehte des Yolkes Israël, 1. 111, 1^ ^ax\À^^ ^.'tv^ %q{V
366 Cn.VPlTRE IX.
L'avénemcnt de Jehoash au trône d'Israël et d'Amatsiak au trône de Juda sembla rendre quelque vigueur au peuple hébreu. Jehoash commença par battre Benhadar III, près d'Aphek*, et fut vainqueur dans trois autres combats sans parvenir à chasser complètement les Syriens. On contail qu'avant d'entreprendre cette guerre de délivrance il. a^ait consulté le vieil Elisha mourant. Le prophète lui avait ordonné de tirer des flèches contre terre en sa présence, a Le roi frappa trois fois, puis s'arrêta. — Et l'homme de Dieu se mit fort en colère contre lui et lui dit : a H fallait a frapper cinq à six fois, et tu aurais frappé les Syriens a jusqu'à les anéantir ; mais maintenant tu ne les frappece ras que trois fois^ » Amatsiah de son côté avait vaincu les Édomites dans la vallée du Sel, sur le vieux champ de bataille de David, et leur avait pris Sélah leur capitale. Enivré de son succès, il se crut appelé à rétablir le royaume de Salomon et envoya défier Jehoash dans Samarie. Le roi dlsraël répondit à sa provocation par une parabole : « Le chardon qui était au Liban fit dire au cèdre qui est an Liban : ce Donne ta fille pour femme à mon fils. » Mais une bête sauvage du Liban vint à passer et foula le chardon aux pieds. — Parce que tu as rudement frappé Édom, ton cœur s'est exalté. Contente-toi de ta gloire et te tiens dans ta maison : pourquoi soulèverais-tu le mal par lequel tu tomberas, toi et Juda avec toi ? » La rencontre eut lieu à Beth-shemesh sur la frontière philistine. Amatsiah fut vaincu et pris : Jehoash entra sans opposition dans Jérusalem, la démantela sur une longueur de quatre cents coudées, pilla le temple, emmena des otages et retourna à Samarie, où il mourut bientôt après '. Jéroboam II accomplit ce que son père avait à peine eu le temps de commencer. Les rois • d'Assyrie avaient laissé échapper la suzeraineté sur l'Aram et sur la Phénicie. Damas, ruinée par ses guerres contre Salmanasar III et plus récemment encore par les défaites de son roi Mariah, ne put résister à l'attaque
1. Il Rois, xiri, 17. — 2. /&td., xui, 25. — 3. Ibid,^ xiv, 1-15* II Chron.j xxv, 1, 24. '
des Hébreux. Jéroboam reconquit au nord et à Test tous les territoires que David et Salomon avaient possèdes : les pays de Moab et d'Ammon, la Cœlé-Syrie, Damas et Hamath elle-même, tombèrent entre ses mains ^ Après los longues années de misère durant lesquelles « les Syriens Avaient déchiré Gilead avec des herses de fer^, » son règne apparut comme une époque de paix et de sécurité : le commerce avec la Phénicie et l'Egypte reprit, et « les enfants d'Israël habitèrent de nouveau sous les tentes comme 4LUX jours dupasse*. »Ge furent quarante années de paix et de gloire, les dernières du royaume dlsrael. Six mois i^rès la mort de Jéroboam, son fils Zakariah fut assassiné, en présence du peuple, parShallum, filsdeJabèsh, et la maison de Jehu cessa de régner*. Shallum lui-mômo ne demeura qu'un mois au pouvoir : il fut tué dans Samario •t remplacé par Menakh6m,fils de Gadi^. Taphsakh et plusieurs autres villes qui avaient essayé de résistera l'usurpateur furent traitées avec une cruauté sans égale.
Le châtiment ne se fit pas attendre. En 745, une révolte éclata à Kalakh, dans laquelle disparut Assour-nirari*, et le pouvoir échut aux mains d'un homme peu disposé à me* ner la vie de roi fainéant. On ne sait d'où sortait Touklathabal-asar II, s'il appartenait à la même famille que ses prédécesseurs, ou s'il n'était qu'un usurpateur habile. Si son origine est encore obscure, sa personne brille, dans l'histoire du temps, d'un éclat incomparable. Ce fut un roi taillé sur le patron des grands conquérants d'autrefois, actif et ambitieux, plus assidu au camp que dans son palais. Venant comme il faisait après des années de faiblesse et de décadence, son règne est un des points tournants de l'histoire d'Assyrie. Un successeur d'Assour-nirari qui aurait suivi les errements d'Assour-nirari aurait consommé la ruine du royaume : Touklat-habal-asar II releva les énergies de la nation, lui montra de nouveau lo
1 . II BoiSj XIV, 23-Î8. — 2. Amos, I, 3. — 3. II, Rois, xm, 6, où lo passage est appliqué au temps de Jehonkhaz — 4. II Rois, xv, 8-12. — 5. Ibid,, XV, 13-17. — 6. Menant, Annales^ p. 134.
chemin de Tétranger et la conduisit plus loin qu'elle n'avait jamais été avant lui. Par malheur ce règne si brillant est l'un des règnes les plus difficiles à faire entrer dans le cadre reçu des histoires orientales : les données que ses monuments nous fournissent sur Israël et la Judée diffèrent tellement des récits hébraïques, qu'on ne saurait pour le moment en établir la chronologie exacte sans chance d'erreur ou de contradiction*.
Il monta sur le trône le 13 lyyar (avril) de Tan 745 et se mit à l'œuvre sur-le-champ. Sa première campagne n'eut
1. Touklat-habal-asar eut affaire à trois rois d'Israôl, Menakbem, Pekakh, Hoshea, et à deux rois de Juda, Àsriyahou et Jeotikhax, dont les noms figurent sur ses monuments. La chronologie biblique ordinaire et des difficultés de lecture ont porté M. Oppert à considérer: l** le Menakhem des Assyriens comme un Menakhem II non mentionné dans la Bible etqu'il intercale au milieu du règne de Pekakh ; 2* Asriya* hou de Juda, comme le nom du fils de Tabéel, que Retzîn et Pékakk voulurent substituer à Akbaz (Jehoakhaz) de Juda (Oppert, la Chronologie biblique^ etc., p. 29-32). J'ai adopté au contraire l'opinion de Scbrader, qui raccourcit tous les chiffres donnés par la Bible et fait d'Asriyahou de Juda Âzariah ou Ozziah le Lépreux. Les différences des deux systèmes seront mieux résumées dans le tableau suivant, qui présente les dates des règnes en litige d'après la Bible :
Azariah (Ozziah) aurait régné de 809 à 769 Menakhem — de 771 à 761
Pekakh — de 758 à 738
D*après les monuments assyriens :
Azariah aurait encore régné de 745 à 739 Menakhem — en 738
Pekakh — en 734 et même en 729
ce qui nous force à modifier considérablement le cadre généralement reçu. J'ai de plus considéré Touklat-habal-asar comme répondant à la fois au Phoul et au Tiglath-Pileser de la Bible. Le nom Touklat-habalasar sera, probablement devenu Hàbal-asar, puis H abal, Bal, Palo\i Phoul (Schrader, Die Keilinschriften und das Alte Testament, p. 114- 154, 29i-306). J'ai partout sacrifié les données chronologiques du récit biblique au témoignage des monuments contemporains, car c'est à cette époque surtout qu'il convient d'appliquer les paroles de saint Jérôme dans sa lettre au prêtre Vitalis : « Relege omnes et Veteris et Novi Testamenti libros, et tantam annorum reperies dissov,antiam, et numerum inter Judam et Israël, id est, inter regnum utrumque, eon^ fusum, ut hujuscemodi hœrere quœstionibus non tam studiosi quam otiosi hominis esse videatur. » (Sancti Hieronymi Opéra, édit. Martianay, Paris, 1CG9, 1. 11, co\. ^*l^,.'i
;uèrc pour objet que de constater la suzeraineté d'Assour urlaChaldée septentrionale. Nabou-natsir (Nabonassar), [ni régnait alors à Babylone (747-733), ne fit aucune réistance et fut maintenu*. Nabou-ousabsi, roi de Beth- (hilan, fut battu et mis en croix devant la porte de sa ville, îes royaumes environnants se soumirent et Touklatubal-asar rentra dans sa capitale après avoir pris officielement le titre de roi des Soumirs et des Akkads'. Après me expédition sans importance au pays de Namri par delà bZab (744), il passa en Syrie et convoqua, près de la ville l'Arpad*, tous les vassaux qu'il avait dans cette région. \m princes de Tyr, de Karkémish, de Commagène, et sept \y répondirent à son appel* : si beaucoup refusèrent
1. Nabou-natsir est la forme originale du nom de Nabonassar, par 1&-
Ptolémée commence son Canon astronomique. Depuis longtemps
In reconnu que l'ère de Nabonassar ne reposait ni sur une observation
rphénomènes célestes, ni sur le renouvellement d'une des grandes pé-
en lesquelles les Chaddéens divisaient la vie du monde. On en a
qu'elle devait commencer par un fait historique important et
ta essayé de retrouver ce fait dans les traditions classiques ou dans
I données des monuments contemporains. Les uns ont identifié Na-
avec le Bélésys qui avait vaincu Sardanapale ; cV autres —
c'est le plus grand nombre — ont fait de Nabonassar un tils ou un
Èsnt de Phul-Bélésys et le premier roi légitime du nouvel empire ylonien. M. Fr. Lenormant a proposé {Essai sur les fragments cos- ^ogoniques de Bérosef p. 192-197) une explication plus vraisemblable. Ici vieux rois de Babylone n'admettaient dans le comput officiel que pmnée purement lunaire, mais à partir de Nabonassar on trouve dates exprimées le plus souvent dans l'année solaire de 365 1/4 La révolution opérée par Nabonassar aurait donc consisté à tituer l'année solaire à l'année lunaire. Si Ptolémée a comla série des observations astronomiques certaines à Nabo- % c'est que les observations antérieures, notées dans le système ire d'après les années de règne des rois, ne pouvaient être utilisées jlii'apTès une série de calculs fort longs et peut-être impossibles à faire iès répoque alexandrine. — 2. Les inscriptions jusqu'à présent con- ■ws confondent en un seul récit les deux campagnes de 745 et de 731. ra suiTl les indications de Schrader, Die Keilinschriften und das Alte ftOamenif p. 140. — 3. Aujourd'hui Tel-Erldd, à deux lieues environ nmordd'Alep (Kiepert, dans la Zeits. der D. Morgk Ges., xxv, p. 655) —. 4. Il est probable, mais non cei-tain, que Menakhem de Samarie et Bettln de Damas se soumirent au tribut. Cf. Smith, Assyrian History, dus la Zeitschrift, 1869^ p. 92.
uar. ANC. ^^
de comparaître devant lui, une révolte de TÂr rappela dans les provinces septentrionales de soi et Tempêcha, pour le moment, de les châtier (74; vint Tannée suivante afin de combattre une ligue q formée en son absence à l'instigation des gens Le roi d'Hamath, plusieurs des princes de la côte des personnages aussi éloignés du théâtre des év< que Tétait Azariah de Juda, entrèrent tour à tou: coalition sans pouvoir en retarder la ruine. Arpad après trois ans de siège (742-746) ; Hamath succon: tôt après, et une partie de ses habitants fut in dans les villes d'Oullouba et de Birtou que le roi saccager (739). Cet exemple décida les réfractai huit rois se soumirent, parmi lesquels figurent Menakhem de Samarie et Retzîn de Damas ^.
Les quatre années qui suivirent furent emp] nord et à Test contre T Arménie et la Médie ( Depuis longtemps, les peuples de la Mésopotac tenaient avec TInde et les régions centrales des suivies. Trois routes principales menaient de la Tigre moyen au plateau de l'Iran : Tune, la ployée, franchissait le grand Zab et déboucha bassin du lac d'Ouroumiyèh par le col de E Tautre conduisait à travers la passe de Banne TEcbatane du Nord; une troisième enfin remontî Zab. Par ces trois routes, les caravanes apportai nive les produits de TInde et de la Bactriane, roi le cuivre, les étoffes, les pierres précieuses, comi naline, Tagate et le lapis-lazuli, quelquefois animaux curieux, Téléphant, le rhinocéros et le à deux bosses de la Transoxiane^. Aussi la pi rois ninivites avaient-ils tenu à posséder le pays auquel aboutissaient les grandes voies commercia ques-uns avaient pénétré jusqu'à Textrémité oi
1. Smith, Tfcè ÀnmU of Tiglath-Pilezer II, dans la ZeiU p. 11-13; Scbrader, Die Keilinschriften und das Aîte Tesi 120, 140-liA. ~ 2. G. Rawlinson, The five great Monart p. 653-55')^ 557-&5ft.
& Caspienne, au pays de Bartsou * ; nul ne s'était aventuré m delà du désert de Médie, dans les contrées lointaines de 'extrême Orient. Au printemps de 736,Touklat-habal-asar kbTahit le Namri pour la seconde fois depuis son avènement, K monta jusqu'au district de Barroua* et au pays de Matti^ les bords du lac d'Ouroumiyèh'. Il tourna ensuite à l'est longeant la rive méridionale de la Caspienne, parvint pays de Partsoua dont il prit les principales villes : lan*, Ourzikki^ et Istar*. Ses prédécesseurs s'étaient ités dans ces parages et ne s'étaient pas souciés de s'éicr davantage de l'Assyrie : il se lança dans la direcdu Mont Nâl', traversa les districts de Zikrouti', de •, de Tsibour**, puis divisa son armée en deux colondont l'une descendit vers le sud, dans la direction du rHamoun, par les provinces de Paria •* et de Boustous **, 18 que l'autre continuait vers l'est, à travers l'Ariaret la vallée de l'Étymander. Les deux divisions se mt dans l'Araqouttou ** et, continuant leur pointe le sud, arrivèrent dans la vallée de l'Indus au pays de iti *• et de Silkhari , auquel les marchands babyloqui fréquentaient ces parages donnaient le nom de l. Ce fut le terme de leur marche : elles regagnèrent jouttou par Ousqaqqana *• et les ca^l;ons orientaux de ['flédrosie, puis rentrèrent à Ninive nai ia route qu'elles ient suivie en allant. Des conquête» aussi lointaines ne dent être qu'éphémères : Touklat-habal-asar était à de retour en son royaume, que les nouvelles pro-
Toir p. 360, note 2. — 2. La Ouipa de Strabon, h XI, 13, 3> peut-être
le du Nord, peut-être Gazaca. — 3. Les MattYivoî d'Hérodote, VII,
4. Aujourd'hui Âbadan. — 5. *Açaàx (corrigé d"Â<raàx) d'Isidore
[, $ It, édit. C. MûUer. ~6. Aujourd'hui Aster-Ahad.--1. Peut-
\h Paropamisos, peut-être la chaîne qui sépare rAraohosie de llpde
de laquelle Ptolémée signale une ville de Naulibé, aujourd'hui
L — 8. Les layoïptioi d'Hérodote, I, 125; cf. Inscript, de Be-
i, col. II, § 15. — 9. La Nîffaia d'Isidore, § 12 ; aujourd'hui Nisa-
\ — 10. Peut-être la laçpî d'Isidore, § 12; aujourd'hui Sherif-abad, (?).
'tl. 9pà (Isidore, $ 16) ou 4>pàâa {Et. de Byzance), aujourd'hui Far-
1 — lî. BiwT ou Bî<JT (Isidore, § 19), aujourd'hui Bost ou Bist, —
L'Arie. — 14. L'Arachosie. — 15. Les loi\x^xax de PtoléméOi Yl,