‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient (volume 3)Chapitre 58 sur 170 · îlRoU, XYUi, 28-37. — %. Ibt<i.,xix, 10-13. — 3. Ihid · texte numérisé non relu

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contre elle. Il s'en retournera par le chemin par lequel il est venu, et il n'entrera point dans cette ville, dit Jahveh. Car je garantirai cette ville, afin de la délivrer, pour Tamour de moi, et pour Tamour de David, mon serviteur. Il arriva donc cette nuit-là qu'un ange de Jahveh sortit , et tua cent quatre-vingt-cinq mille hommes au camp des Assyriens ; et quand on fut levé d'un bon matin, voilà, c'étaient des corps morts. EtSin-akhè-irib,roi des Assyriens, partit de là; il s'en alla, et s'en retourna, et se tint à Ninive*. » Au dire des Égyptiens, quand Sin-akhé-irib entra en Egypte, « la caste guerrière refusa de se battre pour le roi Séthon, prêtre de Ptah,qui l'avait dépouillée d'une partie de ses privilèges. Le prêtre, enveloppé dans ces difficultés, entra au temple et, devant la statue, se lamenta au sujet des dangers qu'il allait courir. Pendant qu'il gémissait, le sommeil vint à lui et il lui sembla, en une vision, qu'un dieu, se tenant à ses côtés, le rassurait et lui promettait qu'il n'éprouverait aucun échec en résistant à l'armée des Arabes : car lui-même devait envoyer des auxiliaires. Plein de confiance en ce songe, il réunit ceux des Égyptiens qui voulurent le suivre pour les conduire en armes à Péluse, porte de l'Egypte de ce côté. Nul des guerriers ne l'accompagna, mais des petits marchands, des foulons, des vivandiers. Ils arrivèrent à leur poste, et, durant la nuit, une nuée de rats des champs se répandit sur leurs adversaires, dévorant leurs carquois, les cordes de leurs arcs, les poignées de leurs boucliers, de telle sorte que, le lendemain, les envahisseurs, se voyant dépouillés de leurs armes, s'enfuirent, et qu'un grand nombre fut tué. On voit maintenant dans le temple de Ptah la statue en pierre de ce roi, ayant sur la main un rat, et cette inscription : « Que celui qui me regarde soit pieux*. »

Sin-akhè-irib ne revit plus jamais la Palestine. Non que la perte d'une seule armée fût un coup assez rude pour ame-

1. II Aotf, XIX, 32-36. — 2. Hérodote, II, ch. cxLi.Oppert, Mémoire sur les rapports de V Egypte et de V Assyrie ^ p. 29-38 ; Fr. Lenormant, Uis' toiref t. II, p. 99-100; Schrader, Die Ketlinschriften und dot AUe TeftameTU, p. 168-205; J. Menant, ilnnale<, p. 21%-1\^.

ner, comme le prétend Josèphe, la destruction de l'empîr ninivite : il se refit promptement de sa défaite et reparu bientôt sur les champs de bataille, plus terrible que jamais ; mais les guerres sanglantes qu'il eut à soutenir vers Torient et le nord ne lui permirent pas d'envoyer en Syrie la moindre partie de ses forces. Tandis qu'il était occupé sur les confins de TÉgypte, la Ghaldée, fatiguée du gouvernement de TAssyrien Belipnou, s'était soulevée et donnée de nouveau à Mardouk-bal-idinna. Celui-ci, qui s'attendait à une guerre immédiate, avait tâché tout d'abord de s'assurer des auxiliaires. Il avait déjà l'alliance de l'Elam, il rechercha celle de la Judée. Le désastre de Sin-akhè-irib avait en effet répandu au loin la réputation d'Hizkiah et l'avait « élevé à la vue de toutes les nations' ». Avec les tributs et les présents que les petits princes voisins lui envoyèrent : il avait refait son trésor royal, épuisé par la rançon qu'il avait payée : « Hizkiah donc eut de grandes richesses et une grande gloire, et amassa des trésors d'argent, d'or, de pierres précieuses, de choses aromatiques, de boucliers et de toute sorte de vaisselle précieuse. Et il fît des magasins pour la récolle du froment, du vin et de l'huile, et des étables pour toutes sortes de bêtes, et des rangées dans les étables. Q se fit aussi des villes, et il acquit des troupeaux du gros et du menu bétail en abondance ; car Dieu lui avait donné de fort grandes richesses. Hizkiah boucha aussi le haut canal des eaux de Guihon, et en conduisit les eaux droit en bas, vers l'occident de la cité de David. Ainsi Hizkiah prospéra dans tout ce qu'il fit'. » L'alliance de Juda était désirable à tous égards, mais il fallait trouver un moyen d'entrer en relation avec lui. Une maladie dont Hizkiah faillie mourir et à laquelle il n'échappa qu'à grand peine lui fournit un prétexte naturel. Mardouk-bal-idinna envoya une ambassade, soi-disant pour féliciter le prince juif de sa guérison miraculeuse, en fait pour sonder ses intentions au sujet de l'Assyrie. « Hizkiah en fut joyeux et leur montra les chambres où étaient toutes ses richesses, l'argent et ror,

l. II Chron,^ xxvii, 23. — 2. II Chron,, xxxn, 27-30.

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et les choses aromatiques, et les onguents précieux, tout son arsenal, et tout ce qui se trouvait dans ses trésors. Il n'y eut iien qu'il ne leur montrât, ni dans sa maison ni dans sa cour*. » On dirait qu'enivré de son triomphe inattendu et de l'hommage qui lui venait de si loin, il se soit senti disposé à accueillis les propositions des Babyloniens. Jesaïah, plus prévoyant que son maître, sut s'in terposer à temps. « Écoute, lui dit-il, la parole du Dieu des armées : voici venir les jours que tout ce qui est dans ta maison, et ce que tes pères ont amassé dans leurs trésors jusques à aujourd'hui, sera emporté à Babylone ; il n'en demeurera rien de reste, a dit Jahveh. Même on prendra do tes fils qui sortiront de toi et que tu auras engendrés^ afin qu'ils soient eunuques au palais du roi de Babylone'.» L'événement montra bientôt combien ces conseils étaient sages : Mardouk-bal-idinna et son lieutenant Souzoub, battus et poursuivis jusque dans les marais de la Basse Chaldée , s'enfuirent en Elam , où le premier mourut peu de temps après. Sin-akhè-irib, de retour à Babylone, y établit comme roi Assournadin, son fils aîné.

La paix était à peine établie en Ghaldée qu'elle fut troublée sur les confins de la Médie. On alla relancer les tribus du mont Nipour jusque dans leurs repaires. « Elles avaient établi leurs demeures comme des nids d'oiseaux, en citadelles imprenables, au-dessus des monticules du pays de Nipour, et sur de hautes montagnes. Elles ne s'étaient pas soumises. J'ai laissé les bagages dans les plaines du pays de Nipour, avec les frondeurs et les porteurs de lances, et les guerriers de mes batailles incomparables ; je me posai devant elles comme un portique de colonnes. Les débris des torrents, les fragments des hautes et inaccessi- Dles montagnes, je les transformai en trône; je fis aplanir une cime sur la montagne pour y poser le trône. Je bus Peau de ces montagnes, l'eau auguste, pure, pour étancher ma soif. Quant aux hommes, je les surpris dans les crevasses des forêts montueuses ; je les vainquis, j'attaquai leurs

U Je$a%ah, zxxn» 2. — 2. id., xxxiz, &-T

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villes, en les dépouillant de leurs habitants, je je les démolis, je les réduisis en cendres'. » Il traîner à entreprendre une expédition conti « Perché sur les hauteurs des crêtes inacces! Maniya, fils de Bouti, attendait Tapproche mée; il avait abandonné la ville d'Oukkou, 1 royauté, et s'était enhii vers le lointain. J'ai pris la ville d'Oukkou, j'emmenai les habitai tai de la ville ses biens, ses dépouilles, le t palais, je le gardai comme bonne prise. J'occ trois villes de son territoire et son district ; les bêtes de somme, les bœufs et les mouton: levai des villes que je détruisis, démolis et cendres *. »

Il semblerait qu'après tant d'années de akhè-irib eût acquis le droit de se reposer ei le palais qu'il venait de se faire bâtir à Ninive velie révolte l'appella encore une fois en C guerre commença dans les régions maréca bordent la rive du golfe Persique, à l'Occidei phrate. Les gens de Bet-Ya^:in, las de la ninivite, « rassemblèrent leurs dieux, les em sur leurs navires » et vinrent s'établir de 1 du golfe, sur une portion du territoire si leur céda le roi Koudour-Nakliounta , fils du Nakhounta, qui avait tenu tête à Saryouki porté Mardouk-bal-idinna dans ses dernières Sin-akhè-irib se mit à la poursuite des fug résolu, cette fois, d'en flïiir avec l'Élam. Il fit matelots syriens qui descendirent TEuphrate portèrent son armée au cœur même du pay « Les guerres fréquentes qu'ils avaient faites g syrienne avaient familiarisé les Assyriens avec non avec la pratique de la navigation; comm raineté qu'ils exerçaient sur la Phénicie mett disposition une quantité considérable d'ouvrie:

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