Hérodote^ l
grand palaiu et s'entoura d'une garde royale, ensuite à ses sujets d'abandonner leurs vill( réunir auprès de lui, dans les murs d'une taie. « Les Mèdes, dociles à ses ordres, bâtir( immense et bien fortifiée qu'on nomme  enceintes sont excentriques et construites c que chacune dépasse l'enceinte inférieure s la hauteur de ses créneaux. L'assiette du liei en colline, favorisa cet arrangement. Il y s sept enceintes, et dans la dernière lé palais du roi. Le pourtour de la plus grande égale le pourtour d'Athènes. Les créneaux de la p peints en blanc; ceux de la seconde en noir troisième en pourpre; ceux de la 'quatrièi ceux de la cinquième sont d'un rouge orang dernières les créneaux sont argentés pour V\ pour l'autre. Toutes ces fortifications, Déï élever pour lui-même et pour son palais; i au peuple de se loger hors de la citadelle. ] minée, il posa le premier en règle que nu chez le roi, mais que toutes les affaires s'expéd l'entremise de certains officiers qui les rappc monarque; qu'il serait indécent de regarder 1 lace, de rire ou de cracher en sa présence. I ce cérémonial autour de lui pour ne pas d( contemporains élevés avec lui, aussi bien n bien doués que lui, l'occasion de s'aigrir à sj conspirer contre lui : il pensait qu'en se rende à ses sujets ils finiraient par le considérer con d'une nature différente*. »
Le personnage de Déïokès n'a rien d'historiqi a été retrouvé sur les monuments. En 713, Sar un pays de Bet-Dayakkou, ainsi nommé d'apri verain : Dayakkou répond évidemment à Déîoki
1. Hérodote, I, 98-99. — 2. Voir sur la tournure grec toire de Déïokès les observations de Grote {History of p. 307 sqq.) el(i. Ka.vjlmsorv (,ff€rodo«MJ, t I, p. 321) ; 'i Monarchies, t. U, p. ^^O-'i^oV — ^. ^> ^^xi\\ ^^>«\s?sv'5.'5îv
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y a entre Dayakkou et Déïokès une différence essentielle : Dayakkou fut et resta toute sa vie un petit chef obscur de Médie; Déïokès est un fondateur d'empire. Il faut donc regarder et le personnage de Déïokès et son règne de cin- ^ante-trois ans comme une fiction poétique agréable à la Vanité des peuples aryens, démentie par l'histoire •. Sous Saryoukin, sous Sin-akhe-irib, sous Assour- akhè-idin, ft'est-à-dire pendant le demi-siècle de puissance que la léronde accorde généreusement à Déïokès (708-655), la Méiie était morcelée en petites principautés dont la plupart payaient tribut à TÂssyrie *.
Il» religion Iranienne) Zoroaatre} le» Steses*
. La religion des Mèdes et des Perses dérivait du culte des anciennes populations aryennes, tel que nous le font connaître en partie les livres sacrés de l'Inde. Ç'avaient d'abord été les mêmes rites, les mêmes croyances, les mêmes noms divins appliqués aux mêmes idées; puis, des divergences s'étaient montrées, d'abord presque insensibles, bientôt assez accentuées pour former deux systèmes de dogmes contradictoires. Les Aryens connaissaient d'une manière confuse un dieu unique d'essence, multiple en ses manifestations et comme perdu en elles. Son unité se décomposait en une pluralité d'attributs dont chacun était susceptible de s'animer et de devenir une personne indépendante. C'est de cette conception une à la fois et multiple que sortirent par des procédés différents les religions polythéistes de l'Inde et de l'Europe ; c'est d'elle que sortit la religion dualistique des peuples Iraniens. Les légendes nationales reportaient sur le prophète
que Déiokès répondait à Dahak, second élément du nom d*Aj-dahak, le serpent qui mord, en grec *A(n\iàyi\i {Notes on the Early Bistory of BiMbylonia, p. 30, note 2). Je crois que M. Fr. Lenormant a raison d^dentifier le mot Déïokès avec Dayakkou. — 1. M. Fr. Lenormant a Bfsayé récemment de démontrer l'authenticité du Déïokès d'Hérodote ^LeUret assyrioîogiques, l" série, t. I, p. 5&-62)« — 2. G. Rawlinson^ fierodotus, t. I,p.3'28 331; T/i^^te flr^îatHonar chics, \.\\,^.YvVîK^,
Zarathoustra (Zoroastre ] ' Thonneur d'avoir éta religion. Presque tous les écrivains de l'antiquit s'accordent à placer ce personnage sur les plai reculés de Tantiquité fcîbuleuse. Hermippos et faisaient vivre six ou sept mille ans avan d'Alexandre; Pline le disait de mille ans a Moïse*, et Xanlhos de Lydie prétendait qu'ent et Tavénement de Darios il s'était écoulé six < Zarathoustra vivait aux premiers âges de la race au temps où les tribus étaient encore campée triane. Il était de race royale et fut choisi par avant sa naissance, pour régénérer le monde. S et sa jeunesse se passèrent dans des luttes i contre les démons : toujours assailli, .il étai vainqueur et sortait plus parfait de chaque éprei: il eut trente ans, un génie supérieur, Yôhouapparut et le conduisit en présence d'Âhourâ-ms à interroger Dieu, il demanda « quelle était la des créatures qui sont sur la terre? » On lui ré] celui-là était parfait parmi les hommes dont le coe U voulut ensuite connaître le nom et la fonction des anges, la nature et les attributs du mauvais Il traversa une montagne de flammes, se laissa corps et verser dans le sein du métal fondu, san; aucun mal ; après quoi il reçut des mains de Diei le livre de la loi, et fut renvoyé sur la terre. Il s Balkh, auprès de Vîstâçpa, fils d'Aourvat-açpa gnait alors sur la Bactriane, et y délia les sages ( Pendant trois jours, ils essayèrent de le combattra garer, trente à sa droite, trente à sa gauche. Lo: furent avoués vaincus, Zarathoustra déclara qu!ï.
1. Le nom de Zarathoustra peut signifier la splendeur de y a d'autres étymologies possibles. — 2. Plin., H. iV., X] 3. Xanthos, dans 0. Mûller, Frag. H. Grœc, t. I, p. 44. Ct de Zoroastre un roi de Bactriane contemporain de Ninos et — 4. Les livres persans modernes nomment ce roi Gousli Lohrasp. Vtsiâiçpa-Goushtasp est devenu en grec *rcrcàaT personnage de VisU)L(;pa tfat n&xi âi^ «iQitùmxisx w^^V^-^^^^ de
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- Dieu et commença de lire TAvesta au roi. Persécuté par les sages, accusé de magie et d'impiété, il finit par Tempor-
|ter à force d'éloquence et de miracles. Vîstâçpa, sa femme, >8on fils, crurent en lui, et la plus grande partie du peuple Suivit cet exemple. La légende ajoute qu'il vécut longtemps tacorc, honoré de tous pour la sainteté de sa conduite. Selon les uns, il mourut frappé de la foudre; selon les autres, il fut tué à Balkh par un soldat touranien. On s'est iemandé souvent s'il était un personnage historique ou seulement un héros mythique égaré dans l'histoire*. On be saurait trancher pareille question d'une manière décisive. Tout ce qu'on peut affirmer, c'est que, si Zoroastre ^ "vécu réellement, nous ne savons rien de lui que le nom,
— le nom et l'œuvre à laquelle il consacra sa vie*.
Les livres attribués à Zoroastre ont subi le sort de tous les livres sacrés : ils ont été mutilés et interpolés tant de fois, qu'on ne sait pas toujours discerner avec certitude ce qu'ils renferment d'authentique. Nous n'avons de l'Avesta
Îue des fragments conservés dans trois recueils : le Venidad-Sadé, le Yesht-Sadé et le Boundéhesh. Le Vendidad- Sadé se compose du Vendidad ou « livre contre les démons », du Yaçna et du Vispered : il est écrit en zend, de même que le Yesht-Sadé. Le Boundéhesh est rédigé dans la langue vulgaire de la Perse au temps des Sassanides, le pehlevi. Il y a dans ces trois recueils des morceaux de tout âge et de toute valeur, les uns assez anciens pour nous donner, sinon la forme originelle, au moins l'esprit de la doctrine iranienne; les autres modernes et mêlés de formules étrangères. Les Iraniens adoraient un seul dieu, Aouramazdâ*, l'esprit sage, « le lumineux, le
1 . Voir sur cette question Kern, Over het woord Zarathustra en den mythischen Persoon van diesen Noam, dans les Mémoires de V Académie des sciences des Pays-Bas, X XI, 1867. Tout le récit de la vie de Soroastre repose sur des légendes modernes dont Tautorité est des plus douteuses. — 2. Spiegel, Erdnische AUerthumskunde, 1. 1, p. 668-711. — S. Cest Torthographe des inscriptions cunéiformes perses. Le zend dit Aliour6-mazd&o et le persan moderne Ormouzd. De Masdd vient le nom Mazdéisme, qu'on donne souvent au système t^W^K^vtl ^^■^V^xsNkw^.
msr, ANC. ^
resplendissant, le très-grand et très-bon, le et très-actif, le très-intelligent et très-beau incréé, mais a créé toute chose par le verbe, tion n'est pas, comme dans beaucoup d'autre nies, la mise en œuvre d'éléments préexistants de sa parole il a tout tiré du néant, esprit e Dès le commencement, il s'est donné, comme dans l'administration du monde, six génies d'< rieur qu'on appelle les Amesha-çpenlas (Amj a les immortels », Vôhou-manô, le « bon espr: vahista, le « très-pur », Khshathra-vairya, le <c désirable, » Çpenta ârmalti, la « sagesse Haourvatât, la santé, Ameretât, l'immortalité *. Amesha-çpentas viennent les Yazatas (Yzeds) , ré milliers dans l'univers pour veiller à la cons< au jeu de ses organes, l'esprit du soleil, Mithr Vayou, les différents génies de l'eau, du feu, des astres *. Ils touchent de près à une classe d ciaux, les Fravarshis (Frohar ou Feroûer) . Chaqi chaque Yazata et Aouramazdâ lui-même avait varshi qui veillait sur lui et se dévouait à sa tion. Après la mort de l'homme, le Fravarshi ciel et y devenait une sorte de génie indépend tant plus puissant pour le bien que la créature il s'était attaché sur la terre avait montré plus et de vertu*.
Aouramazdâ avait fait le monde et avait voul bon. Mais la création ne peut subsister que par 1 de forces opposées qu'elle met en jeu. L'oppositi forces inspira aux Iraniens l'idée qu'elles étaient deux principes ennemis, Tun bon et utile, l'autre et nuisible à l'homme. Ce mauvais principe coétemel au bon principe : tant qu'Aouramazdi point le monde, le mal ne fut point : mais, h
1. Taçnd, 1, 1. — 2. Spiegel, Erdnische Alterthumskunde, 31, a résumé tous les passages des livres sacrés où il e d'Aouramazdâ. — 3. Idem, ihid., t. II, p. 31-40. — 4. I p. 41-91. — 5. Idem, ibid,, ^, ^\-%^.
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kJinB l'œuvre de la création il tira la matière du néant =* et suscita les forces qui la régissent, leurs actions et *i lears réactions firent apparaître, sans qu'il y eût de ^ tt volonté, un génie destructeur, que les hommes appc- '3s: lèrent Angrômaïnyous (Ahriman) , le destructeur. De .-.même qu'Aouramazdâ se manifestait dans tout ce qu'il .1 y a d'utile et de beau, dans la lumière, dans la jusi: tice, dans la vertu, Angrômaïnyous se montrait dans ' tout ce qui est nuisible et laid, dans les ténèbres, dans le crime, dans le péché. Le désir de détruire l'harmonie jAb l'univers rendit créateur ce pouvoir malfaisante Aux six Amesha-çpentas il opposa six esprits égaux en force jet en puissance : Akômanô, le « mauvais esprit », Andra, qroi cherche à semer dans le monde le chagrin et le péâié, Çaourou, qui pousse les rois à la tyrannie, les hommes au vol et au meurtre, Nâonghaihya, Taourou et Zaîrica'. Contre les Yazatas il suscita les ûaêvas (devs) « ou démons, qui ne cessent d'assiéger la nature et de . 8*opposer à la régularité de ses mouvements'. Au mo- ^ xnent de la création, tandis qu'Aouramazdâ faisait appa- ^ nltre la lumière, l'homme, tout ce qu'il y a de bon en ce ^ inonde, Angrô-maïnyous tirait du néant les ténèbres, les \ animaux et les plantes nuisibles : jaloux de l'homme, il cherche à le faire décheoir. Avant l'arrivée de Zoroastre, C ses créatures mâles (Yâtous) et femelles (Païrikas, Péris) se mêlaient librement aux hommes et contractaient des ,: alliances avec eux : Zoroastre brisa leurs corps et leur dô- '•. fendit de se manifester autrement que sous forme d'animaux \ Leur pouvoir ne sera complètement détruit qu'à la fin des temps. Alors trois prophètes issus de Zoroastre, Oukhshyat-ereta, Oukhshyat-nemô, Çaoshyanç ou Açtvat- ^^ eretô, apporteront au monde trois nouveaux livres de la '[ loi qui en compléteront le salut. Les ténèbres disparaîtront '^ devant la lumière, la mort devant la vie, le bien devant le mal. Angrô-maînyous lui-même devra reconnaître la sou-
1. Spiegel, Erànisehe Alterihumskundêy t. II, p. 121-126. —2. Idem, ' tbid., p. 126-130.— 3. Idem, tbid., p. 130-Ul,— ^, Idw^tWd.^V- ^^Vl^^
yeraineté d'Aouraroazdâ, et la perfection r l'univers*.
Au milieu de la lutte entre les deux principe; assailli par les Daêvas, défendu par les Yî vivre selon la loi et la justice dans la conditio Ta jeté. A côté du prêtre et du soldat, le lé réservé une place d'honneur à celui qui culti'^ <c C'est un saint, celui qui s'est construit îci-ba son dans laquelle il entretient le feu, du femme, ses enfants et de bons troupeaux. Ce produire du blé à la terre, celui qui cultive les champs, celui-là cultive la pureté : il ava d'Aouramazdâ autant que s'il offrait cent sa L'homme a été placé ici-bas afin de disputer maïnyous les parties stériles du sol : labourer e mier devoir. Pour le reste, on avait soin de n charger sa vie de formules : on exigeait de lu en Dieu, qu'il lui adressât des prières et des (ju'il fût simple de cœur, sincère de paroles , tous ses actes. « Nous adorons Aouramazdâ, le p gneur de pureté; nous adorons les Amesha-çj possesseurs du bien, les distributeurs du b adorons tout ce que le bon esprit a créé, to
f)eut servir au bien de sa création et à l'ext a vraie foi. — Nous louons toutes les bonnes toutes les bonnes paroles, toutes les bonne qui sont ou qui seront, et nous conservons tout ce qui est bon. — Aouramazdâ, être touj toujours heureux! nous nous efforçons de pt parler, d'agir comme il convient pour assister vies* », celle de l'âme et celle du corps. Ao n'avait ni statues, ni sanctuaires mystérieux tels*; mais sur les hauteurs s'élevaient des ] temples du feu où la flamme sacrée était entrete. on âge par des prêtres dont le devoir était de
1. Spiegel, Erdnische Altvthumskundef t. II, p. 153-lf8.- XXXIU, 2-3. — 3. Ibid., ^^^V,\-'i. — W.\\^x^^^v^,V^Uî
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. laisser s'éteindre*. La principale victime était le cheval*; mais on offrait aussi le bœuf, la chèvre et la brebis. Âpres I avoir préparé et distribué aux assistants le Haôma, sorte : de Loisson enivrante que les Iraniens avaient reçue des peuplades aryennes primitives *, le prêtre tuait l'animal et en plaçait les morceaux non pas dans le feu que le contact aurait souillé, mais devant le feu sacré. La cérémonie se terminait d^ordinaire par un banquet solennel oii Ton mangeait la chair de la victime \
Après la mort, on ne devait ni brûler le corps, ni l'ensevelir, ni le jeter dans une rivière : c'eût été souiller le feu, la terre ou l'eau. On avait deux manières différentes de se débarrasser du cadavre sans dommage pour la pureté des éléments. On pouvait le recouvrir d'une couche de cire et l'enterrer* : l'enduit passait pour empêcher la souillure qu'aurait produite un contact direct avec la terre. On pouvait l'exposer en plein air et le laisser dévorer aux oiseaux ou aux bêtes de proie * : en ce cas de grandes tours rondes servaient de cimetières''. L'âme, après être restée trois jours encore dans le voisinage de sa dépouille mortelle, la quittait à l'aube du quatrième pour se rendre au lieu du jugement. Le génie Rashnou pesait ses actions bonnes et mauvaises dans la balance infaillible et l'acquittait ou la condamnait selon le témoignage de sa propre vie. Au sortir du tribunal, on la menait à l'entrée du pont Çinvat qui était jeté sur l'enfer et menait au paradis. Impie, elle ne pouvait le franchir et tombait dans l'abîme, où elle devenait l'esclave d'Angrô-maïnyous ; pure, elle le passait sans peine avec l'aide de l'ange Çraosha. Vohou-manô lui
1. Strabon, 1. XV, 3.— 2. Xénophon, Cyrop., VIII, 3, § 24 ; Taçna,
XUV, 18, où il est question d*un sacrifice de dix chevaux offerts par un
wul individu. — 3. Le haôma, en sanscrit sôma, était extrait de la
plante hckoma ou soma, une sorte dUAsclépias ou Sarcostema viminalis,
, —4. G. Rawlinson, The five great Monarchies, t. II, p. 337-339, i45-346.
; -5. strabon, 1. XV, 3; Hérodote, I, 140. — 6. Strabon, l. l. ; Héro-
I dote (1, 140) semble croire que les corps étaient enterrés après avoir
été dévorés seulement en partie par les chiens ou par les oiseaux . —
^•Ces tours s'appellent dalthmas «monuments » (Vcndidad, Farg..