‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient (volume 3)Chapitre 79 sur 170 · Hérodote, IV, 143; V, 2, 10, etc · texte numérisé non relu

Hérodote, IV, 143; V, 2, 10, etc

5&0 CHAPITRE Xm.

cette histoire âe raconter en détail le soulèvement de 11^ nie et les événements qui suivirent. Pour la première fois depuis Tavénement de Ryros, l'empire perse éprouyasi éôhec sérieux qui compromit sa sécurité. Sardes fut piise et brûlée; la Carie, les peuples de THeliespont, Ghypn^ rejetèrent le joug du gprand roi : sans leurs désuniossltt Grecs d*Asie auraient réussi peut-être à rester libres. Lmt défaite et leur soumission assurées, Darios. songea à tiier vengeance des Athéniens et des Erétriens, qui avaient pm part à la lutte. Une première expédition sous MardomM échoua (492). Deux ans plus tard, Datis et Artaphemès, débarqués en Attique, furent battus à Marathon (490). Ces désastres ne découragèrent pas le vieux roi : trois années durant il rassembla des armes, des provisions, des soldats, des vaisseaux : il allait se mettre en marche a 467, quand un accident imprévu l'arrêta.

LA D£GABENGË ET LA CHUTE DE L'EMPIRE PElSi

Xenès I**; les guerres médiqiies; Artaxerxès V"; Darios II. — Artoxenès II (40&-362). — Artaxerxès III Okhos (362-339); les dernières dynasties indigènes de TÊgypte (404-343} ; Darios in et Âlexandie de Macédoine; chute de Tempire perse.

ILenès 1"! les i^erres médlques } Artttxerxèfl l*f

Darios 11.

Depuis son avènement, Darios s'était toujoars étudié à mériter l'amour, ou du moins à gagner la tolérance de st^ sujets égyptiens. Avec un peuple dévot et plein de sa vieille gloire, le meilleur moyen d'y réussir était de respecter la religion et de s'incliner devant un passé dont le n' était ipaa k w^vci^^^ . ^ ^^^^-^^ Va-W \!e;a^i^s abattus

par Kambysès et accorda sa faveur aux prêtres persécutés*. La conduite oppressive du satrape Âryandès faillit un moment détruire les résultats de cette politique : il le destitua et le mit à mort *, pas assez tôt cependant pour prévenir une révolte. Il accourut en toute hâte, et le hasard voulut qu'il arrivât à Memphis quelques jours après la mort d'un Hapi. Kambysès s'était moqué du dieu et l'avait frappé : Barios le pleura et promit, dit-on, cent talents d'or à qui en trouverait un nouveau. Sa piété ramena les rebelles : ils to soumirent sans combat *. Avant de quitter le pays, il visita le grand temple de Phah et voulut y placer sa statue à côté de celle de Sésostris. Les prêtres ne le lui permirent point, <c car, dirent-ils, Darios n'a pas égalé les actions .« de Sésostris l'Égyptien. Il n'a pas vaincu les Scythes « (jue Sésostris avait vaincus. » Darios répondit qù' « il a espérait faire autant que Sésostris, s'il vivait aussi long- « temps que Sésostris avait vécu, » et s'inclina devant l'orgueil patriotique des prêtres ses sujets^. Il rétablit du mieux qu'il put les anciennes voies commerciales qui avaient jadis porté en Egypte toutes les richesses du monde ancien. Il rouvrit le canal des deux mers, auquel le voyage de Skylax avait donné plus d'importance que

C' mais ^ : les marchandises arrivèrent directement des mches de l'Indos dans les ports de la Méditerranée. U exploita la route qui va de Coptos à la mer Rouge, et celle tfâà .mène de Siyout et d'Abydos au Soudan. La grande Oasis, où les princes saïtes avaient déjà envoyé des colons grecs, reçut de fortes garnisons et devint un des postes les plus importants de l'Egypte. Il y fit construire, dans la

1. De Rougé, Mémoire gur la ttatuette naophore du VcOican, —^ 1 Hérodote, IV, 166.— 3. Polyen., StraL, VU, 11, 7. L'Hapi en question ne peut être i'Hapi mort en 517; Tinscription de Béhistoun ne marque tucune révolte de TÉgypte, et d'ailleurs la conquête de*la Gyrénaîque par Aryandès (Hérodote, IV, 166-167, 200-204)^ est postérieure â Texpédition de Scythie. Le voyage de Darios en Egypte doit donc se placer vers le temps de la révolte d'Ionie, entre &04 et 498. — 4. Hé^ rodote, II, 110; Diodore, I, 58, ô.— 5. Hérodote, II, 159. On a trouvé sur plusieurs points de l'isthme, et notamment à Cbalouf, des stèles trilingues de Darios. -

petite ville de Hib *, un grand temple d*Ammon, dont les ruines subsistent encore aujourd'hui*. Les Égyptiens le mirent au nombre des six législateurs dont ils vénéraient le nom et la mémoire.

La reconnaissance ne fut pas assez forte pour étouffera eux le souvenir de Tindépendance ou le désir de la liberté. ' En 48^3 *, ils chassèrent les Perses et proclamèrent ni Khabbash, qui descendait probablement de la {amillo^ Psamétik. Darios ne voulut pas arrêter pour eI peusi grande expédition contre la Grèce : il rassembla une nouvelle armée et se préparait à mener les deux guerres de front, lorsqu'il mourut dans la soixante-treizième année de son âge, et dans la trente-sixième année de son règne (48*)) *. Avant d'être roi, il avait eu trois enfants d'une première femme, fille de Gobryas. Artabazanès, l'aîné d'entre eux, avait longtemps été considéré comme héritier présomptif et avait probablement exercé la régence en cette ' qualité pendant l'expédition de Scythie ^. Mais au moment de la révolte d'Egypte, quand Darios eut à désigner son successeur, la reine Atossa lui remontra qu'il valait miem choisir l'aîné de ses enfants à elle, Khshayarsha (Xerxès), qui était né dans la pourpre et descendait par elle de Ryros. Son influence était toute-puissante sur le vieux roi : il céda*, et peu de temps après Xerxès monta sur le trône sans opposition. C'était un homme d'environ trente-quatre ans, faible d'esprit et de caractère. Il songea d'abord à suspen-

1. Aujourd'hui el-Khargeh. ~ 2. Cailliaud, Vogage à VoasU de Tlàhes, pi. X, 399; Hoskins, Vititto thegreat Oasis, p. 118; Lepsius, Bit roglyphische Inschriften in den Oasen von Khdrigeh tend Dâkhileh,àm la ^eilschrift, 1874, p. 73-83. — 3. Le contrat démotique 3231 du Lou¥re porte la date du troisième mois de la secoode saison de l'an zxzvde Darios I".La révolte de Kbabbash eut donc lieu entre juin et septembre 486 (Unger, Maneiho, p. 289). — 4. C'est le calcul d'Hérodote. D'après Clésias, Persica^^ 19, il avait vécu soixante-douze ans et régné trente et un. Sur Darios I", v. G. Rawlinson, The five great Monarchies, t. III, p. 404-444; Spiegel, Erânische AUerthumukunde, t. II, p. 315-317. - 6. Cf. à ce sujet G. Rawlinson, The five great Monarchies, t. III, p. 145- 146. — 6. Hérodote, Vil, 2. Ctésias, Persica, § 20, ne dit rien de ces événements.

Ire les armements contre la Grèce, mais les conseillers de son père lui remontrèrent qu'ail ne pouvait laisser sans vengeance Téchec de Marathon, et finirent par Tentraîner à la guerre. Avant de passer en Europe, il voulut réduire de nouveau TÉgypte à Tobéissance. Le roi Ehabbash avait Fait de son mieux pour recevoir chaudement les Perses. Il avait employé les trois années de répit qu'ils lui avaient données à parcourir les côtes du Delta, à mettre les marais et les bouches du fleuve en état de défense, afin de repousser l'attaque par mer qu'il prévoyait^ Ses précautions ne lui servirent de rien au moment décisif : Xencès Taccabla sous le nombre. Les nomes du nord , qui avaient pris le plus de part à la révolte, furent imposés lourdement, les prêtres frappés d'amende et le temple de Bouto dépouillé de ses biens'. Ehabbash disparut au milieu du désastre, sans qu'on sache au juste ce qu'il devint; Akhéménès^ frère du roi, fut nommé satrape et prit toutes les mesures de rigueur nécessaires pour empêcher un autre soulèvement. Il ne vint pas à l'esprit de Xerxès de changer la constitution politique du pays : il laissa les nomes aux mains de leurs princes héréditaires, sans songer qu'en respectant les petites dynasties locales il donnait aux futures révoltes égyptiennes des chefs toujours préparés à Tac* tion (582).

L'Egypte était à peine soumise, que des troubles écla^ tèrent en Chaldée : Babylone chassa la garnison perse et se déclara indépendante. Mégabysos, fils de Zopyros, qui était satrape de la province par droit d'hérédité, réduisit la ville après un long siège, et la traita avec une rigueur inaccoutumée : le temple de Bel fut pillé, les tombes royales violées et dépouillées, une partie de la population vendue en esclavage (581) *. Xerxès partit' pour l'Europe : on sait ce

1. Mariette, Monumenti divers, t. I, pi. XIII; Brugsch dans la Zettxchrift, 1871, p. 1-13. On a de Kbabbash une date de Tan II trouvée au Sérapéum. — 2. Mariette, HonumcrUs divers, t. I, pi. XIII, Cf. Hérodote, vu, 4.— 3. Ctésias, Pentca, $$ 21-33, place ici sous le nom de Mégabyzos rbisloire qu'Hérodote raconte de Zopyros et de son dévouement.

qu'il y trouva, quelques succès bientôt effacés par les désastres de Salamine et de Platées. Le grand roi, après avoir vu la destruction de sa flotte des hauteurs dn cap Colias, s'enfuit précipitamment et rentra en Asie sans attendre la déroute de son armée. Les victoires des Grecs préservèrent, dit-on, l'Europe de la barbarie et saa?èrent la civilisation. Cette phrase, souvent répétée, renferme plusieurs erreurs. Les Perses n'étaient pas des barbares as sens où nous prenons le mot : ils avaient une civilisatios d'un type différent, inférieure en bien des points, mais es quelques endroits supérieure à la grecque. De son côté, k Grèce était encore trop vivante à ce moment pour qu'une défaite et une soumission passagères pussent arrêter soa développement. Pour que la civilisation grecque pérît, il aurait fallu que la race grecque fût anéantie par le choe de l'Asie. Les Perses n'étaient pas un peuple destructeur; ils ne cherchaient pas à anéantir des nations entières : ib exigeaient le tribut et l'obéissance, et pour le reste pe^ mettaient à chaque peuple de se conduire à sa guise. La conquête perse aurait pu changer le cours de l'histoire grecque et modifier, jusqu'à un certain point, le développement de la civilisation : elle n'aurait pu ^l^ rêter.

Le résultat immédiat de la défaite de Xerxès fut h retrait de la frontière perse. Quelques garnisons restèrent au delà du Bosphore , à Byzance jusqu'en 478 ^, à Bm jusqu'en 477', à Doriskos jusqu'en 450 et même plus tard'. Leur maintien fut une satisfaction accordée àl*<M^ gueil du grand roi plutôt que le résultat d'une nécesfflté politique : Xerxès aimait à se figurer qu'il avait pied en Europe et pourrait recommencer la guerre un jour ou l'autre, mais la Thessalie, la Macédoine, la Péonie, la Thrace, recouvrèrent leur indépendance. Bien plus, l'Asie fut menacée à son tour et les flottes athéniennes parcoururent à leur gré les parages où les flottes phéniciennes au service du grand roi avaient jusqu'alors régné sans

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