‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient (volume 4)Chapitre 20 sur 190 · De Iside et Osiride, c · texte numérisé non relu

De Iside et Osiride, c

nèrent à la période de 1460 — 1461 qui ramenait cette coïncidence merveilleuse le nom de période sothiaque.

De la littérature mathématique de l’époque, nous ne connaissons rien. Les monuments nous prouvent cependant que dès le temps des pyramides la géométrie devait être fort avancée : sinon la géométrie théorique, au moins la géométrie pratique, celle qui sert à mesurer les surfaces et à calculer le volume des corps solides. Les architectes qui ont bâti les pyramides etles grands tombeaux de Saggarah étaient nécessairement des géomètres fort estimables. Malheureusement nous n’avons plus rien des livres dans lesquels ils enregistraient leurs doctrines : le seul traité de géométrie qui nous soit parvenu est postérieur de deux mille ans au moins à l’âge des pyramides, et nous donne l’état de la science pour les temps relativement modernes de la dix-neuvième dynastie.

Pour nous figurer ce que pouvait être la médecine égyptienne, nous n’en sommes pas réduits à de simples inductions. Outre un traité dont l’invention était attribuée au règne de Chéops et qui n’a pas encore été publié, nous possédons deux livres : le premier, composé en partie sous le roi Menkera, renferme aussi des recettes attribuées à des savants étrangers ! ; le second, trouvé sous Hesepti, aurait été complété par Send ?. Les manuscrits de ces deux ouvrages remontent à la XVIII et la XIX° dynastie : le texte avait dû s’en modifier à la longue, mais l'ancienneté de leur origine les maintenait dans les écoles. Ils faisaient sans doute partie de cette bibliothèque du temple d'Imhotep, à Memphis, qui existait encore aux temps romains et fournissait des remèdes aux médecins grecsi.

L’Égypte est naturellement un pays fort sain. « Les

1. G. Ebers, Papyros Ebers, der Hermetische Buch über Arzeneimittel der alten Ægypten, Leipzig, 1875. Chabas, Détermination d'une date certaine, Paris, 1877, in-4°.— 2. Brugsch, dans le Recueil de monuments égyptiens, t. Ip 101- 120, et pl. LXXXV-CVII; Chabas, Mélanges égyptologiques, l'° série, p. 55- Ad 9 Galien, de Compos. medic. sec. gen., 1. V, c. 2.

HIST. ANS. ; (e

Égyptiens, disait Hérodote, sont les mieux portants de tous les mortels. » Ils n’en étaient que plus attentifs à soigner leur santé. « Chaque mois, trois jours de suite, ils provoquent des évacuations au moyen de vomitifs et de clystères; car ils pensent que toutes les maladies de l’homme viennent des aliments‘. » — « La médecine chez eux est partagée : chaque médecin s'occupe d’une seule espèce de maladie et non de plusieurs. Les médecins en tous lieux abondent, les uns pour les yeux, les autres pour la tête, d’autres pour les dents, d’autres pour le ventre, d’autres pour les maux internes ?. » Il ne semble pas que cette division dont parle Hérodote a été aussi absolue que l’historien a bien voulu le dire. Le même individu pouvait traiter toutes les maladies en général; seulement, pour les maux d’yeux et pour quelques autres affections, il y avait comme chez nous des spécialistes que l’on consultait de préférence aux praticiens ordinaires. Si le nombre en paraissait considérable à l’historien grec, cela tient à la constitution médicale d’un pays où les ophthalmies et les maladies intestinales, par exemple, sont encore aujourd’hui plus fréquentes que partout en Europe.

La médecine théorique ne semble pas avoir fait de grands progrès, bien que les pratiques de la momification eussent dû fournir aux médecins l’occasion d’étudier à loisir l’intérieur du corps humain. Une sorte de crainte religieuse ne leur permettait pas plus qu'aux médecins chrétiens du moyen âge de mettre en pièces, dans un but de pure science, le cadavre qui devait reprendre vie un jour. Leur horreur pour quiconque rompait l’intégrité du corps humain était si grande, que l’embaumeur chargé de pratiquer les incisions réglementaires était l’objet de l’exécration universelle. Toutes les fois qu'il venait d’exercer son métier, les assistants le poursuivaient à coups de pierres et l’auraient assommé sur place s’il ne s'était enfui-à toutes jambes. De plus, les règlements médicaux n'étaient pas de nature à encourager les recher-

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