De Rougé, Annales de Touthmès III, p
c L ; Sur quelques textes inédits du règne de Touthmès III, p. 35-40. .
de Simyra et d’Arad acheva la campagne. Thotmès reçut les chefs à merci, mais se fit livrer leurs fils et leurs frères, qu’il envoya en Egypte. Si quelqu'un des princes régnants venait à mourir, il le remplaçait par un des otages. Après s'être assuré ainsi de la fidélité des provinces syriennes, il franchit l’Euphrate en l’an XXXIII, non loin de l’en-
. droit où son père Thotmès I avait dressé sa stèle de vic-
toire, à l’occident du fleuve, et s’enfonça dans les plaines de la Mésopotamie. Il vainquit les Araméens et les mit en fuite « sans que nul osât regarder derrière lui », traversa le Khabour, parvint aux bords du Tigre et remonta jusqu’à Ninive. Le chef du pays d’Assour n’offrit aucune résistance et l’expédition se changea en marche triomphale. L'armée se livra avec passion à la chasse des grands animaux qui peuplaient alors l’Asie antérieure : cent vingt éléphants furent tués et leurs défenses rapportées en Égypte parmi les tributs des nations étrangères. Thotmès revint de cette lointaine expédition sans rencontrer aucun obstacle : les peuples tributaires lui apportaient sur son passage les provisions nécessaires aux troupes et l’impôt annuel dont il les avait grevés. L’Asie semblait soumise à tout jamais, et pourtant dès l’année suivante la guerre recommenca. La Syrie du nord reprit les armes en l’an XXXIV, la Mésopotamie en l’an XXXV. Kadesh, sortie de ses ruines, se plaça à la tête d’une nouvelle coalition et fut emportée d’assaut en l’an XLII. La révolte toujours comprimée éclatait toujours à nouveau, sans que mi rigueur ni clémence pussent la prévenir ?.
Au sud, il ne se passait guère d’année où le vice-roi, d’Ethiopie n’eût affaire aux Ouàouà. Les tribus nègres du haut Nil, habituées de longue date à trembler devant les Égyptiens, tenaient à peine et cherchaient un refuge dans le désert, les montagnes ou les marais ; le vainqueur en-
trait dans les villages abandonnés, pillait et brülait les ca-
banes, y faisait quelques prisonniers, ramassait les trou-
1. Cf. Ebers, Thaten und Zeit Tothmes III, dans la Zeitschrift, 1813, p.i, sqq., et Chabas, Mél. égypt., 3° série, t. II, p. 219 sqq.
peaux et les objets précieux, bois d'ornement, poudre et lingots d’or, vases de métal émaillés ou ciselés, plumes d’autruche, que les pauvres gens n’avaient pas eu le temps de cacher ou d'emmener avec eux, puis rentrait triomphalement en Égypte après quelques semaines de victoires faciles. Au sud comme au nord le long règne de Thotmès III ne fut qu’une série de guerres toujours heureuses : aussi nest-Ce pas sans raison qu'on a donné à ce prince le nom de Grand. Sans cesse en marche d’une extrémité de son empire à l’autre, une année sous les murs de Ninive et l’année d’après au fond de l'Ethiopie, il rendit à ses successeurs le monde Égyptien plus large qu’il ne l'avait reçu et tel qu’il ne fut iamais après lui : quoi d’étonnant si ces guerres incessantes ont inspiré dignement les poëtes assemblés à sa cour :
« Je suis venu » lui dit le dieu Ammon sur une stèle découverte à Karnak, «je suis venu, je t’'accorde d’écraser les princes de Tsahi; je les jette sous tes pieds à travers leurs contrées ; — je leur fais voir ta majesté, telle qu’un seigneur de lumière, lorsque tu brilles sur leurs têtes : comme mon image.
« Je suis venu, je t’accorde d’écraser les barbares d'Asie, d'emmener en captivité les chefs des peuples Routennou;— je leur fais voir ta majesté couverte de ta parure [de guerre], quand tu saisis tes armes, sur le char.
« Je suis venu, je t’accorde d’écraser la terre d'Orient ; Kewa et Asi sont sous ta terreur; — je leur fais voir ta majesté comme un taureau jeune, ferme de cœur, muni de ses cornes auquel on n’a pu résister.
« Je suis venu, je t’accorde d’écraser les peuples qui résident dans leurs ports et les régions de Mâden tremblent sous ta terreur; — je leur fais voir ta majesté comme l'hippopotame, seigneur de l’épouvante sur les eaux, et qu’on n’a pu approcher.
« Je suis venu, je t’accorde d’écraser les peuples qui résident dans leurs îles; ceux qui vivent au sein de la mer sont sous ton rugissement; — je leur fais voir ta majesté comme un vengeur qui se dresse sur le dos de sa victime.
« Je suis venu, je t’accorde d’écraser les Tahennou ; les îles des Danaens sont au pouvoir de ton esprit; — je leur fais voir ta majesté telle qu’un lion furieux qui se couche sur leurs cadavres à travers leurs vallées.
« Je suis venu, je t’accorde d’écraser les contrées maritimes, tout le pourtour de la grande zone des eaux est lié à ton poing; — je leur fais voir ta majesté telle que le maitre de l'aile (l’épervier), qui embrasse en un clin d’œil ce qui lui plaît.
« Je suis venu, je t’accorde d’écraser les peuples qui résident dans leurs lagunes, de lier les maîtres des sables (Heroushä) en captivité; — je leur fais voir ta majesté semblable au chacal du midi, seigneur de vitesse, coureur qui rôde à travers les deux régions.
« Je suis venu, je t’accorde d’écraser les barbares de Nubie ; jusqu’au peuple de Pat, tout est dans ta main; — je leur fais voir ta majesté semblable à tes deux frères, dont j'ai réuni les bras pour assurer ta puissance !. »
Thotmès IT mourut le dernier jour de Phamenoth après cinquante-quatre ans de règne?. Le souvenir de ses victoires était encore si présent à l’esprit des chefs syriens qu’ils accueillirent sans révolte l’avénement d’Amenhotep IL. Seuls les rois d’Assyrie qui se croyaient suffisamment garantis par la distance, osèrent se déclarer indépendants. Le roi se mit en marche pour aller les châtier : il franchit l’Euphrate et « comme un lion furieux » se dirigea vers Ninive. Le 26 Tybi, il se trouvait sur les bords du fleuve Arasat qu’il franchit le jour même après une reconnaissance dirigée vers le pays d’Anat par des cavaliers syriens auxiliaires, ure bataille décisive s’engagea dans laquelle les Égyptiens furent vainqueurs. Amenhotep hiverna en Mésopotamie et ne reprit les opérations qu’au mois d'Épiphi
1. Mariette, Revue générale de l'Architecture, 1860, t. XVIII, col. 51, 60, et Notice des principaux monuments exposés au musée de Boulag, 3° édit., p. 78-80; Birch, Archæologia, t. XXVIII ; de Rougé, Revue archéologique, 1861; Maspero, Du genre épistolaire, p. 85-89. — 2. Ebers, Thaten und Zeit Tothmes III, dans le Zeitschrift, 1813, p. 1. La durée exacte est cinquante-quatre ans et onze mois.
® de l’an II. Le 10 Épiphi, il était devant Ninive, qui se soumit sans combat : « les habitants, hommes et femmes, étaient sur les murs pour honorer Sa Majesté. » Il descendit ensuite le cours du Tigre et parvint jusqu’à la ville d'Accad, dont il s’empara'. L’an IIT, après une campagne d'environ deux ans, la révolte était complétement étouffée et le Pharaon put rentrer en Égypte. Sa barque triomphale portait suspendus à la proue les corps de sept chefs du pays de Takhis qu’il avait tués lui-même au cours de ses victoires. La tête et les mains de six d’entre eux furent exposées sur les murs de Thèbes; le septième fut transporté à Napata, pour servir d'exemple aux petits princes nègres et leur apprendre à respecter l’autorité de Pharaon?. Amenhotep IT parvint à conserver et même à étendre l’empire : son fils, Thotmès IV, sans porter ses armes aussi loin, sut commander le respect aux nations étrangères par des expéditions heureuses en Syrie et en Éthiopie®. Sous Amenhotep III qui succéda à Thotmès IV, les limites de la domination égyptienne étaient} fixées vers l'Euphrate au nord, au sud vers le pays des Gallas‘. Les guerres n’avaient plus pour but la conquête : c’étaient des razzias, des chasses à l’esclave entreprises pour recruter la population ouvrière et suffire aux grandes constructions qui s’élevaient dans la vallée du Nil.
Les premiers rois de la dix-huitième dynastie, Ahmès et Amenhotep, avaient assez à faire de chasser les pasteurs et de réorganiser l'Égypte. Ils se bornèrent à rouvrir les carrières voisines de Memphis et à réparer les monuments qui avaient le plus souffert pendant l'invasion et la guerre de l'indépendance. Thotmès I, au retour de son expédition d'Asie, employa comme maçons les nombreux prisonniers qu’il ramenait à sa suite et commença de grands travaux, que ses successeurs Continuèrent sans interruption.
1. Champollion, Not. man., t. II, p. 185-186. — 2. Lepsius, Denkm. In, pl. 65, L. 16-20. — 3 Lepsius, Ibid., III, pl. 69, e, f; Sharpe, Eg. Insc., pl. 93, 1. 5-6; Louvre, C, 202. — 4. Lepsius, Denkm., XL, pl. 11;, c.s Louvre, Salle historique, vitrine N, 582; British Museum, n° 138 / cf. Brugsch, Histoire, t. I, p. 115.
Toute la vallée du Nil de la quatrième cataracte à la mer se couvrit de monuments. À Napata, Amenhotep III fonda un temple dont les avenues sont précédées de béliers accroupis en guise de sphinx; il embellit le temple de Thotmès III à Soleb, entre la deuxième et la troisième cataracte. Thotmès III restaura le temple élevé à Semneh en l’honneur du * grand conquérant de la douzième dynastie, Ousortesen III, et commença près d'Amada la construction d’un temple de Râ qui nous a conservé quelques-uns des textes historiques les plus curieux de l’époque’. À Eléphantine, à Ombos, à Esneh, à Eilithyia, à Coptos, dans la plupart des grandes villes de l'Egypte propre, on trouve encore aujourd’hui les traces de l’activité des Pharaons de la dix-huitième dynastie. Seule Tanis, la capitale des rois Pasteurs et le centre du culte de Soutekh, fut négligée par eux. Ahmès avait démantelé la ville, ses successeurs l’oublièrent systématiquement?,
Au temps des rois Memphites, Thèbes n’était qu’une petite ville de province, bâtie sur la rive droite du Nil et sans autre monument d'importance qu’un sanctuaire consacré à la triade d’Ammon, Mout et Khons. Sur l’autre rive, à Drah abou’1 Neggah, s’élevaient les pyramides funéraires des princes de Thèbes et les tombeaux de leurs sujets. Les rois de la douzième dynastie travaillèrent de leur mieux à l’embellissement de la ville. Amenemhat Ie" a laissé sur la rive gauche, à l’Assassif, les traces de son passage. Ousortesen Ie commença la construction d’un temple de granit et de grès, auquel travaillèrent Amenembhat IT et Amenemhat IIL‘. Les monuments de cette époque, entreteuus soigneusement pendant la domination des Pasteurs, existaient encore sous les rois de la dix-huitième dynastie ; Thotmès I n’y toucha point et les entoura d’un cercle d’édifices dont la construction fut achevée par Thotmès II ct par la régente Hatasou. Thotmès III éleva un second
1. Cf. sur ce temple Chabas, Une inscription historique du temps de Séti Fr.—92, Mariette, Lettre à M. de Rougé.—3.Wilkinson, Handbook of a traveller, p. 328. — 4. Ibid., p. 328, 316,318; Champollion, Not. man., t. I, p.45; cf. Mariette, Karnak in-fol. 1815,avec un vol. in- ’° de Texte.
sanctuaire en granit, dans les cours duquel il fit graver le récit de ses victoires. Ses successeurs, Amenhotep II, Thotmès IV, Amenhotep III, continuèrent les travaux des rois précédents et en entreprirent de nouveaux ; le temple, agrandi par ces additions successives, finit par former un tout immense dont les diverses parties étaient rattachées les unes aux autres, soit par de longues avenues de sphinx, soit par des murs en briques crues!.
Au sud de Karnak, Amenhotep III fonda un autre temple, consacré au culte d’Ammon. Il est construit au bord du fleuve, à l’endroit nommé maintenant Lougsor, et peut | passer pour un des chefs-d’œuvre de l’art égyptien”. Sur la rive gauche du Nil, les souverains de la dix-huitième dynastie ont laissé des traces nombreuses de leur passage. Ils travaillèrent à l’Assassif, à Médinet-Habou, à Deir-el- Bahari, où la reine Hatasou fit peindre et sculpter en détail sa campagne contre l'Arabie. Devant le temple con-. struit par Amenhotep III et aujourd’hui ruiné, se dressaient leux statues colossales qui firent pendant longtemps l’étonnement du monde ancien. L’une d’elles fut brisée pendant le grand tremblement de terre de l’an 27 av. J. C.; la partie supérieure se détacha et tomba sur le sol, l’inférieure resta seule en place. Bientôt après le bruit se répandit que du socle de la statue sortaient chaque matin, au lever du soleil, des bruits semblables au son que produit en.se brisant une corde de harpe ou de lyre*. Les touristes accoururent, et bientôt une légende se forma. Malgré le témoignage des habitants de Thèbes’, les Grecs se refusèrent à voir dans la statue vocale un colosse du Pharaon Amenhotep IT: ils la prirent pour une image de Memnon l’Éthiopien, fils de Tithon et de l’Aurore, qui après la mort d’Hector était venu au secours de Priam contre les Grecs et avait été tué par Achille. Tous les matins, Memnon, en fils bien élevé, saluait d’une voix harmonieuse Aurore, sa mère, Vers le milieu du second siècle de notre ère,
1. De Rougé, Sur les monuments du massif de Karnak, dans les Mélanges d'archéologie, t, I, p. 35-01, 66-74. — 9, Mariette, Karnak. — 3. Strabon, 1. XVII, c. 1. — 4. Pausanias, I, 42, 2,
lempereur Hadrien et l’impératrice Sabine entreprirent le voyage de la Haute Égypte pour entendre sa voix miraculeuse. La piété toujours croissante des adorateurs de Memnon finit par leur inspirer le désir de restaurer la statue divine ; l’empereur Septime Sévère la fit rétablir telle qu’elle était avant sa chute. Mais, contre toute attente, Memnon se tut. « Je ne nie pas la réalité des harmonieux accords que tant de témoins affirment unanimement avoir entendus moduler par le merveilleux colosse aussitôt qu’il était frappé des premiers rayons du soleil. Je dirai seulement que plusieurs fois, assis au lever de l’aurore sur les immenses genoux ide Memnon, aucun accord musical sorti de sa bouche n’est venu distraire mon attention du mélancolique tableau que je contemplais, la plaine de Thèbes, où gisent les membres épars de cette aînée des villes royales!. »
Amenhotep IIT avait épouse une femme d’origine et de religion étrangères, la reine Taï?. Il en eut un fils, qui lui succéda sous le nom d’Amenhotep IV.Le portrait d’Amenhotep IV, tel que nous le font connaître les monuments, nous force à « reconnaître dans tout l’ensemble de sa personne ce type particulier et étrange que la mutilation imprime sur la face, les pectoraux et l'abdomen » des eunuques. D'autre part, on sait qu’il épousa fort jeune la reine Nowertiouta et en eut sept filles. « Il est donc probable que s’il éprouva réellement le malheur dont ses traits semblent porter l'évidence, ce fut pendant les guerres ‘d’Amenhotep III, au milieu des peuplades nègres du sud. L'usage de mutiler les prisonniers et les blessés est parmi ces peuplades aussi ancien que le monde. » Amenhotep IV, sans doute imbu des idées religieuses de sa mère, manifesta une grande horreur pour le culte d’Am-
‘mon et reporta ses hommages sur les divinités solaires, principalement sur le disque. La crainte de soulever une
1. Champollion, Lettres écrites d'Égypte, p. 312. Cf. pour l’histoire anecdotique du colosse, les mémoires de Letronne sur La statue vocale de Memnon, in-4°, 1832. — 2. Brugsch, Histoire, t. 1, p. 118. — 3, Mariette, dans le Bulletin archéologique, 1855, p. 51.
révolte parmi ses sujets l’empêcha d’abord d’afficher trop ouvertement son hérésie. Il se contenta de changer son nom d’Amenhotep, qui renfermait le nom d’Ammon, contre celui de Khounaten, splendeur du disque solaire, et continua de rendre hommage en même temps à son père Amenhotep et au dieu Ammon lui-même!. Plus tard le fanatisme religieux l’emporta sur la prudence. Le culte d’'Ammon fut proscrit, son nom effacé partout où l’on put l’'atteindre. Les Égyptiens de race pure, devenus suspects pour cause de religion, disparurent de l’entourage du roi : ils cédèrent la place à des personnages asiatiques modelés à l’image du Pharaon et privés comme lui de la virilité. Thèbes, remplie de monuments consacrés au dieu disgràcié, perdit son rang de capitale; Khounaten se construisit à Tell-el-Amarna une capitale nouvelle où rien ne pouvait lui rappeler le souvenir de l’antique religion.
Le soleil était le dieu principal de la religion nouvelle : toutes les anciennes divinités solaires, Râ, Harmakhis, Hor, furent respectées? Les monuments nous montrent le dieu sous forme d’un disque dont les rayons descendent vers la terre; chaque rayon est terminé par une main qui tient la croix ansée, emblème de vie. Le disque se nommait Aden, Aten, et ce n’est peut-être pas sans raison qu'on a comparé ce nom à celui d'Adonaï dans les religions sémitiques. Partout où va le roi, le disque solaire l’accompagne et répand sur lui la bénédiction. Les préoc- cupations religieuses n’empêchèrent pas Khounaten d’être, à l'exemple de ses ancêtres, un grand constructeur et un conquérant. Il travailla en Éthiopie, à Thèbes, à Memphis”, et continua d'exercer l’autorité souveraine sur la Syrie aussi bien que sur l’Afrique. À sa mort, la couronne passa au prince Aï, son frère de lait et le mari de sa fille aînée Taï. Le nouveau roi, sans renoncer à la religican du disque, suspendit les persécutions dont Ammon avait été l’objet et rendit un culte aux anciennes divinités du pays.
1. Lepsius, Denkm., IT, 91, 110. — 2. Birch, On a remarkable object ‘nthe Arch. Journ., 1851. — 3. Nicholson. On some remains of the Disk- Worshippers.
Il eut pour successeurs deux de ses beaux-frères, Toutankhamen et plus tard Râsäakakheprou, dont le règne assez court paraît avoir été prospère. Au moins Toutankhamen est-il représenté comme un Pharaon tout-puissant auquel les peuples étrangers rendent hommage en tremblant. Mais, après eux, des guerres civiles et religieuses désolèrent l'Égypte : on vit passer successivement sur le trône des princes éphémères dont les noms mêmes nous sont inconnus. Le roi Haremheb {Armaïs) rétablit la paix, supprima la religion solaire, détruisit les monuments de Khounaten et restaura partout l’ancien culte. Au dehors, il reconquit l’Éthiopie un moment perdue, imposa un tribut à la terre de Pount, mais ne tenta aucune expédition en Syrie. Les conquêtes des Thotmès et des Amenhotep, si chèrement achetées de ce côté, avaient été perdues pendant les guerres de religion. Les petits princes locaux avaient cessé de payer le tribut : pour les réduire à nouveau, il fallut toute une génération de conquérants.
La dix-neuvième dynastie ; Séti 1° et Hamsès EL,
Haremheb mourut sans laisser d’héritiers directs, et la couronne passa dans une famille nouvelle. Le chef de la dixneuvième dynastie, Ramsès I, paraîtavoir été originaire des districts sémitiques de la Basse Égypte et se rattachait peut-être à la race royale des Pasteurs !. Après avoir servi sous Aï et sous Haremheb, il finit par arriver au trône dans un âge assez avancé et profita de son autorité pour rétablir dans le pays l’ordre et la paix. Une expédition de Van II contre l’Éthiopie *, une courte campagne contre les Syriens, suivie d’un traité avec les Khêtas, signalèrent au dehors son passage sur le trône. Au bout de six à sept années il mourut, laissant pour successeur son fils Séti, le Séthos des traditions grecques.
Dès les premiers jours de son règne, Séti s’annonça