‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient (volume 4)Chapitre 63 sur 190 · IT Samuel, r · texte numérisé non relu

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ans avec chances diverses. Elles allaient peut-être se terminer au désavantage de David, lorsque Abner, insulté gravement par son maître, l’abandonna : Ishbaal fut bientôt après assassiné par deux de ses gens et David resta sans rival. Les représentants des tribus se rendirent à Hébron et le firent sacrer en présence des anciens. Les fêtes du couronnement durèrent trois jours : de partout, même des contrées lointaines, d’Asher, de Zébulon et de Naphtali, « on apportait du pain sur des ânes et sur des chameaux, sur des mulets et sur des bœufs, de la farine, des figues sèches, des raisins secs, du vin, de l’huile, et on amenait des bœufs et des brebis en abondance, car il y avait joie en Israël, » :

Hébron, située au centre de Juda, était la capitale naturelle de la tribu, mais non celle d’un royaume qui s’étendait sur tout Israël : David chercha une ville moins reculée vers le sud, et choisit la forteresse cananéenne de Jébus. Jébus s'élevait sur une éminence entourée à l’est, au sud et à l’ouest par le lit du Kédron et la gorge de Hinnom, bornée au nord par une légère dépression de terrain. Elle ne présentait pas une surface unie : elle était coupée en deux par un ravin profond qui courait du nord au sud et séparait les hauteurs de Sion des collines de Millo et de Moriah. Un assaut vigoureux, conduit par Joab, fit tomber la ville aux mains des Hébreux. En changeant de possesseur, elle changea de nom : elle devint Jérusalem. David se hâta de la mettre en état de défense : laissant Moriah au peuple, il établit sa résidence à Sion et fortifia Millo, sans toutefois enfermer ces trois points dans une enceinte continue®?. Plus tard, quand le succès de ses premières guerres lui donna quelques instants de repos, il se fit construire, par des ouvriers tyriens, un palais en bois de cèdre et en pierre de taille : pour le moment, il alla chercher arche à Kiriath-Jearim, où elle était restée depuis la mort d'El et la plaça auprès de lui sur la colline de Sion#. 1. 11 Chroniques, x17, 40. — 2. IL Sam., v, 5-9; I Chr., xt, 4-8. —

3. II Sam., v, 11; I Chron., xIv, 1. — 4, II Sam , vi; I Chron., xIu, XV-ZVI.

C'était faire de Jérusalem, non-seulement, la capitale politique, mais la capitale religieuse du pays : les Hébreux #’habituèrent à voir dans la ville nouvellement conquise le siége du roi et le siége de Dieu. David sut tirer profit de cette disposition. Assis sur la frontière de Benjamin, adossé à Juda, il pouvait descendre par Jéricho sur la vallée du Jourdain et passer de là au pays de Giléad. Sans doute, Zébulon, Asher, Naphtali étaient encore éloignées de lui plus qu’il n’était nécessaire : mais c’étaient des tribus de peu d'importance. Pour dominer, il fallait tenir en main Éphraïmet Juda : c’est à quoi le site de Jérusalem se prétait admirablement,

Tant qu'Ishbaal vécut, Les Philistins, dont les discordes d'Israël assuraient Ja tranquillité, n’avaient pas troublé la paix : la réunion des douze tribus leur causa des craintes sérieuses, Ils résolurent d'attaquer le nouveau roi avant qu’il eût trouvé le temps de gétablir l’ordre et d'organiser une armée, Juda fut envahi, Jérusalem menacée, Bethléhem assiégée, le tout en vain, David battit les Philistins à deux reprises, les poursuivit de Gabaon jusqu’à Guézer!, et, sans leur laisser le temps de se remettre, passa de la défensive à l'offensive, La lutte engagée sur toute la frontière de Gath à Ékron dura longtemps avant de produire aucun résultat : pendant plusieurs années, ce ne furent qu'incursions, surprises, escarmouches perpétuelles de part et d'autre. David ne se ménageait point et payait bravement de sa personne. Un jour, il s’avança si loin dans la: mêlée, qu’Abisaï eut peine à le tirer du danger : ses compagnons lui défendirent désormais de prendre part aux batailles. Il avait toujours auprès de lui un corps de six cents braves (gibborim) qui formaient le noyau de son armée et dont les chefs, Joab et Abisaï, Éléazar, fils de Dodo, Elkhanan de Bethléhem, Jonathan, Benaïah, restèrent à jamais populaires en Israël, On se racontait longtemps après leur mort comment Jabsokham, fils de Hakmoni, avait mis bas trois cents hommes à lui tout seul, un jour

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