Lepsius, Denkm., II, 43. — 2. Id., II
Je n'ai pas faiLliî Je n'ai pas défailli ! Je n'ai pas fait ce qui était abominable aux dieux ! Je n'aiipas desservi Tesclave auprès de son maître ! Je n'ai pas affamé ! Je n'ai pas fait pleurer! Je n'ai point tué ! Je n'ai pas ordonné le meurtre par fraude ! Je n'ai commis de fraude envers personne! Je n'ai point détourné les pains des temples ! Je n'ai point distrait les gâteaux d'offrande des dieux ! Je n'ai pas enlevé les provisions ou les bandelettes des morts !... Je n'ai point fait de gains frauduleux! Je n'ai pas altéré les mesures de grain ! Je n'ai pas fraudé d'un doigt sur une paume ! Je n'ai pas usurpé dans les champs ! Je n'ai pas fait de gains frauduleux au moyen des poids du plateau de la balance ! Je n'ai pas faussé l'équilibre de la balance ! Je n'ai pas enlevé le lait de la bouche des nourrissons ! Je n'ai point chassé les bestiaux sacrés sur leurs herbages ! Je n'ai pas pris au filet les oiseaux divins! Je n'ai pas péché les poissons sacrés dans leurs étangs ! Je n'ai pas repoussé l'eau en sa saison ! Je n'ai pas coupé un bras d'eau sur son passage! Je n'ai pas éteint le feu sacré en son heure ! Je n'ai pas violé le cycle divin dans ses offrandes choisies ! Je n'ai pas repoussé les bœufs des propriétés divines ! Je n'ai pas repoussé de dieu dans sa procession ! Je suis pur ! Je suis pur ! Je suis pur ! » . Les mêmes formules de confession négative sont répétées presque mot pour mot dans la deuxième section du chapitre, jointes chacune au nom d'un des .quarante-deux membres du jury infernal. La troisième section se borne à reproduire sous une forme parfois très-mystique les idées exposées dans la première : « Salut à vous, dieux qiH êtes dans la salle de Vérité et de Justice, qui n'avez point le niensonge en votre sein, mais vivez de vérité dans On et en nourrissez votre cœur, par-devant le Seigneur Dieu qui habite en son disque solaire. Délivrez-moi de Typhon qui se nourrit d'entrailles, ô magistrats, en ce jour du jugement suprême ; donnez au défunt de venir à TOUS, lui qui n'a point péché, qui n'a ni menti ni fait le mal, qui n'a commis nul crime j* qui n'a point rendu de faux témoignage, qui n'a rien fait contre lui-même, mais , vit de vérité et se nourrit de justice. H a [semé partout] la
joie ; ce qu'il a fait, les hommes en parlent et les dieux en réjouissent. Il s^est concilié f>ieu par son amour; il a donné des pains à l'affamé, de Teau à Taltéré, des vêtements au nu ; il a donné une barque à qui était arrêté dans son voyage; il a offert des sacrifices aux Dieux, des repas funéraires aux défunts. Délivrez-le de lui-même! Protégez-le contre lui-même (variante), ne parlez pas contre lui, par-devant le Seigneur des morts, car sa bouche est pure et ses deux mains sont pures^ ! »
Pour affermir Thomme dans ces sentiments de piété et de justice, les Égyptiens avaient imaginé de placer à côté de lui sur la terre des dieux, témoins vivants de tous ses actes. Cette incarnation permanente de la divinité, faite d'abord dans un corps d'homme au temps des dynasties divines, avait changé de nature après que Râ, Hor, Osiris et les autres eurent achevé de développer dans Thomme les qualités que le créateur y avait placées et de donner aux premières sociétés un ensemble de lois et de principes qui leur permît de se suffire à elles sans l'intervention directe de la divinité dans leurs affaires. Désormais Dieu, au lieu de revêtir une figure humaine, se dissimula dans un corps de bête d'où il surveilla la marche des événements sans paraître y prendre part. Mais si bien caché qu'il fût sous ce déguisement, les Égyptiens surent le reconnaître et l'adorer. « Les sanctuaires des temples sont ombragés par des voiles tissus d'or. Mais, si vous avancez vers le fond de l'édifice et que vous cherchiez la statue, un prêtre s'avance d'un air grave en chantant un hymne en langue égyptienne, et soulève un peu le voile comme pour vous montrer le dieu. Que voyez-vous alors? Un chat, un crocodile, un serpent indigène ou quelque autre animal dangereux. Le dieu des Égyptiens paraît : c'est une bête vautrée sur un tapis de pourpre. 5>
Clément d'Alexandrie avait raison de tourner en ridicule les animaux sacrés^ il avait tort de les considérer comme les dieux de l'Egypte. Le chat, le crocodile, le
1, cr. Revue critique, 1872, t. II, p. 338-348.
serpeat dont il parle n'étaient qu'une incarnation de IMeu, un corps dans lequel il mettait pour ainsi dire une parcelle de sa divinité. Hor peut être représenté tantôt comme un homme, tantôt comme un épervier; souvent même, afin de mieux montrer le lien qui rattachait les deux formes Tune à l'autre, on les fondait en une seule : on posait une tête d'animal sur un corps humain ou une tête d'homme sur un corps de bête. Hor était alors un homme à tête d' épervier ou un épervier à tête d*homme. Sous ces quatre formes, il est Hor et n'est pas plus luimême sous tme d'elles qu'il ne Test sous rautre. Sans doute les Égyptiens avaient eu des raisons pour consacrer à chaque Dieu un animal particulier. Quelquefois l'attribution reposait sur un simple jeu do mot^ : Set ou Typhon (Tebh) est représenté par l'hippopotame, parce qu'en Egypte l'hippopotame s'appelle Teb comme le dieu luimême. Le plus souvent nous ne pouvons arriver à saisir les analogies qui ont déterminé le choix des Égyptiens, et les ÉgyTptiens eux-mêmes n'en savaient pas plus long que nous à ce sujet.
Qiaque nome avait son animal sacré, dont quelques-uns étaient adorés par tout le pays, le scarabée de Phtah, Tibis et le cynocéphale de Thot, l'épervier d'Hor, le chacal d'Anubis. D'autres, vénérés dans un nome, étaient proscrits ailleurs. Les gens d'Éléphantine tuaient le crocodile. Au contraire, les prêtres de Thèbes et de Shed « eu choisissaient un beau qu'ils nourrissaient après lui avoir appris à manger dans la main. Ils lui mettent aux oreilles des anneaux d'or ou de terre émaillée et des bracelets aux pattes de devant*. » — « Notre hôte.... prit de» gâteaux, du poisson grillé et une boisson préparée avec du miel, puis alla vers le lac avec nous. La bête était couchée sur le bord : les prêtres vinrent auprès d'elle , deux d'entre eux lui ouvrirent la gueule, un troisième y fourra d'abord lea gâteaux, ensuite la friture, et finiront par la boisson* Sur quoi le crocodile se mit à Tcau et s'alla poser sur