I9T. ANC. DK L’ORIENT. — MASPERO
suivent, on devine les difficultés de toute nature contre lesquelles il dut lutter. On eut, paraît-il, quelque peine à organiser le service des vivres et de l’habillement. A force de patience et d’industrie, l’ordre finit par s’établir et l’expédition entra en mouvement.
« Cette armée alla en paix : elle entra, comme il lui plut, au pays des Hiroushaïtou. Cette armée alla en paix : elle écrasa le pays des Hiroushaïtou. Cette armée alla en paix : elle fit brèche dans toutes leurs enceintes fortifiées. Cette armée alla en paix •• elle coupa leurs figuiers et leurs vignes. Cette armée alla en paix : elle incendia toutes leurs maisons. Cette armée alla en paix : elle massacra leurs soldats myriades. Cette armée alla en paix . elle emmena leurs hommes, leurs femmes et leurs enfants en grand nombre, comme prisonniers vivants, ce dont Sa Sainteté se réjouit plus que de toute autre chose. » Ces prisonniers, employés aux travaux publics ou vendus comme esclaves à des particuliers, contribuèrent pour leur part à la prospérité du règne de Pépi. « Sa Sainteté m’envoya pour écraser ses ennemis, et j’allai cinq fois frapper la terre des Hiroushaïtou pour aller abattre leur rébellion avec cette armée; et j'agis de telle sorte que le roi fut satisfait de cela plus que de toute autre chose. » Malgré ces victoires répétées, la lutte n’était pas encore terminée : « On vint dire que des barbares s'étaient assemblés au pays de Tiba*. Je partis encore dans 4 des navires avec cette armée, et je pris terre aux extrémités reculées de cette région, au nord du pays des Hiroushaïtou. Voici que cette armée se mit en chemin : elle les battit tous, et détruisit tous ceux d'entre eux qui s’étaient assemblés. » Cette affaire décisive termina les opérations et, entraîna la soumission complète des ennemis. Au retour de ces expéditions, Ouni, déjà comblé d’honneurs, reçut la faveur la plus insigne qu’un roi pût accorder à un sujet, l’autorisation de garder- ses sandales dans le palais et même en présence de Pharaon. La paix régnait à l’intérieur : au
1. Sur ce nom et sa lecture, cf. Maspero, Notes sur quelques points de grammaire et d'histoire , dans la Zeitschrift , 1883, p. 64; le pays était situé probablement dans la Syrie méridionale.
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dehors, la Nubie, la Libye et les parties de la Syrie contiguës au Delta reconnaissaient la suzeraineté de FÉgypte. Jamais, depuis Khéops, le pays n’avait été plus puissant et plus heureux. Pépi ne jouit pas longtemps de sa gloire. Peu de temps après le triomphe d’Ouni. il mourut, laissant, la
La tête ae Métésoiiphis, an Musée du Caire.
couronne à Mirinrî Métésouphis, Famé des fils qu!il avait eus de sa seconde femme, la reine Mirirî-Ankhnas.
Métésouphis était presque un enfant lorsqu'il monta sur le trône1. 11 n’eut pas de guerres sérieuses à soutenir. Le souvenir des victoires de son père était encore trop présent à l’esprit des barbares pour qu'ils éprouvassent la tentation
1. Sa momie, qui est conservée aujourd’hui au Musée du Caire, a encore la longue tresse de cheveux que portaient tes jeunes gens (Maspero, Guide du Visiteur au Musée du Caire , p. 597, n° 106).
de se révolter. Ouni, qui avait tant fait pour la grandeur du roi précédent, fut confirmé dans tous ses emplois et comblé de charges nouvelles. Il fut nommé prince gouverneur des pays du sud depuis Éléphantine jusqu’à Létopolis, vers la pointe du Delta : « Jamais sujet n’avait eu cette dignité auparavant. » Selon l’usage, il commença par suspendre les autres travaux, pour s’occuper sans retard du tombeau destiné au souverain. La construction ne la pyramide funéraire le contraignit à entreprendre, dans les contrées rangées sous son autorité, plusieurs voyages longs et difficiles. « Sa Sainteté m’envoya au pays d’Abhaît 1 pour y chercher le sarcophage royal avec son couvercle et le pyramidion précieux de la pyramide funéraire de Mirinrî. Sa Sainteté m’envoya vers Eléphantine pour en rapporter le granit du naos et du seuil, le granit des jambages et des linteaux, pour ramener le granit des portes et des seuils delà chambre supérieure de la pyramide de Mirinrî. Je partis pour la pyramide de Mirinrî avec six chalands, trois bateaux de charge, trois radeaux et un navire de guerre : jamais dans le temps d’aucun ancêtre Abhaît ou Éléphaqtine n’avaient construit navires de guerre. Sa Sainteté m’envoya au pays de Hanoubou pour en rapporter une grande table à libations en albâtre du pays de Hanoubou. Je lui fis amener cette table à libations en dix-sept jours. » Pour embarquer et pour convoyer ces blocs de pierre, il avait fallu entreprendre et mener à bonne fin quantité de travaux secondaires, mettre en chantier des bateaux, creuser des bassins et des canaux au sud d’Éléphantine, dans le pays nouvellement conquis des Ouaouaîtou. Ouni réquisitionna à cet effet les peuplades noires chez qui il avait déjà recruté une armée sous Pépi. « Voici que le prince du pays de Irrithit, Ouaouaîtou, Amam, Maza fournirent le bois nécessaire aux navires. » En un an, les différentes missions étaient achevées; les vaisseaux construits en Nubie franchissaient la première cataracte à la faveur des hautes .eaux et descendaient le Nil. Mirinrî visita lui-même les travaux en l’an V : il reçut
1. Abhaît est le canton situé vis-à-vis de Sehel. dans la première cataracte.
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l’hommage des chefs nubiens, et, pour laisser à la postérité le souvenir de son séjour, il grava son image de plain-pied sur les rochers d’Assouan *. La préparation de cette pyramide fut le dernier grand acte administratif de la vie d’Ouni. Il mourut peu de temps après, et son souverain ne tarda pas à le suivre au tombeau2.
Mirinrî eut pour successeur son frère cadet Nofirkerî Pépi II. Manéthon prêtait à ce prince cent années de règne, et son témoignage est confirmé par le Papyrus de Turin, qui attribue à un Pharaon, dont le nom est malheureusement détruit, un règne de quatre-vingt-dix ans au moins. Une inscription d’Ouadi-Magharah, datée de la onzième année, montre qu’il fit continuer l’exploitation des mines du Sinaï et qu’il repoussa de ce côté les attaques des barbares5. D’autre part, le nombre et la beauté des tombeaux qui portent son cartouche semblent attester que, pendant une partie au moins de ce règne séculaire, l’Égypte ne perdit rien de sa vigueur ni de sa- prospérité. C’est au Midi surtout que la vie se développa la plus intense, grâce à l’habileté des seigneurs d’Éléphantine. Ces seigneurs, postés au danger, dans les marches méridionales, entretenaient avec les peuples de la vallée au Sud de la cataracte et avec ceux du désert des rapports tantôt d’amitié et de commerce, tantôt de guerre ouverte ou d’inimitié sourde: leurs caravanes pénétraient à l’Occident jusque par delà les Oasis thébaines, vers l’Orient aux rives de la mer Rouge. L’un d’eux, Hirkhoui, se distingua par son adresse et par l’heureux succès de ses entreprises : dans trois voyages successifs sous Pépi Ier et sous Métésouphis Ier, non seulement il noua des relations précieuses avec les tribus des Timihou, mais il amena plusieurs d’entre elles à reconnaître la suzeraineté de l’Ugypie. Pépi II ne régnait que depuis deux ans lorsque Ilirkhouf revint de son dernier voyage, et il n’était encore qu’un enfant : ce qui lui plut dans celte affaire, ce fut un danya ,
1. Champollion , Monuments de l’Égypte, t. I, p. 214; Sayce, Gleanings , dan^ le Recueil de Travaux, t. XV, p. 147-148. — 2. E. de Rongé, Recherches sur Les Monuments, p. 80 sqq.; Erinaii, Commentar zur Inschrift des Una, dans la Zeitschrift, 1882, p. 1-29. — 3. Lepsius, Denkm, II, 116 a.
üti nain habitué à danser la danse sacrée, et qui venait du Pouanit; II se le fit amener à Memphis avec toute sorte de précautions, et il récompensa largement Hirkhouf1; Toils les membres de la famille étaient imbus du même esprit d’aventures que celui-ci, mais ils ne furent pas toujours aussi heureux. L’un d’eux, Papinakhîli, après avoir visité plusieurs fois les contrées des Ouaouaîtou et de l’IritiR au profit de Pépi II, partit en reconnaissance aux minés du Sinaï ; mais, tandis qu’il se construisait un navire afin de franchir la mer Rouge, les nomades le surprirent ét le tuèrent : c’est au plus si ses soldats sauvèrent son corps et le ramenèrent à Éléphantiiie, où il fut enterré. Grâce à ces expéditions continuelles, l'influence de l’Égypte se propagea au loin, et la colonisation de la Nubie commença; Elle avait pénétré jusque vers Korosko, lorsque Pépi II mourut. Lui disparu, le trouble se glissa dans l’État ^ et nous ne possédons plus, au lieu d’histoire positive, que les légendes romai nesques recueillies par Hérodote et par Manéthon. Menthésouphis (Mihtimsaoüf 11) fut assassiné dans une émeute une année à peine après son avènement; Sa sœur, Nitaqrît* la Nitokris des conteurs* la belle aux joues de rose * qu’il avait épousée, selon l’uSagê, lui succéda et rfaCéepta la royauté que dans l’idée bien arrêtée de le venger. « Elle fit bâtir une immense salle souterraine ; puis, sous prétexte de l’inaugurer, mais en réalité dans une toute autre intention, elle invita à un grand repas, et reçut dans cette salle bon nombre d’Égyptiens, de ceux quelle savait avoir été surtout les instigateurs du crime. Pendant le repas, elle fit entrer leâ eaux du Nil dans la salle par un canal qu’ëllé avait tenu caché. Voilà donc ce qu’ort raconte d’elle. On ajoute que, après cela, la reine se jeta d’elle-même dans une grande Chambre remplie de Cendres, afin d’éviter lé châtiment2. i»
Pendant les sept années de son règne, Nitokris avait ter-
1. Pour l’histoire de Hirkhouf, voir Schiaparetli, Una tomba Egizio inedita dalla Vla diriastia, et les deux articles d’Ermail {Denise h Morgenl. Gesells . t. xlvi, p 574-579), et de Maspero (ReVue Gi'iiiqüe 1892, t. II, p. 357-366). — 2. Hérodote, II. c.
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miné la troisième des grandes pyramides que Mykérinos n’avait pas achevée. Elle avait plus que doublé les dimensions du monument et elle lui avait ajoute ce coûteux revêtement de syénite qui excita plus tard* à juste titre, l’admiration des voyageurs grecs* romains et arabes. C’est au centre même de l’édifice, au-dessus de la chambre où lè pieux MvkérinOS reposait depuis plusieurs siècles, qu’elle fut ensevelie à son tour dans un magnifique sarcophage de basalte bleu* dont on a retrouvé les fragments1. Gela donna lieu plus tard de lui attribuer, au détriment du fondateur réel, la construction de la pyramide entière. Les voyageurs grecs, à qui leurs exégètes racontaient l’histoire de la belle aux loues de rose , changèrent la princesse en courtisane et substituèrent au nom de Nitaqrît le nom plus harmonieux de Rhodopis. Un jour quelle sé baignait dans le fleuve, un aigle fondit shr une de ses sandales, l’emporta dans la direction de Memphis et la laissa tomber sur les genoux du roi qui rendait alors la justice en plein air, Le roi, émerveillé et par là singularité de l’aventure et par la beauté de la sandale, chercha par tout le pays la femme à qui elle avait appartenu, et c’est ainsi que Rhodopis devint reine d’Égypte, A sa mort, elle fut ensevelie dans le tombeau de Mvkérinos8, Le christianisme et la conquête arabe modifièrent encore une fois le caractère de la légende sans effacer entièrement le souvenir de Nitokris. « L’on dit que l’esprit de la pyramide méridionale ne paroist iamais dehors qu’en forme d’une femme nuë, belle au reste, et dont les manières d’agir sont telles que, quand elle veut donner de l’âmour à quelqu’un et luy faire perdre l’esprit, elle luy rit, et, incontinent, il s’approche d’elle et elle l’attire à elle et l’affolé d’amOur; de sorte qu’il perd l’esprit sur l’heure et court vagabond par le pays. Plusieurs personnes l’ont veue tournoyer autour de la pyramide sur le midy et environ soleil Couchant3. » C’est Nitokris qui hante ainsi le monument dont elle avait terminé la construction
1. Vyse, Pyramide of Gizeh, p. 79 sqq. *1. Strabon, t XV, c. f. Cf. Hérodote, II, cxxxiv-cxxxv. — 3. L'Egypte de Murtadi, fils du Gaphi phe, de la traduction de M Pierre Watier. À Paris, MDCLXYI, p. 65.
Des découvertes récentes ont donné à la sixième dynastie une authenticité que n’ont pas plusieurs des dynasties postérieures. Ces pyramides qu’Ouni bâtissait pour ses maîtres, nous les avons ouvertes à Sakkarah, et les inscriptions qu’elles renferment nous ont rendu le nom du souverain qui y reposait jadis1. Ounas, le dernier roi de la cinquième dynastie, Téti, le premier de la sixième, Pépi Ier, Mirinrî 1er, Pépi II sont devenus de la sorte des personnages aussi réels que Sétouî Ier ou Ramsès II r même la momie de Mirinrî a été découverte à côté de son sarcophage, et elle est déposée aujourd’hui au Musée du Caire2. Toutes les pyramides de ce groupe sont ordonnées sur le même plan. Un long couloir incliné, bouché par d’énormes blocs de pierre, conduit à une sorte d’antichambre qui, tantôt est entièrement nue, tantôt est décorée d’interminables inscriptions hiéroglyphiques. Puis, c’est un second couloir horizontal, interrompu en son milieu par trois herses de pierre; puis, une chambre oblongue, flanquée à gauche de trois petites pièces basses et sans ornements, à droite de la salle où s’élève le sarcophage. Les inscriptions sont destinées, comme les tableaux des tombes privées, à fournir le mort des provisions et des amulettes nécessaires à le protéger contre les serpents et les dieux maltaisants, à empêcher son âme de mourir. Elles forment comme un livre immense dont les chapitres épars reparaissent par intervalles sur les monuments des temps postérieurs. Et ce n’est pas seulement la religion qu’elles nous restituent, c’est la langue la plus ancienne de l’Egypte : la plupart des formules qu’elles renferment ont été rédigées avant l’époque thinite, au temps de la prédominance héliopolitaine.
De la mort de Nitokris à l’avènement de la onzième dynastie, près de cinq siècles s’écoulèrent, sur lesquels l’histoire reste à peu près muette. Quatre dynasties surgirent, puis retombèrent rapidement pendant cet intervalle, sans qu’il
1. Brug'sch, Zwei Pyramiden mit Inschnften ans den Zeiten der VI Dynastie . dans la Zeitschrift , 1881, p. 1-15; les textes en ont été publiés par Maspero de 1881 à 1889, — 2. Maspero, Guide du Visiteur au Musée du Caire, p. 397, n° lût).
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nous soit possible encore de déterminer les noms et l’ordre de succession des Pharaons qui les composent. Manéthon indiquait en premier lieu une septième dynastie memphite, qui, d’après une version, aurait duré seulement soixantedix jours et n’aurait pas compté moins de soixante-dix rois, d’après une autre, aurait consisté de cinq rois et aurait régné soixante-quinze ans. Il parlait ensuite d’une seconde dynastie memphite, la huitième, dont les vingt-sept souverains exercèrent l’autorité pendant cent quarante-six ans. Le Papyrus de Turin, tout mutilé qu’il est, contient en effet pour cette époque l’indication de règnes fort courts. Le roi Nofirka, successeur immédiat de Nitaqrît, garda le pouvoir deux ans, un mois, un jour ; le roi Nofrous (Snofroui II?), quatre ans, deux mois, un jour; le roi Abou, deux ans, un mois, un jour; un autre roi, dont le nom est illisible, un an et huit jours. Il faut voir dans l’insignifiance de ces chiffres la preuve des intrigues incessantes et des guerres civiles qui ruinèrent l’Égypte et qui amenèrent probablement sa division en plusieurs États indépendants, sur lesquels les princes de la dynastie officielle, retirés à Memphis, n’exercèrent plus qu’un droit de suzeraineté purement nominal.
Après un siècle et demi d’agitations et de luttes, la lignée memphite s’éteignit et elle fut remplacée par une famille d’origine héracléopolitaine. Hâkhninsouten1, l’Héracléopolis des géographes grecs, dont le nom, altéré successivement en Ahninsou et Hnès2, est reconnaissable encore aujourd’hui dans la forme arabe Ahnas-el-Médinéh, était l’une des villes les plus anciennes et les plus riches de l’Égypte. Située au cœur même de l’Heptanomide, à trente lieues environ au sud de Memphis, elle s’élevait dans une île assez considérable resserrée entre le Nil à l’orient, et le grand canal qui longe le pied de la montagne Libyque, à l’occident. Fondée, aux temps antéhistoriques, autour de l’un des sanctuaires les plus vénérés du pays, elle n’avait pas encore de rôle politique, lorsqu’un de ses princes, Khîtoui, dont
1. Littér. : la demeure de U enfant royal. — 2. Isaïe, XXX, 4; Cliampollion, l’Égypte sous les Pharaons , t. I, p. 300-310.
le hom nous est arrivé» avec la prononciation de l’âge grec» en Àchtôès, la tira de son obscurité et parvint à lui transférer la prééminence, qui avait appartenu si longtemps à Memphis. Un roman d’époque tardive le représentait comme ayant été « le plus cruel de tous ceux qui avaient régné jusqu’alors : après avoir commis beaucoup de crimes, il fut enfin frappé soudain de démence et il fut dévoré par un crocodile1 ». Il régna pourtant sur l’Égypte entière : son nom a été trouvé sur les rochers de la première cataracte2, et nous savons qu'il guerroya contre les nomades de la péninsule sinaïtiqueh Ses premiers successeurs continuèrent de commander un siècle au moins à toute la vallée4» mais les grandes familles féodales qui dominaient dans les nomes» à Hermopolis, à Siout, à Thinis» à Koptos» à Thèbes, à Éléphantine» se lassèrent enfin de leur obéir. Âu bout de trois ou quatre générations, les barons de Thèbes» ayant groupé autour d’eux tous les seigneurs du Midi, assumèrent la dignité royale. Dès lors, l’empire fut divisé entre deux maisons rivales dont l’une, siégeant à Héracléopolis, fut Comptée par les chronologistes comme formant une dixième dynastie» liéracléopolitaine dé même que la ixe. La guerre fit rage du Nord au Sud et se prolongea avec des chances variées. Au début, l’habileté des princes de Siout, Khîtoui 1er, Tefabi, Khîtoui 11» parut faire pencher la balance du côté des Héraclêopolitains : Khîtoui II réinstalla le pharaon Marikari dans sa capitale qui l’avait expulsé, et il tint en échec les dynastes du Midi5. Bientôt toutefois la fortune changea-. Les Thébains toujôurs battus revinrent toujours à. la charge: après une lutte de près de deux siècles, ils finirent par triom-
1. Mahétlion, éd. Unger, p. 107. — 2. Il v a été trouvé par Sayce, the Academy , 1892, t. I. p. 532. — 3. Golénischeff, le Papyrus n° 1 de Saint-Pétersbourg, dans la Zeitschrift , 1870, p. 109. — 4. L’ai adopte poür la IXe dynastie lé chiffre de èént dfx-héuf ans, proposé par Lepsiüs ( Kônigsùuch , p. 56-57) : la dynastie compia probablement quatre ou cinq rois âu plus, dont trois au moins sont inscrits sur les fragments du Papyrus de Turin. 5. L’histoire des princes de Siout se déduit aisément des inscriptions de leurs tombeaux, qui ont été publiées par Griffith, the inscriptions of Siut ; fcf. Maspero» Revue Critique, 1889, t. Il, p. 418-419.
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pher des derniers Héracléopolitains, et ils réunirent sous leur autorité les deux moitiés de l’Égypte1.
1. Voici, restitué aussi complètement qu‘011 peut le faire en ce moment, le tableau des dynasties dont je viens de raconter l’histoire :
VIe Dynastie (eLéphantine)
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