II. Tiouâa II Saknounrî II
? ( !A)aacppaYp.o'JÔcùai;).
? (Té0aio<Tiç).
? Sanakhtourî.
? Hotpoürî.
? Manbotpourî.
? Noubhotpourî.
? Tiouàken Saknounrî III.
? Kamos Ouazkhopirrî.
LA CONQUÊTE ÉGYPTIENNE
La Syrie et l’empire chaldéen depuis l’invasion cananéenne jusqu'aux guerres égyptiennes. — La dix-huitième dynastie. — La dix-neuvième dynastie : Sétoui I*r et Ramsès IL
La Syrie et l’empire chaldéen depuis l’invasion cananéenne jusqu’aux guerres égyptiennes.
Ce furent Àménôthès et son fils Thoutmôsis, qui, les premiers, entraînèrent les Égyptiens à la conquête de l’Asie.
Le pays qu’ils rencontrèrent au delà de l’isthme portait le nom de Kharou1. Le Kharou, notre Syrie, se terminait vers le nord aux derniers escarpements du mont Tauros. Il était borné à l’est par l'Euphrate et par le désert, au sud par la mer Rouge, à l’ouest par la Méditerranée. Il est coupé dn sud au nord par deux chaînes de montagnes parallèles, le biban et l’Antiliban ; entre les deux une large vallée se creuse, sillonnée dans toute sa longueur par le Nazana (Litany) et par l’Oronte. L’Oronte prend sa source dans l’Antiiiban. Il est produit par la réunion d’un nombre considérable de ruisseaux et de torrents. Il coule d’abord au nordnord-ouest, mais, descendu dans la plaine, il tourne à l’est, traverse un lac d’environ trois lieues de long sur une lieue de large, puis incline au nord et file presque parallèlement à la côte jusque vers 36° de latitude. En cet endroit il se replie brusquement à l’ouest, puis au sud, et il se précipite dans la mer, après un trajet d’environ soixante lieues, d’une
t. Le nom égyptien est Kharou, ou, par dégénérescence de l’aspirée kh en chuintante, Sharou : il dérive de celui des Horim et il s’appliquait d abord aux portions de pays occupées par ces derniers au sud-ouest et à 1 ouest de la mer Morte. C’est par abus, que les Égyptiens l’appliquèrent au pays de Canaan puis à la Syrie entière.
LA CONQUÊTE EGYPTIENNE. 211
violence extraordinaire1. Le Nazana* naît dans l’Antiliban, à quelques kilomètres de l’Oronte, et il s’enfuit vers le sudsud-ouest. A mesure qu’il s’éloigne de sa source, la vallée s’étrécit peu à peu et le force à resserrer son cours : elle n’est plus bientôt qu’une gorge sauvage, de plus de trois cents mètres de profondeur, et si étroite qu’en un endroit des masses de rochers, détachées du flanc de la montagne, sont venues s’arc-bouter sur la face opposée et demeurent comme un pont naturel au-dessus des eaux. Le Nazana ne sort de ce ravin que pour s’engloutir dans la mer, à trente lieues environ de sa source. Le bassin des deux rivières forme une trouée d’environ quatre-vingts lieues de long, à peine dénivelée, à la naissance du Nazana et de l’ûronte, par une mince chaîne de collines. Peu de provinces du monde antique étaient aussi fertiles que cette région creuse de la Syrie. Vers le sud, ce sont des champs de blé et des vignobles, qui tapissent les bas-fonds et qui s’étagent sur le penchant de la montagne, partout où le pied de l’homme a pu atteindre. Au nord, les alluvions de l'Oronte ont produit un sol noir et féeond, riche en céréales et en fruits de toute sorte. Aussi la Syrie Creuse (Coelé-Syrie), après avoir ravitaillé tour à tour les conquérants égyptiens, assyriens, persans, macédoniens, qui ont dominé sur elle, a-t-elle fini par devenir entre les mains de Rome un des greniers de l’univers.
Autour de cet heureux pays, qui est comme le noyau de la Syrie entière, rayonnent dans toutes les directions, au nord, au sud, à l’est, à l’ouest, des contrées de nature et d’aspect différents. Vers le nord, entre l’Oronte et l’Euphrate, un plateau aride et pauvre s’étale, bordé au Septentrion et à l’Occident par le Tauros et par le Khamanou (Amanos). De ces deux montagnes partent des contreforts, qui s’abaissent graduellement et se déploient en croupes crayeuses ou rocheuses, parsemées de mamelons à Pécbine arrondie et pelée, ravinées de vallées étroites et tortueuses qui aboutissent à l’Euphrate, à l’Oronte, au désert. Au plateau succèdent
4. De là l'étymologie populaire de son nom moderne Nahr-el-Assy, la fleuve rebelle. En réalité, Assy vient d’Axios, nom que les Macédoniens donnèrent à l’Qronte en souvenir de leur patrie. — - 2. Sur le nom de Nazana, cf. Maspero, dans les Mélanges, t. I, p. 140-141.
de vastes plaines sillonnées par des rangées de collines basses et nues : le sol est sec et pierreux, la végétation est rare, les cours d’eau sont peu nombreux et d’un faible débit. Le plus important, la rivière d’Alep, le Khalus de Xénophon, traîne paresseusement sa masse trouble du nord au sud et se perd à la lisière du désert, dans un petit lac salé, encombré d’îlots et de bas-fonds; à peu près à égale distance entre le Khalus et l’Euphrate on rencontre un second lac salé d’assez vastes dimensions, mais sans écoulement. Les céréales, la vigne, l’olive, la pistache, végètent à grand’peine dans ces parages brûlés : la montagne est seule assez riche pour nourrir ses habitants.
A l’est de l’Antiliban fleurit la Syrie Damascène, véritable jardin surplombé par les cimes neigeuses de l’Hermon, et ou deux rivières, l’Abana et le Pharphar, entretiennent une végétation luxuriante en face du désert. Au contraire, on ne voit à l’ouest du Liban qu’une bande de terrain dont la largeur moyenne n’excède pas huit ou dix lieues. De l’embouchure du Nazana à celle de l’Ôronte se déroule, comme un long ruban, une côte abrupte, hérissée de pointes rocheuses et de caps sourcilleux, qui se projettent assez loin dans la mer et abritent tant bien que mal des mouillages médiocres. Sur les premiers versants des collines et dans les ravins, l’olivier, la vigne, le blé, croissent à merveille. Les parties hautes de la montagne étaient revêtues jadis d’immenses forêts de chênes, de pins, de mélèzes, de cyprès, de sapins et de cèdres1. Nulle grande rivière, mais des torrents impétueux, le Léon, le Lykos (Nahr-el-Kelb), qui s’élancent presque d’un seul bond du Liban à la Méditerranée.
Sur le flanc ouest de l’Hermon, à l’extrémité méridionale de l’Antiliban, une vallée s’amorce qui ne ressemble à aucune autre au monde. C’est une déchirure produite à la surface de la terre par les actions volcaniques, une large fissure qui s’est entre-bâillée au commencement des siècles et ne s est jamais plus refermée. Le Jourdain qui l’arrose emplit,
i. Le pin, le cyprès, le mélèze et le sapin étaient les quatre espèces de bois dé construction réservées au fisc sous l’empire romain (E. Re nan, Mission de Phénicie , p. 258-280), et peut-être déjà sous le: Chaldéens.
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à quelques lieues à peine de sa source, un lac, celui de Mérom, dont le niveau concorde avec le niveau de la Méditerranée. Mais, à partir ae ce point, la pente s’accentue et s’enfonce pour ainsi dire en terre ; le fleuve dévale du lac de Mérom au lac de Génésareth. du lac de Génésareth à la mer Morte, où la dépression atteint son maximum d’intensité, quatre cent dix-neuf mètres au-dessous du niveau de la Méditerranée. Au sud de la mer Morte, la crevasse se resserre, et le fond se relève jusqu’à une hauteur de cinq cents mètres avant qu’elle vienne expirer contre les falaises de la mer Rouge.
Rien de plus dissemblable que les deux rives de la vallée. A l’est, le terrain monte brusquement à l’altitude d’environ mille mètres, comme une muraille à pic, que couronne un immense plateau, légèrement ondulé, entrecoupé de bois et de pâturages, et sur lequel errent les affluents du Jourdain et de la mer Morte, l*Yarmouk, le Jabbok, l’Arnon. A l’ouest, ce sont des masses confuses de collines, dont les penchants, à peine revêtus d’un sol maigre, nourrissent néanmoins le blé, l’olive et le figuier. Un rameau, séparé de la chaîne principale un peu au sud du lac de Génésareth, le Carmel, s’élève vers le nord-ouest et s’en va droit à la mer. Au nord du Carmel, la Galilée abondait en eaux fraîches et en vertes campagnes; « les grosses fermes étaient ombragées de vignes et de figuiers; les jardins étaient des massifs de pommiers, de noyers, de grenadiers. Le vin était excellent, s’il faut en juger par celui que les Juifs recueillent encore à Safed ». Au sud, la contrée se partage naturellement en trois zones parallèles. C’est d’abord une plage alternée de dunes et de marais, puis une succession de plaines, boisées par places et parcourues par des rivières encombrées de roseaux, enfin la montagne. La région des sables est susceptible de culture, et les villes qu’elle renferma, Gaza, Joppé, Ashdod, sont entourées de bosquets d’arbres fruitiers. La plaine rend chaque année des moissons considérables, sans engrais et presque sans travail. Les montagnes, vertes encore en certains endroits, se dépouillent de plus en plus à mesure qu’on gagne vers le sud. Les vallées y sont sans eau; le sol, recuit et brûlé, perd peu à peu de sa fertilité et se confond insen-
siblement avec le désert» Dès lors, ce ne sont plus» jusqu’à la mer Rouge, que solitudes sablonneuses, rayées par le lit de torrents à sec et dominées par des massifs volcaniques, à l’est le Séir, au sud le Sinaï. Les pluies du printemps y suscitent pendant quelques semaines une végétation hâtive qui suffit aux besoins des nomades et de leurs troupeaux.
Les peuples qui possédaient cette vaste étendue de territoire aü temps de l’Ancien Empire avaient disparu presque entièrement de la scène du monde» au moment où les lourds bataillons égyptiens franchirent pour la première fois l’isthme et le désert- Surpris par la grande invasion cananéenne, ils avaient été en partie détruits, en partie absorbés par les conquérants. C’est à peine si quelques-unes des tribus primitives gardèrent leur indépendance» a Un peuple grand et de forte stature », les Ânâkim, et de qui on disait : « Qui peut tenir devant les enfants d’Anak?1 » vivait dispersé dans les massifs montagneux qui bordent là mer Morte ; un de leurs chefs mythiques y avait fondé la ville de Kiriath-Arba, qui fut plus tard Hébron2. Sur les confins du désert, les Horim habitaient les parages du mont Séir3 et les Avvim la plaine au süd-êst de Gaza4, D’autres tribus durent échapper et se maintenir, au moins quelque temps, sur plusieurs points isolés ; mais celles-là même succombèrent à la longue. Leur nom s’éteignit, leur souvenir s’effaça ou se dénatura parmi les fables. Or Se les figura comme des nations de géants (Rephaïm), à la voix bourdonnante et indistincte (Zomzommim), comme des monstres formidables (Emim) 5 devant qui les autres peuples « paraissaient comme des sauterelles6». La Syrie entière, renouvelée par des invasions successives, lut comme réparlie entré trois races maîtresses : lés Khati au nord7, les Cananéens le long des côtes, mi cœur et au midi de la contrée, les Amorrhéens dans les vallées de l’Oronte supérieur et du Jourdain, les Térachites au
4. Deut., IX, 2. — 2. Juges , I, 10; Josué , XIV, 45, — 5. Gen., XIV,
6; Deut., II, 12-22. — 4. Deut., Il, 28. — 5. Deut., II, 10-11, 20-21.
6. Nomb ., XIII, 34. — 7. Sur la vocalisation de ce nom, voir Ë. de Rougé, Leçons professées au Collège de France , publiées par Robiou
dans les Mélanges d’ archéologie, t. II, p. 271.
LA CONQUÊTE ÉGYPTIENNE. 215
midi et à l’Orient de la mer Morte, sur la lisière du désert d’Arabie.
LesKhati étaient cantonnés d’abord sur le plateau deCappa* doce, autour de leur cité de Khati1; ils en étaientdescendusdès le xxe siècle, à la recherche de régions moins pauvres, et ils avaient pénétré sous les murs de Babylone; repoussés après des succès qui amenèrent la chute de la première dynastie babylonienne, ils s’étaient rejetés sur les plus riches plaines de la Syrie, et même une de leurs tribus s’était a venin rée loin dans le Sud autour d’Hébron2 *. Le gros de la nation ne dépassa pas le pays des deux fleuves, Naharanna5, et conquit peu à peu la riche plaine qui se déploie entre le Êaîikh et l’Oronte, les versants de l’Àmanos et une partie de la plaine cilicienne. Grâce à sa position intermédiaire entre les deux principaux États du monde antique, la Chaldée et l’Égypte, ce domaine des Khati ne tarda pas à devenir un des marchés les plus fréquentés de l’Orient, Les caravanes, au lieu d’affronter le désert et de passer directement des bords de la mer Morte et du Jourdain à ceux de l’Euphrate et du golfe Persique, remontaient la vallée du Nazana et de l’Oronte, afin de rejoindre le cours moyen de l’Euphrate et, de là, redescendre sur Babylone, Les Khati avaient construit des forteresses sur chacun des gués qui mènent de la rive syrienne à la rive mésopolamienne, Tourméda ou Thapsaque4 au gué le plus méridional, Gargarnish 5 au gué central ; Gargamish, placée au oüetir d’une contrée civilisée, était la station préférée et l’entrepôt des caravanes, l’une des villes souveraines, sinon la capitale même d’un empire, qui atteignait aux sources de l’Oronte vers le sud, au centre de l’Asie Mineure vers le nord et vers le nord-ouest*. Presque tout ce que nous savons
1. Khati est aujôurd’hui Büghar^-Keuï, ainsi qü’il résulte des fouilles
récentes de Wiiicklei\ L’invasion des Khati sous Samsoüditofia nous est
coiinue par la Chronique Buby Ionienne de King: — 2. Genèse, XIV, 15; XXIII, 3 sqq. ; Sayce, F res h Lighi front the Monuments, p. 94. — 5. Ou
Naharaina. — 4, Movers, Die Phônizier, t. Il, 2** Theil, p. 164.
5. Les textes assyriens prouvent que telle était l’orthographe du nom, et non pas Karkamish. G. Smith la met à Jérâbis, sur remplacement d’0ropos(Fr. Delitzsch, \Vo lug dus Pafëdies? p. 265 sqq.). —6. Sayce, The Monuments of the Hittites , dans lés Transactions of the Society of BibUcal Archœologyi t. VIII, p. 253 sqq.
m CHAPITRE V.
jusqu’à présent des Khati nous vient soit de l’Egypte, soit de l’Assyrie. Les monuments qu’ils nous ont légués sont peu nombreux et mal classés1 : leurs inscriptions sont rédigées dans un système d’écriture hiéroglyphique fort différent du système égyptien et résistent encore au déchiffrement, ils avaient cependant une civilisation fort complète, une industrie prospère, une littérature2 *. Leur religion était assez analogue à celle des peuples cananéens : chaque ville avait son dieu qui s’appelait Soutkhou, comme le dieu national des Pasteurs, et sa déesse qui recevait le nom générique d’Astarté5. Cette féodalité divine répondait à une véritable féodalité terrestre. Les villes étaient gouvernées par des princes qui relevaient du Grand Chef de Khati et qui lui devaient le service militaire. C’étaient Tounipou4, Khissapa, Sarsou, Ourima5, et cent autres dont la position n’est pas fixée6. A quelques lieues au sud-ouest de Gargamish s’élevaient Patina et Khaloupou7. Khaloupou, moins favorablement située que Gargamish, n’eut jamais l importance de sa voisine : elle était pourtant considérable et renommée jusqu’en Egypte pour les produits de « ses champs altérés8 ».
Bientôt après l’invasion, les Cananéens s’étaient dispersés. Les uns s’étaient répandus dans les vallées de l’intérieur, de l’Amanos au Séir, et dans les plaines qui se déroulent, au sud du Carmel, jusqu’au désert et à la frontière d’Égypte. Les autres s’étaient logés le long de la côte, entre le Liban, les massifs de la Palestine et la mer. La différence de sites amena, entre ces deux branches de la même famille, une différence de mœurs et de caractère. Les Cananéens de l’in-
1. Ils ont été réunis et puMiës par H. Rylands, The mscribed atones front Jerabis, Iiamath, Aleppo , etc., dans les Transactions , t. VII, p. 429-442. — 2. Sous Ramsès II, le roi Khatisarou emmenait avec lui à la guerre un historiographe, chargé d’enregistrer ses exploits
(E. de Rougé, Leçons , dans les Mélanges, t. II, p, 277). — 3. C’est ce qui résulte de la liste des dieux hittites qui accompagne le traité de
Ramsès II avec Khatisarou — 4 . Aujourd’hui Tinnab, près Alep (Nôl-
deke, Tunip und Charbu, dans la Zeitschrift , 1876, p. 55, n° V). —
5. La liste s’en trouve dans Mariette, Karnak, pl. 20-21, 25, 26. —
6. La Batnæ des textes classiques. — 7. Alep; Chabas, Voyage d'un
Egyptien , 101-110. — 8 Papyrus de Leyde, I, 345. pl. VII, 1. 8.
LA CONQUÊTE ÉGYPTIENNE. 21
térieur, agriculteurs ou pasteurs selon les localités, se subdivisèrent en un grand nombre de tribus, sans cesse en guerre les unes contre les autres. Les Cananéens de la côte, étouffés entre le Liban et la Méditerranée, se firent marins et commerçants. L’antiquité classique leur donnait le nom de Phéniciens. Selon certaines traditions grecques, ils avaient été appelés ainsi de Phénix, fils d’ A génor et ancêtre de la race1. Selon d’autres, Phœnikes signifiait simplement le peuple rouge, soit en souvenir de la mer Rouge (Erythrée), aux bords de laquelle ils avaient séjourné si longtemps, soit à cause des fabriques de pourpre qu’ils ouvrirent dans leurs colonies, soit enfin par allusion à la teinte de leur visage.
L’opinion la plus reçue jusqu’à ces derniers temps voit dans Phoenix le nom du palmier, et dans Phœnikia le Pays des Palmes2. En fait, Phœnixest une forme élargie de Pouanit , Phouanit ( Pœni ,
Puni), vieux nom national que les Cananéens avaient déjà dans leur patrie primitive, et qui les suivit à travers leurs migrations. Les monuments égyptiens les plus anciens identifient les régions de la mer Rouge au pays de Pouanit : les Cananéens du golfe Persique transférèrent le nom de Phénicie en Syrie, les Phéniciens de Syrie le menèrent en Afrique, et les Phéniciens d’Afrique (Pœni) l’exportèrent jusque dans leurs colonies les plus lointaines.
« La Phénicie ne fut pas un pays; ce fut une série de ports avec une banlieue assez étroite3. » Le Liban, qui la défendait, a été de tout temps infesté par des brigands4 : les
1. Et. de Byzance, s. v. <£om'xr). — 2. Movers. Die Phônizier, t. II, lter Theil, p. 1-4. — 3. E. Renan, Mission de Phénicie , p. 856. — 4. Dès le temps de Ramsès II, le voyageur du Papyrus Anastasi I (pl. XIX,
Un roi hittite.
villes phéniciennes* séparées l’une de l’autre par un intervalle de dix ou douze lieues à peine, ne pouvaient communiquer en sûreté que par la voie d’eàm Elles se combinèrent assez promptement en trois groupes indépendants l’ün de l’autre, et dont chacun avait sôn caractère propre. Vers le nord, dans la partie que les Égyptiens appelaient le Zahi1* les deux grandes villes d’Àrad et de Zimyra étaient aux mains d’une aristocratie turbulente et belliqueuse* toujours prête â batailler contre les voisins et à se révolter contre le maître étranger* Égyptien, Assyrien ou Perse, Arad était posée sur une petite île éloignée de terre d’un peu moins de trois kilomètres s « C’est un rocher de tous côtés battu par la mer* et d’environ sept stades de tour, 11 est recouvert d’habitatlong et si peuplé encore à présent, que les maisons y ont un grand nombre d’étages. Les habitants boivent de l’eau de pluie conservée dans des citernes, ou dé l’eau qu’on transporte de la Côte opposée. » Il y avait dans le détroit même, entre Pile et la côte, une source d’eau douce qui jaillissait au fond de la mer et qui servait à l’approvisionnement en temps de guerre. Des plongeurs descendaient une cloche en plomb, munie à son extrémité supérieure d’un long tube de cuir, et ils l’appliquaient sur l’orifice de la source. L’eau, emprisonnée de la sorte, montait dans le tube selon les lois de l’hydrostatique et arrivait pure à la surface, où on la recueillait2. En face d’Arad, sur une ligne continue de trois ou quatre lieues, s’allongeait comme une bordure de villes ou de villages, Marath, Karne, Antarados, « où s’épa- « nouissait tout ce qui eût été trop à l’étroit dans l’île 3 ». Les Arvadites avaient établi leur domination assez loin sur la côte et dans l’intérieur. Au nord, ils possédaient Gabala et
1. 1-2) se plaint des Shasou, qui rôdaient dans les bois de la montagne (cf. Chabas, Voyage d'un Égyptien , p. 112 sqq.) — 1. Zâhi, comme hom général, était appliqué, chez les Égyptiens, à toute la côte syrienne, de l’embouchure du Nil à celle de l'Oronte. Les textes de Thoutmôsis 111 prouvent cependant, qu’il appartient plus particulièrement à la Phénicie du Nord. — 2. Strabon, 1. XVI, 5, p. 753; Pline, II, 103, V, 31. « M. Gaillardot a vu, dans une de ses traversées de l’île au continent, la source d’eau douce, bouillonnant au fond de la mer » (E. Renan, Mission de Phénicie , p. 41-42). — 3. Ë. Renan, Mission de Phéniciet
LA CONQUÊTE ÉGYPTIENNE. *19
Paltos; an sud, ils avaient soumis la tribu et la ville de Simyra ; â l’est, Hamath sur l’Oronte leur obéit pendant quelque temps.
A passer de ce premier groupe au second, il semblait qu’on entrât dans un autre monde. 6ebel ou GebônS que les Grecs appelaient Byblos, se vantait d’être la ville la plus vieille qui existât. Le dieu El l’avait bâtie au commencement des âges, sur un emplacement différent de celui qu’elle eut par la suite ; on la trouvait alors à quelques lieues dans l'intérieur, près de la rive septentrionale du Nahr-el-Kelb. Plus tard, ce site fut abandonné, et la population , émigrant au bord de la mer, construisit, à côté du fleuve Adonis , une seconde ville qui reçut le nom de la pre-
Le temple de Byblos.
mière. Sur la colline qui. domine aujourd’hui les ruines et regarde la mer, se dressait un grand temple où les pèlerins affluaient de la Syrie entière2. Aussi bien Gebel et la vallée où coulait son fleüve étaient-elles « une sorte de terre sainte d’Adonis, remplie de temples et de monuments consacrés à son culte3 ». A Mashnaka, le dieu avait un de ses tombeaux, A Ghinèh, il avait été tué par un sanglier et pleuré par sa divine amante. Son sanctuaire le plus vénéré était près d’Aphaka, à la source même. « L’espèce d’entonnoir d’où sort le fleuve est comme le point central d’un vaste cirque, formé par des tours de rochers d’une grande hau-
4. La forme Gapouna, Gebôn, pour le nom de cette ville, est donnée par le Papyrus Artdstàêi I, 1. XX, 1. 17. Cf. Chabas, le Voyage d'un Égyptien, p. 156-160. — 2. E. Renan, Mission de Phénicie , p. 174-178. — 3, Id.i p, 295.
teur. La fraîcheur des eaux, la douceur de l’air, la beauté de la végétation ont quelque chose de délicieux. L’enivrante et bizarre nature qui se déploie à ces hauteurs explique que l’homme, dans ce monde fantastique, ait donné cours à tous ses rêves1. » Bérouth partageait avec Gebel la gloire d’avoir le dieu El pour protecteur : c’était un port bien encaissé^ l’extrémité d’une des plaines les plus fertiles de la Phénicie. Il semble que ces deux villes aient joué un grand rôle politique pendant les temps qui suivirent l’arrivée des Phéniciens : elles ne surent pas longtemps le soutenir, mais leur importance ne fut pas amoindrie par là. Elles demeurèrent jusqu’aux derniers jours du paganisme le siège de l’une des plus vivaces parmi les religions syriennes.
A quelques lieues au sud de Bérouth trônait Sidon, « le premier-né de Canaan ». Malgré ce titre ambitieux, elle n’était d’abord qu’un simple village de pêcheurs, construit, disait la légende, par Bel, l’Agénor des Grecs, sur le penchant septentrional d’un petit promontoire qui se projette obliquement vers le sud-ouest. Le port, si célèbre dans l’antiquité, est fermé par une chaîne basse de rochers, qui part de l’extrémité nord de la péninsule et se déploie parallèlement au rivage sur une longueur de quelques centaines de mètres. La plaine environnante est arrosée par le « gracieux Bostrên » (Nahr el-Aoualy) et égayée de jardins dont la beauté avait valu à la ville le nom de Sidon la fleurie2. Son territoire, borné au nord par le Tamour, allait au sud jusqu’à l’embouchure du Nazana : au delà commençait le domaine des Tyriens. Dans les âges reculés du monde, quand les dieux frayaient familièrement avec les hommes, Samemroum traça sur le continent le plan d’une ville de roseaux, en face de laquelle son frère Hysôos, le premier marin, saisit quelques petits îlots où il érigea des colonnes sacrées : ce fut le commencement de Tyr. Vint ensuite Melkarth, l Hercule tyrien. Les prêtres de ce dieu racontaient à l’historien Hérodote que « le temple avait été fondé en même temps que la ville elle-même : or ils habitaient la ville depuis deux mille trois cents ans ». Le calcul des prêtres
1. Renan, Mission, p. 296. — 2. Siôovoc àvôc(x6ea-aav (Denys le Périégète).
LA CONQUÊTE ÉGYPTIENNE. 221
tvriensnous reporte vers l’an 2750, c’est-à-dire un peu avant l’époque des Pasteurs et l’invasion cananéenne. La Tyr insulaire n’avait pas, comme Arad, la ressource d’une fontaine sous-marine : ses habitants n’avaient pour s’abreuver que l’eau de citerne ou celle qu’ils faisaient venir du continent dans des barques1. Elle possédait, sous la suzeraineté des
Syriens au tombeau dejtekhmarü, à Thèbes.
Sidoniens, toute la côte de l’embouchure du Nazana au sud du Carmel.
Les Cananéens de l’intérieur et les Amorrhéens, disséminés de l’Amanos à la pointe méridionale de la mer Morte, ne formaient pas une masse aussi compacte que les Cananéens de la côte. La plupart de leurs tribus s’étaient scindées en fractions plus ou moins considérables et cantonnées sur différents points du territoire de l’Oronte. Après avoir mis en danger l’indépendance de la Chaldée, ils s’étaient élevés peu à peu le long des rives de l’Euphrate et se répandant dans la vallée de l’Oronte, ils l’avaient occupée presque entière dans ses
4. Pap. Anastasi, /, pl. XXI, I, 4-2; cf. Chabas, le Voyage d'un Égyptien , 165-171; Lieblein, Sur la ville de Tyr , dans les Atti del I\ Congresso Internationale, Florence, 1880, p. 15 sqq.
parties hautes, Passant ensuite sur le plateau à l’est du Jourdain, ils y avaient fondé deux royaumes principaux : celui du Nord, capitale Edréi, entre lHermon et le Jabbok, celui du Sud entre le Jabbok et l’Àrnon, avec Kheshbon pour capitale, Un de leurs clans, demeuré dans la vallée de l’Oronte, s'y appuyait sur la célèbre Qodshou (Kadesh)1; un autre campait au bord de la mer entre Ekron et Joppé2; un troisième, installé à Jébus auprès du mont Moriah, se faisait appeler Jébusite*; d’autres enfin s’étaient fixés près de Sichem et au Sud d’Hébron, en assez grand nombre pour imposer aux montagnes qui longent la mer Morte le nom de mont des Amorrhéens4. Les Hivites5 vivaient à l’orient de Sidon, dans les vallées du haut Jourdain et du Na?ana ; leurs colonies allaient au nord jusqu’à Ham&th, au sud jusque dans le pays d’Édom, Quant aux Girgasêens, la dernière et la plus obscure des grandes races cananéennes, une partie d’entre eux paraît avoir habité h l’orient du Jourdain8, le reste dans la Syrie du Nord, non loin des Hittites septentrionaux.
Les tribus Térachites n’avaient alors qu’une importance secondaire, Ceux des enfants d’Israël qui habitaient l’Égypte y devaient séjourner des siècles encore avant de revenir au berceau de leurs pères. Les Ammonites disputaient aux Amorrhéens la possession des districts situés au nord de l’Arnon. Les Moabites dominaient au sud de l’Arnon et se maintenaient à grand’peine sur les bords de la mer Rouge. Les Édomites, ralliés autour du mont Séir, touchaient vers le nord aux Moabites et s’étendaient au sud dans ia direction de la mer Rouge, Ils avaient sans cesse à batailler contre les tribus arabes du désert, Amalécites et autres, que les Égyptiens désignaient sous le nom générique de Shasou (pillards). Ces Shasou, errant de l’isthme de Suez aux bornes de l’Euphrate, à la lisière des terres cultivées, ne se lassaient pas.de harcèlerions les sédentaires de la Syrie, On les craignait dans les plaines du Sud comme dans celles du Nord ; la Coelè--Syrie et la Phénicie étaient sujettes à leurs
1. Bnigsdi, G. Inschr „ t. Il, p. 21r22. —2. Juge?, I, 34. — 3. Mover, Die Phamiziev, t. II, 4te>' Tlieil, p. 30. — 4. Deutéronome , I, 7, 49-,20 sqq. — 5. Knobel, VôUwrtafel , p. 352. ™ 6. Knobel, Id., p. 555.
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irruptions, et le voyageur les rencontrait dans les gorges du Liban S sur le chemin do Damas.
Placée aux confins du désert, fortifiée à l’Ouest par l’Autiliban contre les assauts des Cananéens, Damas occupe un des sites que la nature semble avoir destinés de tout temps à l’emplacement d’une grande ville. Une légende recueillie par les Hébreux en attribuait la fondation à Ûuz, fils d’Aram. Elle s’allonge au milieu des jardins qui la serrent de toutes parts et pénètrent dans ses murs, coupée en deux parties inégales par l’Abana, et sans cesse rafraîchie par les canaux que ce fleuve lance dans toutes les directions. Encore aujourd’hui sa vue arrache un cri d’admiration au voyageur qui débouche des gorges de l’Antiliban, « Il a devant lui la ville, dont quelques édifices se dessinent déjà à travers les arbres; derrière lui, le dôme majestueux de l’Hermon, avec ses sillons de neige qui le font ressembler à la tête chenue d’un vieillard; sur sa droite, le H aura n, les deux petites chaînes parallèles qui resserrent le cours inférieur du Pharphar2 et les lufnulus de la région des lacs; sur sa gauche, les derniers contreforts de l’Antiliban, allant rejoindre l’Hermon. L’impression de ces campagnes richement cultivées, de ces vergers délicieux, séparés les uns des autres par des rigoles et chargés des plus beaux fruits, est celle du calme et du bonheur..,, Vous yous croyez à peine en Orient dans ces environs de Damas 3, et surtout, au sortir des âpres et brûlantes régions de la Gaulonitide et de l’Iturée, ce qui remplit lame, c’est la joie de retrouver les travaux de l’homme et les bénédictions du ciel. Depuis l’antiquité la plus reculée jusqu’à nos jours, toute cette zone, qui entoure Damas de fraîcheur et de bien-être, n’a eu qu’un nom, n’a inspiré qu’un rêve, celui du « pa-
1. Papyrus Anastasi, /, pl. 19, I, 1-2; cf. Chabas, Voyage , p. 112- 116. M. R. Pietschmaun a fait observer très justement que cette dénomination des tribus pillardes du désert répond assez bien à celle de Nabatéens, que les Romains leur appliquaient (çf de Luynes, Revue numismatique , 1858, p. 382 sqq. ; Blau, Zeits. d. D. Morgenl. Geselts., 1871, p. 560). — 2. Aujourd’hui Nahr-el-Aouadj. — 3. La plaine a une hauteur moyenne de dix-sept cents mètres au-dessus du niveau de la mer.
radis de Dieu1 ». Damas dominait sur les villes éparses par la plaine et sur les villages nichés à perte de vue dans les gorges de l’Hermon, sur Abila, sur Khelbon, la cité des vins, et sur quelques petits États voisins, Rohob, Maakha, Gessour, échelonnés dans la vallée du haut Jourdain. Elle prospérait à l'écart des armées et sous la protection de ses montagnes, comme endormie à l’ombre de ses vignes et de ses figuiers.
Au delà de l’Euphrate commençait, sinon l’empire chaldéen, au moins le territoire placé plus ou moins directement sous l’influence des maîtres de la Chaldée. Après quelques années d’hégémonie incontestée vers 2100 5, l’Elam avait vu surgir à Babylone vers 2060 une dynastie peut-être amorrhéenne d’origine, dont les premiers membres, Shoumouabîm et ses successeurs, lui reprirent peu à peu les cités du nord. Les péripéties de la lutte nous échappent encore, mais c’était sans doute un de ceux qui y furent mêlés, ce Koutour-Lagamer qui envahit la Syrie avec ses vassaux Amraphel, roi de Sinéar, Ariokh, roi d’Elassar, et Thargal, roi des Goutim. Il battit les princes confédérés contre lui, et il leur imposa le tribut pendant douze années consécutives. La treizième fut marquée par un soulèvement général : il accourut, vainquit les révoltés dans la vallée de Siddim et pilla leurs villes. La tradition hébraïque s’empara de ce fait et y mêla assez maladroitement l’un des chefs mythiques de la race juive : Abraham aurait assailli le vainqueur à l’improviste, pendant sa retraite, et il lui aurait infligé une légère défaite3. Un autre prince appartenant à la même dynastie, Koutour- Mabouk, conduisit encore une expédition en Syrie ; mais il fut battu près d’Ourou par Sinmouballit de Babylone, et il ne se maintint qu’avec peine dans les cantons du Midi. Hammourabi, successeur de Sinmouballit vers 1980, réussit enfin à l’expulser des régions de l’Euphrate : il lui enleva Ourou en l’an XXX de son règne, l’Emoutbal en l’an XXXI, et il le contraignit à se réfugier dans les provinces orientales de l’Élam. Ce fut pour les cités sumériennes la fin de 1 auto-
1. Renan, les Apôtres, II, p. 177-178. — 2. Thureau-Dangin, dans la Zeitschrift fur Assyriologie, t. XXI, p. 182 sqq. — 5. Genèse, XIV.
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nomie : les Sémites prirent l'ascendant sur les anciennes populations de la Mésopotamie, et ils le conservèrent jusqu’aux derniers instants de la monarchie chaldéenne. Hammourabi se montra aussi actif dans la paix qu’il l’avait été dans la guerre. Nous savons déjà qu’il rassembla les lois édictées par ses prédécesseurs et qu’il les promulgua de nouveau en forme de Code1. Il rectifia et compléta le système d'irrigation entre les deux fleuves, il régla le cours de l’Euphrate et celui du Nil, il fit de Babylone une ville digne d’être la capitale d’un empire puissant. Lui mort, Himsin s’imagina que l’occasion était favorable à regagner le terrain perdu et il reparut en Chaldée, mais, vaincu par Samsouilouna, il périt les armes à la main et sa défaite mit pour longtemps l’Élam hors d’état de nuire à ses voisins. Toutefois, l’ébranlement causé en Mésopotamie par son invasion avait été tel que le prince des pays de la mer, Iloumailoum, put se déclarer indépendant vers 1900 : deux dynasties rivales subsistèrent à côté l’une de l’autre, pendant plus d'un siècle, celle des descendants de Hammourabi au Nord, celle des fils d’Iloumailoum au Sud, puis vers 1761, la première fut renversée par les Kashshou, l’une de ces tribus pillardes qui habitaient les régions montagneuses situées à l’Est du Tigre*. Leur chef Gandish s’établit solidement dans la Chaldée du Nord, et sous son troisième successeur Kashtiliash, le dernier roi de la deuxième dynastie, Eâgamil, ayant été tué vers 1720 pendant une campagne en Elam, Oulambouriash, frère de Kashtiliash, s’empara des pays où elle avait régné : son pouvoir fut éphémère, et Agoum, fils de Kashtiliash, réunit la région de la mer à son domaine3. La famille cassite végéta sans grand éclat pendant plusieurs siècles. Le nom qu’elle imposa au pays Kardouniash, la forteresse du dieu Douniash, lui survécut pourtant, et assura pour la suite des siècles le souvenir de sa domination. Si nous possédions d’une manière
1. Voir plus haut, p. 157-158. — 2. Ce sont les Cosséens des auteurs classiques; cf. Fr. Delitzsch, die Sprache der Kossâer, in-8°, Leipzig, 1884. — 3. Toute cette histoire nous est indiquée sommairement dans la Chronique Babylonienne de King; fr. Thureau-Dangin, dans la Zeits. fur Assyriologie, t. XXI, p. 170-186.