‹ Histoire ancienne des peuples de l'OrientChapitre 28 sur 215 · Ch. Texier, Da oription de l'Asie Mineure , p · texte numérisé non relu

Ch. Texier, Da oription de l'Asie Mineure , p

fluence et peut-être la main des artistes hittites1, voilà ce qui subsiste de ces souverains si vantés pour leur opulence, pour leur amour des chevaux de prix et pour le respect fanalique dont ils entouraient la mère des dieux et Dionysos. Le char royal de Midas et son nœud gordien se perpétuèrent longtemps intacts comme un trophée de leur ancienne suprématie . il fallut l’épée d’Alexandre pour trancher le nœud, et l’invasion grecque pour faire oublier les vieux rois nationaux.

Au nord de laPhrygie, quelques tribus aryennes peu nombreuses se disséminèrent dans les forêts qui bordent la côte du Pont-Euxin, et propagèrent, entre le Billæos et l’Halys, la race obscure des Paphlagoniens. A leur gauche, les Ascaniens et les Thraces, sous le nom de Bithyni, Bebrvkes, commandaient les deux rives du Bosphore2. Plus à gauche encore, la forte nation des Mysiens, et des peuplades de même origine, Teucriens, Kébrênes, Dardanes, s’agitaient dans la vallée du Rhyndakos et dans celle du Caïque, sur le massif de l’Ida et sur la péninsule qui s’avance entre la Propontide, l’Hellespont et la mer Égée. La légende racontait de Dardanos qu’il avait construit la ville de Dardania sous les auspices de Jupiter Idéen, et qu’il était le père des Dardanes3. Une partie de ses enfants descendit des ravins de la montagne aux rives du Scamandre et se retrancha sur une colline escarpée qui domine au loin la plaine et la mer. Les fouilles répétées que Schiiemann a opérées en cet endroit sur l’emplacement où fut Troie ont dégagé les ruines de plusieurs cités superposées du linceul de terre qui les écrasait. Les débris découverts dans la plus ancienne prouvent l’existence d’une civilisation, où l’on chercherait en vain les indices d’une influence égyptienne ou assyrienne. La plupart des outils sont en pierre ou en os taillé, mais leur usage n’exclut pas

1. Perrot, Exploration archéologique, p. 135-149, 156-163, etc., et pl. 8, 9, 10, 34-52, 53-68, etc. Cf. Sayce, Monuments of the Hittites , dans les Transactions of the Society of Biblical Archæology, t. VII, p. 261 sqq- — 2. Hérodote, I, xxvm, et VII, lxxv ; Thucydide, iv, 75; Xénophon, Anahase , vi, 4; Strabon, XII, ni, 3 et 4. — 3. Iliade , XX, 215 sqq. Il ne restait plus le moindre vestige de cette ville au temps de Strabon (III, W-

celui des mélaux. Le cuivre, l’or pur, l’argent, l'électrurn, le plomb, étaient employés abondamment ; le bronze servait à fabriquer des outils et des armes, mais l’étain y entrait en trop petite quantité pour que l’alliage eût la consistance voulue. Évidemment les premiers Troyens s’essayaient à imiter la composition des objets en bronze qu’ils recevaient de l'étranger; ils n’avaient pas encore maîtrisé les procédés de brassage et ils se contentaient d’à peu près1. Au contraire, ils travaillaient l’or avec beaucoup d’habileté : les coupes, les colliers, les bijoux découverts dans les urnes, ont une forme gracieuse et un galbe très pur. Les poteries étaient façonnées à la main, sans le secours du tour; elles n’étaient ni peintes, ni vernissées, mais seulement lustrées au moyen d’un polissoir en pierre. La première Troie périt dans un incendie, allumé sans doute par des voisins confédérés contre elle, mais elle renaquit bientôt de ses cendres. « Sur les pentes adoucies de la montagne la ville même s’éleva ; au-dessus se jucha sur une roche escarpée, la forteresse Pergame. Du haut de ses créneaux, l’œil embrassait toute la plaine étalée jusqu’à la mer, où le Simoïs et le Scamandre mêlaient leur cours, et. par delà la plaine, la vaste mer, du point où les Ilots puissants de l’Hellespont se précipitent dans la mer Égée jusque vers Ténédos. Aucune cité royale de l’ancien monde n’était plus heureusement située que cette forteresse troyenne : bien couverte et sûre, elle avait vue sur tout ce qui l’entourait et commandait au loin. Derrière elle, les versants boisés et riches en troupeaux de la montagne ; à ses pieds, la plaine féconde; devant elle, une large mer du sein de laquelle les cimes reculées de Samothrace, vigie de Poséidon, se dressaient en face de l’Ida où Zeus siège en sa gloire2. »

Un groupe de race indécise, Lydiens, Lôlèges, Lyciens, Cares, flottait au sud de la Troade et de la Mysie. Les Lydiens se tenaient concentrés dans les grasses vallées de l’Hermos, du Caystre et du Méandre. Leurs plus anciennes traditions

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