Ë. Curüus, Griechùche Geschichte, t. I, p
LES GRANDES MIGRATIONS MARITIMES ET LA XXe DYNASTIE. 207
dont ]a capitale fut Cnôsos. « Le premier empire de la Grèce ‘antique fut un État d’îles et de côtes; le premier roi, un roi de mer », Minos. C’est à Minos qu’on attribuait la gloire d’avoir détruit le brigandage parmi les îles de l’Archipel et d’avoir réprimé les exploits des Phéniciens et des Cares. L’avènement de la domination Cretoise marque la fin de la suprématie sidonienne dans les mers de la Grèce : les quelques colonies qui se maintinrent çà et là ne subsistèrent que par force concessions et ménagements à l’égard des indigènes1.
Nous ignorons tout des guerres qu’entreprirent les peuples de l’intérieur contre les Khati. L’influx perpétuel des tribus thraces n’était pas sans jeter un trouble profond dans les relations des peuples qui avaient habité jusqu’alors les rives de la mer Égée. Il fallait de l’espace pour les nouveaux venus. LesMéoniens, les Tyrséniens, lesTroyens, les Lyciens, durent déverser au dehors une portion au moins de leur trop-plein2 *. D’après la tradition locale, Manès, fils de Zeus et de la Terre, eut Cotys de Callirhoé, fille de l’Océan. Colys engendra Asios, héros éponyme de l’Asie5, et Atys, qui inaugura en Lydie la dynastie des Atyades. Callithéa, fille de Tyllos et femme d’Atys, mit au monde deux fils, nommés, selon les uns, Tyrsênos ou Tvrrhênos et Lydos4, selon les autres, Torrhêbos et Lydos5. Examinant cette généalogie et la complétant par les données des monuments égyptiens, on voit qu’il y eut d’abord, sur la côte ouest de l’Asie Mineure, un peuple appelé ’ Mæones, divisé en plusieurs tribus : les Lydiens, les Tyrsênes ou Tyrrhênes (Toursha), les Torrhèbes, les Shardana. Quelques-unes de celles-ci, sollicitées par l’attrait de la piraterie, abandonnèrent leur patrie, et s’en allèrent chercher fortune au delà des mers.
1. E. Curtius, Gmechische Geschichte , t. I, p. 58-62. — 2. Pour les
sources égyptiennes, voir E. de Rougé, Extrait d'un mémoire sur les
attaques , dans la Revue archéologique, septembre 1867 ; Chabas, Éludes sur L’antiquité historique, p. 191 sqq.; Maspero, dans la Revue critique, 1875, t. I, p. 84-86; 1878, t. I,p.520; 1880. 1. 1, p. 109-110; Max Millier, Asien und Europa, p. 354 sqq. — 3. Le nom d’Asia me paraît identique au nom Asi (lu mal à propos Asebi), que les Égyptiens appliquaient à
l’île de Chypre (voir p. 238, note 1, et p. 281), et aussi, je crois, aux colonies phénicienns de la côte asiatique. — 4. Hérodote, I, xciv. —