‹ Histoire ancienne des peuples de l'OrientChapitre 32 sur 215 · Hérodote, 1. I, xciv. — 3. Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

Hérodote, 1. I, xciv. — 3. Voir plus haut, p

Un Libyen de race Timihpu.

repos et délégué le pouvoir royal à l’un de ses fils. Les trois premiers étant morts, il choisit vers l’an XXX le quatrième, Khànioisit qui était chef du sacerdoce meinphite. L’autorité de Khârnoïsit dura jusqu’en l’an LV2 qu’il mourut, et elle

1. Maspero, Essai sur l'inscription d'Abydos , p, 80. — 2. Khârnoïsit ne fut pas enterre au Sérapéum, comme l’on dit Brugsch et Mariette : nous

Au moment où il traitait avec KJiatousU, liâmes H était déjà âgé d’au moins cinquante ans et il avait fourni trente années de guerres1, Qn conçoit qu’il dit ressenti le désir du

dévolu! ensuite au treizième fils, Mînéphtah. Nommé héritier présomptif presque dès l’enfance, décoré des titres les plus honorifiques, Mînéphtah paraît avoir partagé avec la princesse Bit-Anati et le prince Khâmoïsit, tous deux nés, comme lui, de la reine ïsinofrit, la faveur particulière de Sésostris. Au moins est-il dit plusieurs fois « qu il a surgi comme Plitah au milieu des multitudes, pour édicter des lois excellentes sur les deux terres >>. Il fut régent douze ans, de l’an LV à l’an LXVIl, puis il devint roi à son tour, sous les noms de Binrî-Mînoutirou, fils du Soleil, Mînéphtah hotphimâït.

Tant s'en faut qu’il fût un jeune homme lors de son avènement. Né, au plus tard, dans les premières années de Ramsès, il comptait donc soixante ans, sinon davantage ; c’était un vieillard succédant à un autre vieillard, dans un moment où l’Égypte aurait eu besoin d’un chef jeune et actif. Néanmoins, le début ne fut pap trop malheureux. Au dehors, les garnisons des villes syriennes ne furent point inquiétées1 ; lesKhati, qu’une famine désolait, obtinrent de l’Egypte des secours en blé et ne rompirent point la paix, par reconnaissance. Au dedans, les grandes constructions continuèrent à Thèbes, à Abydos, à Memphis, surtout dans le Delta, où Mînéphtah avait fixé sa résidence, à l’exemple de son prédécesseur. Tout semblait donc annoncer un règne paisible, sinon un règne glorieux. Mais, depuis leur défaite sous Sétoui et sous Ramsès II, les peuples de l’Asie Mineure et de la Libye avaient eu le temps de reprendre courage. La présence du vieux roi sur le trône leur en avait imposé; l’accession de Mînéphtah les décida à risquer une nouvelle attaque. On apprit soudain, en l’an Y2, que les flottes de l’Archipel avaient jeté sur les plages de la Libye des bandes de Tyrsènes, de Shardanes et de Lyciens, accom-

avons retrouvé les débris de son tombeau, à Kafr-el-Batran, auprès de la grande pyramide de Gizéh. — 1. Pap. Anastasi III, verso des pages 5-G; cf. Chabas, Recherches pour servir à l’histoire de la dix-neuvième dynastie . p. 95 sqcp ; Erman, Tagebuch eines Grenzbeamten , dans la Zeitschrift , 1879, p. ‘29 sqq. — 2. Maspero, No' le s sur quelques points de grammaire et d'histoire , dans la Zeitschrift, 1881, p. 118; 1883, p. 05.

pagnées d’auxiliaires jusqu'alors inconnus, les Aqaiousha et les Shakalasha1 * *. Le roi des Libyens, Mirmaïou, fils de Didi\ se joignit à eux avec les ïimihou, les Mashouasha, les Kehaka, et tous ensemble se précipitèrent vers le Nil. L’armée d’invasion ne se composait que de troupes d’élite; les hommes en avaient été tri liés parmi les coureurs les plus agiles de leur tribu. Ils partaient avec la ferme résolution, non pas d’exécuter une simple razzia, mais de conquérir le Delta et de s’y installer à demeure.

L’annonce de leur approche terrifia l’Égypte. La longue paix dont on avait joui depuis l’an XXI de Ramsès II, pendant un demi-siècle, avait calmé singulièrement l’ardeur belliqueuse de la population. L’armée, réduite en nombre, n’avait plus de corps auxiliaires, et les forteresses, mal entretenues, ne protégeaient plus la frontière de manière efficace : les nomes directement menacés se soumirent sans combat. Mînéphtah, accouru sur le lieu du danger, rétablit l’ordre et la discipline. Il rassembla et recruta l’armée, il appela d’Asie des troupes mercenaires, il lança ses chars en avant, avec ordre de lui signaler le moindre mouvement de l’ennemi. Lui-même il couvrait Memphis du gros de ses forces el il fortifiait le bras central du Nil, pour garantir d’une incursion au moins la partie orientale du Delta. Les préparatifs étaient à peine achevés, que l’ennemi parut à Pirishopsit (Prosopis)5 et se répandit sur les villages environnants. Mînéphtah lui opposa d'abord sa cbarrerie et ses mercenaires, et promit aux généraux de l’avant-garde de les rejoindre avec le reste de ses régiments au bout de quatorze jours. Dans l’intervalle, le dieu Plitah se manifesta à lui en songe et lui ordonna de ne point se hasarder sur le champ de bataille4. Cette circonstance fâcheuse ne refroidit pas, à ce qu’il paraît, l’ardeur des Égyptiens : le 3 Épiphi, après six heures de mêlée, les confédérés essuvèrent une défaite sanglante. La garde de Mirmaiou fut enfoncée et détruite, •ui-même obligé de se sauver en abandonnant son arc, son

1. Cf. le nom de la ville de Sagalassos en Pisidie fG. Maspero, dans la

Revue critique, 1880, t. I, p. 1(19-110). — 2. Goodwin, dans la Zeit-

sfricht , 1868, p. 39. — 5. Brugsch, dans la Zeitschrift, 1867, p. 98. — >

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