‹ Histoire ancienne des peuples de l'OrientChapitre 47 sur 215 · II Sam., x-xu; Chron., xix-xx · texte numérisé non relu

II Sam., x-xu; Chron., xix-xx

LE ROYAUME HÉBREU

militaire. Ils pouvaient se laisser entraîner au combat pai un chef audacieux et produire un effort momenlané qui les arrachât à leur apathie, mais bientôt, leur naturel reprenant le dessus, ils cédaient à leurs inclinations d’agriculteurs ou de nomades, et ils retombaient dans leurs petites rivalités de tribu à tribu : autant ils étaient disposés aux courses rapides, aux razzias chez les voisins, autant ils goûtaient peu les guerres longues qui exigeaient une organisation aussi méthodique que celle de l’Égypte et de l’Assyrie, hes expéditions de David, ou plutôt de son lieutenant Joab, car David lui-même parut assez rarement sur les champs de bataille étrangers1, n’eurent donc d’autre résultat que de ramener dans Israël du butin, des troupeaux, des esclaves. Lé vaincu promettait le tribut et il le payait tant que l'effroi causé par la défaite subsistait en lui : à la première occasion, il en suspendait l’envoi et il ne se décidait à l’acquitter que devant la crainte d’une défaite nouvelle. Tant que David ou les généraux à qui David avait dû sa grandeur furent là pour recommencer la lutte, la puissance hébraïque se maintint : elle cessa presque d’elle-même sitôt qu’ils eurent disparu.

David aurait dû mourir au lendemain de sa dernière victoire : comme la plupart des souverains d’Orient, il vécut trop pour son bonheur, et il finit parmi les misères qui attristent d’ordinaire la fin d’un long règne. L’étiquette monarchique voulait qu’à chaque agrandissement dans la fortune d'un prince correspondît un accroissement proportionnel dans le nombre de ses servifeurs et de ses femmes. David ne s’était pas soustrait à cette loi : aux deux épouses qu’il avait eues pendant son exil à Ziklag, il avait ajouté

successivement et Maaklia l’Àraméenne, fille du roi de

1. Cf. tl Samuel, xvm, 3, te discours naïf que le rédacteur du livre prête aux soldats : a Tu ne dois point marcher avec nous. » (Cf. II Samuel , xxi, 17). Dans le passage II Samuel, vin, 10, il est dit que « Joab, fils de Zérouyah, était à la tête de l’armée », et de fait c’est Joab qui dirige la campagne contre les Ammonites et les Araméeris (II Samuel, x, 8 sqq.) » David n’intervient que lorsque la victoire définitive est assurée par les succès de son lieutenant (Il Samuel , x, 15-18; xu, ‘26-31).

Gessur, et, Khaggit, et Abital, etÉgla, et bien d’autres. Pendant le siège de Rabbah, il avait séduit Bathshéba, femme d’Uriah le Hittite, et il avait supprimé le mari dont la présence était gênante : vertement réprimandé par le prophète Nathan, il s’était repenti du crime et il avait gardé la maîtresse1. Des querelles éclatèrent entre les enfants de tant de mères différentes. Amnon, né d’Akhinoam, viola sa sœur Tamar, fdle de Maakha : Absalom, frère de Tamar, vengea cet affront dans le sang du criminel. Gracié par son père’, il se révolta bientôt après, et il débaucha la majorité du peuple à sa suite. Ses hésitations au moment critique laissèrent à David le temps de se réfugier au delà du Jourdain : la multitude indisciplinée qu’Absalom traînait après lui fut dispersée aisément par l’armée royale, et luimême, il fut tué par Joab dans la déroute2. Le chef mort, il semblait que la guerre civile n’eût plus d’objet: la jalousie des tribus contre Juda la prolongea quelque temps encore. Klle ne se termina que sous les murs d’Abel-beth- Maakha par la mort de Sibah le Benjaminite3. David n’eut plus de rébellions à craindre, mais le choix de son successeur le jeta dans des difficultés inextricables. Selon l’ordre naturel, le trône aurait dû appartenir à son quatrième fils, Adonijah, né de Khaggit : Bathshéba décida le vieux roi à proclamer son jeune enfant Salomon dans Jérusalem et à partager le pouvoir avec lui. Il survécut quelques mois à cette association, et il mourut à l’âge de soixante et onze ans, dans la quarante et unième année de son règne4.

L’intrigue de harem qui avait porté Salomon au trône s’acheva par un massacre. Tous ceux que sa mère soupçonnait d’hostilité ou même d’indifférence envers lui furent égorgés, et Joab lui-même périt au pied de l’autel5. Il ne fut pas remplacé : Salomon n’avait, point le tempérament batailleur et il ne conserva pas intact le domaine que son père avait tant peiné à acquérir. Pour réduire Guézer, dont les habitants. Cananéens d’origine, avaient gardé, leur autonomie, il fut obligé de recourir aux Égyptiens. Il de-

1. II Samuel , xi-xii. — 2. Samuel , xm, xiv. — 3. II Samuel, xx, — 4. I Bois, l-II. — 5. I Rois, ii,10-35. '

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