Tiele, Vergelijkende Geschie dénis, p
AU
lesquelles elles n’entretenaient que des relations irrégulières, exerçaient peu d’influence sur les destinées du royaume c Memphis elle-même, malgré son étendue, malgré les souvenirs de Menés et des premières dynasties, n’arrivait qu’en seconde ligne. L’invasion des Pasteurs, en faisant de la Thébaïde le refuge et le dernier rempart de la nationalité égyptienne, augmenta cette importance: pendant les siècles de lutte, Thèbes ne fut plus la première ville du pays, mais le pays lui-même, et le cœur de l’Égypte battit sous ses murailles. Les victoires d’Ahmôsis, les conquêtes de Thoutmqsis 1er élargirent le cercle du monde: l’isthme de Suez fut franchi, la Syrie soumise, les princes de l’Oronte et de l’Luphrate rançonnés au profit et à l’exaltation de Thèbes; pendant deux cents ans, elle vit (es vaincus défiler à l’ombre de ses palais: Mais quand vinrent les temps anxieux de la dix-neuvième et de la vingtième dynastie, quand les Syriens et les Libyens, asservis si longtemps, se redressèrent contre leurs maîtres, on s’avisa qu’il y avait loin de Karnak à la frontière d’Asie, et qu’une résidence enfoncée à plus de deux cent lieues dans l’intérieur était un mauvais quartier général pour des souverains toujours en alerte. Ramsès II, Minépbtalr, Ramsès III, séjournèrent de plus en plus dans les nomes orientaux du Delta. Ils v rebâtirent les cités déchues et ils en édifièrent de neuves, que le commerce avec les Asiatiques enrichit promptement. Le centre de gravité de l’Égypte, qui, après la chute du premier empire, était descendu au sud, vers Thèbes, par le développement de la puissance égyptienne dans le Sotidan, remonta peu à peu vers le nord. Tanis, Rubaste, Sais se disputèrent le pouvoir avec des chances à peu près égales et elles régnèrent tour à tour ; mais la sève qui avait soutenu si longtemps l’Égypte thér baine était trop appauvrie. Elles défaillirent rapidement l’une après l’autre, sans jamais s’être approchées à la splendeur de Thèbes, et sans avoir produit üne seule dynastie comparable aux dynasties des rois thébains.
Depuis l’exaltation de Hrihorou et l’avènement de Smendès, l’Égypte était partagée en deux. Évidemment cette situation n,e pouvait durer longtemps sans que l’une des maisons royales essayât de supplanter l’autre : la tanite eut
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toujours le dessus. Elle n’accorda au premier héritier de Hrihorou, à Piônkhi*', que le titre de grand prêtre d’Àmon; après Piônkhi, le tanite Psioukhânou Ier exerça un moment le pontificat dans Thèbes2, avant de monter sur le trône à Tanis. Après lui, Pinotmou 1er releva la royauté thébaine, puis ses deux fils Masahirti et Manakhpirri se succédèrent dans l’emploi de grands prêtres et gouvernèrent au Midi, presque à partir du Favouin3. Les deux familles prenaient soin, selon l’usage traditionnel, de légitimer leur usurpalion par des unions répétées avec la race des Ramessides. Celle-ci subsistait encore : les mâles étaient réduits à la simple condition de particuliers, mais les filles entraient par le mariage dans le harem des souverains et elles léguaient à leurs enfants les droits qu’elles avaient reçus de leurs ancêtres4. C’est ainsi probablement que le dernier des grands prêtres d’Amon, Pinotmou 11, réunissait en sa personne le sang des Ramsès, des Hrihorou et des Pharaons tanites5.
Ceux-ci paraissent n’avoir manqué ni de vigueur, ni de ressources. Leurs monuments, rares et clairsemés qu’ils sont, prouvent qu’ils n’interrompirent pas entièrement les travaux de leurs prédécesseurs. Deux d’entre eux, Psioukhânou I et Amenemopit, restaurèrent la chapellç bâtie jadis auprès des grandes pyramides de Gizéh, par Khéops, en l’honneur de sa fille Honitsen6, et les traces de leur activité
1. Sur Piônkhi, cf. Maspero. Notes sur quelques points de grammaire et d’histoire , dans la Zeitschrift , 1883, p. 62. — 2. Wiedemann, Zur XXI dynastie Manethos , dans la Zeitschrift , 1882, p. 86-88. — 3. Les momies de Masahirti et des princesses de sa famille, ainsi que celles de Pinotmou I et II, sont aujourd’hui au Musée du Caire (Maspero. Guide du visiteur au Musée de Boulaq , p. 5-0 sqq.). Les murs d’El-Hihéh, en face de Festin, sont construits en briques estampées au nom dp Manakhpipû et d’Isimkhabit.— 4. Spç ces Bamessides, voir Brugsch, Ramsès und Scheschouk , dans la Zeitschrift , 1875, p. 165-165; Maspero, la Trouvaille de Déir-el-Bâhafi, p. 31. — • 5. Sur ce Pinotmou II qui, pour d’autres est Pinotmou III, voir Ed. Naville, Inscription historique de Pinodjem III , 1883; Maspero, Notes sur quelques points de grammaire et d’histoire , dans la Zeitschrift , 1882, p. 134-155, et 1883, p. 70 sqq. Les quelques monuments de Masahirti dans Maspero, Zeitschrift. 1882, p. 133-134. — 6. Maspero, Guide dit visiteur au Musée de Boulaq , p. 423; cf. A. Mariette, Monuments divers , pl. 102 b, c.
sont visibles dans plusieurs autres endroits. Mais ce fut leur capitale, Tanis, qu’ils embellirent par-dessus tout. Le temple principal, agrandi par les princes de la douzième et de la treizième dynastie, saccagé pendant les guerres contre les Hvksos, élargi encore par les Ramessides, le disputait en étendue et en splendeur à ceux de Thèbes1 : le colosse monolithe que Ramsès II y avait consacré égalait par la hauteur non seulement les deux Memnon thébains, mais encore la statue aujourd’hui brisée du Ramesséum. Siamonou-miamoun termina la réparation, et Psioukhânou Ier entoura l’édifice d’un énorme mur de briques crues qui lui prêta l’aspect d’une forteresse. Tout cela ne se fit pas, bien entendu, sans démarquages : Psioukhânou grava son nom sur les sphinx et sur les statues des Hyksos, sans plus de scrupule que ceux-ci n’en avaient eu à s'approprier les monuments des rois égyptiens de la treizième dynastie2. Tout Pharaon constructeur est, ou du moins essaye d’être, un Pharaon conquérant : je ne doute pas que les princes de la vingt et unième dynastie n’aient tenté de raffermir leur autorité sur la Syrie méridionale, et l’expédition de Psioukhânou 11 contre Guézer, le mariage de ses filles avec Salomon et avec Hadad l’Iduméen, parurent, aux yeux des Égyptiens d’alors, une renaissance partielle de leur ancienne domination. La force leur manqua cependant à poursuivre ces succès légers. Les nomes n’obéissaient plus au pouvoir central que contraints : la population indigène, amoindrie par les guerres antérieures, ne fournissait plus de contingents pour recruter les armées. Afin de se maintenir au dedans contre les compétitions, et de présenter en ligne au dehors une armée suffisante, les Pharaons de Tanis durent avoir recours aux mercenaires plus que leurs prédécesseurs n’avaient fait jusqu’alors : ils livrèrent l’Égypte aux barbares.
L’irruption des barbares dans les affaires de l’Égypte fut moins soudaine et moins imprévue qu’on ne le supposerait au premier abord. De tout temps on avait considéré comme
I. Mariette, lettres à M. de Bougé sur les fouilles de Tams, dans la Revue archéologique, 1861. — 2. Cf. Maspero, Guide du visiteur au Musée de Boulaq, p. 64-65.
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étant d’une bonne politique de combler avec des prisonniers les vides que la guerre creusait parmi les indigènes. Les Pharaons de la douzième dynastie s’étaient vantés déjà de transporter au midi les nations du nord et au nord les nations du midi ; iis avaient implanté des clans entiers dans la vallée du Nil. L’invasion des Pasteurs augmenta considérablement le nombre des étrangers Après la victoire d’Ahmôsis, la famille royale des Hyksos et la classe guerrière émigrèrent en Asie, mais le gros de la population ne consentit pas à s’exiler : Hâouârou, Tanis, les villes et les nomes situés au nord-est du Delta, particulièrement aux environs du lac Menzaleh, restèrent pour ainsi dire aux mains des Sémites. Sujets égyptiens, ceux-ci n’oublièrent pas leurs traditions nationales : ils gardèrent une sorte d’autonomie, ils refusèrent de payer certains impôts, et ils se vantèrent de ne pas être de la race des Pharaons. Leurs voisins de vieille souche égyptienne leur infligèrent des sobriquets d’étrangers, Pashemour, les Barbares (Bâschmourites), Pi-amou, les Asiatiques (Biahmites)1. Sous la dix-huitième dynastie, quelquesuns d’entre eux exercèrent des commandements importants ou parvinrent aux charges les plus hautes du sacerdoce. Leurs divinités, Soutkhou,Baal, Baal-Zépbon, Marna, Astarté, Anati, Qodshou, s’introduisirent dans le Panthéon égyptien et elles eurent leurs temples à Memphis. Vers le milieu de la dix-neuvième dynastie, les campagnes de Sésostris et l’alliance étroite qu’il conclut avec le souverain des Khati mirent à la mode l’usage des dialectes syriens. On se piqua de les enseigner non seulement aux enfants libres, mais aux esclaves nègres et libyens*; les gens du monde et les savants se plurent à émailler leur langage de locutions étrangères. 11 ne fut plus de bon goût d’habiter une ville nouit , mais une qarat ; d’appeler une porte ro, mais tirâa ; de s’accompagner sur la harpe ( bonit ), mais sur le kinnor. Les vaincus, au lieu de rendre hommage (aaou) à Pharaon, lui -adressèrent le salamy et les troupes ne voulurent plus marcher qu’au son
t. A. Mariette, dans les Mélanges d’archéologie égyptienne et assyrienne y t. 1, p. 91-93. — 2. Mariette, les Papyrus égyptiens du Musée de Boulaq, t. I, Pap. n° 3, dernière page, l. 2-3
HKT. ANC, DE l’orient. -
MASPERO
du toupar ou toph (tambour). Le nom sémitique d’un objet faisait-il défaut, on s’ingéniait à défigurer les mots égyptiens pour leur imposer au moins une physionomie étrangère. Au lieu d’écrire khabaou , lampe, sonshou , porte, on écrivait khabousa , saneshaou. Les bourgeois de Thèbes ou de Memphis ressentaient autant de satisfaction à semitiser que nos contemporains à semer le français de mots anglais mal prononcés1.
A l’occident du Delta, autres races, autres influences. Saïs et les villes voisines, en rapport constant avec les tribus libyennes, leur avaient emprunté une moitié au moins de leur population. Les Mâzaiou et surtout, depuis le règne de Ramsès ilï, les Mashouasha y prédominaient ; mais, tandis que les Sémites se métamorphosaient à la longue en agriculteurs. en lettrés, en prêtres, en marchands, aussi bien qu’en soldats, les Libyens conservaient toujours leur tempérament guerrier et leur organisation militaire. Depuis plus de deux mille ans, les Mâzaiou étaient campés sur le sol; ils ne s’y étaient pas enracinés : c’étaient des mercenaires par droit héréditaire plutôt que des citoyens paisibles. Ils remplissaient les corps de police placés dans chaque nome à la disposition du gouverneur et des autorités, ils garnissaient les postes de la frontière, ils accompagnaient le Pharaon dans ses expéditions lointaines ; les idées d’armes et de lutte étaient si étroitement liées à leur personne, qu’aux époques de décadence de la langue, leur nom, altéré en Matoï, devint pour les Coptes le terme générique de soldat8. Les Mashouasha ne renoncèrent jamais à leur costume ni à leur armement spécial; on les reconnaît à la plume qu’ils ont couchée sur la tête en guise de coiffure. Sans cesse recrutés parmi l’élite des hordes libyennes que les hasards de la guerre ou l’appât d’une haute solde attiraient du dehors, ils ne tardèrent pas à être la force principale des armées égyptiennes. Les Pharaons s’entourèrent de leurs bataillons comme d’une garde plus solide que les troupes indigènes et ils leur réser-
1. G. Maspero, Du Genre êpistolaire, p. 9. — 2. Il me semble que la tribu bédouine des Mâazéh descend de celle des Mâzaiou. Le nom actuel proviendrait d’une assimilation populaire du mot arabe mâazéh, chevreau, avec le nom libyen antique.
(jK royaume hebrfü
vèrent pour commandants des princes de sang royal. Ces chefs des Mashouasha se rendirent à peu près indépendants de leur suzerain : les uns s’appuyèrent sur leurs soldats pour s’élever au trône, les autres aimèrent mieux faire et défaire les rois à leur gré. Dès la. fin de la vingt et unième dynastie, l’Égypte était en proie aux etrangers : elle n’eu' plus d’autres maîtres que ceux qu’il leur plut lui intliger.
Vers le milieu ou la fin de la vingtième dynastie, il y avait, à Bubaste ou dans les environs, lin Libyen nommé Bouïoua1. Ses descendants prospérèrent, elle cinquième d’entre eux, Shashanqou (Sheshonq), épousa une fille de sang royal, Mihitinouôskhit. Leur fils Namarouti joignit aux dignités religieuses dont il était revêtu le titre militaire de commandant des Mashouasha. Leur petit-fils Sheshonq eut une fortune plus brillante encore. Dès le début de sa vie, il fut traité de Majesté et qualifié de prince des princes, ce qui semble montrer qu’il avait le premier rang parmi les Mashouasha ; il était, en tout cas le personnage le plus considérable du royaume et il marchait presque sur le même pied que le souverain. Ainsi, dans un acte par lequel il instituait le culte funéraire de son père, il se faisait adresser la parole par Amon-Râ, ce qui était le privilège du Pharaon et du grand prêtre5. Il avait du reste marié son fils Osorkon à la fille de Hor-Psioukhânou, le dernier des Tanites de la vingt et unième dynastie, et cette alliance assura la cou-
1. Sur la descendance libyenne de la XXIIe dynastie, indiquée dubitatj vement par Krall ( Die Composition und die Schicksale des Manet ho ni schen Geschichtswerkes , p. 73, notel), voir L. Stern, Die XXII manetho msche Dynastie , dans la Zeitschrift , 1883, p, 15-25. Birch lui attribuai une origine babylonienne ( Transactions of the R. Society of Liieraiure, Second Sériés , t. III, p. 165 sqq), Lepsius une origine asiatique ( Ueher die XXII Ægyptische Kônigsdynastie , p. 261, 28à), Oppert une origine susienne ( les Inscriptions en langue susienne, dans les Mémoires du Congrès international des Orientalistes, Paris, 1875. t. II, p. 183). Tout ce que Brugsch a raconté ( Geschichte , p. 644, 651-659) d’une invasion assyrienne en Égypte et de la généalogie assyrienne de Sheshonq repose sur une interprétation trop hardie de quelques textes (Maspero, dans la Revue, critique , 1880, t. I, p. 112-115); le système de Krall, intermédiaire entre celui de Brugsch et celui de Lepsius, a été inlirmé de même par les découvertes postérieures ( Die Composition , p. 71-76). — 2. Ed. Naville. Inscription historique de Pinodjern III , p, 13- î 4.
ronne a sa race. En peu d'années, il réunit l'Égypte entière sous son pouvoir ; à la mort de Psioukhânou, il s’octroya les cartouches et les insignes de la royauté ; à celle de Pinotmou II, il hérita de la charge de premier prophète d’Amon, dont il investit son fils Aoupouti. 11 semble que la famille de Pinotmou n'ait pas opposé de résistance et se soif retirée en Éthiopie, à Napata, où elle fonda un État indépendant. L’avènement de Sheshonq Ier et d'Aoupouti, consomma la ruine politique et économique de Thèbes. Le désordre et l’appauvrissement, déjà épouvantables sous les derniers Ramessides1, avaient cru encore sous les successeurs de H ri h or ou. Les vols étaient devenus si fréquents dans la nécropole, et les voleurs si audacieux que, pour sauver d’eux les momies des grands Thébains, on avait dû les retirer de leurs svringes et les déposer les unes dans une chambre murée de l’hypogée d’Aménôthès II, les autres dans la chapelle attenante à la tombe d’Aménôthès Ier : des inspecteurs constataient de temps en temps l’idenlité des personnes et l’état de conservation de leur maillot funèbre. Des princes de la dix-septième dynastie, comme Soqnounrî Tiouâqen, les premiers conquérants de la dix-huitième, Ahmôsis 1er, Aménôthès Er, Thoulmôsis Ier, Thoutmôsis II, Thoutmôsis III et les princesses de leur harem, Nofritari, Ahholpou, Mashontlimihou, puis Ramsès 1er, Sétoui Ier et Ramsès LI de la dix-neuvième, siégeaient là en assemblée solennelle. Aoupouti, qui ne descendait que fort indirectement de ces morts glorieux, s’impatienta sans doute de la surveillance qu’ils exigeaient, et il résolut de les cacher dans un endroit où ils seraient à l’abri de toute atteinte. Les grands-prètres d’Amon s étaient creusé, dans un coin du cirque méridional de Dé i r-el-Ba h ari , un tombeau de famille où ils reposaient de compagnie depuis Pinotmou Ier; Aoupouti y entassa pèle-mèle les cercueils royaux que la chapelle d’Aménôthès Ier renfermait, et il en dissimula si bien l’entrée qu’elle demeura perdue jusqu’à nos jours2.
1. Cf. plus haut, p. 322-326. — 2. Toutes ces momies sont au Musée du Caire depuis 1881 : Maspero, La Trouvaille de Déhir-el-Bahari, avec 40 photographies par Émile Brugsch-Bey, et Guide du visiteur au Musée de Boulaq , p. 314 sqq. Le dépôt enfermé dans la chambre murée d’Aménôthès II n’a élé découvert qu’en 1899 par M. Loret : il est au
LE ROYAUME HÉBREU
Sheslionq Ier fut un prince vigoureux et hardi. Les querelles intestines d’Israël lui fournirent l’occasion de continuer en Syrie la politique de ses prédécesseurs. Sans rompre
Amon présente à Sheshonq les prisonniers hébreux..
avec Salomon, il ouvrit son royaume aux exjlés ou aux mécontents : Hadad i’iduméen et Jéroboam trouvèrent asile et faveur auprès de lui4. Cinq années après le schisme des
Musée du Caire depuis 1900. — 1. Voir plus haut, p. 391, 409,410.
tribus, i] envahit la Judée, monta contre Jérusalem, la pilla, et passa de là dans Israël1. De retour dans ses États, il grava sur Tune des murailles de Karnak le nom des villes qu’il avait rançonnées. La comparaison de sa liste avec celle de Thoutmôsis III montre combien était profond l'affaiblissement dte 1 Égypte, même victorieuse, sous la vingt-deuxième dynastie. Il n’est plus question ni de Gargamish, ni de Qodshou, ni de Damas, ni des villes du Naharanna. Mageddo est le point le plus septentrional où le vainqueur soit parvenu, et les localités dénombrées après elle nous ramènent de plus en plus vers le sud, Rabbit, Tâanak, Hapharaïm, Makhanaïm, Gibôon, Bethhoron, Aialon, Migdol, Ierza, Slmko et les villages tin désert de Juda. À force de ramasser des noms de bourgades et de couper en deüx cartouches ceux d’entre eux qui se composaient de plusieurs mots, Sheshdnq eut la joie indicible de composer, pouf l’édification de ses sujets, une liste de vassaux aussi complète que celle de son prédécesseur2. Cette satisfaction de vanité fut, avec le butin qu’il rapporta, le produit le plus net de sa campagne : il mourut bientôt, et ses successeurs ne songèrent pas à maintenir elïective la suzeraineté qu’il avait rétablie un moment sur la Judée entière5.
Âpres la retraite de Sheslioritj, Jüda et Israël s’enfoncèrent de plus en plus dans leurs discordes, jéroboam mourut en 908, et son fils Nadab fut assassiné devant Gibbéthon
t. Cela ressort de la liste de Karnak, où les Villes d’Israël saint énumérées à cé'ê de celles de Jùda. — 2. Lepsius, Denkm ., III, pl. .272; Chompolliôil, Soi. man ., t. II, p. 113 sqq; Maspero, Notes sûr quelques points , dans la Zeitschrift. , 1880, p. 44-49. — 3. Le tableau de la XXI* dynastie peut se dresser à peu près comme il suit
Thèbks. Tanis.
I. Hrihorotj-sîajion. 1. Ouazkhopirrî sotpoutïrî Nsbindidt Mîamour.