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LE ROYAUME HÉBREU
par Baésha, fils d’Akhijah, au bout de deux ans de règne. Baésha se jeta sur Juda, où Asa, fils d’Abijam, "petit-fils de Roboam, venait de ceindre la couronne, et il fortifia Rama à deux lieues au nord de Jérusalem. Asa, qui avait repoussé, au dire de la légende, une horde prodigieuse d’Éthiopiens et de Libyens1, se sentit trop faible pour lutter contre les Israélites et il implora l’aide du roi de Syrie. Depuis Rézon, Damas n’avait cessé de croître en importance et en vigueur sous Hézion’, sous Tabrimmon, sous .Benhadad Ier5 : elle avait conquis Hamath, la Coelé-Syrie et les cantons du désert qui confinent à l’Euphrate. Benhadad parcourut la Galilée et il en réduisit les villes. Baésha, rappelé au nord, ne put se maintenir dans Rama, et Asa assura sa frontière en armant Gîbéa et Mizpah. Pas plus que Jéroboam, Baésha n’eut l’heur de fonder une dynastie durable ; comme il avait fait à Nadab, Zimri fit à son fils Éla. Cette fois encore l'armée était au pays des Philistins et devant Gibbéthon quand le meurtre fut commis : elle se souleva, acclama son chef Ornri et marcha contre les meurtriers. Zimri, forcé dans Tirzah, mit le feu au palais royal et s’v brûla après avoir régné sept jours. Omri vainqueur trouva un rival dans Thibni, fils de Ginath ; la guerre entre les deux partis dura quatre ans et ne se termina que par la mort naturelle ou violente de Thibni et de son frère Joram*. La prise de Jérusalem par Sheshonq, l’hostilité constante de Juda et d’Israël, les crimes des souverains, le choc incessant des factions, achevèrent d’affaiblir le peuple hébreu et lui ravirent le peu de prestige
1. Les Chroniques , II xiv, 9-13, qui, seules, nous parient de cette expédition fabuleuse, nomment Zérakh, le chef des envahisseurs. Champollion croyait y reconnaître Osorkon Ier ( Précis du système hiéroglyphique, p. 257-262). — 2. Le nom d'Hézion n’est peut-être qu’une corruption de celui de Rézon : en ce cas, il faudrait le rayer de la série des rois de Damas. — 3. Les monuments assyriens paraissent rendre ce nom royal par Adad-idri, Bir-Dadda, et les Septante par uloç *A5ép. Quelle que soit la lecture du nom assyrien, j’ai préféré adopter, jusqu’à nouvel ordre, la leçon ordinaire, Benhadad, qui a l’avantage d’être connue de tout le monde (cf. Schrader, Keilinschriften und Gesckichts forschung , p. 371-398 : Die Keilinschriften und das Allé Testament. 1883, p. 200 sqq.). — 4. D’après Josèphe, Ant. jud vin 12, 5, Thibni fut assassiné.
qui s’attachait à son nom depuis David. L’hégémonie passa de Jérusalem à Damas, et les descendants de Kézon essayèrent d’accomplir la tâche où la maison de Jacob avait échoué, ils tentèrent de réunir les différentes nations de Syrie en un seul empire,- et peut-être auraient-ils réussi si l’Assyrie, remise enfin de sa défaite, ne s’était jetée à la traverse de leurs ambitions.