‹ Histoire ancienne des peuples de l'OrientChapitre 53 sur 215 · DE SARGON · texte numérisé non relu

DE SARGON

Assournazirapla et Salmanasar; les rois de Damas et la maison d’Omri, — Décadence momentanée de l’empire assyrien; les prophètes d’Israël : Jéroboam II. Tiglatphalasar 111; chute de Damas. — La vingtdeuxième et la vingt-troisième dynastie; les Éthiopiens en Égypte : Piônkhi et Sabacon. Chute du royaume d’Israël.

Assournazirapla et Salmanazar; les rois de Damas et la maison d’Omri.

Les années qui suivirent ia défaite d’Assournazirapla II avaient été pour l’Assyrie un temps de misère et d'humiliation. Non seulement les acquisitions de Tiglatphalasar 1er en Syrie lui échappèrent, mais Babylone secoua le joug; les peuplades du Naïri et de TOumliash reprirent leur liberté; la Mésopotamie elle-même se détacha de Ninive : c’est à peine si les monarques assyriens conservèrent les districts voisins de leur capitale. Du moins travaillèrent-ils de grand cœur à effacer ces désastres et à refaire leur puissance. Assourrabba, Àssourirbi, Tiglatphalasar II, Àssourdân II, Adadnirari II, reconquirent le terrain pied à pied : le dernier (91 1-890) était déjà assez fort pour battre près du mont Yalmân (Holwan) le roi de Babylone, Shamashmoudammik, et pour reculer sa frontière au delà du Zab inférieur. A l’intérieur, ils réparèrent les villes et les temples, ils creusèrent et ils nettoyèrent les canaux d’irrigation, ils consolidèrent les digues qui protégeaient la plaine contre les crues du Tigre. Tougoultininip 11 (880-885), fils d’Adadnirari, recommença enfin l’œuvre d’expansion si longtemps interrompue et s’illustra par son courage féroce : « il exposa sur des pals les corps des vaincus ». Les rois d'Assyrie employaient

à se fortifier patiemment, les générations que les rois d’Israël et les Pharaons usaient dans des querelles stériles1.

A mesure que leur autorité montait vers le nord, la cité d’Assour perdait» peu à peu l'importance dont elle avait joui durant les siècles héroïques de Sa monarchie : elle cessait d’être le point central de l’empire et elle ne gardait son rang de capitale que par respect pour la tradition ÀssOurnazirapla 111 (885-8(50; , successeur de Tougoultininip II, lui porta un coup mortel en se choisissant une autre résidence. Près de cinq siècles auparavant, Salmanasar 1er avait construit, à Kalakh, sur la rive gauche du Tigre et au confluent de ce fleuve avec le grand Zab, une ville dont le hasard des révolutions empêcha longtemps la croissance. La quatrième année de son règne, Assournazirapla rasa ce qui subsistait des édifices de son antique prédécesseur et il jeta les fondements d’une cité neuve. Dès lors et pendant un siècle au moins, tous les rois d’Assyrie, Salmanasar, Shamshiadad, Adadnirari, l’embellirent à l’envi et se plurent à l’habiter dans les rares instants de répit que la guerre leur laissa. « Palais après palais s’éleva sur la riche plate-forme qui la soutenait,chacun richement orné de bois, d’or, de peinture, de sculpture et d’émail, chacun rivalisant de splendeur avec les premiers construits : des lions de pierre, des sphinx, des sanctuaires, des tours sacrées, variaient l’aspect de la ville et en rompaient la monotonie. La haute pyramide à degrés (ziggourat) annexée au temple de Minip dominait tout et ralliait autour d’elle cet amas de palais. Le Tigre qui baignait à l’ouest le pied de la plate-forme, en reflétait la silhouette dans ses eaux et, doublant la hauteur apparente des édifices, dissimulait un peu l’écrasement des massés, qui est le point faible de l’architecture assyrienne. Quand le soleil couchant plaquait sur cette vue ces tons éclatants qu’on ne voit qu’au ciel d’Orient, Kalakh devait sembler comme un mirage du pays des fées au voyageur qui l’apercevait pour la première fois*. »

C’est d’elle que les monarques d’Assyrie partirent presque

1. Maspero, les Empires , p. 3-6. — 2. G. Rawlinson, The five gi-eal Monarchies , t. II, p. 9R-99

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chaque année pour leurs guerres. Adossés au plateau de Médie, bornés par les massifs de l’Arménie, ils n’étaient guère tentés de s’attaquer aux peuples de Test ou du nord-

Stèle d’Assournazirapla III.

est. t ils y auraient trouvé d’aventure beaucoup de peine et peu de gain. Tout au plus cherchèrent-ils à maintenir sous le joug les tribus remuantes qui s’agitaient à la frontière de la vallée du Tigre et dans les montagnes du Kourdistaia : s’ils dépassèrent parfois ces limites, ce tut pour entreprendre quelques razzias vers la mer Noire et la mer Caspienne,

ou pour pousser des pointes hardies aux extrémités de la Médie propre. Leurs vrais champs de bataille n’étaient pas dans cette direction, mais au sud, au nord, au nord-ouest, en Arménie, en Asie Mineure, à Babvlone, dans EÉlam, à l’ouest et au sud-ouest en Syrie. Pendant deux cents ans, presque chaque printemps, leurs armées refirent de ce côté, mais en sens inverse, tout ou partie du chemin parcouru huit siècles auparavant par les bandes de Tlioutmôsis III et d’Amenôthès II. Ils abordèrent la Syrie et ils l’absorbèrent, pièce à pièce, malgré sa résistance désespérée, Gargamis^ d’abord, puis la Phénicie et Damas, puis Israël et Gaza, abattant l’une après l’autre les barrières qui les séparaient de l’Égypte, jusqu’au jour où les deux empires du monde oriental se virent de nouveau face à face, comme au temps des Pharaons de la dix-huitième dynastie. Mais les rôles étaient changés. Alors c’était l’Égypte qui montait au-devant de sa rivale, et qui traversait l’Asie antérieure pour atteindre les rives de l’Euphrate . maintenant, au contraire, Ninive est l’agresseur et l’Egypte se défend à grand’ peine. Elle finit par succomber : Memphis reçut une garnison assyrienne dans son château du Mur-Blanc, et les généraux d’Assourbanabal pillèrent les temples thébains.

Assournazirapla commença cette marche en avant. Grâce à lui, l’empire assyrien se développa soudain et déborda sur toutes ses frontières à la fois. 11 débuta par un raid dans le Kourdistan el flans les régions méridionales de l’Arménie. Les indigènes, incapables d’affronter une bataille rangée, « se retirèrent sur les montagnes inaccessibles et se retranchèrent sur les sommets afin que je ne pusse les joindre; car ces pics majestueux se haussent comme la pointe d’un glaive, et les oiseaux du ciel dans leur vol peuvent seuls y parvenir... En trois jours je gravis la montagne, je semai la terreur dans leurs retraites... leurs cadavres jonchèrent les pentes comme les feuilles des arbres, et le surplus chercha un refuge dans les rochers. » 11 incendia les villages de ces malheureux, puis il s’abattit sur le district de Karti 1 ; « j’y livrai au fil de l epée deux cent soixante combattants,

1. Ou Kourti; voir plus haut, p; 547, note 4, le site de ce pays.

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je leur coupai la tête et j’en construisis des pyramides ». Après Karti, ce fut le tour du Kouminoukh. Assournazirabal avait déjà perçu le tribut des Moushki et il se préparait à pousser plus loin vers le nord, quand la révolte d’une ville de Mésopotamie le contraignit à revenir sur ses pas. Les rebelles désarmèrent à son approche et implorèrent le pardon de leur faute : il fut impitoyable « J’en tuai, ditil, un sur deux.... Je bâtis un mur devant les grandes portes de la ville; j’écorchai les chefs de la révolte et je recouvris ce mur avec leur peau. Quelques-uns furent murés vifs dans la maçonnerie, quelques autres empalés au long du mur; j’en écorchai un grand nombre en ma présence et je revêtis le mur de leur peau. J’assemblai leurs tètes en forme de couronnes et leurs cadavres transpercés en forme de guirlandes. » Le chef principal fut emmené à Ninive, écorché lui aussi, et sa peau clouée à la muraille. Après cela, on ne s’étonnera plus si les gens du pays de La k i renoncèrent à lutter. D’autres insurrections qui éclatèrent dans les recoins de l’Arménie furent étouffées avec non moins de promptitude et de férocité : en rentrant à Kalakh vers la (in de cette première année, Assournazirapla pouvait se vanter d’avoir fait sentir la pesanteur de son bras à tous ses voisins.

Les années suivantes ne démentirent pas les promesses de ces heureux débuts. En 881, guerre contre les peuples situés dans la région du Zagros; en 880, guerre contre l’Arménie; en 879, guerre contre le Koummoukh, le Naïri et la plupart des cités du haut Tigre. Ce sont toujours les mêmes récits de victoires et les mêmes cruautés contre les vaincus. En 879, les habitans de Karkhi, attaqués une seconde fois, « abandonnèrent leurs places fortes et leurs châteaux; pour sauver leur vie, ils s’enfuirent vers Matni, un pays puissant. Je me ruai à leur poursuite : je semai raille cadavres de leurs guerriers dans la montagne, je jonchai la montagne de leurs cadavres, j’en remplis les ravins. Deux cents prisonniers qui étaient vivants entre mes mains, je leur tranchai les poignets, d II restait encore au milieu de la Mésopotamie un certain nombre de villes et de tribus indépendantes ; une campagne suffit à les réduire. Àssournazir-

apla descendit le Kharmis et le Khabour jusqu’à l’Euphrate, puis l’Euphrate depuis le confluent du Khabour jusqu’à Anat. Ce fut une promenade militaire plutôt qu’une guerre : toutes les bourgades riveraines, Shadikhanni1, Bit-Khaloupiê, Sirki% Anat, implorèrent l’aman sans hésiter. Le prince de Zoukhi, qui osa tenir bon, fut vaincu dans une bataille de deux jours et s’enfuit par delà l’Euphrate, au désert d’Arabie. Il avait avec lui quelques auxiliaires chaldéens, commandés par un général du nom de Belbaliddin et par Zabdan, frère de Naboubaliddin, roi de Babylone. Ces deux personnages tombèrent au pouvoir du vainqueur et Assournazirabal déclara qu’il avait triomphé de la Chaldée. « La crainte de ma puissance.se répandit sur le pays de Kar-Douniash; la terreur de mes armes entraîna celui de Kaldou. » C’était bien des mots pour un fait insignifiant. Naboubaliddin ne s’inquiéta pas autrement de ces fanfaronnades, et le roi d’Assyrie, satisfait de sa victoire, jugea qu’il serait prudent de ne pas la compromettre par une invasion en Chaldée. Aussi bien les Zoukhi se soulevèrent-ils en 878, et Assournazirapla dut parcourir une fois encore le théâtre de sa campagne précédente. Tous les districts rangés le long du Khabour et de l’Euphrate furent ravagés impitoyablement, les villes bridées, les prisonniers empalés. C’est avec justice qu’il s’écriait : « Sur les ruines ma figure s’épanouit; dans l’assouvissement de mon courroux je trouve mon contentement. »

L’année d’après le vit dans des régions où nul monarque assyrien ne s’était aventuré depuis près de deux siècles. Au printemps de 877 il quitta Kalakh, s’enfonça dans la Mésopotamie, traversa le Khabour et le Balikh, et parvint ' aux rives de l’Euphrate. La Syrie du nord était partagée en petits États indépendants réunis, comme au temps des Égyptiens, en une sorte de confédération, mais la plupart ‘de ceux qu’on y rencontrait quelques siècles auparavant n’existaient plus. Les Khati, déjà fort amoindris au temps de Tiglatphalasar Ier, avaient été s’affaiblissant encore et ne rete-

1. Aujourd’hui Arban. — 2. Circésium, au confluent au Khabour et de l’Euphrate. Cf. Fox Talbot, Assynan Teztp, p. 30-31.

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naient d’autre importance que celle que leur position géo¬

graphique leur prêtait : Gargamish, leur capitale, commandait le meilleur gué de l’Euphrate en ces parages. Les prim cipautés qui les entouraient, en lutte perpétuelle l’une contre l’autre, résistaient mai aux attaques, dos rois de Damas; à plus forte raison fu- ;

rent-elles incapables de repousser les Assyriens.

C’était une proie facile à saisir et d’autant plus tentante qu’on ia savait très riche. Malgré les guerres intestines et les invasions du dehors, ie pays était encore populeux, cultivé, à la fois industrieux et commerçant : les métaux précieux et usuels, or, argent, cuivre, étain, fer, y abondaient; le commerce avec la Phénicie y amenait la pourpre et les étoffes de lin, les bois d’ébène et de santal. L’agression d’Àssourna/.irapla surprit les chefs des Khatien pleine paix. Sangar, roi de Gargamish, ne disputa pas le passage de l’Euphrate, et ouvrit les portes de sa résidence. Loubarna, roi de Patin, g redouta ia puissance de l’ennemi et l’issue de la bataille; il paya vingt talents d’or, un d’argent, deux cents d’étain, cent de fer ; il donna mille bœufs, dix mille moutons, mille vêtements de laine et de fil », sans compter les meubles, les armes et les esclaves. Le canton de Loukliouti

Salmanasar II.

tint bon et subit les conséquences de son imprudence : ses villes lurent mises à sac et les prisonniers empalés. Après cet exploit, Assournazirapla dévasta les deux versants du Liban et descendit au bord de la Méditerranée. La Phénicie n’attendit pas qu’il fût là pour lui t endre hommage : les rois de Tyr, de Sidon, de Gébel et d’Arad, « qui est au milieu de la mer », lui envoyèrent des présents. Les Assyriens eurent le loisir de couper sur le Liban et sur l’Amanos des cèdres, des pins et des cyprès, qu'ils expédièrent à Ninive afin de construire un temple à la déesse lshtar1. A partir de ce moment, nous ignorons ce que fit Assournazirapla. Il régna seize années encore, et ce que nous connaissons de son caractère ne nous autorise pas à croire qu’il s’endormit dans le repos. Son fils Salmanasarll lui succéda en 860, et guerroya hardiment, sa vie durant, à l’exemple de son père. Dès l’année de son avènement, il s’engagea du côté de l’Euphrate et il ne s’arrêta qu’aux bords de la Méditerranée. Il employa quatre années à réprimer les rebellions du Bît-Adini et à consolider le pouvoir qu’il exerçait sur la Syrie septentrionale, puis, Gargamish et Patin soumises, il se risqua dans la vallée de l’Oronte, où le roi de Damas se dressa devant lui avec ses vassaux (876)*.

Après avoir vaincu Thibni, fils de Ginath, Omri avait cherché à s’affermir sur son trône. Jusqu’alors Israël n’avait pas eu de capitale fixe : Sichem, Tirzah, Rama, avaient tour à tour servi de résidence aux successeurs de Jéroboam et de Baésha. Dans les derniers temps, Tirzah avait semblé l’emporter, mais son palais avait été brûlé par Zirnri, et d’ailleurs la facilité avec laquelle elle avait été forcée était propre à exciter les inquiétudes d’un chef de dynastie. Omri s’installa sur un terrain situé un peu au nord-ouest de Sichem et du mont Ébal, et, comme il l’avait acheté à un certain Shomer, il lui donna le nom de Shimrôn (Samarie)5. Ce choix était habile et judicieux : la fortune rapide de la ville le prouva. Elle était assise sur la croupe d’une colline arrondie, qui surgissait au milieu d’une sorte de bassin large et pro-

1. Maspero, les Empires , p. 6-51. — 2. Maspero, les Empires, p. 52- 69. — 3. I Rois, xvi, 24.

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fond, et qui se reliait aux hauteurs environnantes par une langue de terre étroite et basse. La vallée est feitile et abondamment pourvue d’eau; les montagnes sont cultivées presque jusqu’au sommet : il aurait été malaisé de trouver ailleurs dans la Palestine un site comparable à celui-là en force et en beauté1. Aussi Samarie devint-elle soudain pour Israël ce que Jérusalem était pour Juda,un centre de résistance autour duquel la nation se rallia aux jours de dan¬

gers. Les contemporains ne méconnurent point l’importance de cette fondation : le nom d’Omri s’attacha dans leur esprit à l’idée du royaume d’Israël et il n’en fut plus séparé. Désormais Samarie et la maison de Joseph elle-même furent pour les étrangers Bît-Omri, la maison d’Omri, et l’habitude de l’appeler ainsi persista longtemps après qu’Oinri et sa race eurent cessé de régner sur les Hébreux2.

1. Robinson, Bibhcal Researches in Palestine, 1841, t. III, p, 13E 139, 146. — 2. Oppert, Histoire, 105-106; Schrader, Die Keilimchriften und das Alte Testament , 1883, p. 189-191. L’idée d’Ornri et celle d’Israël étaient tellement inséparables dans l’esprit des Assyriens, qu’une inscription de Salmanasar III parle de Jéhu, qui détruisit la famille d’Omri, comme de Jaoua abal Khoumrii , Jébu, bis d’Omri.

Le vieux Benhadad Ier, qui avait guerroyé contre Baésha, profita de .la querelle entre Omri et Thibni pour repouveler ses assauts : il enleva plusieurs villes et il força le roi d’accorder aux Syriens la possession d’un quartier spécial de Samarie1. Omri se dédommagea par des représailles sur les Moabites. ï! leur imposa un tribut très lourd en laine et en bétail8, mais ce n’était pas là un succès de nature à compenser ses pertes; à n’en gagner que de ce genre, Israël courait risque de perdre son indépendance et de demeurer toujours vassal de Damas. Omri le sentit et il chercha un appui au dehors. L’Égypte était trop loin, les Assyriens venaient à peine de franchir l’Euphrate, les haines religieuses et politiques avaient creusé un abîme entre lui et Juda : il se tourna du côté de la Phénicie, et il obtint pour son fils Aehabla main d’izebel, fille d’ithobaal, roi de Tyr.

Hirom Ier, l’ami de David et de Salomon, avait porté la grandeur de Tyr à son apogée. L’autorité de la métropole rétablie sur Kitioh et sur Chypre, le commerce avec l’Espagne régularisé et développé, les voies qui mènent vers l’Extrême- Orient ouvertes grâce à l’alliance hébraïque, la ville devint trop petite pour la population qui affluait dans son sein. Elle couvrait alors plusieurs îles, séparées l’une de l’autre par des bras de mer peu profonds et semés de ces nochers coupés à fleur d’eau qui hérissent par endroits les abords de la côte syrienne. Sur la plus grande et au point le plus élevé, les premiers colons avaient bâti le temple de Melkarth près de huit siècles auparavant : un îlot voisin possédait le temple du dieu que les Grecs identifièrent plus tard à leur Zeus Olympios. Hirom s’ingénia à doubler l’étendue du sol sur lequel reposait sa capitale. 11 combla les goulets qui divisaient les divers quartiers et il gagna sur la mer, vers le sud, un terrain assez considérable au moyen de remblais et de quais fortifiés. Même en cet état, faire occupée par les maisons n’était pas large et elle ne devait guère loger plus de trente à trente-cinq mille âmes : comme Arad, Tyr déborda sur le continent, et « ses marchands qui sont des princes,

1. I Roi*i xx, 34. — 2. II Rois , ni, 4. V Inscription de Mesha (1.5,7) dit expressément qu’Omri avait dominé sur Moab

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après Hïroiril®-

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