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1' Espaces remblayés par' JErarrv.
ses trafiquants qui sont les plus honorables de la terre1 » ètagèrent leurs villas sur les dernières pentes du Liban, mais file demeura le Siège du gouvernement, grâce à sa position admirable et au fossé qui l’isolait du inonde2. Hirom mort, elle fut agitée par des insurrections sanglanles. La royauté avait peine à s’acclimater parmi cette tourbe de manufacturiers et de matelots,.: quand Baléastart, successeur d’Hirom, fut allé rejoindre son père après sept ans de règne, l’aîné de ses enfants, Abdastart, tomba dans une échauffourée!
populaire. On sait la faveur dont les nourrices de rois jouissent en Orient : les quatre fils de la nourrice d’Abdastart assassinèrent leur frère de lait et donnèrent la couronne au plus âgé d’entre eux. Soutenus par cette masse d’esclaves, de soldats mercenaires et d’ouvriers que les villesphéniciennesren- . \
fermaient, ils se maintinrent douze ans au pouvoir. Leur domination eut des effets désastreux; une partie de l’aristocratie émigra au loin, les colonies se détachèrent de la mèrë patrie : c’en était fait de l’empire tvrien si cet état de choses avait duré. Une révolution chassa l’usurpateür et restaura l’ancienne lignée royale, sans rendre à la malheureuse cité la tranquillité dont elle avait besoin : les trois fils survivants de Baléastart, Astart, Astarim et Phéli, se remplacèrent rapidement sur le trône. Le dernier fut assassiné, après neuf mois de règne, par un de ses parents, Ithobaal, qui garda le pouvoir trente-deux ans5.
1. Isaïe , xviu, 8. — 2. Movers, Die Phômzier, t II, lt,,r Theil. p. 188, sqq; E. Renan, Mission de Phénicie , p. 341-575. — 3. Movers, t. II, lter
Le commencement de ces troubles avait coïncidé avec le schisme des tribus : les Hébreux n’en avaient tiré aucun avantage. Néanmoins, il était toujours à craindre qu’un de leurs rois plus entreprenant ou moins absorbé que ses prédécesseurs ne se laissât tenter aux richesses de la Phénicie et ne voulût s’en emparer, lthobaal saisit avec empressement l’occasion d’écarter ce danger et de contracter une alliance de famille avec la nouvelle maison royale d’Israël. Izebel prit un empire absolu sur l’esprit d’Àchab. Nourrie à la piété par son père, qui avait été grand prêtre d’Astarté avant de devenir roi, elle sollicita de son mari la permission de pratiquer librement le culte des divinités phéniciennes et cananéennes. Baal et Ashérah eurent leurs temples et leurs bois sacrés à Samarie; leurs prêtres et leurs prophètes s’assirent à la table royale. Achab, de son côté, restait fidèle au dieu national, et il imposait à ses enfants des noms formés avec celui de Jahvéh, Akhaziah, Jéhoram, Athaliah1. Ce n’était pas, tant s’en faut, le premier exemple qu’on eût de pareille indulgence en Israël : Salomon avait toléré chez ses épouses étrangères ce que le fils d’Omri accordait à Izebel. L’opposition ne vint pas du clergé officiel : les sanctuaires royaux et les communautés de Dan, de Béthel, de Jéricho, de Gilgal, continuaient à prospérer, et cela leur suffisait. Mais le temps n’était plus où l’on pouvait ériger un autel à Baal près de celui de Jahvéh sans exciter ni horreur, ni colères. Un siècle ne s’était pas encore écoulé depuis la mort de Salomon, et déjà une partie du peuple était imbue de cette idée qu’il n’y avait, qu’il ne pouvait y avoir d’autre dieu que Jahvéh : tout ce que les peuples étrangers adoraient sous le titre de dieu le cédait en dignité au maître d’Israël. De là à répudier les pratiques communes aux cultes du dehors, l’usage des idoles en bois ou en métal, des colonnes, des dolmens, certaines opérations de l’offrande et du sacrifice, il n’y avait pas loin.
Déjà, dans Juda, le dévot Asa, fils et successeur d’Abijam, avait renversé l’image d’Âshérah, que sa mère Maakha avait fabriquée pour son propre compte*. Quelques prophètes
Theil, p. 340-546. — 1. Akhaziahou, quem Jahvéh «ustmet ; Jehoram, Jahvéh altus est; Athalia, quam Jahvéh afflixit. — 2. I Rois, xv, 13.
LE SECOND EMPIRE ASSYRIEN
d’Israël prirent parti contre Baal, contre la reine qui l’adorait, contre le roi qui en souffrait la religion, et ils les poursuivirent de leur haine sans relâche*. Un d’eux surtout, Élie de Thisbè, manifesta son opposition violente. Ses aventures et ses exploits, grossis et transformés par l’imagination populaire, sont aujourd’hui mêlés de tant de prodiges, qu’il est impossible de discerner la part de vérité que renferment les récits que nous en possédons. Élie, inspiré par le souffle de Dieu, annonce devant Achab qu’il n’y aura dans les années prochaines ni rosée, ni pluie, sinon à sa parole, et il s'enfuit au désert pour échappera la fureur que cette prédiction soulève contre lui. Il est nourri d’abord par des corbeaux qui, soir et matin, lui apportent de la viande et du pain, ensuite, quand la source à laquelle il buvait fut tarie, par un baril de froment et par une cruche d’huile inépuisables, dont il partagea le contenu avec une veuve de Sarepta au pays de Sidon. Le fils de cette femme meurt subitement : il le ressuscite au nom de Jahvéh, puis, toujours guidé par l’esprit d’en haut, il quitte sa retraite pour se présenter de nouveau devant Achab. Celui-ci l’accueille sans lui témoigner aucune rancune, mais il rassemble les prophètes païens et il les met face à face avec lui sur le Carmel. Les Phéniciens invoquent à grands cris leurs Baalim, se déchirent le corps à coups de couteau. Élie, après les avoir laissés s’épuiser en contorsions et en prières, implore Jahvéh à sor. tour : le feu du ciel descend à sa voix et consume l holocauste en un moment. Lé peuple se rue sur les idolâtres, il les massacre, et la pluie commence à tomber. On dit qu’après cette épreuve Élie se relira encore une fois au désert et qu’il comparut, sur Horeb, devant l’Éternel. « Or voici, Jahvéh passait, et un vent impétueux, qui tendait les montagnes et brisait les rochers, allait devant Jahvéh, mois Jahvéh n’était point dans le vent. Après le vent, un tremblement de terre, -mais Jahvéh n’était point dans le tremblement. Après le tremblement venait un feu, mais Jahvéh n’était point dans ce feu, et après le feu un vent doux et subtil. Et voici, dès qu’Élie Peut entendu, il enveloppa son
t. Weliliausen, Prolegomena , p. 305 sqq
m CHAHTRE IX
visage de son manteau, et il sortit et> il se tint à l’entrée de la caverne, et une voix lui fut adressée et lui dit :
« Quelle affaire as-tu ici, Élie? » Jahvéh donc lui ordonna d’oindre Khazaël pour roi de Syrie et Jéhu, fds de Nimshi, pour roi sur Israël, et Elisée, fils de Shapat, pour prophète en sa place, et « quiconque échappera de l’épée de Khazaël, Jéhu le fera mourir, et quiconque échappera à l’épée de Jéhu, Elisée le fera mourir* ». Le prophète que Jahvéh honorait directement de sa parole était au-dessus des lois communes de l’humanité ; Élie monta vivant au ciel, sur un char de feu2. Ainsi le veut la tradition, et son exagération même nous montre quelle impression puissante le grand prophète avait laissée sur l’esprit de son peuple.
Cette première tentative de réforme n’était pas destinée à aboutir : elle fut pourtaht assez sérieuse pour ajouter une querelle de religion aux malheurs de la guerre étrangère. Benhadad 1er mort, Achab avait rompu aussitôt son vasselage : Benhadad 11 convoqua ses vassaux et marcha droit sur Samarie. Le roi implora la paix aux conditions qu’il plairait au vainqueur de lui indiquer : la réponse à ses ouvertures fut si outrageante, que les Hébreux se résolurent à tout braver plutôt que de l’accepter. La fortune leur revint avec le courage : Benhadad fut surpris en plein midi par une brusque sortie, la panique bouleversa son camp, et son armée se sauva en désordre jusque sur le territoire de Damas. L’année suivante, au lieu de s’engager sur le territoire montueux d’Éphraïm, où elle perdait l’avantage du nombre, elle campa dans la plaine de Jezréel, près de la petite ville d’Aphek. Elle fut battue comme elle l’avait été sous les murs de Samarie, et Benhadad capturé dans la déroute. Malgré ces défaites répétées, la puissance de Damas était encore si redoutable et la prison du roi si loin de rien terminer, qu’Achab n’osa point pousser sa victoire à fond. Il accueillit son captif « en frère », malgré l’opposition jalouse de quelques prophètes, et il le renvoya en liberté, après avoir conclu avec lui un traité d’alliance offensive et défensive. Israël rentra en possession des cantous qui lui avaient été